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mardi 11 janvier 2011

Quand Claire Keim prend l'eau...


Ce n'est pas trop dans mes habitudes de descendre des CD dont l'écoute m'aura été pénible (après tout, chacun ses goûts...) mais franchement, parfois, ça soulage... Le dernier en date avait été l'album de Renaud, Molly Malone, une horreur pour les oreilles débitée par un Renaud fatigué et sans voix et surtout une grosse arnaque commerciale puisqu'il n'était décemment pas normal de sortir un album avec une aussi mauvaise qualité d'écoute.

Aujourd'hui, Claire Keim réalise un vieux rêve, si on en croit ses déclarations, en sortant son tout premier opus, intitulé "Où il pleuvra". Dix titres qui peinent à dépasser les 30 minutes mais au final, c'est bien plus que suffisant. Dans ses diverses interviewes promotionnelles, la belle explique donc qu'elle est une musicienne dans l'âme qui a toujours composé mais qui s'est donnée le temps et les moyens de réaliser un album qui lui ressemble puisqu'elle a la chance par ailleurs de pouvoir vivre de son métier d'actrice. Elle avait ce luxe là de pouvoir prendre son temps et de se faire plaisir.

Malheureusement, le plaisir devrait normalement se partager et là, ça coince. En fait, ce n'est pas tant que ce soit inécoutable, c'est juste que c'est sans saveur, sans âme, sans voix. Sans texte aussi. On a l'impression, titre après titre, d'écouter les humeurs (ou les caprices) d'une adolescente qui n'aurait rien à dire. En ce sens, l'album peut alors être considéré comme fidèle à son auteur, ou tout au moins à l'image que l'on s'en fait.

Pas vraiment actrice (La cinéma la boude et seul son physique lui ouvre les portes des séries de l'été estampillées TF1), elle n'est pas vraiment chanteuse non plus. Certes, son duo avec Marc Lavoine "Je ne veux qu'elle" avait rencontré un joli succès à l'époque mais on était loin, très loin de la qualité d'interprétation de "J'ai tout oublié" du même Marc Lavoine et de Cristina Marocco.
Le problème (enfin l'un des problèmes) de Claire Keim, c'est sa voix. Elle chante comme Catherine Laborde présente la météo. Vous avez déjà entendu Catherine Laborde présenter la météo sans que vous ayez à lever le son de votre téléviseur ? C'est inaudible à moins de dresser l'oreille. Et avec Claire Keim, si on dresse l'oreille, on se rend compte en plus que c'est insipide !

Ce qui est amusant, c'est que Claire Keim, paradoxalement, ne doute de rien. Il lui manque un brin d'humilité... et de lucidité qui va avec. Elle ne comprend ainsi pas très bien qu'on s'interroge sur le fait qu'elle se mette à la chanson alors que pour elle, c'est quelque chose d'acquis. Et concernant ses textes, elle les estime, je cite, pertinents. Quelque part, il aurait mieux valu qu'elle ait eu des contraintes de temps ou de finition. Elle aurait ainsi eu des circonstances atténuantes.

Et quand elle se fait descendre par les "snipers" Zemmour et Naulleau sur le plateau de "On n'est pas couché", elle sort l'argument qui tue : Cabrel aurait-il composé la chanson qui donne son titre à l'album si elle n'était pas une artiste légitime ? En gros, si Cabrel a accepté de composer "Où il pleuvra", ce serait un peu comme un gage de qualité et de sérieux. Sauf que même ce titre ne convainc pas. Rien ne convainc dans cet album.

Claire Keim a réalisé un rêve comme une enfant un peu trop gâtée réaliserait un caprice. Elle s'est fait plaisir mais malheureusement, c'est un disque fait seulement par elle et pour elle. Il devrait néanmoins fonctionner, vu qu'elle ne ménage pas ses efforts pour le promouvoir. Vu aussi que le premier titre extrait est entraînant, même s'il masque mal la pauvreté du texte qui n'est qu'un refrain passé en boucle. Et vu enfin que s'il y avait une justice pour sanctionner ceux qui vendent de la daube au détriment d'artistes plus confidentiels et tellement plus méritants, ça se saurait !

Allez, j'arrête... C'est un peu gratuit mais ça fait du bien ! Et puis, on la voit tellement partout en ce moment que je ne suis pas mécontent de dégoupiller un peu cet album dont on voudrait un peu trop parler en bien. Enfin, quand c'est elle-même qui en parle. Parce que, pour le reste, les échos ne sont pas particulièrement élogieux. Quand ils existent...

Au moins, je l'aurai écouté ce CD. Sur Deezer. Un site idéal pour "tester avant d'acheter" puisque toutes les nouveautés (et tout le reste d'ailleurs) sont en libre écoute. C'est ainsi que j'ai écouté le dernier Michaël Jackson... et que je n'y suis plus revenu. Pratique !

Allez, faites vous votre opinion ! Tous les goûts sont dans la nature. C'est creux, c'est vide, mais ça s'écoute. Et comme disait Zemmour samedi soir, quand il expliquait avoir écouté l'album en boucle sur son PC, "ça n'empêche pas de travailler".

C'est quand même cher payé le bruit de fond...

mardi 4 janvier 2011

Derrière Ma Baker...


La mort de Bobby Farrel a rappelé le groupe Boney M à mon bon souvenir. Je n'étais pas fana du disco mais quand même, Boney M, c'était quelque chose !

Quand Ma Baker sort en 1977, j'ai 5 ans. Ce doit être l'un de mes tous premiers 45 tours et j'ai du l'user jusqu'à la corde (Le Loir et Cher de Delpech a aussi connu des écoutes répétées avec le même bonheur).

Il y a quelques jours, je parlais donc de Ma Baker avec Nath. C'est ma chanson préférée du groupe et je ne me lasse pas de cette intro avec la voix caverneuse de Bobby Farrel (Dans le doute, on va considérer que c'était bien sa voix...). Vous le savez, j'ai un niveau catastrophique en anglais donc je n'ai jamais pris attention aux paroles. Ce qui explique aussi que, plus je prends de l'âge, moins j'écoute de titres anglo-saxons, tellement ça m'agace de ne rien comprendre.

Bref, Nath et moi, nous nous interrogeons alors sur le vrai sens de Ma Baker. Je n'ai pas d'idée mais Nath a une fulgurance : NorMA Jean BAKER alias Marilyn Monroe, me dit-elle. Là, j'ai comme un doute. La chanson me paraît plutôt "sombre" pour évoquer la jolie Marilyn, mais après tout, pourquoi pas... L'actrice est décédée 15 ans plus tôt et l'histoire de sa vie a mis en évidence plusieurs zones d'ombres. De là à en faire une chanson, oui, pourquoi pas ? Mais une fois de plus, c'est Wikipédia qui va apporter les éléments de réponse à nos interrogations.



Ma Barker, de son vrai nom Kate Barker, était une criminelle du Middle West des années 20. Avec ses trois fils, elle a ainsi multiplié les braquages, enlèvements et meurtres à la tête de son gang. Elle décédera en 1935, à 63 ans, lors d'une fusillade impliquant son gang aux forces du FBI.

Outre le fait d'inspirer Boney M (malgré la curieuse erreur dans le titre où le "r" disparaît étrangement sans oublier les libertés historiques apparemment prises dans le texte), Ma Barker aura aussi clairement influencé certains cinéastes mais aussi certains auteurs de BD, notamment Morris et Goscinny pour le personnage haut en couleurs de Ma Dalton, mère de Joe, Jack, William et Averell Dalton dans la série Lucky Luke.

