samedi 28 mars 2009

Coup de coeur XXL : Diev alias Sébastien Dieu


J’ai longtemps hésité avant de choisir quelle illustration de Diev, alias Sébastien Dieu, allait trôner en haut de ce message.

Pourtant, cette superbe toile représentant l’immense Alain Bashung (et inspirée de la pochette de son dernier album Bleu Pétrole) est lourde de sens. Cette toile a d’ailleurs une histoire qui n’appartient qu’à son auteur et que je ne raconterai donc pas ici. Elle est surtout comme un « point de rencontre » entre Sébastien et moi.

J’ai découvert son blog par hasard. Tout de suite, cette peinture a attiré mon regard. C’était quelques semaines avant la disparition d’Alain.
Et puis, le soir du jour où Bashung a tiré sa révérence, je n’ai pu m’empêcher de contacter Sébastien. J’avais l’envie toute simple de le remercier, de lui dire tout le bien que je pensais de son travail, combien j’avais été touché par sa vision de Bashung l’artiste et par les mots qu’il avait eus à son égard. Et finalement, vu que nous aimions tous les deux Bashung, nous avons passé une partie de la nuit à échanger par mails interposés, à nous réconforter finalement alors que nous avions tous deux le moral dans les chaussettes.

Bref, voilà pour la petite histoire de la rencontre entre Sébastien et moi. Maintenant, je vais essayer de vous convaincre de son immense talent. Mais cette longue introduction était nécessaire. Parce que, un peu comme je l’ai fait avec Achdé, je ne peux parler que des artistes qui ont cette humanité, ce côté artisan au sens noble du terme. Quelqu’un qui me paraîtrait inaccessible, aussi talentueux soit-il, ne m’intéresserait guère. Et pourtant il y en a des artistes que je trouve fabuleux. Mais beaucoup donnent l’impression d’être sur une autre planète, dans un hermétisme parfois rebutant.

Et puis il y a les artistes artisans dont je parlais plus haut. Connus ou méconnus, ils ont un sens du partage de leur art qui vient du cœur. Une envie simple, humaine, celle de montrer leur travail, en espérant simplement que, ci et là, des visiteurs prendront du plaisir et laisseront éventuellement une petite trace écrite de leur passage. Avec mon blog, je ne fais pas autre chose. J’en retire le plaisir de l’écriture mais bien évidemment également celui des visites qui vont avec. Peu importe leur nombre d’ailleurs. Juste un passant qui passe, qui s’émeut de quelques mots et qui, idéalement, revient.

Sébastien Dieu, dit Diev, doit à peu près savoir tout faire, même si sa modestie lui interdit de le reconnaître (attention hein, ne me faites pas écrire que ce gars est parfait... et de toute façon, j'espère bien que non) : dessins, peintures, caricatures, bustes ou figurines en pâte à modeler avec décors, publicités… c’est un vrai touche à tout. Avec, à chaque fois, l’envie de partager son travail, de populariser les techniques, de s’ouvrir aux autres. Alors je ne peux que vous encourager à aller visiter ses deux sites, ici et là. Ne me demandez pas pourquoi il y a deux blogs, d’autant que de nombreuses œuvres se retrouvent dans les deux… mais de toute façon, peu importe. Ce qui est important, c’est la découverte. De prendre du plaisir. De découvrir des sensibilités, des approches différentes. D’appréhender le travail de l’artiste en toute liberté, de déambuler au hasard des visites…

Bref, j’espère que vous prendrez ce temps de la découverte. J’espère que vous aimerez. Totalement ou partiellement. J’espère surtout que vous le lui direz au travers de vos commentaires. Car il s’agit là de bien plus qu’un site coup de cœur, c’est surtout un coup de cœur pour un artiste dont j’aime le travail et la sensibilité.

Et puis un artiste talentueux, sympa, accessible… et qui en plus aime Bashung… comment aurais-je pu ne pas en parler ?

Bonnes visites ! ! !
PS : Les oeuvres reproduites ici avec l'aimable autorisation de Sébastien Dieu sont toutes la propriété exclusive de leur auteur. J'ai volontairement choisi de mettre en avant les multiples facettes de son travail : toile de Bashung, modelage de Brian May et du professeur Choron, publicité Tabagir etc.

vendredi 27 mars 2009

227 + 15 + 12 +3 = 788



Le printemps est arrivé, ma mère aussi et les hirondelles probablement. Et qui dit printemps dit grand nettoyage bien entendu.

Ainsi, pendant que certains écument les recoins des greniers en vue de prochains troquets-puces, c'est au niveau de mes BD que j'ai fait le grand ménage. De toute façon, je n'ai plus de place sur les étagères et au bout d'un moment, on ne peut plus accumuler. Il faut alors se résoudre à laisser en bord de route certaines lectures d'enfance.

