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jeudi 16 décembre 2010

Coup de coeur BD : Magasin Général


Un coup de coeur qui ne date pas d'hier puisque la série en est actuellement à son 6e tome (sur 8 a priori). Une série originale écrite et dessinée à quatre mains par Régis Loisel (Peter Pan) et Jean-Louis Tripp et rehaussée par les superbes couleurs de François Lapierre.


Le premier tome est sorti en mars 2006 et le sixième en novembre 2010. C'est peu dire que leurs auteurs n'ont pas chômé ! Et pourtant, loin de bâcler leur bébé, les auteurs en ont fait quelque chose de magnifique, chaque planche regorgeant de détails. Comme quoi, on peut travailler vite et bien même si Loisel a récemment admis qu'il avait quand même hâte de passer à un autre projet, celui-ci accaparant tout son temps.

L'action se passe dans le Québec rural des années 20, dans la petite paroisse de Notre Dame des Lacs. Une jeune veuve, Marie, y tient le Magasin général, sorte de gigantesque fourre-tout dont elle a hérité à la mort de son époux. Mais lorsqu'elle fait la connaissance de Serge, un français passionné de cuisine ayant servi en France pendant la Grande Guerre et qu'elle finit par l'héberger, les mauvaises langues vont peu à peu se délier...



Dès lors, on va suivre les pérégrinations de tout un petit monde ancré dans une paysannerie conservatrice mais amenée à évoluer. C'est véritablement une petite chronique campagnarde qui nous est proposée ici, sur un rythme d'ailleurs assez lent. On prend le temps, on admire les paysages, on se délecte des situations des plus cocasses aux plus dramatiques.

Pour que l'immersion soit encore plus authentique, les auteurs ont confié le soin à Jimmy Beaulieu de traduire les dialogues en français québécois. Alors évidemment, au départ, on s'y reprend à deux fois mais ensuite, on est en terrain connu. Et ça fonctionne admirablement. Le tout glisse parfaitement, on se laisse porter par cette chronique douce amère qui dévoile progressivement tous ses secrets. Les personnages sont touchants et extrêmement bien campés.


Difficile de ne pas insister une nouvelle fois sur la qualité du dessin. Que c'est beau ! La belle nature du Québec est vraiment sublimée par ces deux auteurs talentueux, trois si on compte le coloriste qui fait un travail magnifique. Un bien bel hommage au Québec et à un pan de l'histoire des belles provinces de ce pays. Autant dire, vous l'aurez compris, que je vous recommande plus que chaudement la lecture (et l'acquisition) de ce monument de la BD. Un si beau voyage, ça ne se refuse pas...



jeudi 2 décembre 2010

Un dernier adieu...





C'est à 11:11 que je me suis enfin décidé à actualiser mon blog ce jeudi, après m'être réveillé cette nuit en pensant à Tibet... à 3:33 du matin !

Je sais que je vais finir par vous bassiner avec ce dessinateur scénariste romancier dont la disparition m'aura finalement bien plus affecté que ce que j'aurais imaginé.

J'ai donc rêvé à Tibet, dessinateur entre autres de Ric Hochet (pour ceux qui auraient déserté mon blog pendant une année entière ou qui auraient migré dans l'espace). Les souvenirs sont un peu flous, j'aurais du prendre des notes pendant la nuit, mais en gros, je devais l'aider à la mise en page de divers éléments de la composition de la couverture du prochain Ric Hochet. Il y avait quelque chose d'assez émouvant à rêver de cela d'autant que dans ce rêve, je n'étais pas peu fier que ce grand monsieur me sollicite et m'apprenne quelques ficelles du métier.

Du coup, je me suis dit que j'allais en remettre une couche ce matin. Ça tombe bien, l'actualité de Tibet aura rarement été aussi riche, même si à titre posthume malheureusement.

Le mois dernier, le 29 octobre en fait, est sorti l'ultime Ric Hochet, "A la poursuite du Griffon d'Or" signé André-Paul Duchâteau et Tibet. Le 78e. Inachevé aux presque deux tiers. Autant dire que tenir dans ses mains un tel ouvrage est très particulier. Totalement en noir et blanc puisque la mise en couleurs n'avait évidemment pas été effectuée du vivant de son auteur et que la volonté de l'éditeur était bien de ne proposer que ce que Tibet avait pu terminer avant sa disparition. Il y a donc une partie des planches totalement achevée (dessins et décors), une autre partiellement achevée (Tibet avait terminé mais n'avait pas encore eu le temps de transmettre les planches au décoriste) et une dernière présentant des planches de plus en plus inachevées, jusqu'à la fameuse planche 28 où il n'y a qu'une ou deux bulles crayonnées et quelques phrases de dialogues à l'intérieur. L'ouvrage s'achève sur un résumé de la fin de l'histoire par le scénariste AP Duchâteau et par quelques photos prises dans l'atelier de Tibet qui travaillait encore sur ce tome 78 le soir même de sa disparition.