Je ne suis pas certain d'apprendre ici quoi que ce soit à qui que ce soit. Ceux qui ont une compréhension correcte de l'anglais savent déjà probablement tout cela. Mais personnellement, j'aurai appris quelque chose. Nath aussi quand elle lira ce billet. Et puis évoquer une dernière fois ce groupe et faire un peu d'Histoire par la même occasion ne peut pas faire de mal.

Allez, je vous laisse avec le lien de cette chanson mythique. Juste pour le plaisir...

(Bon, c'est vrai qu'après une nouvelle écoute, il est vrai que même avec un piètre niveau en langues, ce ne pouvait pas être Marilyn... "Chicago Town", "The money or your life"... C'était quand même clair, non ?)

lundi 13 décembre 2010

Salvatore Adamo, poète rêveur...


J'ai déjà évoqué plus ou moins brièvement Salvatore Adamo (notamment ici mais ça date...). Il nous revient avec un superbe album, De toi à moi, composé de 14 titres inédits dont 5 duos.

Si l'album Zanzibar était clairement axé sur une certaine révolte du monde qui nous entoure, tout en laissant leur place aux chansons dites d'amour, le précédent La part de l'ange avait amorcé un virage plus romantique. Sur celui-ci, le doute n'est même pas permis. Quatorze titres pleins d'émotions, d'amour et de rêves. Et si l'album est vraiment de très bonne facture dans sa globalité, difficile de ne pas recommander plus particulièrement la deuxième chanson de l'album, Pourquoi tu chantes, en duo avec la soprano belge Anne-Catherine Gillet, qui est de toute beauté. Un vrai coup de coeur, et même au delà, qui donne des frissons à chaque écoute.

Côté duos, après l'album Des gens biens qui comportait une petite vingtaine de reprises du répertoire d'Adamo pour un résultat très probant, Salvatore remet donc le couvert. Hormis Anne-Catherine Gillet, il s'est entouré de Christophe (qui aurait du au départ participer à l'album Des gens biens avant de devoir renoncer pour un problème d'emploi du temps), de Chantal Lauby (admiratrice de la première heure de Adamo auquel elle avait d'ailleurs dédié son film Mes mains sur tes hanches dans lequel le chanteur faisait d'ailleurs une apparition), de sa fille Amélie (sublime T'aimer quelque part) et enfin du rappeur Oxmo Puccino (duo qui ouvre l'album et qui est de très bonne tenue même si j'étais circonspect au début).

Pour le reste, c'est du tout bon si on aime le chanteur italo belge. Adamo a toujours un réel talent de mélodiste, je dirais même qu'il se bonifie comme le bon vin. D'ailleurs, pour voir qu'il signe toutes les paroles et musiques comme à son habitude, il arrive toujours à faire preuve d'une maîtrise assez bluffante quand il s'agit de faire passer des émotions. A l'instar d'un William Sheller (auquel je pourrais consacrer un billet, il faudra que j'y songe tant j'apprécie cet artiste), il a la capacité de m'apaiser et surtout de me mettre des images dans la tête. J'aime sa poésie, sa manière d'inviter au rêve, au voyage, de poser les mots qu'il faut sur des émotions, tout en sobriété, avec de belles musiques qui enveloppent le tout.

Avec du recul, Salvatore Adamo entretient une part de mystère. Nous n'étions pas vraiment faits pour nous "rencontrer". De lui, je ne connaissais que les "tubes", ceux qui repassent en boucle sur les fréquences des radios dites "de chansons françaises". Rien d'autre. Moi, musicalement, j'alternais le pire (les années Top 50, la variété "de consommation") et les belles découvertes (Alain Bashung dans son ensemble mais surtout les 20 dernières années, depuis l'album Osez Joséphine).

Mes goûts ont aussi évolué. Etudiant, j'écoutais pas mal de musique anglo-saxonne puis je m'en suis lassé, certainement parce que je souffrais de ne pas avoir le niveau en anglais pour en comprendre les paroles (Je me doute bien que ce devait être préférable pour certains titres). Alors je me suis concentré sur la chanson française : Bashung donc, Robert Charlebois dont j'aimais l'authenticité et le dépaysement lié aux grands espaces du Québec (et les bières !), William Sheller, Alain Souchon, Nicolas Peyrac (beau concert à l'Européen et belle rencontre à Bergerac autour d'un verre de Monbazillac)... et donc Salvatore Adamo que j'ai en fait véritablement découvert lors de la sortie de l'album Zanzibar. La chanson extraite s'appelait J'te lâche plus, ce n'était pas forcément sa meilleure d'ailleurs mais elle m'est restée en tête. Alors j'ai acheté l'album. Puis le suivant. Puis le live au Cirque Royal de Bruxelles. Puis l'album de duos qui était aussi un moyen de revisiter les standards de ce grand monsieur. Jusqu'à ce dernier album, sorti le 29 novembre dernier et que je vous recommande donc chaudement.

Salvatore Adamo, De toi à moi, 14 titres à savourer, disponible un peu partout et en écoute gratuite sur Deezer. Avec une vraie pépite : Pourquoi tu chantes ? Et une curiosité qui referme l'album : Alice. Un hommage à peine voilé au grand Georges (et pas Clooney cette fois !)

Pourquoi tu chantes ?

Pourquoi tu chantes
Pourquoi tu chantes
Tous mes navires sont à toi
Disait d'une voix suppliante
L'armateur à la diva

Pourquoi tu chantes
Pourquoi tu chantes
Ô ma divine Maria
Tous les matins je réinvente
Les couleurs du temps pour toi

Pourquoi je chante ?
Pourquoi je chante?
En vérité je ne sais pas
C'est comme un rêve qui me hante
Plus fort que toi, plus fort que moi

Tu peux m'offrir tout l'or du monde
Tous tes palais, ton armada
Que veux-tu que je te réponde?
Pourquoi je chante, oui pourquoi?

Si tu demandes à l’oiseau
Pourquoi il vole
Il poursuivra au plus haut
Sa course folle
Plus haut que les orages et la tourmente
Il vole, il vole libre et moi
Je chante, je chante, je chante

Pourquoi tu chantes, pourquoi tu chantes
Qui sont ces gens autour de toi
A qui tu donnes frémissante
Ton âme, et le meilleur de toi

Reste avec moi, sois plus aimante
Hier encore j'étais ton roi
Tu es cruelle indifférente
Tu chantes et je n'existe pas


C'est vrai je chante autour du monde
Tu m'aimes et tu ne comprends pas
Tu me questionnes et tu me sondes
Tu doutes. Suis-je encore à toi?

Tu voudrais que je me morfonde
Que je m'éteigne auprès de toi
Que je sois juste douce et féconde
Et dans ton ombre, et dans ta loi.

Je suis à toi, je suis ta femme
De tout mon cœur de tout mon corps
Mais laisse-moi au moins mon âme
Je t'aimerai plus fort encore.

Si tu demandes à l’oiseau
Pourquoi il vole
Il poursuivra au plus haut
Sa course folle
Plus haut que les orages et la tourmente
Il vole, il vole libre et moi
Je chante, je chante
Je chante


mercredi 13 octobre 2010

Louise est orpheline...



Gérard Berliner a disparu la nuit dernière à 54 ans d'une crise cardiaque. Je ne connaissais ni l'homme, ni ses chansons. Sauf une... Louise. Je ne résiste pas à l'envie de la partager avec vous, même si ce ne sera probablement une découverte pour personne. Très belle chanson de l'été 1982. Adieu, l'artiste !

