dimanche 28 février 2010

Petits bonheurs du we !


Allez, un petit billet léger, fait de tout et de rien, pour clore un bien sympathique week-end !

Hier, soirée avec deux nouveaux amis, Marc et Claudine, du même lotissement que nous, avec lesquels nous avions sympathisés depuis quelques semaines. Nous les avons donc invités pour un repas convivial, sans chichis, le premier d'une longue série je pense, entre nous. Apéro à rallonge (les toasts, rien de tel pour qu'un apéro se prolonge), columbo de porc, charlotte au chocolat, vin, café, manzana... Bref, l'idéal pour un repas du soir, et une bonne façon de me motiver pour le régime auquel je ne manquerai pas d'avoir droit lorsque j'entamerai mon traitement. (Je précise à Isa qu'il n'est pas question que mon régime commence le we prochain !)

Marc et Claudine sont des jeunes retraités qui, comme d'autres avant eux, ont découvert la Dordogne lors de vacances avant de projeter de s'y installer une fois à la retraite. C'est désormais chose faite et ces parisiens habitent donc désormais à quelques dizaines de mètres de chez nous. Le courant est tout de suite passé entre nous, d'une part parce qu'il faudrait en faire beaucoup pour ne pas s'entendre avec eux, mais peut-être un peu aussi parce qu'ils ont eu la douleur de perdre récemment un fils à peine moins âgé que moi et qui était passionné de BD. Et c'est à moi qu'ils ont demandé si je voulais bien les aider à rouvrir quelques cartons dans le grenier car ils ne s'en sentaient pas le courage, histoire de faire du tri car ils ne s'imaginent pas garder toutes ces BD et leur autre fils n'est pas du tout intéressé.

C'est un peu facile de dire ça d'une personne que l'on n'a jamais rencontrée mais je pense que je me serais bien entendu avec lui. Même passion pour les BD, même propension à l'isolement, aux rêves. Bref, ce n'est pas sans une certaine émotion que je m'apprête, dès demain, à ouvrir ces fameux cartons afin de faire une "estimation" de ce qui s'y trouve. Je crois l'avoir déjà dit je ne sais plus trop où, mais je pense vraiment que je vais avoir l'impression d'ouvrir une malle aux trésors. D'autant que ce fils disparu était également très soigneux. Un autre point commun.

Hormis cette parenthèse, ce sont des gens charmants, sans chichis, des gens auprès desquels j'ai plaisir à m'attacher. Nous avons donc partagé une bien belle soirée, ponctuée de fous-rires, qui s'est achevée par le visionnage d'un film que nous avions déjà vu, Nath et moi, mais que nous avons eu tant de plaisir à partager : Gran Torino de Clint Eastwood (récompensé hier soir aux César d'ailleurs).

Et puis aujourd'hui, deuxième bonheur, un mail de Christian Rustan dont j'ai parlé en fin de semaine dernière sur ce même blog. Un Christian bien déçu que personne ne m'ait prévenu mais tellement heureux de me lire puis de m'entendre car je n'ai pas résisté à l'envie de l'appeler ce soir. Il tient le coup, difficilement parfois (anti-dépresseurs) mais il est très actif. Après les obsèques de sa maman, toute la famille du côté de son père s'est manifestée et souhaite le voir lui rendre visite. C'est ainsi qu'il a passé les deux dernières semaines à Toulon. Pour le reste, il multiplie les activités auprès d'associations et donne notamment des cours d'alphabétisation pour un public adulte. Il nous a vivement invités à le revoir à Rodez, la maison étant "grande ouverte" donc nous ne manquerons pas d'y retourner àprès les deux tours des régionales. J'ai hâte en tout cas !

Madame Rustan est donc partie paisiblement le vendredi 8 janvier à 11h. Depuis octobre, son état de faiblesse avait empiré et elle était en maison de retraite médicalisée où elle souffrait de la maladie d'Alzheimer, ne reconnaissant plus que son fils. Je n'ai pas pu être là pour son dernier voyage et j'avoue que je le vis comme une trahison. Il est des choses que l'on ne peut pas passer sous silence, des choses qui ne peuvent pas, qui ne doivent pas être dissimulées. Mais je ne peux rien y faire à présent. Mais personne n'enlèvera l'amour que je portais à cette personne et que je lui porte encore.

Bref, ça a été un joli week-end. Le début de semaine devrait apporter son lot d'émotions aussi. Lundi parce que je serai au milieu des cartons, parmi les affaires chères à une personne disparue dont je me sens pourtant déjà proche. Et mardi avec Lucky qui nous quitte pour rejoindre sa nouvelle famille. Mais il sera toujours temps d'y revenir en détail dans la semaine...

Oui, vraiment un beau week-end...

Avis de recherche 2



J'ai déjà parlé de cet avis de recherche par ailleurs, mais sait-on jamais, peut-être aurai-je sur ce blog ou via Facebook quelques lecteurs supplémentaires qui me seront d'un grand secours.


Je recherche désespérément (le mot n'est pas trop fort) l'ouvrage écrit en 2007 par Tibet, le dessinateur de Ric Hochet et Chick Bill aujourd'hui décédé, intitulé "Qui fait peur à maman ?", préfacé par son ami Salvatore Adamo et relatant ses souvenirs d'enfance de Marseille à Bruxelles.


Je ne m'étais pas pressé de me le procurer puisque jamais je n'aurais imaginé qu'il puisse être épuisé, tant chez l'éditeur (L'esprit des péninsules) que sur l'ensemble des sites marchands et d'enchères. C'est une curiosité que je ne m'explique toujours pas mais le constat est là : je rame comme c'est pas permis pour trouver l'ouvrage, et pourtant, de par ma collectionnite aiguë, je m'y entends pour fouiner sur Internet et ailleurs.


En plus, vu la relative confidentialité de l'éditeur dans le monde littéraire, un libraire m'a informé qu'en principe ce genre d'ouvrage se trouvait surtout sur commande, c'est-à-dire qu'il était peu courant de voir un tel éditeur envoyer des stocks de livres à telle ou telle enseigne.

Bref, je galère, je galère. J'ai dû téléphoner à toutes les enseignes que je connaissais, notamment sur Périgueux, Brive et Rodez mais sans succès. Alors, même si je suis peu optimiste quant au fait que vous ayez plus de chance que moi, je lance un appel. Si vous tombez sur cet ouvrage par le plus grand des hasards, prévenez-moi surtout, je suis preneur...


Sinon, ce sera le système D. Prier pour qu'une bibliothèque en ait un exemplaire pour le lire à défaut de le posséder.


Merci d'avance et bon courage ! Parce que je suis dans l'impasse et que je ne vois vraiment pas comment ça va changer. Mais enfin, sait-on jamais...

vendredi 26 février 2010

Sarah (2/3)


Sarah avait rencontré son amie près de deux ans plus tôt. Elle s’en rappelait comme si c’était hier et pas simplement parce que son père l’avait ignorée ce soir là.

Elle était dans sa chambre depuis une paire d’heures, allongée sur son lit, les yeux rivés au plafond. Seule la lumière de la lune baignait la pièce depuis la fenêtre ouverte. Il faut dire qu’il faisait étonnamment très chaud en ce mois de mai.

Sarah essayait de ne pas s’endormir. Chaque nuit, elle priait pour ne pas s’endormir. Rester éveillée coûte que coûte. Sinon, ce serait encore les cauchemars. Ceux qui lui donnent l’impression d’être éveillée. Ceux qui font que les nuits ressemblent aux jours. Car rares étaient les nuits où son père ne la hantait pas. Les autres enfants rêvaient. Mais pas Sarah. Elle ne savait pas. Les rêves, ce n’était pas pour elle. Elle n’en faisait jamais. Les cauchemars prenaient trop de place.


Sarah était donc là, allongée, luttant pour garder les yeux ouverts. Ne tenant plus, elle se leva et se mit à la fenêtre. Une brise légère caressa son visage fatigué. Mais même debout, même avec la meilleure volonté du monde, Sarah sût qu’elle ne résisterait plus longtemps, tant elle tombait de fatigue.


Du coup, lorsqu’une lumière verte passa devant ses yeux, elle n’y prêta pas attention. Elle avait la vue tellement embrumée de toute façon. Alors une lumière de plus ou de moins, qu’elle soit verte ou d’une autre couleur…

Mais lorsque la lumière se mit à parler, Sarah retrouva toute son attention. Une voix de femme ou d’enfant, elle ne savait pas trop. Mais une voix enjouée et douce.

-Alors ma jolie Sarah, tu ne dors toujours pas ?

La fillette écarquilla les yeux et vit la luciole à quelques centimètres de son visage. Elle tendit instinctivement son bras et l’insecte luisant se posa au creux de la paume de sa main.

-Merci ma chérie, c’est vrai que j’ai un peu de mal à voler à une telle altitude. Je me suis dit que tu avais besoin d’un peu de compagnie, n’ai-je pas raison ?

Sarah sourit mais d’un sourire timide. Elle aurait dû être surprise qu’une luciole puisse parler mais elle pensait surtout à son père qui dormait au rez-de-chaussée. Elle savait ce qui se passerait si elle le réveillait. S’il l’entendait parler toute seule dans sa chambre. Comme une folle.


Mais parce que personne ne lui rendait jamais visite, et encore moins la nuit lorsque les ténèbres enveloppent la maison, elle fit tout de même entrer la luciole qu’elle posa sur le drap de son lit (Il y avait bien longtemps qu’elle en avait ôté l’édredon bleu tant il faisait chaud ce soir).