J'ai donc vendu cette semaine mon intégrale de Nova (comics de mon enfance adolescence) et ses 227 numéros (non sans les avoir préalablement récupérés sur support numérique, on ne se refait pas, je n'allais pas couper le cordon comme ça). A cela se sont ajoutées 15 intégrales de Spiderman, 12 des X-Men et 3 de Daredevil. Je vous laisse imaginer, d'autant que c'est bigrement passionnant tout ce que je vous raconte là, le temps passé à confectionner des cartons, à grand renfort de papier bulle et de scotch en veux-tu, en voilà !

La bonne nouvelle dans tout ça, c'est que j'ai quand même récolté 788 euros avec tout mon petit business (auxquels il faut retirer certaines commissions sur le site d'enchères mais enfin ça reste bien avantageux). Eh non, les mauvaises langues qui ont tout d'abord pensé que le titre était une opération réalisée par Nathalie se seront bien plantés ! (Si, si, je sais bien que ça a traversé l'esprit de certains d'entre vous, mauvaises langues que vous êtes, rhôôô ! ! !)

Bref, j'ai fait le ménage, j'ai de la place sur mes étagères (d'autant que j'en ai quatre de plus depuis hier !), j'ai fait des heureux tout en me faisant un peu de thunes... que demande le peuple ?

Ca tombe bien, je lorgne sur une figurine pas piquée des hannetons qui titille méchamment ma collectionnite aigüe (vous vous rappelez de ma collectionnite aigüe ?) depuis quelques semaines. Sauf que, bizarrement, alors que j'ai les sous pour me la procurer, ben, je n'ose plus me l'acheter !

C'est grave docteur ?

jeudi 26 mars 2009

Roulement de tambour...



Ta-Dam ! Ma mère est arrivée !


Elle vient tout juste d'emménager dans son nouveau chez soi à Sarlat centre. Je reste dubitatif quant à cette envie de changer d'air mais de toute façon, je n'y peux plus grand chose...


Je me suis donc levé tôt ce matin afin d'accueillir ma mère et les déménageurs (vu que j'avais les clefs de l'appart). Pauvres déménageurs, très sympas mais qui en auront bien bavé avec les rues étroites du vieux Sarlat qui auront mis leurs biscottos à rude épreuve. Enfin bon, je ne suis pas resté pour voir ça.


Bref, après avoir tout déchargé et remonté les meubles, ils sont venus nous voir à Carsac pour nous amener deux colonnes avec 4 étagères (Ma mère n'ayant pas la place, c'est moi qui ai récupéré la bonne affaire).


Dans notre grande bonté, nous avons gardé ma mère à manger ce soir. Je la ramènerai dans ses quartiers demain matin en allant au charbon.


Enfin voilà, c'est fait. Je ne suis pas davantage soulagé, surtout depuis que je me suis rendu compte qu'une partie de la famille partageait mon incompréhension et surtout mon scepticisme. Ma mère a voulu changer de vie, faire table rase d'un passé dont je serais étonné qu'il ne la rattrappe pas un jour. En attendant, elle va pouvoir aménager son nouveau lieu de vie, découvrir Sarlat à l'approche de la belle saison...


Quant à nous, après cette parenthèse qui nous aura vu lui trouver un logement et assister à son arrivée, nous allons reprendre une vie normale, celle que nous avions jusqu'à présent. Je suis bien déterminé à ne rien changer. Presque farouchement serais-je tenté d'ajouter.


Je me sens tout chose ce soir. Entre agacement et sentiment "du devoir accompli". Les prochaines semaines devraient être déterminantes, tant pour elle que pour nous.



D'autant que je sens mon côté sauvage bien en embuscade...


vendredi 20 mars 2009

C'est le printemps !



Copyright photo : amberline.anatine

mardi 17 mars 2009

Coup de coeur BD : John Romita Sr et Jr


Difficile, très difficile de se remettre à écrire après la mort de Bashung. Du coup, j'ai décidé aujourd'hui de me faire un grand plaisir en évoquant ici ceux que je considère comme deux artistes majuscules de la bande-dessinée US.



John Romira Sr, né en 1930, est actuellement retraité des crayons et des pinceaux mais il a surtout été un dessinateur incontournable des comics américain, notamment en contribuant à l'âge d'or de l'homme araignée, épisodes mythiques pour toute une génération de fans que les acheteurs de Strange n'ont pas oubliés.