Mais qui a soulagé sa peine
Porté son bois porté les seaux
Offert une écharpe de laine
Le jour de la foire aux chevaux

Et qui a pris soin de son âme
Et l'a bercée dedans son lit
Qui l'a traitée comme une femme
Au moins une fois dans sa vie

Le bois que portait Louise
C'est le Bon Dieu qui le portait
Le froid dont souffrait Louise
C'est le Bon Dieu qui le souffrait

C'n'était qu'un homme des équipes
Du chantier des chemins de fer
À l'heure laissée aux domestiques
Elle le rejoignait près des barrières

Me voudras-tu moi qui sais coudre
Signer mon nom et puis compter,
L'homme à sa taille sur la route
Passait son bras, la promenait

L'amour qui tenait Louise
C'est le Bon Dieu qui le tenait
Le regard bleu sur Louise
C'est le Bon Dieu qui l'éclairait

Ils sont partis vaille que vaille
Mourir quatre ans dans les tranchées.
Et l'on raconte leurs batailles
Dans le salon après le thé

Les lettres qu'attendait Louise
C'est le Bon Dieu qui les portait
La guerre qui séparait Louise
C'est le Bon Dieu qui la voyait

Un soir d'hiver sous la charpente
Dans son lit cage elle a tué
L'amour tout au fond de son ventre
Par une aiguille à tricoter

Si je vous garde Louise en place
C'est en cuisine pas devant moi
Ma fille prie très fort pour que s'efface
Ce que l'curé m'a appris là

Et la honte que cachait Louise
C'est le Bon Dieu qui l'a cachée
Le soldat qu'attendait Louise
C'est le Bon Dieu qui l'a vu tomber

Y a cinquante ans c'était en France
Dans un village de l'Allier
On n'accordait pas d'importance
A une servante sans fiancé

Le deuil qu'a porté Louise
C'est le Bon Dieu qui l'a porté
La vie qu'a travaillé Louise
C'est le Bon Dieu qui l'a aidée


mercredi 23 juin 2010

Curieuse madeleine de Proust...



C'était un soir où il n'y avait rien de spécial à la TV, bref un soir parmi tant d'autres où Nath et moi ne savions pas trop quoi faire.

Nous avons donc visionné "Age tendre et têtes de bois" qui retrace la tournée regroupant d'anciens des années 60, 70. Spectacle forcément inégal selon les artistes et les titres proposés mais de qualité, dynamique, enjoué. Bref, un concentré de bonne humeur entrecoupé de quelques niaiseries propres à toutes les décennies.

Nath et moi regardions donc ce spectacle, affalés sur le canapé (surtout elle) tandis que je faisais négligemment quelques mots fléchés tout en écoutant d'une oreille un peu distraite. Parfois, une certaine nostalgie me faisait dresser l'oreille un peu plus. Le dynamisme et la gaité d'Annie Cordy à plus de 80 printemps, les jeux de mots souvent hilarants de Pierre Vassiliu etc. Patrick Juvet a fait office de coupure pub pendant laquelle je suis allé me chercher une petite Leffe.

Et puis, à un moment donné où j'étais bien plus plongé dans mes mots fléchés que dans le spectacle, j'entends quelques notes, quelques mots qui me donnent l'impression de ressentir comme une décharge. Quelque chose de l'enfance probablement, un vrai choc que je ne m'explique toujours pas une semaine après. Ceux qui ont vu le film d'animation Ratatouille qui se clôt quasiment sur une madeleine de Proust et qui ont vibré comme j'ai vibré comprendront sûrement. En tout cas, frustration quand même car je n'ai pas pu associer ce "choc" à des souvenirs précis, je sais juste que ça remonte à très loin, aux tréfonds de l'enfance probablement. Je ne sais même pas pourquoi j'ai été ébranlé à ce point en entendant ces quelques notes, ces quelques mots. Une chanson que j'avais oubliée, jusqu'au titre, et qui n'aurait jamais été amenée à ressurgir.

Marcel Amont était sur scène. Il faut voir la pêche qu'il a, à plus de 80 balais. Faire l'équilibriste sur une chaise ou exécuter une "danse" comme feraient certains automates. Une bonne humeur contagieuse sur "Le mexicain" notamment. Et puis, un pot pourri de ses grands succès dont je ne connais pas le quart. Jusqu'à ces quelques notes. Il s'agit du titre "Le chapeau de Mireille". Là, je prends donc une claque, comme ça, sans raison mais c'est bon. Très bon même.

Le lendemain, je retrouve le titre intégral sur le net et je m'en délecte une fois encore. J'apprends que c'est un titre de Brassens qu'il a offert à son ami Marcel Amont. Une chanson que je trouve dure à chanter vu la vitesse à laquelle il faut l'interpréter.

Bref, pas grand chose à dire de plus. Ce billet était-il seulement utile ? Mais j'ai eu un tel flot de sentiments divers et variés à l'écoute de ce titre enfoui dans ma mémoire que j'avais envie de partager ça avec vous. Même si je ne sais toujours pas le pourquoi du comment.

Allez, pour une écoute, c'est par là (Marcel Amont accompagné par le grand Georges !) . Et je ne résiste pas à l'idée de partager aussi ce beau texte si rafraîchissant, je trouve.

Le chapeau de Mireille,
Quand en plein vol je l'ai rattrapé,
Entre Sète et Marseille,
Quel est le bon vent qui l'avait chipé?
Le chapeau de Mireille,
Quand en plein vol je l'ai rattrapé,
Entre Sète et Marseille,
Quel joli vent l'avait chipé?
C'est pas le zéphyr,
N'aurait pu suffire,
C'est pas lui non plus
L'aquilon joufflu,
C'est pas pour autant
L'autan.
Non, mais c'est le plus fol
Et le plus magistral
De la bande à Eole,
En un mot: le mistral.
Il me la fit connaître,
Aussi, dorénavant,
Je ne mouds plus mon blé
Qu'à des moulins à vent.

Quand la jupe à Mireille
Haut se troussa, haut se retroussa,
Découvrant des merveilles:
Quel est le bon vent qui s'est permis ça?
Quand la jupe à Mireille
Haut se troussa, haut se retroussa,
Découvrant des merveilles:
Quel joli vent s'est permis ça?
C'est pas le zéphyr,
N'aurait pu suffire,
C'est pas lui non plus,
L'aquilon joufflu,
C'est pas pour autant
L'autan.
Non, mais c'est le plus fol
Et le plus magistral
De la bande à Eole,
En un mot: le mistral.
Il me montra sa jambe,
Aussi reconnaissant,
Je lui laisse emporter
Mes tuiles en passant.

Quand j'embrassai Mireille,
Qu'elle se cabra, qu'elle me rembarra,
Me tira les oreilles,
Quel est le bon vent qui retint son bras?
Quand j'embrassai Mireille,
Qu'elle se cabra, qu'elle me rembarra,
Me tira les oreilles,
Quel joli vent retint son bras?
C'est pas le zéphyr,
N'aurait pu suffire,
C'est pas lui non plus
L'aquilon joufflu,
C'est pas pour autant
L'autan.
Non, mais c'est le plus fol
Et le plus magistral
De la bande à Eole,
En un mot: le mistral.
Il m'épargna la gifle,
Aussi, dessus mon toit
Y avait une seule girouette,
Y en a maintenant trois.