-Tu peux rester ici cette nuit si tu veux, murmura Sarah, mais il te faudra parler doucement car mon papa est en bas. Et il ne sera pas content si nous le réveillons. Pas content du tout.

-Ne t’inquiète pas ma puce, je parlerai tout bas. Dis moi plutôt ce qu’une petite fille de ton âge fait encore debout à cette heure.

Le visage de Sarah s’assombrit légèrement et la luciole sembla le percevoir immédiatement.

-Je… je ne veux pas m’endormir. Je pense trop à de vilaines choses quand je dors. Parfois, c’est pire que d’être réveillée.


Sarah s’allongea sur le ventre, son visage entre ses mains, à quelques centimètres seulement du ver luisant. Son visage était triste mais la curiosité prenait enfin le dessus. On ne rencontre tout de même pas une luciole tous les jours. Surtout une qui parle.

-Mais tu ne fais jamais de jolis rêves, avec de belles histoires ? demanda l’insecte dans un murmure, d’une voix de plus en plus douce.

-Non, répondit Sarah. Je sais que mes copines en font. Parfois, elles se les racontent à l’école. Mais moi, ça ne m’arrive jamais. Dès que je ferme les yeux, tout devient noir. Alors je garde les yeux ouverts. Mais la maîtresse n’aime pas trop me voir dormir en classe, ajouta la fillette dans un sanglot à peine étouffé.

-Dis-moi ma puce… Ce serait tout de même plus agréable si tu pouvais passer de belles nuits, non ? Plutôt que de rester éveillée la nuit et de dormir le jour à l’école.

Sarah rougit et acquiesça bien évidemment. Elle ne se rappelait plus de la dernière nuit « normale » qu’elle ait passé, ni même si cela lui était déjà arrivé. Mais elle serait tellement contente de pouvoir rêver comme les autres enfants de son âge, c’est sûr ! De pouvoir dormir sans crainte. Sans peur du noir. Ou des marches qui grincent.


Il se passa alors une chose étrange. La lumière verte qui enveloppait la luciole sembla grossir, jusqu’à progressivement s’étendre dans toute la pièce. Sarah ne distingua bientôt plus rien d’autre dans la chambre que cette lumière aveuglante. Elle se protégea les yeux en levant son bras gauche tout en essayant de les garder ouverts pour tenter de distinguer quelque chose. La lumière verte semblait l’envelopper, l’engloutir même. Puis il y eut un bruit, un peu comme une décharge électrique et tout redevint normal.


Sarah plissa les yeux. La chambre avait retrouvé son aspect habituel, seulement baignée par la lumière de la nuit et des étoiles. Sa nouvelle amie la luciole était toujours sur le drap mais elle ne brillait plus. Elle était surtout devenue silencieuse, ce qui inquiéta Sarah.

-Ca va, véruisant ? demanda la fillette qui ne savait pas trop comment se comporter, tant elle trouvait déjà surréaliste de s’adresser ainsi à un insecte.

Pas un insecte, murmura une voix dans sa tête. Ton amie. Ta nouvelle amie. Celle qui veut faire de tes nuits des nuits douces.

-Oui, ça va ma puce, je te remercie, répondit la luciole au bout d’un long moment. C’est juste que je suis épuisée mais ma lumière devrait vite revenir. C’est que… ça fait bien longtemps que je n’avais plus fait quelque chose d’aussi fatiguant. Ca n’a l’air de rien comme ça mais ça décharge mes batteries en un rien de temps. Mais enfin, nous y sommes et c’est le principal ma petite Sarah !


L’enfant ne comprit pas de suite mais lorsque l’insecte tourna la tête de trois-quarts et que Sarah suivit son regard, elle vit ce qui avait échappé à son attention. Sur le petit bureau où étaient entreposés ses cahiers et autres affaires de classe, il y avait à présent, bien au centre, un épais livre rehaussé d’une reliure dorée du plus bel effet.

-Pfou ! Je n’en pondrais pas un comme ça tous les jours, soupira la luciole qui semblait déjà retrouver un peu de sa lumière verte. Vas-y, c’est pour toi ma puce.

Sarah se leva tout doucement et le ver luisant ne put s’empêcher de penser que décidément la pauvre petite était terrorisée par son père. Elle ne voulait surtout pas risquer de faire grincer le plancher. Parce que sinon ce seraient alors peut-être les marches de l’escalier qui grinceraient à leur tour.

Elle se tenait à présent devant son bureau et regardait l’ouvrage avec émerveillement, éblouie par l’aspect doré de la reliure. Elle ne se rappelait pas avoir déjà vu quelque chose d’aussi beau. Du coup, elle n’osait même pas le toucher. Et puis, c’était un cadeau de son amie la luciole. Une amie et un cadeau pour elle toute seule dans la même nuit. L’un était aussi rare que l’autre dans la vie de la petite Sarah.

-Vas-y, prends-le, insista la luciole de sa voix douce. Amène-le ici, je dois te dire deux ou trois choses sur ce livre.


Sarah souleva enfin l’épais volume et le serra dans ses bras comme un précieux trésor dont elle ne voudrait pas être dessaisie. Elle revint vers le lit, tout aussi précautionneusement qu’à l’aller, et s’allongea près de son amie qui avait retrouvé toute la chaleur de sa lumière verte.

-Tu as entre tes mains ce que l’on appelle le livre des rêves. Le soir, lorsque tu auras peur de t’endormir, peur des ténèbres et des cauchemars, il te suffira de l’ouvrir. Une page chaque soir avant de t’endormir. Pas davantage. Et je te promets qu’après ça, tu dormiras comme un bébé et que tu seras en pleine forme pour aller à l’école. Bien entendu, c’est notre petit secret à toutes les deux, personne d’autre ne doit savoir, et surtout pas tes petits camarades de classe, c’est d’accord ma puce ?


Sarah regardait le livre avec gourmandise et un beau sourire illumina son visage. Elle n’était pas sûre de tout comprendre, d’ailleurs elle était trop petite pour ça, mais elle avait retenu une chose, une chose essentielle : elle dormirait enfin et ne ferait plus de cauchemars. C’était ce que son amie lui avait dit. C’était donc vrai, elle en était persuadée. Une amie ne dirait pas de mensonges.

-Bien évidemment, continua la luciole, tu peux tout à fait parler à tes copines des rêves que tu auras faits dans la nuit. Mais pas un mot sur le livre des rêves surtout. Personne ne doit en entendre parler et personne d’autre que toi ne doit le voir. Sinon il disparaîtra et je ne pourrai pas empêcher les cauchemars de revenir.

Sarah avait resserré son étreinte sur le précieux livre mais ne quittait plus la luciole des yeux, tant elle était contente. Elle ne savait pas trop comment ça allait se passer, les rêves, tout ça, mais elle était heureuse. Quelle belle nuit !

-Bon, il est tard ma chérie, soupira son amie. Je repasserai te voir demain et tu me raconteras comment se sera passée ta nuit, d’accord ? Mais là, je dois y aller, il est déjà bien tard. Et rappelle-toi bien : une seule page par nuit, c’est bien suffisant pour avoir son lot de rêves !

Allez, au lit à présent !


La luciole voleta jusqu’au rebord de la fenêtre ouverte et Sarah s’allongea dans son lit et remonta le drap. Puis elle reprit le livre des rêves entre ses mains et offrit un sourire franc et lumineux à sa nouvelle amie.

-Merci véruisant ! Merci pour tout ! Fais bien attention à toi en rentrant surtout !

-Ne t’inquiète pas, ma chérie ! Et puis la nuit, c’est là que tout commence pour moi qui dors le jour, alors j’ai l’habitude ! Allez, j’y vais ! Je te fais de gros bisous. Dors bien !

Sarah lui répondit par un smack sonore tellement bruyant qu’elle ne put s’empêcher craintivement de dresser l’oreille mais la maison était décidément bien silencieuse. La luciole s’envola et sa lumière verte sembla prendre l’aspect d’une traînée de poudre dans le sillage de l’insecte.


L’enfant était bien réveillée à présent. Elle se sentait excitée mais n’osait pas ouvrir le livre qu’elle regardait comme une bête curieuse. Est-ce que tous ses problèmes pouvaient se régler si simplement ? Juste en ouvrant un livre ?

Au bout de quelques minutes, elle le fit enfin. Avec une infinie précaution, un peu comme si le livre des rêves pouvait tomber en poussière, elle l’entrouvrit à la première page. Il y avait une illustration qui prenait toute la place. On y voyait une mer orangée baignée par la soleil.

Sarah sourit d’émerveillement et sombra instantanément dans un profond sommeil.


Lorsqu’elle se réveilla le lendemain matin, elle s’étira paresseusement. Mais elle se sentait bien. Tellement bien. Pas comme tous ces matins où elle n’arrivait pas à émerger. Elle sourit lorsqu’elle vit le précieux livre posé sur la table de chevet, près de la lampe. Elle sourit encore plus en pensant au car de l’école qui viendrait bientôt klaxonner devant chez elle. Elle retrouverait alors ses copines et elle pourrait à son tour leur raconter ses rêves. Car pour la première fois, d’aussi loin qu’elle pouvait remonter le temps de ses souvenirs, la nuit ne l’avait pas enveloppée de ses cauchemars. Elle s’était vue nager avec des dauphins alors qu’elle n’aurait même jamais su comment faire « dans la vraie vie », courir sur une plage de sable fin, se jeter tête la première dans les vagues en riant aux éclats. Elle se souvenait même avoir parlé avec une sirène qui était très belle et qui, comme son amie la luciole, avait une voix toute douce. Elle s’était aussi vue s’allongeant dans le sable et regarder les étoiles par une nuit sans lune, le clapotis des vagues lui chatouillant ses pieds nus. Sarah avait l’impression d’avoir fait d’autres rêves mais qui lui semblaient plus lointains, comme la sensation d’avoir mangé une crêpe gorgée de chantilly à la terrasse de l’un de ces nombreux cafés en bord de mer. Ou d’avoir chevauché un poisson. C’est ce qui est bien avec les rêves, pensa Sarah tout sourire, c’est qu’on n’est pas dans la vraie vie alors on peut y voir des choses qui n’existent pas.