Spiderman est un personnage qu'on ne présente plus, créé en 1962 par Stan Lee sous les crayonnés de Steve Ditko. La BD connait un succès immédiat bien que les Super Héros soient déjà légion de l'autre côté de l'Atlantique : Superman, Batman et tant d'autres... Mais le génie de Stan Lee est d'avoir fait de Spiderman un ado sous le masque. Etudiant fauché, timide et complexé avec les filles et souvent risée de ses camarades de classe, Peter Parker est le type de l'américain moyen, qui galère pour trouver un job ou pour se loger. Bref, la jeunesse s'identifie très vite à ce super héros qui a des préoccupations très simples mais qui est tout sauf un loser.


Les superpouvoirs de Spiderman ne versent pas non plus dans la surenchère. Pas de gros biscottos ou de méga super pouvoirs. Non, l'homme araignée a pour lui une agilité hors du commun, une force certes impressionnante, et une sorte de 6e sens qui l'avertit tant bien que mal en cas de danger. Un attirail light par rapport aux autres super héros du moment. Mais ce sont véritablement la personnalité de son alter ego Peter Parker et son sens des responsabilités qui font véritablement de Spiderman un héros à part entière.




Si les fans de la première heure reconnaissent à Ditko un talent certain (même si ses dessins ont mal vieilli à mon sens), c'est véritablement John Romita Sr qui va insuffler de la vie au personnage. Dynamisme incroyable du trait, recherche permanente de plans quasi cinématographiques, extrême expressivité des personnages, les qualificatifs manquent pour décrire le séisme Romita dans le comics des années 60 et 70. Et s'il aura oeuvré dans de multiples séries, c'est sans conteste à Spiderman que son nom restera associé, d'autant que le scénariste Stan Lee est également à son apogée à cette époque : histoires palpitantes, vilains d'envergure, intensité dramatique (Les fans n'auront pas oublié la confrontation entre Spiderman et le bouffon vert qui conduira à la mort aussi tragique qu'inattendue de Gwen Stacy du haut du pont de Brooklyn). John Romita Sr est donc probablement l'un des tout meilleurs artistes de sa générations. Il l'est pour moi en tout cas.


Hop, un dessin à quatre mains, le père et le fils. Pas mal comme transition, non ?




Le talent est de famille et c'est très tôt que John Romita Jr, né en 1956, plonge dans le monde de la BD. Doté d'un style graphique reconnaissable immédiatement, il entre par la grande porte en se faisant la main sur Iron Man avant de se réapproprier un Spiderman alors en perdition. Son style très urbain fait des miracles et dans le même temps, les histoires retrouvent une qualité qui lui permet vraiment de laisser exploser son talent.
Extrèmement admiré par ses pairs, il ne suscitera pas exactement le même engouement que son père. En général, on aime ou on déteste, sans demi-mesure, certains lui reprochant un dessin parfois un peu trop anguleux. En ce qui me concerne, c'est le meilleur dessinateur de comics du moment (Enfin, ça fait bien 20 ou 30 ans que ça dure). Trouvant des angles d'approche imparables, il est aussi bon dans les moments intimistes où Peter Parker est mis en scène que lorsqu'il dessine des confrontations souvent épiques entre Spiderman et ses ennemis. Son dessin prend alors une démesure toute cataclysmique où sa maîtrise des décors urbains fait des étincelles. Dernièrement, il a mis en scéne une histoire de Hulk (Pour ceux qui connaissent...) où chaque combat dessiné était un vrai morceau de bravoure artistique, une tuerie visuelle. Après, faut aimer le genre et adhérer aux histoires. Mais alors quel talent ! Quelle flamboyance !




Enfin bref, voilà un coup de coeur qui me tenait vraiment... à coeur justement. John Romita Sr a baigné mon enfance et adolescence, John Romita Jr a pris le relais continuant aujourd'hui encore à me régaler, même s'il n'est pas revenu sur la série depuis trop longtemps à mon goût.
John Romita Sr et Jr, deux très grands artistes BD. Deux vraies pointures !
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Toutes les oeuvres : copyright John Romita Sr & John Romita Jr

samedi 14 mars 2009

Alain Bashung (1947-2009)


Au revoir Monsieur Bashung... et merci !
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(Découvrez ici sa toute dernière performance scénique, il y a 15 jours, le 28 février dernier, lors des Victoires de la Musique. Et en cliquant par ici et là, vous aurez l'intégralité des 3 ultimes interventions d'Alain lors de cette soirée.)
Et voici, pour ceux que ça intéresserait, le billet que je lui avais consacré au lendemain des Victoires de la musique.