Et quand avec Mireille
Dans le fossé on s'est enlacés,
A l'ombre d'une treille,
Quel est le bon vent qui nous a poussés?
Et quand avec Mireille
Dans le fossé on s'est enlacés,
A l'ombre d'une treille,
Quel joli vent nous a poussés?

C'est pas le zéphyr,
N'aurait pu suffire,
C'est pas lui non plus
L'aquilon joufflu,
C'est pas pour autant
L'autan.
Non, mais c'est le plus fol
Et le plus magistral
de la bande à Eole,
En un mot: le mistral.
Il me coucha sur elle,
En échange aussitôt
Je mis une voile de plus
A mon petit bateau.

Quand j'ai perdu Mireille,
Que j'épanchai le coeur affligé
Des larmes sans pareilles,
Quel est le bon vent qui les a séchées?
Quand j'ai perdu Mireille,
Que j'épanchai le coeur affligé
Des larmes sans pareilles,
Quel joli vent les a séchées?
C'est pas le zéphyr,
N'aurait pu suffire,
C'est pas lui non plus
L'aquilon joufflu,
C'est pas pour autant
L'autan,
Non, mais c'est le plus fol
Et le plus magistral
De la bande à Eole,
En un mot: le mistral.
Il balaya ma peine
Aussi, sans lésiner
Je lui donne toujours
Mes boeufs à décorner

vendredi 14 mai 2010

François... 1er ?





Qui aurait cru que je ferais un jour un sujet sur La Nouvelle Star ? Je n'ai que peu d'attirance pour ce genre de programme, entre les promesses de vedettariat facile que l'on fait miroiter à des "gamins" et la personnalité même de ces candidats dont on a quand même envie, du moins pour la plupart, qu'ils se cassent la gueule. Après tout, le succès se mérite, ou du moins le devrait-il, et il me semble un peu facile de toujours poser ces "nouvelles stars" en victimes d'un système qui les exploiterait. Certes, il y a bien vraisemblablement un peu de ça, mais ils sont si nombreux à se présenter sans une once de talent, de charisme ou d'humilité qu'il est finalement assez jouissif d'en voir la majorité retourner à leurs chères études sans ménagement.


Ceci étant dit, je dois avouer que depuis deux saisons, je suis le programme régulièrement, ce qui n'était jamais le cas avant. Je ne pouvais même pas en entendre parler, c'était de l'allergie pure et simple.


Et puis, l'an passé, je suis resté une fois affalé sur le canapé, regardant distraitement mon écran. Puis deux. Trois. Et ainsi de suite. Je me suis pris au jeu des sélections, des primes à Baltard, des rouges et des bleus qui ne doivent bien évidemment globalement pas masquer le manque d'impartialité du jury. Mais enfin, c'est le jeu, et il faut bien avouer qu'une Nouvelle Star sans les fameux rouges et bleus et les coups de gueule du jury n'aurait plus la même saveur.


En 2009, Soan a donc été titré Nouvelle Star. J'étais assez content d'ailleurs car, malgré ce qu'on a pu dire ci ou là, je trouvais qu'il méritait de gagner et que ses prestations, dans son genre gothique écorché vif, étaient plutôt de bonne tenue. A l'inverse, Camelia Jordana dont on nous a tant rabattu les oreilles, ne m'aura jamais convaincu et ce n'est pas le 1er extrait de son premier album qui va me faire changer d'avis. Par contre, Leïla aurait pu tout aussi bien gagner, j'aurais été ravi aussi. Une vraie présence, une voix, un certain charme tout en nuances, j'étais assez conquis et désolé pour elle qu'elle ait échoué si près du but. Je suis surtout frustré qu'on n'en entende plus parler. Peut-être nous prépare t-elle quelque chose...


Cette année nous aura apporté son lot de surprises et d'interrogations. On a beaucoup parlé d'un grand cru mais j'attends toujours de voir. Il ne reste plus que 6 candidats en lice, mais toujours quelques irréductibles dont on ne comprend décidément pas ce qu'ils font encore là. Bon, Anabelle a enfin fini par dégager, je n'en pouvais plus de cette nana qui ne pouvait pas se dépareiller de son sourire niais alors qu'elle accumulait les rouges comme d'autres enfilent des perles. Remarquez hier, elle a massacré Evidemment de France Gall, en tirant la tronche et c'était presque pire. Bref, la bonne nouvelle : elle est dehors. La mauvaise : Dave et Ramon sont encore là. Non mais franchement, ils sont obligés de n'en virer qu'un à la fois quand c'est trop mauvais ?


La semaine dernière, ils avaient sorti Stéphanie. Je dois dire que je ne l'appréciais pas des masses. Le côté punkette assumé et tout le tralala ne m'emballait pas trop. Et puis ce côté guerrier, toujours dans l'exhubérance et l'exagération, m'exaspérait beaucoup. Même sur sa prestation de Véronique Sanson, probablement sa meilleure pourtant, on sentait dans ses mimiques et dans sa rage contenue, que le volcan n'était jamais très loin d'exploser. Bref, elle a été sortie par les votes du public et j'avoue que je suis bien plus reposé depuis. Oui mais il y avait toujours Dave, Ramon... et Anabelle.


Exit Anabelle donc. Restent Dave, Ramon, et à un degré moindre Benjamin. J'espère que Dave ou Ramon sortiront dès la semaine prochaine. Les deux m'insupportent. Dave parce qu'il n'écoute rien de ce qu'on lui dit et qu'il fait des choix désastreux. L'éternel incompris qui ne peut pas être mauvais. Si ce n'est pas lui, c'est donc les autres. L'éternel repêché miraculeux. Jusqu'à quand ? Il est chiant, il nous ennuie, il ne nous emporte nulle part. Et pas de bol, il se pense bon.


Que dire de Ramon ? Je ne comprends même pas ce qu'il fait à Baltard. L'erreur de casting, c'est lui. Qui massacre Le Sud de Nino Ferrer parce qu'il n'en comprend même pas les paroles en tentant de faire d'une chanson triste un tube de l'été bien entraînant. Et bien dénaturé donc. Le hic, c'est que ce type foire toutes ses prestations. Mais comme Dave, il a une foi en lui qui confine à la bêtise absolue. Aucun recul, aucune humilité. Et encore là... Parce que belle gueule (il paraît...) et accent latin au couteau. L'illusion ne devrait plus faire long feu bien longtemps...


Restent les 6 derniers candidats : Luce, Benjamin, Lussi, Dave, Ramon et François. Hormis Ramon et Dave, je pense que les autres sont des vainqueurs potentiels, à part Benjamin qui me paraît un peu tendre du haut de ses 16 ans. Le jury est sous le charme semaine après semaine mais ça me paraît vraiment juste. Sa "fraîcheur" qui était un atout au début de son parcours, me semble devenir plus problématique pour la suite de l'aventure. Je pense qu'il devrait atteindre les demi-finales mais pas aller au delà.


Pour les autres, que dire ? Lussi a du talent, c'est indéniable. On voit qu'elle bosse et qu'elle en veut. Elle s'approprie les chansons, en fait parfois de très belles choses, mais la jeune femme se la joue trop "pro" et laisse une image un peu trop calculée. On sent que tout est sous contrôle, très bien rodé mais peu surprenant. Semaine après semaine, je me lasse. Pourtant, il ne serait pas étonnant qu'elle aille au bout, même si je ne le souhaite pas vraiment.


