mercredi 30 septembre 2009

Le Bistro de l'Octroi, immodérément...





Aujourd'hui, je vais vous parler d'un de mes petits plaisirs hebdomadaires. Je prends le risque une nouvelle fois, comme on me l'a fait remarquer précédemment, de ne pas intéresser mes amis mais tant pis. J'entretiens le plaisir d'écriture, c'est déjà ça. Si le plaisir de lecture suit, ce sera la cerise sur le gâteau.

Cerise sur le gâteau, il en est d'ailleurs un peu question puisque c'est de restauration que je vais vous parler aujourd'hui. En effet, tous les vendredis midi (ou presque), je m'offre le plaisir de déjeuner au Bistro de l'Octroi. Un restaurant semi-gastronomique où la formule à 13 euros fait merveille. Et, de temps à autre, la carte n'est vraiment pas mal non plus. On reste de toute façon dans un très bon rapport qualité-prix. D'autant que ce n'est pas légion à Sarlat où beaucoup de restaurants rivalisent de médiocrité pour appâter les touristes. Hormis quelques rares bonnes adresses qui se comptent sur les doigts d'une seule main, le reste est un gloubiboulga de lieux vraiment dispensables.

Revenons en à l'Octroi. J'y ai eu dès le début d'excellents souvenirs puisque Nath et moi y avions été invités par nos amis belges. Là où ma mémoire flanche, c'est lorsque j'essaie de me rappeler si François-Marie et Brigitte nous ont fait découvrir l'endroit ou si je connaissais déjà un peu avant. En tout cas, depuis, j'y suis revenu de façon très régulière.

Du coup, je connais une bonne partie de l'équipe et j'ai presque l'impression de faire partie des meubles. Avec Christophe, le chef de rang (c'est bien comme ça qu'on dit ?), le tutoiement est de rigueur. Entre chaque plat, on échange quelques mots, on discute de tout comme de rien. Les serveurs ont toujours un sourire ou un mot gentil. Du coup, je m'y sens bien. Et quand on a une certaine hantise comme moi du monde et des lieux un peu "confinés", ça a quelque chose de miraculeux. Non seulement, j'aime aller au Bistro de l'Octroi mais surtout je déteste les rares vendredis où je n'y vais pas. Le vendredi, j'y viens seul. Invariablement. Et j'aime ça. J'ai ma table dans un coin. J'observe les gens, le service qui s'affaire. Je me détends. Je suis bien. Car s'il est vrai que bien manger est important, être détendu est aussi appréciable. Ce déjeuner hebdomadaire, j'en ai besoin. Cet endroit, j'en ai besoin. Dans un mois, je vais vraiment devoir freiner mes visites et le pincement au coeur est déjà là.

Je parle, je parle. Du coup, outre le risque accru de ne pas intéresser mes amis, je n'ai même pas encore évoqué, ou si peu la cuisine. La formule du jour à 13 euros comprend plat du jour, dessert, boisson et café. Evidemment, le vendredi c'est souvent poisson. Et c'est un délice, tant le chef trouve à chaque fois la cuisson qu'il faut, la petite sauce qui va bien etc. Le plat est bien dressé, ajoutant au plaisir des papilles celui des yeux. Petite préférence pour l'escalope de saumon à l'oseille. Et si un jour je ne suis pas d'humeur poisson, on me proposera un petit filet de boeuf pas piqué des hannetons. Viande de qualité très tendre et cuisson bleue parfaite comme toujours.

Avec un assortiment de légumes et de petits flans aux cèpes. Côté dessert du jour, c'est toujours appétissant. Et si je ne suis pas inspiré, je demande une île flottante ou mieux encore une tarte citron meringuée maison à tomber à la renverse. (François-Marie, il faudra que tu me dises si "tomber à la renverse" ne serait finalement pas un pléonasme...)

Bref, je pourrai parler pendant des heures de cet endroit qui m'est aujourd'hui tellement familier. Certes, on pourra me reprocher un manque d'objectivité. Et pour cause ! Je ne jure que par le Bistro de l'Octroi. Mais vraiment, c'est réellement une très bonne adresse si vous vous arrêtez à Sarlat un de ces quatre, à quelques centaines de mètres du centre historique. Tout y est : la qualité, la quantité, le service...

Et puis, encourager parmi la multitude de restaurants à Sarlat les rares qui prônent qualité des produits et respect de la clientèle, c'est vraiment le moins que je puisse faire.

Allez, vendredi, j'y retourne. Et peut-être même demain, tiens !

jeudi 24 septembre 2009

L'empire d'essence



J'ai beau vouer une admiration non feinte à ce cher Roger Carel, je devais quand même bien mettre ce blog à jour. Mais enfin, quand on n'a pas d'idée, c'est parfois difficile de se faire violence.