Et c’est ainsi que, grâce à une luciole sortie d’on ne sait où, par une chaude nuit de mai, Sarah apprit à rêver. Et avec les rêves vinrent les rires, les sourires. La joie de vivre malgré tout. Malgré la douloureuse réalité. Les coups. Les cris. Les marches qui grincent.


Mais Sarah finissait toujours par remonter dans sa chambre. Elle avait hâte. Il y avait deux moments qu’elle aimait plus que tout : la nuit pour les rêves, et le début de matinée, sur le chemin de l’école, pour les partager. Chaque soir, les gestes étaient les mêmes. Elle ouvrait son livre, prenait la page suivante, s’émerveillait devant la beauté de ce qu’elle découvrait et s’endormait aussitôt sans pouvoir lutter. Le sommeil l’enveloppait et l’emmenait au pays des rêves. Et elle en fit des rêves, la jolie Sarah, tout au long de ces nuits. Elle en parcourut des images, des mondes, elle en vécut de belles histoires. Une nuit, elle était princesse, et le lendemain, elle se retrouvait maîtresse d’école. Parfois elle parlait aux animaux, d’autres fois, elle volait au milieu des oies sauvages. Tantôt elle riait aux éclats avec les nombreux amis qui parsemaient ses aventures, tantôt elle observait seule et silencieuse les nuages qui formaient des êtres fantastiques dans le ciel.


Bref, depuis deux ans, Sarah rêvait. Rarement le jour où une réalité noire et sournoise reprenait ses droits. Un peu le matin quand les commentaires de ses camarades de classe lui donnaient un peu l’impression de prolonger le voyage. Mais toujours la nuit. Elle était d’autant plus impatiente que son amie la luciole lui rendait très souvent visite. Sa meilleure amie. Celle avec la voix si douce. Et la lumière si verte.


Sarah était pressée d’aller se coucher. Son père, affalé sur le canapé, ne bougeait toujours pas. Elle hésitait. Elle voyait bien qu’elle ne lui servait plus à rien maintenant qu’il dormait, toujours avec ses yeux étrangement ouverts. Mais quand même. Et s’il venait à se réveiller. S’il venait encore, comme un leitmotiv entêtant, à crier son nom. Sarah, Sarah, SARAH !

Alors elle resta prostrée au pied du canapé. Attendant sans savoir trop quoi ni surtout combien de temps. Et redoutant, comme tant de fois auparavant, de s’endormir et de laisser les ténèbres l’engloutir. Car sans le livre des rêves, sans son amie la luciole, elle se savait à leur merci.


A suivre…

jeudi 25 février 2010

Pêle-mêle...





Alors en vrac :


Sarah a bien avancé, livraison ce vendredi de la partie 2, et peut-être de la 3.


Suite à mon sujet précédent, j'ai écrit à Christian hier. J'espère avoir des nouvelles à mon tour.


Lucky va nous quitter. Je suis bien content d'avoir recueilli ce petit chaton abandonné en juin dernier mais il y avait trop de contraintes, surtout quand on veut en faire un chat d'appartement. Stress suite aux fréquentes bêtises (chat et collectionnite aiguë, mauvais mélange), obligation de tout planquer ou presque dans la maison (La cuisine américaine ouverte sur le salon, pas bon quand on a un chat...), impossibilité d'aménager quoi que ce soit comme on le voudrait (adieux les plantes vertes chères à Nath) et sempiternel problème de qui garde le chat (ou obligation de le prendre avec nous en sachant que sa liberté en prendra un coup) en cas d'imprévu comme quand on va à Bordeaux en urgence par exemple... Bref, je le vis comme un semi-échec, je préfère me rassurer en disant qu'on l'a recueilli au meilleur moment pour lui. Et qu'il sera passé de chaton à chat à notre contact. Mais il ne perdra pas au change car ses nouveaux maîtres seront une mère célibataire et son fils. Et comme Lucky est étonnamment patient avec les enfants (Isa peut témoigner...), il devrait se régaler... Décision commune prise conjointement avec Nath.


J'ai trouvé du boulot au CIAS de Carlux, à 10 min de chez moi. Je commence soit vers le 15 mars, soit début avril, pour un poste bien plus "comptable" que je ne l'aurais imaginé. Petit bémol : CDD d'un an assorti de 3 mois de période d'essai mais je ne peux pas faire la fine bouche. Donc il va falloir que je m'accroche car il y a un poste pérenne au bout, même si la CDIsation ne devrait pas se faire avant 6 ans, délai au bout duquel le CDI est obligatoire. Mais enfin, je vais enfin retravailler après 3 mois d'inactivité forcée. Et puis, si je satisfais mon employeur, il n'aura aucun intérêt à me laisser m'en aller. Mais je vais devoir cravacher dans un secteur où tout reste à apprendre. Allez, just do it ! En tout cas, ça valait bien un petit restau pour fêter ça !


Enfin, côté santé, j'ai enlevé les points mais la gorge ne désenfle guère. J'attends d'avoir enfin les résultats de mon opération pour que le traitement adapté me soit prodigué.


Je crois avoir fait le tour... A Sarah de prendre la relève...

jeudi 18 février 2010

Madame Rustan et Christian



La première fois que je l'ai vue, je devais avoir 4 ou 5 ans. Plus trop sûr de l'âge. Je grimpais l'escalier qui menait à notre nouvel appartement à Rodez et je l'ai aperçue derrière sa fenêtre, emmitouflée d'un châle, son visage dissimulé par des lunettes et par un foulard dissimulant ses cheveux. Je me demandais bien qui était cette femme curieuse qui pouvait nous observer ainsi et je me souviens ne pas avoir apprécié être dévisagé comme ça. Pour une fois que nous allions avoir un appartement pour nous trois, avec maman et grand-père, il ne faudrait pas qu'elle nous surveille trop celle-là.


Celle-là, c'était Madame Rustan qui devait avoir dans la cinquantaine mais qui ressemblait, avec mes yeux d'enfant, déjà à une dame d'un certain âge. C'est du moins l'impression que l'enfant que j'étais en avait. En plus d'être notre voisine directe, c'était aussi notre propriétaire. En fait, elle s'appelait Paulette mais je l'ai toujours appelée Madame Rustan. Elle vivait seule avec son fils Christian. Il devait avoir autour de 30 ans, un peu moins je pense, lorsque nous avons emménagé. Il était instituteur dans une école primaire de campagne et revenait les mercredis et les we.


Madame Rustan a un peu été la grand-mère que je n'ai jamais eue. Tous les soirs, après l'école, je faisais mes devoirs et dévorais mon goûter et mon verre d'orangeade. Et puis je regardais la télé, tantôt chez elle, tantôt chez moi si maman était rentrée. Goldorak. Goldorak. Goldorak.

J'aimais beaucoup Christian, peut-être parce que j'aimais aussi beaucoup l'école et que j'étais impressionné par la quantité de bouquins qu'il avait. J'ai toujours dit que j'avais appris à lire avec le Club des Cinq mais je ne compte plus le nombre de livres de poche de science fiction que je lui ai emprunté au fil des années. D'ailleurs, à l'adolescence et même à l'âge adulte, que ce soit pour Noël ou mon anniversaire, j'avais immanquablement un nouveau Stephen King à me mettre sous la dent. Il me semble me rappeler qu'une fois que j'ai eu un peu d'argent, j'ai dû lui en offrir aussi. Plus très sûr de ça non plus. Mais ce qui est certain, c'est que j'en ai lu des Stephen King.


Bref, j'ai toujours admiré Christian pour son rapport aux livres, sa gentillesse envers moi. Je me rappelle aussi qu'il m'avait emmené une fois, je devais avoir une dizaine d'années voire un peu plus, visiter son école au Pas, un endroit rural en Aveyron (d'ailleurs, l'école fermera vite ses portes). J'étais fier de voir où il travaillait, de voir les classes, la partie où il vivait. Avec ce superbe canapé en cuir qui m'avait marqué tant je le trouvais beau, tout en sirotant un de mes tous premiers Canada Dry.


Madame Rustan, disais-je, a probablement été une grand-mère de substitution. N'ayant pas connu ma grand-mère maternelle et juste entrevu une grand-mère paternelle écoeurante de bourgeoisie toute parisienne, j'ai dû faire un transfert évident. D'autant que je n'ai pas connu mon grand-père paternel et que mon grand-père maternel, qui avait donc emmenagé avec nous, est décédé peu de temps après, alors que j'avais 7 ans. J'avais un vide que j'étais bien heureux de combler en grande partie. D'ailleurs, Madame Rustan a été la première à m'offrir un ourson en peluche. Je crois que je l'avais encore quand j'ai connu Nath, même s'il était fatigué. Elle et Christian m'ont d'ailleurs offert une autre peluche mais bien plus tard (je me demande même si je n'étais pas adulte ou pas loin) car je leur avais raconté que j'en avais marre de toujours avoir de l'argent à Noël, du fait que je grandissais, et que je n'avais donc plus ce plaisir de déballer des cadeaux, de déchirer l'emballage avec la curiosité de l'enfant qui se demande bien ce qu'il va avoir.