Quant à Luce, c'est un mystère mais pas mal de talent et d'inventivité mêlés à une folie douce bienvenue. Elle ne surprend plus vraiment non plus mais elle a une vraie personnalité, un vrai univers (alors que Dave, visiblement, n'a toujours pas trouvé le sien...). Parfois sur le fil (oubli des paroles sur Etienne de Guesh Patti, antisèches pendant les sélections), elle va sur toutes ses prestations avec envie, avec appétit même. Je ne serais pas malheureux de la voir gagner. Même si...


Même si je dois bien avouer que celui qui me fait la meilleure impression depuis pas mal de semaines, c'est François. Déjà, le mec est sympa, pas prise de tête, plutôt humble et avec pas mal de recul sur ses prestations. Je crains simplement qu'il manque de personnalité aux yeux du public (qui vote, rappelons le) pour aller au bout. Un manque trompeur car le bougre en veut. Mais comme il a cette aisance, cette sorte de facilité, ce côté décalé si plaisant, cette voix pourtant si présente alors qu'on a l'impression qu'il lui en reste sous le capot, cela pourrait parfois passer pour du dilettantisme. Et pourtant, il y a assurément du travail derrière et un talent certain pour s'approprier les titres. Dernier exemple en date : sa prestation bluffante, à mon sens du moins, du Machistador de M. Tant du point de vue scénique que technique, je me suis régalé.


En tout cas, mon favori, c'est lui. Pas forcément celui dont le nom sortira du chapeau lors du dernier prime mais je l'espère pourtant. Et à défaut de gagner, j'espère que la découverte de ce talent ne sera pas sans lendemain, à l'image de tous ceux qui n'ont pas forcément été jusqu'au bout mais qui s'en sont parfois bien mieux sortis que les vrais lauréats.


Allez, François ! Just do it !


dimanche 14 mars 2010

jeudi 28 janvier 2010

Le vide laissé par Mort Shuman



J'ai deux souvenirs un peu contradictoires concernant ce très grand artiste. Celui de l'enfant qui ne pouvait s'empêcher de penser que Mort est un prénom sinistre et qu'il fallait être bizarre pour se faire appeler ainsi. L'enfant ne savait pas encore que Mort était un diminutif de Mortimer évidemment. Et puis celui du jeune adulte de 19 ans un peu choqué qui apprend, en 1991, la disparition de Mort Shuman, par une brève annonce radio, dans une quasi indifférence générale.


En 1972, je débarque alors que Mort Shuman découvre le succès avec le superbe "Le lac majeur". Dans les années 70, je pense avoir été davantage bercé par "Allo Papa Tango Charlie" mais c'est véritablement dans les années 90, peut-être du fait de son décès d'ailleurs, que je ressens le besoin de découvrir vraiment la discographie du chanteur américain.


Je fais l'acquisition de deux compilations regroupant 34 titres et je m'émerveille de l'ensemble. Le fait de les découvrir alors que l'artiste n'est plus là me permet aussi de ne pas vraiment faire le distingo entre les tubes et les morceaux plus confidentiels (mais qui, le plus souvent, à l'instar d'un Nicolas Peyrac par exemple, sont de vraies perles). Je me nourris de l'ensemble indépendamment du succès de certains titres par rapport à d'autres. Et c'est tant mieux.


"Le Lac majeur" aura, je crois, toujours ma petite préférence, de par son extrême mélancolie. C'est une chanson qui me transporte immanquablement, à chaque écoute, me procurant parfois un spleen terrible mais c'est tellement beau. Sorrow, aussi, même si, décidément, je ne me fais pas au changement de rythme opéré en cours de morceau. "Un été de porcelaine", évidemment.


Et toutes les autres. Comme la magnifique chanson de 1977 "La lampe", dont vous trouverez les paroles ici puisque le copier-coller fait des siennes. Ecoutez aussi le non moins superbe "Corfou sans vous", le si mélancolique "Voilà comment tu m'as laissé" ou le surprenant "L'accordéon naufrageur". Tous les morceaux sont en écoute gratuite ici.


Comme d'habitude, je ne suis pas doué pour poser des émotions liées à la musique ou pour donner envie. Les mots ne viennent pas facilement, se dérobent souvent. Cath-Grains de sel fait cela bien mieux que moi. Mais je voulais vraiment rendre hommage à un immense artiste, à mon sens, et qui est parti d'une part trop tôt mais aussi dans une indifférence qui m'avait déjà un peu peiné à l'époque, alors que je le connaissais pourtant si imparfaitement. Depuis, il m'accompagne régulièrement et sa musique, sa voix, son souvenir me font du bien. Je trouve qu'il y a des envolées dans ses compositions, un côté orchestral parfois, pleinement assumé et qui fait du bien. Un bouillonnement d'émotions.


J'aurais aussi pu vous faire un topo sur sa vie, sur sa rencontre avec Brel, sur son amour de la capitale, sur ses collaborations américaines avec Presley notamment. Vous parler de sa méconnue carrière d'acteur. Ou des émissions de variété de l'époque où son talent, sa gentillesse et sa bonhomie en faisaient l'invité idéal pour des duos improbables avec Michel Delpech ou encore Eddy Mitchell. J'aurais pu parler de tout ça.


Mais je m'en vais plutôt réécouter "La lampe". Merci Mort.

jeudi 3 décembre 2009

A perte de vue...





Je ne pouvais pas passer sous silence ce petit bonheur ! Depuis mardi, je suis le heureux propriétaire d'un très beau coffret "A perte de vue" regroupant, en 27 cd, l'intégralité de l'oeuvre de Bashung (quoique les puristes disent que sur l'ensemble des 3 cd de raretés et d'inédits, il y aurait quelques manques)
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Les mêmes puristes regrettent, à en juger par les réactions sur divers forums consacrés à l'artiste, l'aspect livre du coffret le rendant peu facile à ranger, sauf dans une bibliothèque, ainsi que l'absence des visuels des pochettes d'albums d'origine. Ce sont quelques critiques qui sont assez pertinentes selon l'idée que l'on se fait d'une intégrale et de ce que l'on voudrait y trouver.
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Pas de quoi gâcher mon bonheur. Le coffret est vraiment très beau et assez impressionnant, même si le choix des couleurs des cd peut laisser perplexe. Mais pour le reste, c'est un coffret très soigné avec 25 photos de qualité, un beau livret englobant certains textes de chansons, et surtout 27 cd englobant ses albums studio, ses prestations scéniques, ses collaborations avec sa compagne Chloé Mons et une pléthore de duos et autres curiosités. La reliure est impeccable. Non, vraiment du beau travail à mon sens.
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Surtout qu'à 100 euros, le rapport qualité-prix est excellent. L'éditeur Barclay a, à mon sens, trouvé un juste équilibre pour contenter aussi bien les fans que les néophytes sans donner l'impression d'exploiter la disparition d'un immense artiste. Alors certes, ceux qui s'étaient procurés l'intégrale de 2002, bien plus chère pour ne pas dire hors de prix, seront peut-être légèrement déçus (en même temps, quel intérêt d'acheter une intégrale d'un artiste encore productif, ce qui voue l'intégrale à ne pas en être une au final ?) mais vraiment, je le répète, cette intégrale 2009 est de haute tenue. Nathalie n'a pas fini d'en entendre du Bashung, mais en même temps c'est son cadeau de Noël avant l'heure à mon attention. Autant dire que j'y suis doublement attaché.
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Et pour être complet, puisque l'intégrale ne renferme "que" l'intégralité audio de la discographie de Bashung, je ne saurais que trop recommander la sortie de Bashung à l'Olympia en DVD, dernière trace scénique de ce géant de la chanson (et de la poésie) française. Ainsi que le double DVD A l'arrière des berlines, regroupant près de 4h d'apparitions TV, d'interviews et d'anecdotes. Voilà, je crois qu'on est complet là.
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Tout ça n'enlève rien à l'absence laissée par Alain Bashung. Artiste auquel je pense très souvent, bien plus même que ce que j'aurais crû. Difficile de se dire que, définitivement, cette intégrale scelle la sortie de piste d'un si grand monsieur. Difficile d'imprimer que Bleu Petrole était le dernier bijou de l'artiste, de se faire une raison.
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Vraiment, Nath n'a pas fini d'en entendre, du Bashung...

mercredi 25 novembre 2009

Ils le vendent ça ? (Coluche)



En général, je passe rarement un coup de gueule sur un CD, d'autant que je ne suis pas forcément très branché musique, contrairement à Grains de Sel et surtout Réverbères.