Heureusement, les jours où tout s'apparente à de la routine cachent parfois bien leur jeu. De ce fait, hier soir, alors que j'étais rentré du boulot depuis une petite demie-heure, bien affalé devant la télé avec une petite Leffe 9° pas piquée des hannetons, je vis soudain Nath faire irruption dans la pièce. Hé non, ce n'était pas Winnie l'ourson, même si, franchement, là j'aurais préféré.

Une âme charitable l'avait ramenée après qu'elle soit tombée en rade à quelques km du boulot. Sauf que la cause de la panne était... une panne d'essence ! ! ! Nath me l'a par la suite confirmé. Elle ne regarde jamais la jauge. Evidemment, du coup il ne faut pas s'étonner. J'étais vraiment en colère hier soir. Certes, on pourra me rétorquer que ce n'est pas grand chose finalement. Mais quand même ! Comment peut-on tomber encore en panne d'essence de nos jours ? Comment peut-on ignorer la jauge prévue à cet effet jusqu'à tomber en rade en plein milieu du chemin du retour.

Bon, j'exagère, elle était quand même approximativement en bordure de route. Mais bon, miraculeux quand même que personne ne soit rentré dans la Toyota, surtout avec le rétro extérieur bien en vue sur la route.

Bref, j'ai donc dû prendre la Clio, demander des bidons au voisin, aller au centre commercial le plus proche prendre du gazoil, revenir à la Toyota accidentée, tenter de faire un plein de fortune sans me faire happer par le flot des voitures, pester parce qu'elle ne démarrait décidément plus, revenir prendre du gazoil au centre commercial, repester en évitant les voitures qui passaient à quelques centimètres de moi, devenir fou en voyant que décidément elle ne démarrait pas davantage. Jusqu'à finalement réamorcer la pompe pour faire redémarrer cette foutue voiture. Parce que les Diesel, quand on n'a pas appris, ben, c'est compliqué. J'aurai donc appris à réamorcer la pompe sur un véhicule Diesel. Youpi !

Nous avons donc mis entre 1h30 et 2h pour revenir au bercail avec les deux voitures. Là, alors que je venais de couper le contact de la Toyota, j'attends un "bzzzzzzzzzzzzz" suivi d'un "schlack" sous le capot. Je rallume la voiture et un voyant du genre "Anomalie, consultez votre garagiste Toyota" attire mon attention. Plus de peur que de mal finalement puisque la panne d'essence et/ou le réamorçage de la pompe avait entraîné une petite bafouille au niveau de la batterie. Bafouille rentrée dans l'ordre et sans frais au final.

Cet épisode est anecdotique. Il aurait pu être dramatique si Nath s'était immobilisée à la sortie d'un virage sans visibilité ou dans un axe surfréquenté. Plus de peur que de mal, tant au niveau humain que matériel. Mais quand même... Tomber en panne d'essence, je trouve ça d'une bêtise peu commune. Surtout quand on ne regarde à aucun moment où on en est de sa consommation de carburant. Ca me dépasse, je n'arrive pas à comprendre...

Du coup, j'ai été de mauvaise humeur toute la soirée d'hier. Et un poil acerbe aujourd'hui.

Parce que quand même... Pfff ! ! !

mardi 15 septembre 2009

Roger Carel donne de la voix


(Ici avec Micheline Dax /Photo : Thierry Dudoit/L'Express)


J'ai eu plusieurs angoisses avant de tenter d'écrire ce billet.

La première m'a fait vérifier à plusieurs reprises que, aussi étonnant que cela puisse être, je n'avais effectivement jamais consacré un sujet à ce très grand monsieur dont la tendresse que j'ai à son endroit n'est un secret pour personne. J'ai donc écumé mes deux blogs, le neuf comme l'ancien, avant de me rendre à l'évidence. Roger Carel n'avait jamais eu les honneurs de mon blog. Enfin, ce n'est pas totalement exact. D'une part parce que je ne perds jamais une occasion de réaffirmer ma passion pour le doublage, cet art parfois difficile de donner vie à des personnages. D'autre part parce que j'ai tenté un hommage plus personnel au travers d'une nouvelle certes imparfaite mais qui m'a donné beaucoup de plaisir lors de l'écriture.

La deuxième était simple : Comment parler de ce monstre du doublage ? Comment trouver les mots ? Comment coucher des ressentis sur une page web ? Comme d'habitude, je ne voulais pas me livrer à une pompeuse liste plus ou moins exhaustive de la vie artistique de Roger Carel, d'autant qu'entre doublage, théâtre et cinéma, c'est une encyclopédie qu'il m'aurait fallu rédiger.