Par contre, bien qu'enfant de parents divorcés (je n'ai pas revu mon père depuis 30 ans mais ce n'est plus un secret), je n'ai jamais vu Christian comme un "père". C'était plus un copain ou un grand frère mais que je respectais énormément et qui partageait le goût des livres avec moi. Je l'admirais. Un modèle finalement. Quelqu'un que je n'aurais pas aimé décevoir.


J'ai donc grandi avec ma mère, Madame Rustan et Christian. Madame Rustan sortait peu alors je pris l'habitude en grandissant un peu d'aller lui chercher le poulet au marché tous les samedis matins. Et tous les samedis midis, elle venait toquer, depuis la terrasse derrière sa maison, à la fenêtre de notre salon pour nous donner des farçous que nous mangions froids avec de la mayonnaise. Ah ! Cette terrasse ! Très vite, je pris l'habitude d'enjamber la fenêtre et je toquais à mon tour à la vitre de la porte arrière lorsque je voulais voir Madame Rustan ou Christian. C'était plus simple que de passer par devant où je devais sonner et attendre que Christian vienne m'ouvrir après avoir descendu un étage. En passant par la fenêtre du salon, j'arrivais directement chez eux en quelque sorte.


Et puis, j'en ai passé de bons moments sur cette terrasse. C'est là que Madame Rustan faisait ses va-et-vient (la terrasse ne devait pas dépasser, de mémoire, les 10 m de long et les 3 de large) lorsqu'elle voulait faire un peu d'exercice tout en restant à la maison. Et puis, sur cette terrasse, venait parfois le chat de la voisine de Madame Rustan, une bique acariâtre, qui appelait les flics pour un oui, pour un non, et qui gardait jalousement tous les emplacements pour véhicules devant sa maison alors qu'elle avait son propre garage dans lequel, bien évidemment, elle ne mettait jamais sa voiture, des fois que ça permettrait à quelqu'un de se garer devant sa maison...

La terrasse, c'était surtout l'endroit qui donnait sur le jardin que Christian adorait cultiver. Moi, sitôt rentré le soir, j'enjambais la fenêtre du salon et venait le voir dès qu'il était dehors. On prenait mutuellement de nos nouvelles. Parfois Madame Rustan ouvrait sa porte arrière et me tendait un verre de menthe pour Christian dont elle disait toujours "qu'il travaillait trop". Je m'empressais alors de le lui apporter.


Et au fond du jardin, il y avait une remise. Une année, Christian et moi (Je devais avoir 12-13 ans je dirais... mais là-aussi la mémoire flanche) avons changé la toiture à deux. J'étais fier ! Nous avons enlevé toutes les vieilles tuiles que nous cassions, avant de les mettre dans des sacs que nous nous faisions passer dans l'escalier intérieur de leur maison (celui que Christian doit descendre si je vais les voir en sonnant par la porte de devant, enfin quoi, suivez un peu !) grâce à une petite fenêtre au pied du mur de la terrasse. Ensuite, nous allions charger les sacs dans la voiture au garage et nous allions à la déchetterie. Ca nous aura presque pris toutes nos vacances d'été, encore que je n'aie pas pu aider à refaire la toiture avec des tuiles neuves. ca me donnait aussi l'occasion de passer tous mes goûters avec eux avec des gâteaux et du Canada Dry. Je me souviens que le dernier jour des "travaux", Madame Rustan et Christian m'ont offert un couteau de Laguiole avec un manche en ivoire blanc.


C'étaient les plus belles années. Et puis le temps est passé et les choses se sont un peu assombries. Déjà, je les voyais moins puisque je suis devenu étudiant à Limoges avant de plus ou moins voler de mes propres ailes (Encore aujourd'hui, je me sens plus albatros dans Bernard et Bianca qu'aigle fier mais enfin...). Et puis Madame Rustan est devenue une personne qui ne voulait plus sortir et qui est progressivement devenue malade. Elle s'est peu à peu renfermée dans cette maison. Plus de va-et-vient sur la terrasse. Toujours enfoncée dans son fauteuil du salon, tricotant ou regardant la TV, rideaux des fenêtres toujours poussés. Bien sûr, elle appréciait toujours mes visites et s'offusquait même parfois lorsque je ne venais pas assez régulièrement mais je me sentais moins bien dans cette maison sombre. Peut-être parce que je sentais qu'elle déclinait peu à peu. Et que je ne pouvais pas faire de miracles.

Quand je me suis installé chez Nath, il y a 12 ans, ma mère est partie peu de temps après s'installer ailleurs dans Rodez, plus près du centre-ville. Ils n'ont jamais reloué l'appartement, Madame Rustan ne supportant plus le moindre bruit du fait de sa maladie. Au fil des années, malgré la peine que j'avais, à la fois pour Christian mais aussi pour Madame Rustan et de ce qu'elle devenait bien malgré elle, j'ai fini par moins y retourner. La vie qui passe, l'éloignement géographique...

Et puis Madame Rustan est partie, à un âge bien avancé. Je n'ai pas pu aller aux obséques puisque ma mère, respectant à la lettre ma volonté de rupture, s'est bien gardée de m'en aviser. Je ne l'ai appris que depuis une semaine mais je ne sais pas à quand ça remonte, peut-être au début de l'année. Je ne suis pas triste outre mesure car elle était vraiment à un âge où je pense qu'elle avait hâte de s'en aller mais j'aurais aimé revoir Christian. L'enterrement aurait pu être une occasion. Je pense lui écrire. J'espère surtout qu'il va se sortir de là, même si finalement, il n'a guère connu autre chose que l'enfermement forcé, de par la maladie de sa mère, depuis de nombreuses années. Il se murmure que depuis, il a cherché à reprendre contact avec de la famille du côté de son père. J'espère qu'il retrouvera une seconde jeunesse. Une seconde vie. Et que je saurai en faire un peu partie. Mais là, c'est à moi de bien m'y prendre.


J'avais envie de tout raconter. Je ne pouvais pas occulter les dernières années car elles font partie d'un tout. Mais je garderai l'image de la Madame Rustan grand-mère, celle à l'orangeade et aux farçous. Celle qui m'envoyait lui chercher le poulet au marché. Celle aux va-et-vient sur la terrasse. Celle qui disait affectueusement de moi que j'étais malin parce que j'arrivais toujours à mes fins.


Celle qui, invariablement, lorsque je lui demandais comment elle allait, me répondait : "Tout doux".


Celle que j'ai tant aimée, tout simplement.

Chantage affectif (Pas bieeeen ! ! !)


Eh non, pas de Sarah 2/3. La faute à Nath qui m'a fait un odieux chantage, bouleversant un peu mes projets initiaux. Sarah, ce sera donc pour demain. En principe. Faut voir Nath pour les réclamations.

Vous connaissez le film "Cet obscur objet du désir ?". Ben, le mien, le voilà... Enfin, un parmi d'autres... C'est ça l'avantage de la collectionnite aigüe. Vous ratez une occasion ? Pas grave, suffit d'attendre la prochaine. Et comme en général, on a plus d'occasions que d'argent, c'est nickel !

Mais enfin... Voici une bien belle pièce que cet original art issu du comic Spiderman. Pièce qui a surtout l'avantage d'être dessinée par le très talentueux John Romita Jr dont j'ai déjà dit dans ce blog tout le bien que j'en pensais. Et si Spiderman ne figure pas sur cette planche originale, on ne perd pas au change puisque trois de ses plus célèbres ennemis sont de la partie : Kraven le chasseur, le Vautour et l'Homme-Sable. (Là, je me dis que j'ai perdu quelques lecteurs en route)

Donc, je surveille nonchalamment les enchères sur e-bay, l'air de ne pas y toucher, limite en sifflotant d'indifférence. De toute façon, vu le montant, il vaut mieux être le plus indifférent possible. Nath me propose alors, chose assez étonnante, de contribuer plutôt largement à l'acquisition de la dite planche. Sauf que derrière tout ça se cache un deal sournois. Après 12 années de vie commune, té, ça me fend le coeur. Juste après la St Valentin en plus... Snif !

Il faudrait donc, ni plus, ni moins, que je me réconcilie avec celle-dont-je-n'ai-même-plus-envie-de-dire-le-nom. Il est des ruptures irréversibles comme je l'avais expliqué ici. Ce n'est même pas question de savoir si c'est bien ou mal, si c'est compréhensible pour tous ou pas. C'est ainsi. Point.

La plupart de mes amis ont accepté ma démarche, à défaut parfois de la comprendre. Mais il y a eu respect de la décision, sans jugement. Après, j'entends les choses et je peux entendre donc qu'une telle décision interpelle les personnes qui, comme Nath précisément, n'ont pas eu de rapports conflictuels à répétition avec leurs parents.

Mais enfin, ça remonte à près de trois mois, je suis passé à autre chose depuis, je dois même avouer, aussi difficile à croire que ce puisse être, que je n'y pense même plus. J'ai tourné la page. Je ne dis pas avoir bien ou mal fait. J'ai fait ce qui me semblait nécessaire. Ne pas pouvoir, avec la sensibilité qui est mienne, en supporter davantage.

Enfin bref... J'ai volontairement voulu amener ça de façon ironique voire comique. Et donc non, je n'essaierai même pas d'acquérir la planche originale de John Romita Jr. D'autant que ce n'est pas la priorité du moment et qu'il y aura d'autres occasions. Je regrette simplement de devoir encore et toujours repenser à des choses ou des personnes que j'ai choisi de laisser derrière moi.