De plus, il est difficile de juger un album bon ou mauvais, selon l'idée forcément subjective que l'on s'en fait. Mais quand même...


Le nouvel album de Renaud, Molly Malone, est donc dans les bacs depuis quelques jours et je n'arrive décidément pas à comprendre comment ils ont pu sortir cette chose en l'état.


En panne d'inspiration comme il le dit lui-même depuis qu'il s'emmerde dans son pavillon, Renaud a donc cédé à la mode des reprises, revisitant les standards irlandais. Ce qui, en soi, n'est pas une mauvaise chose. D'ailleurs, musicalement, l'ensemble est globalement assez remarquable et très en rythme. De ce côté là, il n'y a pas tromperie sur la marchandise.


Là où ça se gâte, et pas qu'un peu, c'est lorsque Renaud se met à chanter. Sauf que chanter n'est vraiment pas le mot adéquat. C'est tout bonnement insupportable. Que Renaud ne soit pas un chanteur à voix est une chose acquise et d'ailleurs ce n'est pas forcément ce qu'on lui demande. Ca ne l'a jamais empêché de nous toucher avec ses interprétations à la grande époque de Mistral gagnant ou même, plus récemment, avec Boucan d'enfer alors que sa voix avait déjà été mise à mal suite à ses problèmes d'alcool. (On est d'ailleurs en droit de se demander si les vieux démons n'auraient pas resurgi)


Sauf qu'avec Molly Malone, Renaud touche le fond. Tantôt inaudible, tantôt lasse mais surtout toujours en retard sur la musique, sa voix est un supplice pour les oreilles. Le fait que Renaud ne soit presque jamais en rythme (à quelques rares exceptions près) saborde un album qui aurait mérité un bien meilleur traitement, surtout que, je le répète, les musiciens font tout ce qu'ils peuvent. On est donc d'autant plus frustré par un tel gâchis.


Carton rouge donc à la maison de disque, à tous ceux qui ont mis l'album en boite et aussi à Renaud bien évidemment. Comment un artiste de sa trempe, qu'on l'aime ou pas d'ailleurs, a t-il pu s'écouter et s'estimer content du résultat ? C'est finalement le plus grand reproche que je ferais : avoir eu de la merde dans les oreilles comme on dit. Et avoir sorti l'album en l'état, sachant pertinemment qu'il se vendra bien de toute façon, aussi mauvais soit-il. Dommage surtout pour les musiciens, ce n'est pas leur faire honneur que d'avoir laissé Renaud gâcher à ce point leur talent.


Musicalement de bonne tenue, Molly Malone se perd définitivement dans une interprétation peu inspirée, usée et brouillonne. Merci Renaud !

(Bien évidemment, c'est un avis tout personnel qui n'engage que moi)




jeudi 14 mai 2009

Un peu de douceur...




I see trees of green, red roses too
I see them bloom for me and you
And I think to myself what a wonderful world.

I see skies of blue and clouds of white
The bright blessed day, the dark sacred night
And I think to myself what a wonderful world.

The colors of the rainbow so pretty in the sky
Are also on the faces of people going by
I see friends shaking hands saying how do you do
They're really saying I love you.

I hear babies crying, I watch them grow
They'll learn much more than I'll never know
And I think to myself what a wonderful world

Yes I think to myself what a wonderful world.

samedi 14 mars 2009

Alain Bashung (1947-2009)


Au revoir Monsieur Bashung... et merci !
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(Découvrez ici sa toute dernière performance scénique, il y a 15 jours, le 28 février dernier, lors des Victoires de la Musique. Et en cliquant par ici et là, vous aurez l'intégralité des 3 ultimes interventions d'Alain lors de cette soirée.)
Et voici, pour ceux que ça intéresserait, le billet que je lui avais consacré au lendemain des Victoires de la musique.

mercredi 4 mars 2009

Quelques petites notes de musique...


Depuis quelque temps, je songeais à imiter mon ami Réverbères qui, dans son excellent blog que l'on ne présente plus, accueille en musique ceux qui viennent lui rendre une petite visite.



Jusqu'à présent, deux choses essentiellement m'ont freiné : D'abord, je n'ai pas la culture musicale de Réverbères, d'ailleurs je ne connais pas grand chose à la musique, à part quelques auteurs qui reviennent souvent. Une "fidélité" en quelque sorte qui fait que je suis finalement assez peu enclin aux découvertes musicales. Mais je me suis rendu compte, au travers de la playlist de Réverbères, que le fait d'écouter parfois d'une oreille distraite tout en lisant son blog permettait de temps à autre de vraiment adhérer à tel ou tel titre ou artiste. Moment intense où la concentration de la lecture s'estompe quelque peu pour laisser place au plaisir de la découverte musicale.


Ce qui m'a aussi fait hésiter, mais là je ne pouvais pas y faire grand chose, c'est la difficulté mine de rien d'installer un mini lecteur sur son blog. C'est vrai quoi, ça n'a l'air de rien mais je me suis pas mal trituré l'esprit pour importer ma playlist de mon site de prédilection Deezer jusqu'ici. D'autant que Blogger a, semble t-il, changé quelques paramètres qui m'ont plutôt compliqué la vie. Bref, tout ça pour dire que je tente l'expérience, en espérant que les quelques morceaux, posés ci et là, vous plairont ou tout au moins ne vous déplairont pas. Il reste quelques menus problèmes (certains morceaux qui s'interrompent soudainement en plein milieu) mais au moins, ça marche. Après, il suffira de tâtonner.


Pour finir, je dois quand même avouer que c'est Alain Bashung, à qui j'ai consacré mon précédent post, qui m'aura incité à franchir le pas. Je voulais tellement le faire découvrir à ceux qui le connaissent si peu, ou seulement via les grands tubes souvent un peu réducteurs. Vous ne serez donc pas surpris de découvrir quelques uns de ses titres sur la playlist. Notamment une superbe chanson intitulée Bruxelles et que je ne connaissais pas moi-même il y a encore deux jours.


Bruxelles, un titre pour mes deux amis de Belgique, François-Marie et Brigitte.

dimanche 1 mars 2009

Immense Alain Bashung...


Très étrangement, je n'ai pas encore parlé de celui qui est peut-être pour moi l'un des plus grands, sinon le plus grand de la chanson française, tous genres confondus.