Néanmoins, un tome 79 est d'ores et déjà prévu, avec un nouveau dessinateur mystère puisque Tibet souhaitait que Ric Hochet lui survive. Ce sera une curiosité mais je ne suis pas persuadé que cette reprise tienne sur la durée puisque les ventes des derniers albums étaient déjà bien plus confidentielles qu'à l'époque de "l'âge d'or" de Ric Hochet, il y a une bonne vingtaine d'années déjà. Au moins ! Cela dit, le tome 78 était un bon cru, renouant justement avec une certaine dimension un peu plus aventurière qu'à l'accoutumée et qui faisait cruellement défaut à la série (Il faut dire que le tome 77 était d'une qualité très médiocre).

Par ailleurs, Tibet s'était émancipé de son scénariste pour créer un nouveau personnage, Aldo Rémy, que j'avais déjà évoqué ici, sorte d'homme à tout faire et enquêteur malgré lui. Des intrigues qui se voulaient plus sombres, plus réalistes voire plus glauques mais dont la limite était justement, à mon sens, la ligne claire de Tibet dont le dessin n'était pas vraiment en phase avec l'aspect crû souhaité du scénario. Mais c'était une curiosité, pas désagréable mais pas incontournable non plus. Le Lombard n'en voulant pas, c'est aux éditions Glénat que Tibet fit paraître les deux tomes de la série. Et puis, totalement par hasard, j'ai appris qu'il existait un 3e tome, que Tibet avait achevé avant sa disparition mais qui était sorti à titre posthume chez un tout petit éditeur Le Gang avec un tirage tout aussi confidentiel de 3000 exemplaires. Ce tome présente l'intérêt supplémentaire de montrer en fin de volume des dessins de divers artistes BD qui tenaient à rendre hommage à Tibet. Quant à l'histoire, elle tient à peu près la route, bien qu'un peu naïve et traînant en longueur. Mais c'est véritablement la dernière BD achevée de son auteur et rien que pour ça, elle a une valeur toute particulière.

Et puis, pour terminer, sort demain un recueil de caricatures de Tibet. Autant dire que je ne manquerai pas de me le procurer ce samedi puisque nous sommes de sortie sur Périgueux pour le week-end. C'était son grand plaisir, la caricature. Il aimait croquer les artistes dont certains, comme Adamo, étaient de ses amis. Une curiosité là-encore qui va me montrer une facette méconnue, en tout cas pour moi, de ce talentueux monsieur de la BD.

Tibet nous a quitté il y aura bientôt un an. Déjà. Je ne réalisais pas vraiment. Jusqu'à cette fameuse planche 28 inachevée. Quelques traces de crayon, quelques mots dans une bulle. Et puis l'artiste qui tire sa révérence. Cette fois, je réalise. Avec le vide qui va avec. Un peu de tristesse, certes, mais surtout une infinie reconnaissance.

Chapeau et merci pour tout !


dimanche 26 septembre 2010

Liquidation


Pour une fois, je me sers de ce blog comme d'une vitrine. Peu probable que mes lecteurs habituels soient intéressés mais sait-on jamais. Restent éventuellement les gens de passage...

Tout est ici, dans un forum sur lequel je suis depuis peu, avant de passer éventuellement via Ebay (mais vu le stock, je préférerais éviter pour ne pas risquer de sombrer dans la folie) :


C'est assez urgent donc si vous connaissez des fanas de BD et de comics ! L'appel est lancé !

vendredi 6 août 2010

Enfin ! ! !


5 ans ! C'est le temps qu'il aura fallu pour que sorte enfin le quatrième tome des aventures de Blacksad, le détective privé qui évolue dans le New-York des années 50. Plus précisément, c'est en septembre que la longue attente sera enfin récompensée. Blacksad est l'une de mes séries actuelles préférées.