Je peux entendre tout ce que l'on veut. Juste entendre...

mercredi 17 février 2010

Avant de tourner la page...



Bonjour à tou(te)s !


Après le brillant intérim assuré par Nath, me voilà de retour ! Je fais un rapide topo, histoire de vous tenir informé, puis je me remets à l'écriture de Sarah.


Arrivée à Bordeaux le lundi midi. Scanner dès 12h30. Déjeuner à la cafét de la polyclinique Bordeaux-Nord puisque ça cafouille déjà au niveau des admissions, soit disant que je n'étais pas attendu avant le soir et que ma chambre n'est pas prête.

Pas de chambre simple comme je l'aurais souhaité mais une double que je partage donc avec un vieux monsieur très gentil, Georges, 81 ans, né en Belgique mais vivant dans le bordelais sur 80 ha de vignes. On nous a mis dans la même chambre car nous sommes rentrés (et sortis d'ailleurs) en même temps à l'hôpital. Même type d'intervention mais pas même mal. Georges est âgé, respire parfois avec difficulté et est traité pour des cellules cancéreuses. J'espère très sincèrement qu'il connaîtra de meilleurs jours. Nous avons beaucoup discuté et il m'a parlé notamment de Napoléon qui était très apprécié semble t-il car il serait venu en aide aux populations civiles après la défaite de Waterloo. Il a ajouté qu'à une époque, la France était bien plus appréciée des belges qu'elle ne peut l'être aujourd'hui et que c'est pour cette raison qu'il a quitté la Belgique pour la France dès qu'il eut atteint sa majorité.

Enfin bref, c'est pour l'anecdote, je ne suis pas très calé en Histoire, encore moins celle de la Belgique mais peut-être François-Marie aura t-il un avis sur la question...


Toujours est-il qu'après le scanner, je suis sensé être tranquille jusqu'au lendemain matin 10h pour l'intervention chirurgicale. Mais vers 17-18 h, branle-bas de combat : je dois faire une batterie de tests supplémentaires : prise de sang, oxygène dans la veine du poignet pour voir je ne sais plus quoi, doppler, échographie cardiaque... Le scanner fait à 12h15 laisserait paraître des risques d'embolie pulmonaire, auquel cas il faudrait fluidifier le sang pour résorber les caillots dans les artères et donc retarder l'opération. Bien évidemment, interdiction de se lever. La nuit est très courte niveau sommeil. Faut dire qu'avec mon bras auquel sont reliées de multiples poches + le sommeil plus qu'agité de mon voisin, il n'est pas évident de dormir.


Le lendemain à l'aube, je repasse un scanner au niveau des artères cette fois. Heureusement, le scanner invalide les craintes du précédent et l'opération aura donc bien lieu, à 11h au lieu de 10.

Je me réveille en début d'après-midi et j'ai l'impression de rester très longtemps en salle de réveil. Lorsque l'on me remonte enfin, je vois Nath dans le couloir, je lui souris ou lui fais un geste, je ne sais plus, et je la vois tomber en larmes alors que l'on me ramène à ma chambre.

Peu après, le chirurgien vient me voir. Les résultats du prélèvement ne sont pas connus mais il me dit que ce qu'il a vu le conforte pour une sarcoïdose. Je m'en tire donc avec des points de suture à la base de la gorge (à enlever dans une semaine), une future cicatrice à prévoir, et donc un probable traitement médicamenteux à base de corticoïdes. Il faut juste surveiller ma thyroïde dont la taille limite me donne l'impression d'être enflée. Mais à part ça (et donc la difficulté de déglutition quand je mange), c'est impeccable !


Je suis donc reparti de l'hôpital à 14h aujourd'hui comme prévu, même si moi, Nath et la conductrice de la VSL avons joué à cache-cache dans les couloirs de la polyclinique. Elle nous attendait dans ma chambre, j'étais en bas en train de faire les papiers de sortie et nous avons bien mis une petite demi-heure à nous trouver, entre les escaliers, l'ascenseur et les couloirs.


16h30 : retour à la maison, découverte du mot laissé par Nath à votre intention, et lecture très émue de l'ensemble de vos commentaires. Alors surtout, un très grand merci, un immense merci à tous ceux qui m'ont soutenu dans cette épreuve : Nath bien sûr mais aussi François-Marie, Brigitte, Cath, Isa, Laurent, Georgette, Donald, Sandrine, François, Titof (et Zivayo qui se reconnaîtra), Véro... en espérant que je n'oublie personne ! Et une pensée non moins amicale pour Michel et Nicole qui ont accueilli Nath aux portes de Bordeaux alors que j'étais en clinique.


Merci pour ces preuves d'amitié ! Je me suis peut-être fait beaucoup de frayeur pour rien, mais l'important c'est vraiment d'être de retour, entouré par vous tous !


Allez, on va dire que je vous aime, tiens !

Yeux réouverts et coeurs réjouis


Une fois n'est pas coutûme, c'est moi Nath qui me permets d'écrire ce modeste billet pour donner des nouvelles de mon cher et tendre.
Après beaucoup de stress et autres angoisses dont Franck parlera sans doute ultérieurement, l'intervention chirurgicale a bien eu lieu ce matin à 11h00. Un ganglion entier a pu être prélevé et le diagnostic de la Sarcoïdose semble se confirmer.
Il est sorti de la salle de réveil aux alentours de 14h30 et moi, sonnée, j'ai fondu en larme quand j'ai vu ses yeux ouverts et qu'il ma adressé son plus beau sourire.
Le départ pour Sarlat est prévu demain à 14H00 : je n'ai plus qu'une chose à dire : "Home sweet home et Carpe Diem"

dimanche 14 février 2010

Sans voix...




Eh non, ce n'est pas une nouvelle mouture de mes déboires avec Winnie l'Ourson et Roger Carel mais un petit hommage à Serge Sauvion, décédé ce samedi à quelques jours de son 81e anniversaire.

Serge Sauvion, c'est avant tout la voix immédiatement identifiable de Peter Falk dans Columbo. Et Columbo, en ce qui me concerne, c'est le must des séries policières. D'ailleurs, je consacrerai prochainement un billet à cette série culte.

Pour le reste, je serais bien incapable de vous en dire davantage. Pour moi comme pour tant d'autres, Serge Sauvion restera associé au personnage du lieutenant Columbo (d'autant qu'il adorait se déguiser et prendre les mimiques de Peter Falk). Mais, s'il adorait avoir doublé un tel personnage, il regrettait, probablement à juste titre, que ce doublage ait fait de l'ombre à ce qu'aurait pû (ou dû) être sa carrière de comédien. Il déclarait d'ailleurs, il y a une dizaine d'années : " Le doublage a en fait été pour moi un piège doré. J'arrivais le matin à 9h au studio, je travaillais quelques heures pour, au bout du compte, gagner pas mal d'argent. Voilà comment, un jour, on se retrouve à ne faire que ça."

Il n'empêche que Serge Sauvion était une sacrée pointure du doublage. Ca valait bien un petit hommage ! Merci l'artiste !

Sarah attendra...



Bon, au niveau nouvelles, petit point après la fin de semaine... Et tant pis si je plombe l'ambiance. Je sens que le style ne sera pas très léger aujourd'hui. Mais que peut-on contre ses angoisses, aussi infondées puissent-elles être ?


Nath et moi sommes partis à Bordeaux jeudi et avons donc dormi dans un Etap Hôtel (rien à redire d'ailleurs) afin d'être sur place le lendemain pour rencontrer le chirurgien puis l'anesthésiste. Heureusement que nous y étions, sur place, parce que j'ai mis un temps fou le lendemain à faire la portion hôtel / chirurgien qui n'aurait pourtant dû me prendre que 13 minutes. Leçon 1 : ne jamais conduire dans Bordeaux quand on ne connait pas, même avec un plan et les meilleures intentions. Sans parler des bordelais qui sont de vrais malades (et de sacrés impolis) au volant.


Nous sommes arrivés chez le chirurgien plutôt confiants, nous en sommes ressortis un peu sonnés. Alors oui, il faut bien une intervention chirurgicale. Et idéalement sans traîner, ce qui explique que je reparte à Bordeaux (mais en VSL) dès demain matin, toujours avec Nath (qui logera du côté de sa famille sur place) pour un scanner dès mon arrivée et une intervention mardi matin. Sauf que l'opération n'est pas sans risque surtout du fait de mon surpoids. Certes, il y a sûrement à "boire et à manger" dans le sens où les chirurgiens préfèrent donner tous les scénarios possibles pour se dédouaner de toute responsabilité ensuite. Mais quand même, ça nous a un peu assommés. Ils vont pratiquer une ouverture vers la base du cou et descendre pour récupérer un ganglion pour analyse. Le problème est que le "chemin" est semé d'embûches sous la forme d'artères ou autres vaisseaux reliés au coeur et que le succès n'est pas garanti. Et mon surpoids apparaît vraiment, à l'entendre, comme une complication des données. Il m'a bien certifié qu'il ne prendrait aucun risque et qu'il annulerait tout en cas de problème mais encore faut-il qu'il ne rencontre aucun obstacle d'ici-là. Bref, le risque zéro n'existant pas, il reste une probabilité, aussi infime soit-elle, que je ne supporte pas l'opération, ce qui pourrait alors engager mon pronostic vital.


Bien sûr, on n'est pas là pour paniquer. Tout va bien se passer. Mais quand même. Quand on a ces pensées dans la tête, ben, on ne les a pas ailleurs et je ne peux m'empêcher de gamberger. Et puis, j'ai le souvenir de cette fibro "ratée" pendant laquelle mon coeur s'était mis à ralentir. Mardi, les données seront différentes, l'anesthésie sera générale et mon corps ne risque pas de se rebeller comme il l'avait fait à Sarlat. Mais je ne peux pas dire que la sérénité soit vraiment de mise.