Déjà, je n'évoquerai ici que son activité de doubleur. Je connais mal l'acteur et le comédien. Je ne saurais dire à quand remonte exactement mon engouement pour Roger Carel. C'est d'autant plus surprenant que, d'une certaine façon, ses voix n'ont pas véritablement bercé mon enfance ou alors de manière inconsciente. Je suis de la génération Goldorak mais Actarus était doublé par Daniel Gall. (Même si Roger Carel y a notamment fait une apparition vocale dans la peau d'un des nombreux ennemis du héros). Pas davantage de Roger Carel à ma connaissance du côté d'Albator, d'Ulysse 31 ou des Mystérieuses Cités d'Or.

Certes, Roger Carel le doubleur m'aura accompagné une bonne partie de mon enfance et adolescence mais dans des oeuvres qui personnellement m'auront moins touché que celles précédemment citées : Benny Hill, Alf, Winnie et Porcinet, divers personnages de Disney comme le serpent Kaa... Mais je crois que ce qui m'a happé chez ce grand monsieur, c'est sa jeunesse d'esprit, ce côté enfant qu'il a gardé et même entretenu tout au long de sa vie. Son plaisir de jouer surtout. On a le sentiment permanent que Roger Carel s'amuse. Qu'il prend véritablement du plaisir. Il n'y a qu'à le voir se livrer sempiternellement de bonne grâce aux demandes qui lui sont faites. Partout où il va, il nous livre un éventail de voix avec la même fantaisie dans la voix et le regard. Parlons en de la voix justement. J'ai l'impression que sa voix ne "prend pas une ride" et qu'il peut toujours se permettre toutes les variétés possibles. Car c'est aussi la force de Roger Carel : pouvoir faire une quantité hallucinante de voix différentes, tout en étant immédiatement identifiable.

Vous l'aurez compris. J'aime ce monsieur. Je n'ai jamais caché mon envie de le rencontrer un jour (pour être probablement intimidé et bafouiller mais bon...). De même, je caresse plus que jamais le rêve d'écrire un bel ouvrage sur Roger Carel autour du doublage. Ma lucidité me laisse à penser que ces rêves resteront des rêves, d'autant que je ne sais déjà même pas comment le contacter. Mais c'est une autre histoire.

Je crois que partager une passion, c'est aussi transmettre quelques liens susceptibles de mieux cerner les multiples facettes de cet artiste qui sait à peu près tout faire. Soyez chics, prenez vraiment le temps de la (re)découverte et venez m'en reparler ensuite.

Les deux liens portent sur deux interviews, l'une écrite sur le site de l'Express, l'autre orale qui vaut son pesant de cacahouettes. Dans chaque cas, Roger Carel est accompagné de la prodigieuse Micheline Dax qui doublait entre autres Piggy la cochonne dans le Muppet Show et qui a fait tant de voix et une si belle carrière au théâtre !

Pour l'interview "papier", c'est ici
Pour l'interview "image et son", c'est par là

Et, si plaisir il y a, ne le boudez pas surtout !

Qu'ont-ils tous à foutre le camp ?





Satané mois de septembre ! Trois artistes viennent de tirer leur révérence en quelques jours.

Sim, tout d'abord, pour qui j'ai toujours eu une tendresse particulière bien qu'il ne soit pas, à mon sens, une réelle pointure cinématographique ou comique. Mais il avait cette gentillesse. Une gueule bien évidemment. Et un côté clown pleinement assumé, dans le sens noble du terme, avec une sacrée dose d'auto-dérision.

De ses diverses apparitions artistiques, je retiendrai surtout sa présence récurrente aux Grosses Têtes de Philippe Bouvard version TV dans les années 90. Ou ce duo improbable avec Patrick Topaloff, "Où est ma chemise grise ?", variation sur le thème de Grease.

Il semble aussi qu'il soit apparu dans quelques grands films mais que je n'ai jamais eu le loisir de regarder. Et puis, comme d'habitude, je préfère rester sur des ressentis. Ce mec me manque un peu parce qu'il n'est plus là et que les moments passés télévisuellement en sa compagnie étaient toujours synonyme de bonne humeur. Jouant à fond sur son physique improbable dont il avait fait son fond de commerce, Sim a ainsi traversé les décennies en donnant l'impression de ne jamais vieillir, lui dont on disait avec tendresse et humour qu'il n'avait jamais été jeune, physiquement parlant. Quand il ne le disait pas lui-même.

Une gueule qui fit aussi le succès des libraires. Son ouvrage "Elle est chouette ma gueule" avait frôlé le million d'exemplaires. Un succès mérité pour cet artiste cultivé résolument populaire, humble et accessible.

Sim fait finalement partie de ces grands monsieurs. Ceux dont on a tant de mal à résumer une carrière apparemment mineure et qui laissent un sacré vide quand ils s'en vont.

Un artiste clown taille patron, quoi !