Réchauffement dramatique


Le caribou, un des emblêmes de l'Arctique, fait partie des espèces désormais menacées : la naissance des jeunes ne coïncide plus exactement avec le début de la végétation, plus avancée et donc plus dure à assimiler (Groënland)





Avec la fonte de la banquise, l'ours polaire pourrait disparaître avant la fin du siècle




La fonte du permafrost entraîne inondations, glissements de terrain et lessivage




Un banc de narvals (Monodon monoceros) nageant au milieu de l'océan Arctique, où la banquise pourrait bientôt disparaître totalement à cause du réchauffement climatique (Nunavut, Canada




Toundra après un incendie. Autrefois rarissimes, ceux-ci se multiplient car ils trouvent plus de combustibles, les végétaux poussant davantage grâce à des températures plus douces




Forêt d'épicéas ravagée par des insectes xylophages profitant des hivers moins rudes pour se multiplier (Alaska)
(Crédits photos : National Geographic)

Petites contrariétés parentales



Depuis quelques jours, je me posais des questions. Mais comme il m’arrive de ne pas forcément me poser les bonnes, je n’y ai pas prêté attention autant qu’à l’accoutumée. J’avais une sorte de pressentiment, de malaise diffus sur lequel j’aurais été bien incapable de mettre un nom.

Je craignais, par des signes apparemment invisibles et qui n’appartiennent qu’au subconscient, que deux de mes amis n’aient quelques contrariétés. Je l’ai surtout ressenti chez lui, comme si l’on avait tiré sur le lien qui nous unit sans que je ne réagisse. Comme un si faible signal. Parfois, on a l’impression que des gens qui nous sont chers traversent une passe difficile, on ne saurait pas expliquer pourquoi mais au final le doute fait place à une insidieuse certitude.

Je n’étais pas du tout affolé mais enfin bref, je sentais comme une anomalie. Et puis l’instant d’après, je me disais que je devais fabuler et que je n’allais quand même pas embêter les amis en question avec mes élucubrations. Comme ne pas chercher de petite bête là où il n’y en aurait probablement pas.

Et puis ce soir, les amis en question ont fait un pas. De ces deux amis, c’est de lui qu’étaient venus mes doutes et c’est également de lui qu’est venue la vérité.

Leurs interrogations sont celles de parents qui s’inquiètent de la santé d’un de leurs enfants. Des problèmes de santé pas forcément inquiétants mais qui appellent à une certaine vigilance puisque, entre avis contraires voire contradictoires, on ne sait pas véritablement la nature du mal. Je suis intimement persuadé que ces problèmes seront bientôt réglés mais en attendant il leur faut composer avec un corps médical hésitant et des interrogations qui démunissent.

Leur questionnement me touche. Plus encore parce qu’il est lié à un être qui leur est infiniment cher. Un enfant. La chair de leur chair, comme on dit. Pourtant, je ne suis pas idéalement placé. Je n’ai pas d’enfant. Par choix. Plus je prends de l’âge, plus j’ai l’impression que les enfants des autres me dépassent. M’exaspèrent parfois.

Sauf que je ne vis pas cette vie de parents au quotidien. Que je ne sais rien du caractère probablement fusionnel qui lie parents et enfants. De cet amour que l’on ne dit pas toujours mais que l’on sait être là. Que j’ignore tout d’un enfant qui vit et grandit, évolue et s’éduque en présence de ses parents.

Je vais sur mes 37 ans. Je me sens jeune, probablement parce que la vieillesse m’effraie. J’emmerde tout le monde avec ma foutue nostalgie parce que je redoute trop le moment où elle aura disparu, en espérant que ça n’arrivera jamais. Je m’accroche à ceux qui me font rêver, qui réveillent mon âme d’enfant, qui la rappellent à mon bon souvenir. Bref, je ne pense pas être démodé ou vieux jeu. Mais parfois, concernant les enfants, et plus généralement la jeunesse dans son ensemble, je me sens vieux, à côté de la plaque. Les marmots qui chialent m’ennuient, les ados et leur fichue crise d’adolescence m’indiffèreraient presque, les sorties entre copains qui dégénèrent en beuveries et l’irresponsabilité qui va avec m’agacent prodigieusement. Je me rends compte, aussi difficile à reconnaître que ce soit, que les enfants se heurtent à une certaine intolérance de ma part. Est-ce parce que je ne les comprends pas ? Ou pire parce que, d’une certaine façon, je les envie ? Un peu d’aigreur peut-être ?

Tiens, je m’égare encore. Terriblement fréquent ces jours-ci. Toujours est-il que, dans ma cuirasse d’homme sans cœur, le désarroi de mes deux amis a fait mouche. Celui de deux parents pour l’un de leurs enfants m’a émue. Plus gênant, il m’aurait presque fait du bien tant il m’a amenée à une réflexion sur le lien parents enfants que j’ai si longtemps ignoré. Ou sous-estimé.