Le hic, c'est que tout tend vers une sarcoïdose. Et donc vers un traitement médicamenteux à base de corticoïdes. Mais ce n'est pas sûr à 100 %. Et si c'est un lymphôme, aussi minime soit cette possibilité, je prends le risque, en ne me faisant pas opérer, d'aggraver les choses. Bref, je fais une opération à risque alors que je n'en ai a priori pas besoin. Mais si je ne la fais pas et que la sarcoïdose d'avère être un lymphôme, ce sera tout aussi dramatique.


Bref, j'ai la trouille. J'ai beau savoir que c'est une opération relativement "courante" et que les "probabilités d'échec sont bien minces, je n'en mène pas large. Je maudis mon surpoids, cette graisse qui va leur compliquer la tâche. Je maudis cette opération que je dois faire pour m'assurer que je n'ai pas de lymphômes alors que tout semble aller dans ce sens. Je maudis cette prise de risque qui n'en vaut sûrement pas la peine.


Aujourd'hui, je me fous des perspectives de boulot, du prochain traitement, de ce que je ferai les prochains jours.


Je veux juste rouvrir les yeux mardi.

lundi 8 février 2010

Sarah (1/3)


Sarah monta l’escalier en serrant un peu plus son ourson en peluche contre elle. L’escalier lui avait toujours fait peur, surtout depuis que l’ampoule avait grillé et qu’il était dans le noir. Mais tout en haut, il y avait sa chambre, le seul endroit où elle se sente à peu près en sécurité dans la maison.


L’escalier lui faisait surtout peur lorsqu’il grinçait sous le poids de son père, les soirs où celui-ci montait les marches pour lui mettre une raclée. Ils n’étaient pas nombreux les soirs où les marches ne grinçaient pas.


Sarah arriva en haut de l’escalier et relâcha, un peu, son étreinte sur la peluche. Elle pénétra dans sa chambre et donna un tour de clé comme elle en avait pris l’habitude. Bien sûr, cela ne la protégeait en rien des foudres de son père mais elle avait ainsi l’impression de se couper un peu du reste de la maison. De se couper de tout ce qui lui faisait peur.


Sarah s’allongea sur son lit et porta l’ourson contre sa joue. Elle tremblait. Comme tous les soirs à la même heure, quand elle se demandait si elle avait bien tout fait correctement. Son père allait bientôt rentrer et tout devait être parfait. Peut-être alors se contenterait d’il de manger et de s’endormir sur le canapé, cuvant le vin de la journée. Peut-être ne penserait-il même pas à elle. Cela s’était déjà produit. Mais si peu souvent. Si rarement.


Sarah n’aimait pas le silence. Elle n’aimait pas cette maison qui lui faisait peur. Elle n’aimait pas la pénombre. Ni la nuit. Surtout, elle n’aimait pas les bruits de pas dans l’escalier. Elle avait l’impression de les entendre même quand la maison était vide.


Sarah repensa à tout ce qu’elle avait fait depuis qu’elle était rentrée de l’école. Elle avait tout nettoyé dans le salon et la cuisine, avait mis la table, préparé le repas, fait ses devoirs. Elle avait a priori pensé à tout. Mais parfois penser à tout ne suffisait pas.


La fillette sursauta soudain. Elle connaissait ce bruit par cœur. Les crissements de pneus sur les gravillons de la cour. Le moteur que l’on coupe. La portière que l’on claque. Ce n’était jamais très bon signe la portière que l’on claque. Puis le bruit de la clé dans la serrure. Le silence de la porte qui ne s’ouvre pas. Les hurlements de son père pestant sur cette serrure récalcitrante. A nouveau, les bruits de clés dans cette foutue serrure. Plus insistants. Le grincement de la porte d’entrée qui s’ouvre sous le poids d’un homme qui tient à peine debout. Le vacarme de la porte qui se referme violemment. L’homme qui hurle un prénom. Sarah. SARAH.


L’enfant tressaillit, comprenant ce que cela signifiait. Il ne s’était même pas rendu dans le salon, encore moins dans la cuisine. Il était sur le seuil et, déjà, il hurlait son nom. Et visiblement, il n’était pas disposé à attendre.


Sarah détestait la nuit et ses ténèbres mais en ce moment précis elle aurait souhaité qu’elles l’enveloppent toute entière comme une cape d’invisibilité. Mais mes souhaits ne sont pas faits pour être entendus, pensa t-elle alors qu’elle sentait les larmes lui monter aux yeux. Elle déverrouilla la porte et sortit de la chambre. Son père hurlait toujours son nom. Du haut de l’escalier, elle le vit, malgré la pénombre et cette fois, les larmes coulèrent. Elle avait vu juste, du haut de ses 7 ans et demi. Son père s’était battu et son visage était en sang. Il était affalé sur le sol, criant son nom sans relâche. SARAH, SARAH.


Jamais l’escalier n’avait semblé si abrupt à Sarah. Elle en avait d’autant plus peur que c’était tout ce qui la séparait encore de son père. De son poing. De ses cris. De ses coups. Elle descendit lentement, marche après marche, tandis que l’homme la regarda enfin. Un regard mauvais empli de haine. De violence qui ne demandait qu’à exploser.


Sarah était arrivée en bas des escaliers et elle s’avança vers lui. Le visage de la fillette avait perdu toute expressivité. Même les larmes semblaient avoir séché sur ses joues. Elle regardait, mais sans vraiment le voir, le monstre qui lui faisait face. Elle savait ce qui allait se passer. Elle allait le laisser faire. Elle finirait bien par remonter dans sa chambre. C’était ça le plus important. Retrouver sa chambre. Son ourson. Son livre des rêves. Et son amie qui ne tarderait plus.


L’homme lui saisit le poignet. Sarah sentit une forte pression mais ne broncha pas.

-Tu en as mis du temps ! Tu n’entends pas quand on t’appelle ? Hurla t-il. Tu vois dans quel état je suis ? Bouge toi bordel ! Aide moi à me lever jusqu’au canapé !

Sarah eût du mal à se maintenir debout lorsque le poids de son père sembla s’affaisser sur elle. Elle mit son bras autour de son épaule et le traîna tant bien que mal vers le salon. Au moins était-il encore conscient cette fois-ci, ce n’était pas toujours le cas. Elle serra les dents, tentant de résister au dégoût provoqué par le souffle alcoolisé de son père et par la puanteur de sa sueur. Sans oublier le sang qui suintait sur ses vêtements.


Au bout de quelques minutes qui lui parurent des heures, elle parvint enfin à allonger tant bien que mal l’homme sur le canapé. Elle jeta un regard en arrière et vit la traînée de sang que son père avait laissé dans son sillage. Elle détourna son regard et observa l’homme qui la fixait, respirant de plus en plus fort et de façon très saccadée. Il était visiblement à bout de souffle.

-Tu aimerais bien que je crève, hein ? Ce serait le pied pour toi ! Grimaça t-il. Tu n’es bonne qu’à te plaindre. Comme si la vie m’avait gâtée, moi ! Avec une pleurnicheuse accrochée à mes basques… Mais je vais m’accrocher moi aussi, va ! On n’en a pas encore fini tous les deux !


Sarah fixait son père. Cela faisait bien longtemps qu’elle ne détournait plus son regard quand il lui criait dessus. Elle savait qu’elle allait y passer de toute façon. Ce n’était qu’une question de temps avant qu’il ne reprenne des forces. Et là, il s’acharnerait sur elle. Forcément. Il venait de se prendre une raclée. Il fallait bien qu’il se défoule à son tour. C’était si facile. Tellement commode. Mais la fillette ne pensait qu’à une chose : le moment où elle retrouverait enfin sa chambre. Il n’y avait que ça qui comptait. Retrouver sa chambre. Tant pis pour le reste. Tant pis pour les coups.


L’homme avait de plus en plus de mal à respirer. Pour la première fois, Sarah eut l’impression qu’il paniquait. Il avait le regard affolé de ceux qui ne maîtrisent plus rien. Bordel, pensa t-il, je n’ai pris que quelques coups. Pourquoi est-ce si difficile alors ?

-Va me chercher de l’eau et des compresses dans la boite à pharmacie, grouille-toi ! Murmura t-il à Sarah.

La fillette l’observa. C’était la première fois qu’elle l’entendait murmurer. Bien sûr, elle ne se faisait aucune illusion. Il ne pouvait pas faire autrement, voilà tout. Mais c’était quand même une drôle sensation pour une enfant qui n’avait toute sa vie connu que les cris et les coups comme seuls moyens d’expression.


Sarah se dirigea vers l’évier de la cuisine et remplit un bol d’eau fraîche. Puis elle prit un tabouret et ouvrit la porte supérieure du buffet. Tout au fond se trouvait la trousse de secours.

Elle en sortit un rouleau de gaze à peine entamé et quitta la cuisine avec les compresses et les ciseaux dans une main et le bol dans l’autre.


Elle posa le tout sur la table basse devant le canapé et se retourna. Son père s’était endormi. Elle trouvait étrange que l’on puisse s’endormir les yeux ouverts mais elle était surtout soulagée qu’il ne lui crie plus dessus. Elle coupa un bout de gaze qu’elle plongea dans l’eau et entreprit de nettoyer les traces de sang sur le visage de son père. Elle le fit avec une infinie application, un timide sourire éclairant son visage. Ils étaient si rares ces moments là. Pour tout dire, elle ne se souvenait pas avoir déjà ressenti ça. Une sorte de paix fragile. Pas de cris, pas de coups. Une lumière dans la nuit.