Je parle parfois des Souchon, Adamo, Peyrac, Mitchell, Charlebois et de quelques autres. Mais aucun ne m'aura autant fait vibrer qu'Alain Bashung. C'est d'ailleurs probablement le seul artiste dont je possède l'intégralité discographique, voire scénique. De cet auteur compositeur interprète de talent, j'aime l'extrême poésie, son sens des mots, ses musiques envoûtantes et parfois si sensuelles, son côté dandy aussi.


Je considère parfois que Alain Bashung est à la musique ce que David Lynch est au cinéma. Il a un univers bien à lui, identifiable entre tous, et dans lequel on n'entre souvent qu'imparfaitement. Et pourtant, on y revient toujours. Parfois même, on en viendrait à culpabiliser de ne pas aimer un album, comme si on n'avait pas su capter ce qui pouvait en faire un disque incontournable.

C'est précisement ce qui m'est arrivé sur son avant dernier album, L'Imprudence. Un album presque concept, expérimental, enveloppé de sonorités étranges qui m'a décontenancé, presque déçu, ce qui ne m'était encore jamais arrivé jusqu'alors (même si j'ai bien évidemment mes préférences comme tout un chacun). Mais jamais je n'ai pensé que L'Imprudence était un mauvais album. J'ai plutôt eu cette impression bizarre de passer à côté de quelque chose, avec la frustration qui va avec.


Et puis, l'an dernier est sorti Bleu Pétrole, un album exceptionnel, somptueux... les mots me manquent pour décrire ce que j'ai ressenti à l'écoute de ce bijou qui aura été mon plus beau coup de coeur de toute l'année 2008. Je ne suis pas sûr qu'il y ait d'ailleurs un quelconque album que je puisse placer au dessus de celui-là, qu'il soit de Bashung ou de tout autre artiste. Pour moi, Bleu Pétrole est ZE album, celui que l'on n'attendait pas et qui vous transporte à chaque écoute.


Alors, lorsque hier Alain Bashung et ce fameux Bleu Pétrole ont récolté 3 Victoires de la musique (Album, Interprète, Scène), j'ai trouvé cela amplement mérité. Et peu surprenant en fait, tant Bashung a été depuis si longtemps déjà reconnu par ses pairs comme un monument de la chnason française. Celui que les Inrocks ont affectueusement surnommé "le dernier des Géants".

Et si je ne suis vraiment pas fan de ce type de retransmission TV, il faut bien reconnaître que l'émotion était au rendez-vous ce samedi soir lorsque Alain Bashung (dont tout le monde sait désormais qu'il est atteint d'un cancer du poumon qui le fragilise énormément) est monté sur scéne. Il a dit ne jamais pouvoir oublier cette soirée ni tout cet amour. Moi, je peux simplement dire que jamais je ne pourrai me passer d'Alain Bashung.


Que dire de plus ? Ce post est un peu vain. Ceux qui sont hermétiques à Bashung le resteront sans doute, le cantonnant probablement à ses premiers tubes qu'étaient Vertige de l'Amour ou encore Gaby, Oh Gaby... Et c'est très bien ainsi car il en faut pour tous les goûts et pour toutes les oreilles. Moi-même, je ne suis pas forcément réceptif lorsque l'on essaie de me faire découvrir certains chanteurs. On adhère ou pas, c'est selon. Cela n'enlève rien à ce qu'ils sont, ni à leur talent. Ni au fait qu'ils touchent les gens, chacun à leur façon.


Mais je voudrais quand même dire que Bashung, c'est surtout une série d'albums incroyables depuis Osez Joséphine jusqu'à ce chef-d'oeuvre qu'est Bleu Pétrole, en passant par les exceptionnels Chatterton et Fantaisie Militaire. Des pépites unanimement reconnues, tant par la profession que par les très nombreux admirateurs de l'artiste dont je fais bien évidemment partie.


Installez-vous confortablement, fermez les yeux et écoutez par exemple La nuit, je mens ou Madame rêve... et laissez-vous emporter par ce tourbillon de poésie mélancolique...


Je crois que j'avais depuis bien longtemps envie de parler enfin d'Alain Bashung, de ce qu'il représentait pour moi depuis une vraie révélation lors de mes années fac. La sortie de Bleu Pétrole l'an passé aurait été une superbe occasion. Mais j'ai attendu. Ensuite, j'ai appris qu'il souffrait de cette saloperie de cancer contre lequel il lutte jour après jour et qu'il combat à sa façon en multipliant courageusement les concerts à travers toute la France. Là, je n'ai pas non plus osé, ne voulant pas me risquer à faire un sujet qui passerait plus pour un hommage, un peu comme si j'enterrais le bonhomme un peu vite. Et puis samedi soir, lorsque je l'ai vu à la cérémonie des Victoires de la Musique, si affaibli et pourtant si heureux et plein de vie, je me suis dit qu'il valait quand même mieux parler des gens que l'on aime quand ils sont toujours là.


Alain, je vous souhaite d'être là pour très très longtemps encore. Pour ce que vous êtes, ce que vous faites depuis une vingtaine d'années où je vous écoute assidûment album après album, je veux juste vous dire que je vous aime. Je préfère dire les choses plutôt que de m'en vouloir de les taire.



Tenez bon la barre, surtout !




dimanche 22 février 2009

Case Départ, émotionnellement votre…



La dernière fois que j’ai évoqué le tout nouvel album de Nicolas (Case départ donc), c’était pour pester contre les enseignes qui ne l’avaient pas encore en rayon, m’obligeant à le commander sur le Net. C’était il y a trois semaines environ.

Depuis, j’ai bien évidemment reçu le CD mais j’ai infiniment pris mon temps avant de venir en parler ici. D’abord, parce qu’il m’a toujours fallu plusieurs écoutes pour véritablement m’imprégner de nouveaux morceaux, aussi talentueux l’artiste soit-il. Ensuite parce que l’album Vice Versa, le précédent pour ceux qui suivent, a une place toute particulière dans mon cœur.

Vice Versa est un superbe album, très justement salué par la critique à l’époque et qui, outre ses qualités au niveau des textes et des compositions, me renvoie à des périodes particulières et très fortes émotionnellement. Comme ma rencontre avec Nicolas à la foire expo de Bergerac, ou le concert à l’Européen qui m’aura permis de faire la connaissance de l’un de ses frères Alain. Comme aussi un ancien forum sans lequel je ne serais pas ici, aujourd’hui, à écouter Nicolas et encore moins à vous en parler.

Case Départ est un très bel album, que je trouve réussi sur bien des points. De toute façon, je suis là pour émettre un avis et certainement pas pour rédiger une critique. Parce que, fondamentalement, je ne crois pas aux bons ou mauvais albums. Un album ne peut être mauvais s’il nous touche, ou nous interpelle. Les seuls « mauvais » albums, toujours d’un point de vue personnel, sont ceux que l’on conçoit autour d’un seul titre (qui doit impérativement être un tube pour faire vendre) entouré d’une dizaine de merdes. Des albums pensés commercialement en somme. Au moins, avec Nicolas, on est tranquille : pas du tout le genre du bonhomme. Du coup, si certains petits bijoux méconnus pouvaient avoir la diffusion et le succès qu’ils mériteraient, ce ne serait que justice.