C’est en ces circonstances que certains mots du passé reviennent à la surface et prennent tout leur sens. Comme l’amour d’un père ou d’une mère pour leurs enfants, indéfectible au delà des épreuves et des coups de sang. Comprendre ces choses, si évidentes pourtant, ou les assimiler avec davantage de bienveillance ne feront pas nécessairement de moi un homme meilleur. Mais cela m’aura au moins permis de m’interroger, ce qui n’est pas si mal finalement.

Et si, pour finir, j’arrêtais de parler de moi ? Ces jours-ci, deux amis ont des angoisses de parents. Des interrogations. Des contrariétés. Si je leur envoyais par la voie des mers un bateau empli d’amitié, arriverait-il à bon port ? Les apaiserait-il un peu ?

Allez, je largue les amarres…

lundi 9 mars 2009

Jacques


Jacques était un agent Pôle emploi (ex ANPE-Assedic) de St-Quentin.

Jacques avait 55 ans et est décédé dans la nuit de jeudi à vendredi dernier.

Ce matin, en nous connectant sur le logiciel interne à l'agence comme nous le faisons tous les matins, nous avons pu lire un petit mot de la DG annonçant la disparition de Jacques. Il était suivi des condoléances d'usage envers sa famille, ses amis, ses collègues.

Le mot en question s'est bien gardé d'en dire davantage. Malheureusement, ou plutôt fort heureusement c'est selon, tout finit toujours par se savoir.

Jacques s'est pendu dans l'escalier de son agence, et c'est là qu'il a donc été découvert par ses collègues le vendredi matin.

Le Directeur Régional a aussitôt mis en avant des problèmes personnels, ajoutant qu'en aucun cas, on ne pouvait lier son suicide à son travail.

Voilà pour les faits. J'ai personnellement de la peine pour cet homme dont la détresse devait être immense. Il ne m'appartient pas de juger son acte. Mais je trouve profondément abject que la DG ait cru bon de passer sous silence les faits tels qu'ils sont. Ceux qui n'auront pas été chercher plus loin seront convaincus que Jacques est parti prématurément, ou bien qu'il était malade ou que sais-je encore...

Sauf que Jacques a mis fin à ses jours. A sa façon, il a lancé un cri que son employeur a tenté d'étouffer. Dans quel but ? On sait tous que les conditions de travail, dans quelque entreprise que ce soit, sont diversement supportées. Que parfois un sentiment de trop-plein donne l'impression que petit à petit les choses nous échappent et nous tirent vers le bas. Parfois on remonte, parfois on sombre.

Jacques n'aura pas trouvé les réponses à ses interrogations cette nuit là. Jusqu'à prendre cette décision dramatique. J'ai toujours eu tendance à penser que l'on meurt pour rien. Mais là, c'est... je ne trouve pas les mots pour décrire mon écoeurement. Tenter d'étouffer le drame en éludant le suicide, faire de cette disparition quelque chose de simplement fâcheux, balancer deux trois formules d'usage... et passer à autre chose. C'est vraiment ce sentiment que j'ai ce soir. L'impression d'un monumental gâchis et d'un manque total de respect envers cet homme que je ne connaissais pas mais qui ne méritait ni cette fin tragique, ni le camouflet qu'on en a fait.

Les raisons de son geste devaient être multiples. Et sans vouloir incriminer le travail comme élément déclencheur, je pense que ce type d'acte résulte d'un tout, vie privée comme vie professionnelle. Et que le fait qu'il se soit pendu sur son lieu de travail n'est pas anodin. Les difficultés actuelles de Pôle emploi ne sont un secret pour personne. Surcharges de travail, tensions, inconnues de l'avenir suite à la fusion. Pour autant, chaque lieu de travail a ses tensions, ses difficultés, quelque soit le secteur d'activité. Mais un suicide est un suicide. Un acte grave qui, à mon sens, n'a pas besoin d'être édulcoré ou déformé. Voire nié.

Est-ce trop demander que de rappeler à ceux qui nous gouvernent, dans tout secteur, toute entreprise, que derrière le marché du travail dans son ensemble, il y a surtout des hommes et des femmes, avec leurs forces et leurs faiblesses, leurs certitudes et leurs peurs, qui auraient simplement besoin d'un minimum de considération ? Et de vérité.

Je revendique ce que je suis. Je revendique ma fierté de travailler pour Pôle emploi, l'épanouissement professionnel que cela me procure malgré la précarité de ma situation et de mon propre destin. Quoi qu'il arrive demain, jamais je ne renierai cette satisfaction, ni ce plaisir d'aller au charbon même si tout n'est pas toujours rose.


Mais aujourd'hui, je veux juste penser à Jacques. Et ne pas l'oublier surtout.

jeudi 5 mars 2009

Le cas Florence Cassez


Le sujet de ce soir est un peu particulier puisque je souhaite plus l'orienter vers un échange d'opinions que vers un simple avis.