Sarah savait que les choses seraient tout autres quand il se réveillerait. Mais peut-être aurait-il faim. Ou bien serait-il fatigué. Peut-être ne penserait-il pas à la frapper ce soir. Elle pourrait alors retrouver sa chambre. L’endroit où elle était bien. L’endroit où il se passait tant de jolies choses.


A suivre...

dimanche 7 février 2010

Portrait d'acteur : Larry Hagman

Nath s'en est étonnée dernièrement lorsque je lui ai dit vouloir consacrer un sujet à Larry Hagman, essentiellement connu pour son rôle de JR Ewing dans la série culte Dallas : contre toute attente, je n'avais pas encore parlé de Hagman, ni de Dallas sur ce blog, ni sur l'ancien.


Or, s'il y a bien une série dans laquelle j'ai baigné étant gamin puis ado puis adulte (vive les DVD), c'est bien Dallas. J'étais scotché devant mon écran, me délectant des déboires sentimentaux et pétroliers de la famille Ewing contre leurs ennemis de toujours, les Barnes.


La série a bénéficié, à part peut-être dans ses ultimes saisons (il y en a tout de même eu 14, pour 357 épisodes + deux téléfilms fort dispensables) d'un casting de haut vol, riche en guests stars de renom dont certaines sont vite devenues récurrentes (George Kennedy, Howard Keel...). Rôles principaux comme secondaires étaient particulièrement savoureux, à de rares exceptions près. Après, la recette est désormais connue mais était plutôt novatrice à l'époque : rivalités de famille, personnages retors, cliffhangers à foison, suspense en-veux-tu-en-voilà, zeste de glamour, meurtres, magouilles... La série a véritablement ouvert la voie à bon nombre de séries de l'époque : Dynasty, Côte-Ouest, Flamingo Road etc. Souvent imitée, jamais égalée.


Car ce qui fait véritablement le sel de Dallas, c'est son méchant de service. Extraordinaire création que ce personnage de JR Ewing prodigieusement interprété par Larry Hagman. Le personnage de JR Ewing a surtout une épaisseur bien plus dense qu'on ne pourrait le croire au premier abord. Certes, il ne recule devant aucune bassesse. Il trompe sa femme qui n'en finit plus de sombrer dans l'alcoolisme. Il manigance à tout va pour écarter son frère de la Compagnie Ewing Oil qu'il considère à la mort de son père comme la sienne.
Mais c'est un personnage qui a des fêlures. JR Ewing a grandi avec une seule obsession : être la fierté de son père et suivre ses traces. Les premières saisons de Dallas montrent très bien ce rapport complexe entre un père autoritaire mais juste, et un fils redouté de tous mais qui craint plus que tout de décevoir son père. D'ailleurs, lorsque ce père disparaît (dû au décès de son interprète Jim Davis), il est presque émouvant de voir qu'à de très nombreuses reprises JR Ewing s'adresse à son père au travers d'un portrait encadré dans son bureau des Pétroles Ewing.
Et, toujours en rapport avec cette image forte du père qu'il admire, JR Ewing a un sens très prononcé de la famille. Son fils est tout pour lui. Et s'il martyrise volontiers les membres de sa propre famille, il fera toujours bloc contre les attaques extérieures avec une volonté presque farouche de protéger son clan et le nom des Ewing.


Toute la popularité de Larry Hagman se résumerait presque à son rôle de JR dans Dallas. Pourtant, lorsque son personnage est atteint de deux balles à la fin de la 3e saison, les producteurs ne savent pas encore s'il va survivre car Hagman devient gourmand financièrement. Mais c'est trop tard. C'est sur lui que le show repose véritablement. L'épisode double "Who shot JR ?" qui débute la 4e saison est suivi par plus de 80 millions de spectateurs. Entretemps, des millions de lettres sont arrivées au studio pour supplier les producteurs de ne pas supprimer le personnage. Dès lors, Hagman va asseoir sa popularité phénoménale et devenir producteur de Dallas mais aussi réalisateur de certains épisodes.


Auparavant, outre quelques apparitions anecdotiques dans quelques films et séries TV comme Les rues de San Francisco, Larry s'était surtout fait connaître pour son rôle du Major Anthony Nelson dans la série "I dream of Jeannie" auprès de Barbara Eden (qu'il retrouvera d'ailleurs dans la dernière saison de Dallas, comme un ultime clin d'oeil). Série qui a peu marché en France car bien trop proche, dans la thématique et le traitement, de Ma Sorcière bien aimée qui avait déjà cartonné chez nous.

Pour moi, Hagman serait presque l'homme d'un seul rôle tant il a imposé son personnage de JR Ewing grâce à un jeu bien plus subtil qu'il n'y paraît. Souvent machiavélique, volontiers cabotin, parfois sensible, toujours passionnant à jouer selon Larry Hagman. Je le crois sans peine. Il est des rôles qui changent une vie. Celui de JR Ewing est assurément de ceux-là. Rien que pour ça, Larry Hagman est, à mon sens, un immense acteur. Il était donc temps de lui consacrer un portrait. Qui n'engage que moi, comme d'habitude.

Et puis... un peu de nostalgie ne peut pas faire de mal !

samedi 6 février 2010

Une courte pour la route...


Paul Tournier était affalé sur son fauteuil, un chiffon dans une main et son arme dans l’autre. A sa droite, sur un tabouret branlant se tenaient une chope et ses 50 cl de bière bon marché.

Tout en nettoyant méticuleusement son révolver, il écoutait les informations de la mi-journée et esquissa un sourire lorsque la journaliste tenta d’énumérer les motivations qui auraient pu pousser une personne à assassiner un jeune homme de 28 ans apparemment sans histoire.

-Vous me faites marrer à toujours chercher des mobiles, dit-il soudain comme s’il pensait tout haut. Pour vous, chaque geste a forcément son explication. Raisonnez comme ça et ce n’est pas demain la veille que vous me mettrez le grappin dessus, bande de cons.

Paul Tournier sourit davantage et une lueur un peu malveillante sembla éclairer son regard. Depuis quelques semaines, engoncé dans sa petite vie, il s’était demandé s’il se sentirait capable de tuer quelqu’un. Juste comme ça, pour voir. Tout en sachant qu’une bonne partie de la réponse se trouvait précisément dans la question qui le taraudait chaque jour un peu plus.

Dès lors qu’il s’était convaincu de sa capacité à pouvoir tuer sans difficulté, il avait simplement cherché à se prouver qu’il pouvait aller jusqu’au bout.

Il l’avait fait. Il avait juste regretté, en appuyant sur la détente, que l’excitation se soit envolée. A partir du moment où il avait vu sa victime s’avancer vers lui, à la lueur d’un réverbère. A partir du moment, en fait, où il n’avait plus eu que des certitudes. Celle d’aller jusqu’au bout. Celle de tuer, comme ça, sans état d’âme.


L’homme s’était avancé donc. Il marchait par une nuit sans lune, sans but précis, un peu comme une errance. Les mains dans les poches, la tête basse, apparemment perdu dans ses pensées. Paul avait juste levé son arme et avait tiré. Comme ça. Sans effet de mise en scène. Sans même un mot. L’homme ne l’avait même pas aperçu. Il était mort comme ça, sans en prendre conscience. Il était tombé en arrière, comme une masse. Mort instantanée. Propre et sans bavure.

Paul Tournier aurait pu prendre du plaisir dans son envie de tuer. Car s’il y a bien une chose dont il était persuadé, c’est que l’on pouvait prendre du plaisir. Mais il n’avait pas voulu risquer de gamberger. Il était simplement persuadé de pouvoir le faire. Point. Y mettre les formes l’importait peu.


Paul Tournier posa le révolver sur le tabouret ainsi que sa chope de bière et s’allongea sur le lit défait. Il ouvrit le tiroir de sa table de chevet et en sortit un carnet crasseux et un stylo.

Son regard se perdit dans les pâles du ventilateur au plafond. Paul Tournier réfléchissait, fronçant les sourcils de temps à autre, un peu comme s’il cherchait quelque chose qui ne venait pas. Il se demandait en fait ce qu’il allait faire. Il avait tué donc ça, c’était réglé. C’était une envie qu’il avait satisfaite, il n’y avait pas à y revenir. C’était déjà derrière lui. Il avait nettoyé l’arme. Il lui suffirait de s’en débarrasser. Mais que faire à présent ? Il lui fallait un nouveau défi, un nouveau challenge à accomplir. Braver un autre interdit. Oui mais lequel ?

Il se demanda s’il n’avait pas commencé par le plus facile. Tout est tellement plus simple avec une arme, pensa t-il. Finalement, le plus dur avait encore été de se la procurer. Mais ensuite, il estimait ne pas avoir eu de mérite particulier. Qu’avait-il fait à part appuyer sur la détente ?

Paul Tournier se dit qu’il devait trouver quelque chose qui lui procure plus de plaisir et surtout plus d’adrénaline. Quelque chose qui le mette lui aussi en danger. Qui fasse renaître l’excitation. Mais quoi ?


