
Me voilà déjà à mi-parcours au niveau de mon stage dans les Jardins suspendus de Marqueyssac. J'ai commencé lundi dernier où j'ai été très bien accueilli par toute l'équipe. Visiblement, j'étais attendu et tout le monde avait été briefé pour me permettre de faire un stage aussi plein et enrichissant que possible. Il faut dire que ces deux semaines constituent en quelque sorte une période d'essai qui décidera de la suite à donner pour la saison.
J'étais pressé de commencer parce que cela faisait plusieurs jours que j'étais dans un état de stress peu commun finalement. Je m'étais probablement mis un peu trop de pression sur les épaules, comme à mon habitude. En fait, j'avais longtemps stressé pendant la formation parce que je craignais de ne pas trouver de stage intéressant dans les temps... et j'ai longtemps stressé après, de peur de ne pas être à la hauteur.
Ce stress avait au moins un avantage : ce travail était essentiel pour moi et j'y accordais l'importance qu'il méritait. Pas question non plus d'en sous estimer la difficulté. Car ce n'est jamais évident de reprendre une activité après une aussi longue interruption, ni même de composer avec une nouvelle équipe (aussi sympathique et disponible soit-elle) ou de s'acclimater à une organisation de travail. Bref, on débarque un peu au milieu de tout ça et on voudrait être opérationnel tout de suite. Ce n'est évidemment pas possible. Heureusement, ce n'est pas ce que l'on me demande.
Pendant ces quelques jours, j'ai ainsi pu m'essayer à l'ensemble des exigences d'un tel poste. Et à sa polyvalence aussi. Il y a certes l'accueil, mais aussi la boutique (qui impliquent l'un et l'autre de maîtriser les caisses correspondantes), le réassort et la mise en rayon, la surveillance, les réservations pour les grands évènements de la saison (comme la chasse aux oeufs de Pâques) et l'incontournable encartage regroupant l'ensemble de la documentation à remettre aux touristes.
Petit à petit, j'ai acquis de la confiance, de l'assurance aussi. Bien évidemment, il y a des réglages à faire, principalement au niveau de la rapidité car le nombre de touristes, même si on est en période de Pâques, est sans commune mesure avec celui attendu en juillet et août. Parfois, en période de forte affluence, les gestes bafouillent un peu, la coordination est un peu moins au diapason. D'ailleurs, à mi-parcours de mon stage, je serais bien incapable de vous dire en l'état si je pense être gardé ou pas pour juillet et août.
Car je n'en sais fichtre rien. Je serais bien incapable de faire le moindre pronostic. Je me suis un peu risqué à prendre la température et je crois que le bilan est plutôt positif. Positif mais suffisant ? C'est toute la question. Quant à moi, j'aime ce travail, j'apprécie les gens qui bossent avec moi, j'aime être à l'accueil mais serai-je suffisamment aguerri pour la pleine période estivale ? Je n'en sais rien. Je l'espère vraiment mais je ne peux plus pêcher par excès d'optimisme. Je sais où cela m'a parfois mené. Je serai vite fixé de toute façon. Ce qui est sûr, c'est que je souhaite que l'aventure continue. Mais quoi qu'il en soit, le stage m'aura déjà beaucoup apporté et m'aura un peu remis le pied à l'étrier.
Bref, tout irait plutôt pas mal si je ne souffrais pas d'un handicap apparemment rédhibitoire : ma voix. Elle fait l'unanimité mais dans le mauvais sens. Elle n'est pas assez forte. On ne m'entend pas suffisamment dans la boutique (l'endroit global où se font l'accueil et les entrées ainsi que les ventes d'objets divers et variés plus ou moins en rapport avec les Jardins de Marqueyssac mais toujours sur la thématique de la nature).
Ca n'a l'air de rien mais c'est en train de me pourrir la vie car je n'arrive pas à la pousser comme ils le souhaiteraient.. J'ai beau essayer, me faire violence, c'est plutôt peine perdue pour l'instant. Mais ce qui pourrait prêter à sourire risque bien de me coûter cher au final. Le touriste en face de moi m'entend parfaitement bien évidemment, mais pas ceux qui font la queue. Or, en période de grosse affluence, il est essentiel que le plus de gens possible entendent, ceci afin de ne pas avoir à répéter les mêmes choses à chaque passage et ainsi gagner du temps. En plus, une voix claire, forte, enjouée donnerait une meilleure image du site et du plaisir que l'on prend à le promouvoir. Il n'y a rien à dire, ça se tient parfaitement. Sauf que je n'y arrive pas. Ou par fulgurances.
Au final, le bilan irait plutôt dans le bon sens. Un travail plaisant et varié, une équipe agréable, un cadre magnifique. Mais quelques réglages essentiels que je ne parviens pas à trouver et une certaine appréhension du rythme estival ternissent légèrement le tableau. J'espère qu'ils me renouvelleront leur confiance pour cet été. Et que les quatre journées qu'il me reste sauront gommer en partie les quelques imperfections de mes prestations. Mais je n'aurai pas de regret quoi qu'il arrive car j'essaie de faire au mieux.
Reste le problème de la voix. Celle que l'on entend trop peu. La voix trop discrète. Et qui pourrait laisser penser à un manque d'aisance alors que ce n'est pas du tout ça.
J'espère surtout que j'aurai au final l'unanimité des voix de mes collègues de travail, ce qui me permettrait d'envisager l'été plus sereinement. Même si la mienne persiste à vouloir faire défaut.