On parle beaucoup de cette française qui purge actuellement une peine de prison de 60 ans (96 en première instance) pour complicité d'enlèvements, d'associations de malfaiteurs et de détention d'armes. Toutes ces affaires auraient en effet été montées par le petit ami de Florence Cassez, le mexicain Israel Valerta.

La défense de Florence Cassez est simple : tout nier en bloc, faire celle qui n'était au courant de rien. Personnellement, je rigole doucement. Parce qu'à moins d'avoir de sacrées oeillères, difficile de croire que l'on peut partager la vie d'un gangster sans se douter de quoi que ce soit. Moi, je n'y crois pas une seconde.

Alors certes, la peine peut paraître démesurée en regard de nos propres textes de loi, certes l'arrestation de Florence Cassez ressemble un peu à une vaste mascarade dans son déroulement. Mais pour le reste, j'ai tendance à penser, à partir du moment où je suis personnellement convaincu (et là encore ça n'engage que moi) de sa culpabilité, qu'on récolte ce que l'on sème. Contribuer à des enlèvements, à du trafic d'armes ou à tout acte illégal dans un pays donné, c'est prendre le risque de se retrouver un jour confronté à la justice de ce pays. Avec ce qu'elle implique de différences dans le degré des peines encourues. La justice mexicaine peut nous sembler injuste à nous français, mais je me dis que si un jour je devais faire des conneries au Mexique, je devrais alors me préparer à en subir les conséquences liées à la propre justice de ce pays.

Bref, je pense que Florence Cassez est coupable, et qu'à ce titre ce n'est pas à la France d'interférer, quoi qu'en dise son père qui demande carrément à la justice mexicaine de la gracier. Je pense qu'elle a fréquenté le mauvais cheval et qu'elle s'est laissée griser par le côté bad boy de son conjoint. Je suis intimement convaincu qu'elle connaissait les agissements d'Israel Valerta et qu'elle a été complice, à quelque degré que ce soit, de ces agissements. On ne parle pas d'une amourette de vacances, elle était quand même sa compagne, elle partageait son quotidien. Je ne peux pas croire qu'elle n'ait rien vu, encore moins qu'elle soit clean. De même, les quelques vidéos d'elle clamant son innocence ne m'ont pas davantage convaincu. Mais c'est mon opinion.

Du coup, et toujours de mon point de vue, je ne partage pas ce buzz qui est en train d'enfler, la posant en victime, et donnant, ci et là sur le Web, des sites de soutien, des blogs, des pages Facebook etc. Je ne veux pas m'acharner sur cette personne. Je le redis : la justice du Mexique est probablement disproportionnée. Mais c'est la justice de ce pays. Et je pense que lorsque l'on commet des délits dans un pays tel que celui-là, on doit mesurer les risques encourus par rapport aux lois qui s'appliquent dans le pays en question.

Je voudrais donc, au travers de vos commentaires, avoir votre avis sur cette affaire, si vous en avez un. Certains penseront sûrement qu'elle est innocente, d'autres voudront peut-être nuancer leur position... En tout cas, je voudrais bien ouvrir ici le débat. Parce que si je me fais une opinion très tranchée de cette affaire, je n'ai peut-être pas tout les éléments ou la réflexion nécessaire pour appréhender cela différemment.
Alors, si le coeur vous en dit... A vos claviers !


Moins de cancres et davantage d'ânes ?



Le site faismesdevoirs.com a officiellement ouvert ses portes ce jeudi. Déjà, la polémique ne cesse d'enfler sur l'utilité mais surtout la finalité d'un tel site.


Le principe en est simple : moyennant finances (variables selon la difficulté de l'exercice mais pouvant apparemment atteindre les 80 euros pour les devoirs complexes), un élève peut faire corriger ses devoirs et s'assurer ainsi une bonne note.


Certains crient déjà au scandale, estimant que le site invite à la tricherie, ce dont son créateur se défend en faisant remarquer que ceux qui seraient tentés de tricher par le biais du site, se feront immanquablement avoir lors de contrôles ponctuels ou d'examens de fin d'année.


Pour ma part, même si je suis foncièrement opposé à ce type de site, je ne vois pas bien la dangerosité de la chose, même si c'est malsain déontologiquement. Peu probable qu'un élève, même en grande difficulté scolaire, puisse, dans la pratique, débourser des mille et des cent pour devenir un crack virtuel. Idem pour les parents qui, j'aime à le penser, n'encourageraient pas leurs enfants à masquer leurs lacunes en se faisant faire les devoirs sur le site. Un comportement qui, au final, appauvrirait les élèves, tant financièrement qu'humainement. Et qui ne ferait que colmater grossièrement des lacunes persistantes.