C’est alors que l’idée lui vînt, dans le prolongement du crime qu’il venait de commettre, de devenir un tueur en série. Il avait une arme et il savait tuer. Mais il pouvait aller plus loin. Echafauder un schéma tactique. Tuer mais plus au hasard. En laissant avec parcimonie quelques indices. Juste ce qu’il faut. Devenir un maître du crime que la police n’arrêterait jamais. Cela l’obligerait à une attention de tous les instants. Le challenge serait permanent. Ne jamais se laisser prendre tout en se mettant suffisamment en danger pour prendre du plaisir. Peut-être échouerait-il mais qu’importe. Ca en valait tellement la peine. Finie sa petite vie de merde passée à envier la réussite des autres. Il allait devenir quelqu’un lui aussi, c’était certain.


Paul Tournier se releva du lit avec entrain, se dirigea vers le tabouret, siffla son reste de bière et saisit son arme. Il la fixa longuement, comme hypnotisé, un peu comme si elle avait désormais une toute autre valeur à ses yeux. Il ouvrit ce qui faisait office de penderie dans cet hôtel de seconde zone et la glissa dans la poche intérieure de sa veste. Il souriait. Il était promis à un si bel avenir. Tout lui était permis. Rien ne lui faisait peur. Ils allaient voir, tous.


Il était perdu dans ses pensées, souriant toujours, lorsque quelqu’un frappa à la porte. Il sursauta et regarda sa montre. Il était près de onze heures.

-Qu’est-ce que c’est, grommela t-il.

-La femme de ménage, monsieur. Je dois faire la chambre.

Paul avait loué la chambre pour plusieurs jours. Vu le tarif, il aurait eu tort de se priver. Mais il ne voulait pas être dérangé aujourd’hui. Il allait refiler un billet à la femme et lui demander de repasser demain. Il avait encore besoin de réfléchir à sa nouvelle vie et donc il fallait qu’on lui fiche la paix.

Il ouvrit la porte et vit une charmante jeune femme d’une trentaine d’années en tenue de travail. Il esquissa un sourire presque obscène et ce fut tout. Il n’eut même pas le temps de voir l’arme qu’il fut projeté en arrière par les six balles qu’elle vida de son chargeur. Il s’affala déjà mort sur le sol, emportant dans sa chute le tabouret branlant et la chope vide.


Dans un calme impressionnant, la jeune femme referma la porte de la chambre. Puis elle rangea son arme et sortit de la poche de sa blouse de ménage un petit carnet à spirale. Elle porta un stylo à sa bouche et se mit à réfléchir, les yeux dans le vide. Elle se demanda ce qu’elle pourrait bien faire à présent, maintenant qu’elle avait tué quelqu’un. Elle sourit, reprit ses affaires de nettoyage, tourna au fond du couloir sombre et disparut.


vendredi 5 février 2010

La valse sans fin...


J'aurais bien voulu changer de thème, être plus léger dans le fond et la forme, retrouver l'inspiration pour une nouvelle inédite etc, etc. Mais non, décidément, quand le coeur n'y est pas, faut pas trop se faire violence non plus...

Je me demande si les médecins ne nous prennent pas pour des cons. Voilà, c'est dit. Si à force de nous considérer comme des clients, ils n'auraient pas un peu oublié, entre deux parties de golf, que nous sommes avant tout des patients.

Parce que personnellement, j'en ai ras-la soupière (et c'est bien pour ne pas passer tout mon article à jurer comme un charretier que je m'abstiens de dire autre chose) d'être baladé d'un service à un autre, d'un professionnel à un autre.

Depuis le début de cette affaire de ganglions, je suis passé par le médecin généraliste (2 ou 3 fois), le radiologue (2 fois, pour les radios puis le scanner), le pneumologue (3 fois, pour une première visite, pour la fibroscopie, et enfin pour m'entendre dire que ça n'avait pas servi à grand chose puisque la fibro a globalement échoué comme chacun sait...), et l'anesthésiste (1 fois, série en cours...)

Je vais passer prochainement une intervention chirurgicale à Bordeaux (Eh non, pas possible d'aller à Périgueux). Je considère, sans doute naïvement apparemment, que chaque professionnel médical connait donc parfaitement mon dossier et qu'il peuvent donc se passer les infos les uns les autres. Mais c'est tellement plus jouissif de tirer sur la corde et de faire rentrer de l'argent dans les caisses plutôt que d'être efficace. Donc, je vais à Bordeaux le 12 février prochain. Je me dis : "Chic ! Je vais rentrer vendredi, on va me faire cette putain d'intervention et puis ce sera le traitement et je pourrai enfin passer à autre chose". Eh bien... non.

Je vais faire près de six heures de route aller-retour, probablement dans la journée, en étant au chômage et ayant donc du fric à jeter par les fenêtres comme chacun se doute, pour me perdre à Bordeaux pour... rencontrer le chirugien (et a priori l'anesthésiste) dans le cadre d'une "future" intervention qui reste à définir. Là, je me suis un peu-beaucoup agacé au téléphone avec le pneumologue, ne comprenant pas bien l'intérêt de la chose, puisque c'est ce même pneumologue qui veut que je subisse cette opération du fait que la fibro n'ait été que partielle tout comme évidemment, les résultats. Donc quel intérêt de voir ce chirurgien qui va me réexpliquer les mêmes choses que le pneumologue ? A part qu'en plus, je vais perdre ma journée. Mais essayez d'expliquer ça à un "professionnel" médical engoncé dans le protocole ou je ne sais quelle autre poudre aux yeux...

Donc, je vais à Bordeaux vendredi prochain. Je vais rencontrer le chirurgien. Si c'est fête, j'aurai peut-être, sait-on jamais, la fameuse date de mon intervention. Ou pas.

Le plus drôle dans tout ça, c'est que lorsque j'ai demandé à ce même pneumologue, il y a 3 semaines, si je pouvais faire mon stage avant de faire la fibro, il m'a répondu qu'il fallait éviter de traîner pour commencer un traitement aussi rapidement que possible. Trois semaines après, j'ai fini mon stage en ayant été absent une semaine, la fibro a été un échec, je tire une tête pas possible depuis 10 jours... et je ne sais toujours pas quand je serai opéré. Heureusement qu'il ne fallait pas traîner !

Heureusement que c'est "bénin", à ce qu'ils disent. J'aimerais juste que ça le reste. Idéalement. Sans vouloir abuser. Mais ce ne sera pas grâce à ces guignols...

mercredi 3 février 2010

Nouvelles du front...



Avant tout, merci à tous ceux qui me témoignent leur amitié jour après jour. Ca vaut bien quelques nouvelles. Je vais vous dire tout ce que je sais, comme ça, vous en saurez autant que moi. Pas la peine de tergiverser d'autant qu'il n'y a pas de quoi !


Concernant les yeux, c'est extrêmement lent à se résorber et c'est donc toujours le rouge qui domine largement. Mais ça devrait s'améliorer.


Concernant ma fibroscopie, j'ai eu quelques précisions. Au niveau de l'anesthésie, ce n'était pas une anesthésie considérée comme générale même si j'ai dormi comme un bébé tout le long. Et pour cause ! Il m'ont expliqué que pour ce type d'anesthésie, ils n'avaient jamais dépassé les 250 je ne sais plus quoi (une unité de mesure barbare sans doute). J'ai eu droit à un total de 450 tellement j'étais déchaîné. Ce qui explique que l'intervention ait duré près de 3/4 d'heure au lieu des 10 mn habituelles et que je me sois réveillé, non pas 15 mn plus tard, mais près d'une heure après. En outre, pour bien enfoncer le clou, les parois pulmonaires se sont mises à saigner (si j'ai bien compris) et ils ont finalement décidé de tout arrêter lorsque mon coeur s'est mis subitement à ralentir.


Bref, ça a été compliqué et le hic dans tout ça, c'est que les prélèvements n'ont été que partiels vu qu'ils ont tout stoppé en urgence. Le résultat des quelques prélèvements effectués ajouté à celui de la prise de sang tendrait vers ce que l'on appelle une sarcoïdose et qui, dans son cas le plus bénin, pourrait se résorber tout seul. Mais dans mon cas, les ganglions sont très gros donc je n'échapperai pas au minimum à un traitement à base de cortisone. On partirait sur cette option.

Sauf que ce n'est qu'une tendance et que les médecins ne prendront aucune décision avant d'avoir un diagnostic définitif. Donc je vais devoir passer par une intervention chirurgicale en scopie (du type colioscopie mais c'est un autre nom commençant par M il me semble... enfin peu importe...). Bref, on va me "perforer" au dessous (à moins que ça ne soit au dessus) de la clavicule et on va carrément prélever un ganglion complet pour examen. Ainsi, il y aura une réponse définitive et ensuite un traitement adapté. Bref, re-séjour à l'hosto à prévoir dans les 15 jours apparemment, peut-être sur Périgueux voire sur Bordeaux pour une durée de "plusieurs jours" puisqu'il s'agit d'une intervention chirurgicale.


Espérons que la tendance se confirmera car la sarcoïdose serait un moindre mal (contrairement à la Sarkozydose, vraiment mortelle pour le coup !), à condition qu'elle se traite sous cortisone car il apparait quasiment acquis, vu la grosseur des ganglions, qu'elle ne se résorbera pas toute seule.


Bref, voici les nouvelles fraîches ! J'en profite une nouvelle fois pour tous vous remercier, notamment deux d'entre vous qui m'ont envoyé des MP dernièrement auxquels je n'ai pas pris le temps de répondre. Pas trop de soucis à se faire a priori mais les choses doivent se faire assez rapidement pour faciliter l'efficacité du futur traitement. Lorsque je connaitrai les dates de mon hospitalisation, je vous les communiquerai !



Bisous à tous ! Et pas d'inquiétude, y'a pas péril en la demeure et le moral reste bon ! ! ! D'autant que quand je tape "Tout va bien" sur Google, voyez l'image qu'ils me donnent !