Revenons à nos moutons. Je le dis en toute sincérité : Case Départ est un excellent album. De toute façon, je ne pense pas que les habitués de Nicolas puissent être déçus, à partir du moment où l’homme se dévoile énormément dans chacun de ses albums. Sans fard ni fioriture, il se raconte, se livre bien plus qu’on ne pourrait le croire de prime abord. C’est un peu comme si on le retrouvait autour d’une table, après une plus ou moins longue absence. C’est en tout cas comme ça que je le ressens. Il y a une certaine continuité dans la discographie de Nicolas Peyrac, avec des albums dont certains sont passés à la postérité tandis que d’autres restaient dans l’ombre, mais avec toujours cette sincérité dans l’écriture et cette sensibilité dans la composition. Et un sens de la mélodie qui n’appartient qu’à lui.

Je ne dirais pas avoir été surpris par cet opus que je définirais plutôt comme étant dans la continuité du précédent, même si le côté acoustique, notamment au niveau des guitares, renvoie plus au son de ses débuts. Finalement, l’homme nous invite toujours à arpenter ses chemins de vie, à partager ses colères, ses coups d’amour et parfois ses coups de sang. Sans langue de bois et donc toujours avec infiniment d’émotion.

L’album s’ouvre sur Ma vie est ici. Le ton est donné. Retour aux sources mais surtout retour au pays pour Nicolas après une longue parenthèse québécoise. Le texte émeut dès les premiers mots, lorsque l’artiste parle de ceux dont il n’avait pas su qu’ils lui manqueraient. Un retour entre Paris et Bretagne empli de nostalgie mais surtout plein de promesses pour l’avenir.


Je ne vais pas égrener tous les titres de l’album mais impossible de ne pas évoquer ce que je considère comme la plus belle chanson de l’album : Une peau que t’as pas est un petit bijou d’orfèvre, tant au niveau des mots choisis, de leur justesse, que de la force de la mélodie qui les enrobe. Lili de Perret n’est pas très loin. Ne me parlez pas de couleur non plus. On retrouve le Nicolas Peyrac révolté du monde qui l’entoure, face aux désillusions de tous ces gens qui ne seront finalement jamais vraiment chez eux, chez nous. Un titre incontournable !

Quel bonheur aussi que ce duo avec Olivier Gann écrit avec une incroyable justesse des mots par Véronique Chanat. Une chanson superbe qui clôt magistralement l’album.

L’inconvénient de mettre en lumière certains titres d’un album, c’est que du coup ils pourraient faire de l’ombre à d’autres. Pourtant croyez-moi, il n’y a que de belles chansons sur cette album, des mots (maux ?) de la vie superbement mis en musique sur un style épuré et intimiste qui va à l’essentiel. Il faudrait citer les 12 chansons de ce nouvel album pour bien faire les choses. Car si certaines nous parlent plus que d’autres, ce ne sont forcément jamais les mêmes, selon qui les écoute. D’un point de vue très personnel, il est évident que Tout reste là est un texte qui me parle. Enormément. Et celles qui me parlent moins ont au moins le mérite d’exister et de me donner, éventuellement, à réfléchir. Rien que pour ça, un grand merci Nicolas.

Que dire pour conclure ? D’acheter l’album ? C’est une évidence. Nicolas Peyrac a trop le respect du public et des mots vrais pour que sa sincérité reste dans l’ombre. C’est un album qui mérite qu’on en parle et surtout qu’on l’écoute. Et les concerts à venir devraient permettre, souhaitons le du moins, à Case Départ de faire son bonhomme de chemin dans la lignée du précédent opus. Ce qui serait amplement mérité.

Vice Versa était un album qui, hormis ses nombreuses qualités artistiques, était lié à un passé dont j’ai d’excellents souvenirs avec de belles rencontres. En ce sens, il avait une place à part pour moi. C’est encore le cas aujourd’hui. C’est probablement pour ça que Case Départ a été un peu plus difficile à apprivoiser, à appréhender. C’est aussi pour ça que j’ai pris le temps de l’écoute avant de venir vous en parler avec le plus de sincérité possible. Si je n’avais pas aimé, je vous l’aurais dit mais j’aurais été bien embêté quand même.

Mais on ne peut pas ne pas aimer Case Départ. Alors merci Nicolas !

dimanche 11 janvier 2009

Case départ


Le 26 janvier prochain sortira le nouvel album de Nicolas Peyrac « Case départ » et qui porte bien son nom puisque l’artiste retrouve véritablement la France (même s’il ne l’avait jamais vraiment quittée) après quelques années passées au Québec. J’aurai l’occasion de consacrer un post plus global sur cet album à la fin du mois puisque je n’en connais pour l’heure que deux ou trois extraits.

Nicolas Peyrac, c’est tout d’abord une découverte due à un ami, José-Luis, qui m’a invité sur un forum aujourd’hui disparu (mais qui a eu le mérite d’exister et de, à mon sens, très bien faire les choses pendant son existence… Que son créateur, Bruno, soit ici remercié d’ailleurs car ce forum avait été bien loin de se faire tout seul.)

Nicolas Peyrac, c’est aussi 17 albums studio que j’ai eu l’occasion de connaître en intégralité il y a quelques années, à Noël, grâce à la généreuse Monika. J’ai pu découvrir des chansons autres que « Et mon père » ou « So far away ». Des titres méconnus ou à découvrir. Sensibilités d’auteur et de compositeur confrontées à ma propre sensibilité. Un choc, forcément.

Nicolas Peyrac, ce sont aussi des concerts. J’en ai vécu deux et ils m’ont apporté des émotions différentes mais toujours très fortes. Le 1er, à Paris, à l’Européen, a été « une première fois » donc inoubliable forcément. L’occasion aussi pour certains de se retrouver ou de faire connaissance. La deuxième fois, ce fût à Bergerac. J’en ai un souvenir au moins aussi fort que l’Européen. Et pour cause, c’est la première fois que je côtoyais l’artiste « en vrai », autrement que par messages ou par scène interposés. Que j’assistais à des balances de concert ou que je me retrouvais en salle d’interview. Ou que je trinquais au Monbazillac avec Nicolas.

Mais aujourd’hui Nicolas Peyrac, c’est bien plus encore. Ce sont des retrouvailles, non pas seulement celles à venir avec l’artiste, mais surtout celles avec tout un ensemble de personnes un peu perdues de vue, pour des motifs divers parfois douloureux enfouis sous le sable du passé. J’ai retrouvé certaines de ces personnes mais, plus important encore, d’autres sont revenues vers moi, dont certaines de façon assez inattendue, je dois bien le reconnaître. Une démarche pas forcément évidente et qui force donc le respect.

Tous ces gens ont, entre autres choses quand même, un point commun : un respect et une admiration pour l’artiste qu’est Nicolas Peyrac. Et c’est ce qui est extraordinaire : la prochaine sortie de « Case Départ » resserre des liens, ou en recrée même. Et finalement, on se dit que ce qui a pu nous séparer et qui devait nous sembler légitimement important à l’époque, a finalement bien peu d’importance.

Et si ce nouvel album « Case Départ » était tout simplement… l’album de l’apaisement et de la réconciliation ? Un peu comme si nous nous étions tous un peu manqués et donc forcément trop heureux de se revoir enfin ? « Case départ » pour l’artiste donc, mais aussi pour moi d’une certaine façon. Comme un retour aux sources.

Rien que pour ça, mais aussi et surtout parce qu’il ne manquera pas d’être un excellent cru, ruez vous donc sur « Case départ » de Nicolas Peyrac, dans toutes les bonnes crèmeries dès le 26 janvier 2009 !

Et en aparté : Merci Pascale et François ! (Et tous ceux que j’ai retrouvés ou que je retrouve enfin !)