Et si, plus simplement, le site devait être simplement perçu comme une alternative au soutien scolaire, c'est-à-dire utilisé de façon très sporadique et sur des thèmes bien spécifiques ? Ainsi, la correction détaillée pourrait alors permettre à l'élève égaré de se remettre sur les rails. Il faudrait alors que la correction via le site soit à l'initiative conjointe des parents et des enfants et concerne un devoir précis pour lequel les parents se montreraient aussi perdus que les enfants.


Mais hormis ces quelques cas qui se doivent isolés, je ne comprends pas l'utilité d'un tel site. Je ne le cautionne d'ailleurs pas. Tout est dans mon titre. Les cancres (Dieu, que ce mot est vilain !) qui céderaient à la facilité du travail mâché à grand renfort de pépettes deviendraient-ils moins ânes pour autant ? A priori non si seul le spectre de la triche guide leur motivation.


Alors le site aura t-il du succès ? Probable qu'il y ait un certain mouvement de curiosité au début. Mais ensuite, rien n'est moins sûr. Je reste persuadé qu'il vaut mieux trouver sur Internet des compléments intelligents aux cours afin d'assimiler pleinement les notions élémentaires. Celles qui doivent permettre ensuite de résoudre par soi-même tout exercice.

Je ne pense pas qu'ouvrir un site de correction de devoirs soit pertinent. Comment comprendre un devoir corrigé si la notion à la base du dit exercice n'est pas assimilée ?


Le Ministère de l'Education a déjà émis de solides réserves. Bien malin qui pourrait dire aujourd'hui ce qu'il adviendra de ce site au bout de quelques semaines ou quelques mois.



Personnellement, je suis pas du tout convaincu de l'intérêt de la chose...







mercredi 4 mars 2009

Quelques petites notes de musique...


Depuis quelque temps, je songeais à imiter mon ami Réverbères qui, dans son excellent blog que l'on ne présente plus, accueille en musique ceux qui viennent lui rendre une petite visite.



Jusqu'à présent, deux choses essentiellement m'ont freiné : D'abord, je n'ai pas la culture musicale de Réverbères, d'ailleurs je ne connais pas grand chose à la musique, à part quelques auteurs qui reviennent souvent. Une "fidélité" en quelque sorte qui fait que je suis finalement assez peu enclin aux découvertes musicales. Mais je me suis rendu compte, au travers de la playlist de Réverbères, que le fait d'écouter parfois d'une oreille distraite tout en lisant son blog permettait de temps à autre de vraiment adhérer à tel ou tel titre ou artiste. Moment intense où la concentration de la lecture s'estompe quelque peu pour laisser place au plaisir de la découverte musicale.


Ce qui m'a aussi fait hésiter, mais là je ne pouvais pas y faire grand chose, c'est la difficulté mine de rien d'installer un mini lecteur sur son blog. C'est vrai quoi, ça n'a l'air de rien mais je me suis pas mal trituré l'esprit pour importer ma playlist de mon site de prédilection Deezer jusqu'ici. D'autant que Blogger a, semble t-il, changé quelques paramètres qui m'ont plutôt compliqué la vie. Bref, tout ça pour dire que je tente l'expérience, en espérant que les quelques morceaux, posés ci et là, vous plairont ou tout au moins ne vous déplairont pas. Il reste quelques menus problèmes (certains morceaux qui s'interrompent soudainement en plein milieu) mais au moins, ça marche. Après, il suffira de tâtonner.


Pour finir, je dois quand même avouer que c'est Alain Bashung, à qui j'ai consacré mon précédent post, qui m'aura incité à franchir le pas. Je voulais tellement le faire découvrir à ceux qui le connaissent si peu, ou seulement via les grands tubes souvent un peu réducteurs. Vous ne serez donc pas surpris de découvrir quelques uns de ses titres sur la playlist. Notamment une superbe chanson intitulée Bruxelles et que je ne connaissais pas moi-même il y a encore deux jours.


Bruxelles, un titre pour mes deux amis de Belgique, François-Marie et Brigitte.

dimanche 1 mars 2009

Immense Alain Bashung...


Très étrangement, je n'ai pas encore parlé de celui qui est peut-être pour moi l'un des plus grands, sinon le plus grand de la chanson française, tous genres confondus.


Je parle parfois des Souchon, Adamo, Peyrac, Mitchell, Charlebois et de quelques autres. Mais aucun ne m'aura autant fait vibrer qu'Alain Bashung. C'est d'ailleurs probablement le seul artiste dont je possède l'intégralité discographique, voire scénique. De cet auteur compositeur interprète de talent, j'aime l'extrême poésie, son sens des mots, ses musiques envoûtantes et parfois si sensuelles, son côté dandy aussi.