Autre disparition marquante de ce mois de septembre : Willy Ronis. Je n'en dirai malheureusement pas grand chose car, oserai-je l'avouer, je ne connaissais pas ce monsieur. Pas même de nom. Alors qu'il s'agit apparemment d'un immense photographe, d'une pointure nationalement et internationalement reconnue. Alors bien évidemment, quand je souffre de telles lacunes, j'essaie de les combler, même partiellement. Je suis donc allé fureter sur Internet pour voir à quoi ressemblait le travail de cet artiste qualifié d'incontournable et d'infiniment gentil par tous ceux qui lui ont rendu hommage.

A l'arrivée, un vrai coup de coeur pour des photographies où respirent la vie des quartiers et le coeur des gens. Sa mort m'aura au moins permis de connaitre une partie d'une oeuvre apparemment immense. Alors bravo l'artiste !

Je terminerai enfin par le décès appris ce matin (mais survenu hier) de Patrick Swayze. Sa maladie n'était un secret pour personne, abondamment relayée par une forme de presse people toujours prompte à dégueuler sur ceux dont les souffrances font vendre. Enfin bref, rien de neuf sous le soleil donc.

Pour beaucoup, Patrick Swayze est définitivement lié à Dirty Dancing. Mouais. Ce n'est pas ce que je retiendrai personnellement de cet acteur... sauf la chanson "She's like the wind" qui en est issue et qu'il a lui même interprétée dans les années 80 ou 90.

Pour moi, Patrick Swayze est indissociable de Ghost, une comédie sentimentale (et bien plus encore) qu'on ne présente plus. Ou, à un degré moindre, de Point Break. Un film d'aventures qui ne révolutionnera pas le genre, certes, mais assurément jouissif et très divertissant.

Voilà, rien de révolutionnaire non plus dans ces quelques lignes. Juste un petit hommage à quelques artistes qui ont foutu le camp à quelques jours d'intervalle.

lundi 14 septembre 2009

La fraîcheur Kim Clijsters


J'avais quelques idées de sujets pour mon "retour aux affaires" mais je n'avais pas particulièrement prévu de parler tennis. Mais quand même, ce que vient d'accomplir Kim Clijsters (ici avec sa fille Jada) est assez ahurissant. Retraitée des courts en 2007, elle nous revient gonflée à bloc au début de l'été.

Très vite, elle donne le ton. La belge a faim et se montre réellement convaincante sur l'ensemble des quelques tournois de préparation qu'elle dispute. Mais de là à gagner l'US Open édition 2009 !

J'ai toujours adoré cette joueuse, contrairement à Justine Henin et ce, malgré un palmarès somme toute très différent entre les deux joueuses. J'ai donc été ravi de son retour, tout en le pensant, je dois l'admettre, un peu vain.

Mais Kim n'a rien perdu de sa superbe. Bien au contraire. Elle a même gagné en intensité mentale, semblant finalement se jouer de la pression de tous ceux qui l'espéraient sans oser y croire. Avec un deuxième titre majeur comme en 2005, à l'US Open déjà.

Du coup, sa retraite anticipée en 2007 apparait vraiment comme étant un mal comme un bien. Sa vie de femme et de mère semble l'avoir libérée. Elle revient en plus à un moment où le tennis féminin n'a jamais été aussi chaotique : succession de numéros 1 qui ne confirment pas entre une Safina qui se délite dans les rendez-vous importants, une Serena Williams qui joue par intermittence malgré de belles victoires en Grand Chelem (et qui manque toujours cruellement d'humilité comme on peut le voir et le lire ici), une Ivanovic fantômatique etc.

Du coup, Kim Clijsters apporte un vent de fraîcheur au tennis féminin qui tombe à pic. Sa victoire de cette nuit fait plaisir à voir. Le sport, visiblement, lui manquait mais elle manquait surtout à ce sport.

On parle avec de plus en plus d'insistance d'un retour de Justine Henin. Rumeur surtout alimentée par le silence de l'intéressée sur ce sujet et par ses désengagements, notamment théâtraux. Dans le genre "Retour qui ne me ferait vraiment pas envie", Henin se pose là. Elle a beau avoir palmarès plus qu'éloquent et l'un des tennis les plus complets du tennis féminin, je n'ai jamais pu adhérer. Et puis je pense que ce retour, s'il devait finalement se confirmer, ne se ferait pas forcément pour de belles raisons. Notamment le plaisir du sport. Sans oublier que la beauté de son départ était quand même lié, entre autres choses, au fait qu'il avait lieu alors qu'elle était au sommet.

Mais bon. Je ne suis pas objectif car c'était une joueuse que je ne supportais qu'à toutes petites doses. Et encore. Mais assez parlé de Henin. Aujourd'hui, le sportif canapé que je suis ne se réjouit que d'une chose : la victoire de Kim Clijsters, celle d'une grande championne à qui tout est désormais permis.

J'en rêvais sans trop y croire. Kim Clijsters l'a fait. Bravo et merci !