Je considère parfois que Alain Bashung est à la musique ce que David Lynch est au cinéma. Il a un univers bien à lui, identifiable entre tous, et dans lequel on n'entre souvent qu'imparfaitement. Et pourtant, on y revient toujours. Parfois même, on en viendrait à culpabiliser de ne pas aimer un album, comme si on n'avait pas su capter ce qui pouvait en faire un disque incontournable.

C'est précisement ce qui m'est arrivé sur son avant dernier album, L'Imprudence. Un album presque concept, expérimental, enveloppé de sonorités étranges qui m'a décontenancé, presque déçu, ce qui ne m'était encore jamais arrivé jusqu'alors (même si j'ai bien évidemment mes préférences comme tout un chacun). Mais jamais je n'ai pensé que L'Imprudence était un mauvais album. J'ai plutôt eu cette impression bizarre de passer à côté de quelque chose, avec la frustration qui va avec.


Et puis, l'an dernier est sorti Bleu Pétrole, un album exceptionnel, somptueux... les mots me manquent pour décrire ce que j'ai ressenti à l'écoute de ce bijou qui aura été mon plus beau coup de coeur de toute l'année 2008. Je ne suis pas sûr qu'il y ait d'ailleurs un quelconque album que je puisse placer au dessus de celui-là, qu'il soit de Bashung ou de tout autre artiste. Pour moi, Bleu Pétrole est ZE album, celui que l'on n'attendait pas et qui vous transporte à chaque écoute.


Alors, lorsque hier Alain Bashung et ce fameux Bleu Pétrole ont récolté 3 Victoires de la musique (Album, Interprète, Scène), j'ai trouvé cela amplement mérité. Et peu surprenant en fait, tant Bashung a été depuis si longtemps déjà reconnu par ses pairs comme un monument de la chnason française. Celui que les Inrocks ont affectueusement surnommé "le dernier des Géants".

Et si je ne suis vraiment pas fan de ce type de retransmission TV, il faut bien reconnaître que l'émotion était au rendez-vous ce samedi soir lorsque Alain Bashung (dont tout le monde sait désormais qu'il est atteint d'un cancer du poumon qui le fragilise énormément) est monté sur scéne. Il a dit ne jamais pouvoir oublier cette soirée ni tout cet amour. Moi, je peux simplement dire que jamais je ne pourrai me passer d'Alain Bashung.


Que dire de plus ? Ce post est un peu vain. Ceux qui sont hermétiques à Bashung le resteront sans doute, le cantonnant probablement à ses premiers tubes qu'étaient Vertige de l'Amour ou encore Gaby, Oh Gaby... Et c'est très bien ainsi car il en faut pour tous les goûts et pour toutes les oreilles. Moi-même, je ne suis pas forcément réceptif lorsque l'on essaie de me faire découvrir certains chanteurs. On adhère ou pas, c'est selon. Cela n'enlève rien à ce qu'ils sont, ni à leur talent. Ni au fait qu'ils touchent les gens, chacun à leur façon.


Mais je voudrais quand même dire que Bashung, c'est surtout une série d'albums incroyables depuis Osez Joséphine jusqu'à ce chef-d'oeuvre qu'est Bleu Pétrole, en passant par les exceptionnels Chatterton et Fantaisie Militaire. Des pépites unanimement reconnues, tant par la profession que par les très nombreux admirateurs de l'artiste dont je fais bien évidemment partie.


Installez-vous confortablement, fermez les yeux et écoutez par exemple La nuit, je mens ou Madame rêve... et laissez-vous emporter par ce tourbillon de poésie mélancolique...


Je crois que j'avais depuis bien longtemps envie de parler enfin d'Alain Bashung, de ce qu'il représentait pour moi depuis une vraie révélation lors de mes années fac. La sortie de Bleu Pétrole l'an passé aurait été une superbe occasion. Mais j'ai attendu. Ensuite, j'ai appris qu'il souffrait de cette saloperie de cancer contre lequel il lutte jour après jour et qu'il combat à sa façon en multipliant courageusement les concerts à travers toute la France. Là, je n'ai pas non plus osé, ne voulant pas me risquer à faire un sujet qui passerait plus pour un hommage, un peu comme si j'enterrais le bonhomme un peu vite. Et puis samedi soir, lorsque je l'ai vu à la cérémonie des Victoires de la Musique, si affaibli et pourtant si heureux et plein de vie, je me suis dit qu'il valait quand même mieux parler des gens que l'on aime quand ils sont toujours là.


Alain, je vous souhaite d'être là pour très très longtemps encore. Pour ce que vous êtes, ce que vous faites depuis une vingtaine d'années où je vous écoute assidûment album après album, je veux juste vous dire que je vous aime. Je préfère dire les choses plutôt que de m'en vouloir de les taire.



Tenez bon la barre, surtout !