J'ai eu véritablement un coup de coeur en 2000 quand est paru le premier volume Quelque part entre les ombres. Depuis, je n'ai jamais cessé d'accrocher, tant pour le tome 2, Arctic Nation, en 2003 que pour le troisième, Âme rouge, en 2005. Je suis surtout sensible aux superbes dessins de Juanjo Guarnido qui effectue une mise en couleur à l'aquarelle de toute beauté. Le dessinateur a également une maîtrise du mouvement assez hallucinante qui lui vient probablement de son expérience passée chez Disney.

Les scénarios de Juan Diaz Canales ne sont pas en reste, même si parfois un peu alambiques à mon goût, mais ils traduisent admirablement l'atmosphère des années 50, avec un aspect polar très prononcé. Bref, je me régale. La particularité première de Blacksad est quand même de proposer des personnages qui sont tous des animaux anthropomorphes. Mais c'est si réaliste, si bien intégré que l'immersion est immédiate. Et là aussi, le dessin est époustouflant de maîtrise.



Le succès de la BD a entraîné une production de mini-bustes de grande qualité, reprenant la quasi-totalité des personnages des 3 histoires (indépendantes les unes des autres, soit dit en passant). Cette fois, c'est la société Attakus qui s'y colle et elle n'a rien non plus à envier à sa "collègue" Fariboles dont je vous ai vanté le travail hier. Sauf que cette fois, j'ai la chance d'avoir pu, progressivement, acquérir l'ensemble de ces petites figurines d'une petite quinzaine de cm environ. Bien sûr, il faut aimer le Para-BD mais je trouve vraiment qu'il s'agit de jolies pièces. En tout cas, elles ont fière allure dans mon bureau. Je vous laisse admirer.



















Et puis voici le Graal de la collection. Une superbe sculpture de 40 cm qui doit sortir incessamment sous peu. Là, ma collectionnite aigüe m'a rattrappée. Et le fait que je dispose d'une collection complète avant celle-ci n'a pas aidé. C'est vrai quoi ! A quoi bon posséder toute une collection si c'est pour finalement laisser passer la pièce maitresse ! Regardez-moi cette figurine, ce sens du détail, ces finitions, les couleurs, l'expressivité de l'ensemble. C'est beau, mais c'est beau ! ! ! Alors oui, je l'ai d'ors et déjà réservée. Heureusement que mon "fournisseur" en Aveyron que je connais de longue date, s'est engagé à m'en garder une pièce. Celle-ci, je vais la bichonner, à défaut de savoir encore où je vais bien pouvoir la caser.











En tout cas, indépendamment de cet "étalage" de ma petite collection et de mes projets d'avenir passionnants, je ne saurais trop vous recommander, si vous ne connaissez pas, de lire cette BD qu'est Blacksad. Et si vous faites partie, comme moi, des aficionados, rendez-vous en septembre pour la sortie tant attendue de ce 4e tome : L'enfer, le silence. Tout un programme !


dimanche 3 janvier 2010

Tibet 1931 - 2010

C'est mon ami François-Marie alias Réverbères qui m'aura appris la triste nouvelle : Tibet, le dessinateur entre autres de Ric Hochet nous a quitté la nuit dernière des suites d'un malaise foudroyant alors qu'il regardait paisiblement la télévision chez lui.
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Pour moi, Tibet est intimement lié à Ric Hochet, d'autant que je ne connais pas, sinon de nom, son autre "gros bébé", Chick Bill. Je possède donc les 76 tomes de cette série fleuve à laquelle j'avais déjà consacré un sujet ici. Certes, on ne peut pas avoir une telle longévité sans une production forcément inégale et il est clair pour moi que la qualité d'ensemble avait sensiblement baissé depuis une bonne vingtaine de tomes, hormis quelques perles qui nous rappelaient les plus belles heures du journaliste enquêteur de La Rafale. Mais il y avait un signe qui ne trompe pas : l'attente du nouvel album sur lequel je me jetais dès les premiers jours de parution. C'était systématique. J'avais beau craindre d'être déçu, il aurait été inconcevable pour moi de ne manquer ne serait-ce qu'un seul tome. Le plaisir de retrouver Ric Hochet et tout son univers, du commissaire Bourdon à l'ennemi de toujours Le Bourreau, était plus fort que tout. Après il fallait composer avec quelques invraisemblances du pourtant génialissime scénariste André-Paul Duchâteau ou un dessin parfois moins inspiré (et surtout moins en phase avec certaines réalités de notre époque ou comment dessiner un ordinateur digne de ce nom) mais la mayonnaise prenait toujours.


Ainsi, si le dernier album "Dernier duel" m'avait intimement déçu dans le traitement de son intrigue et notamment dans sa façon d'expédier la mort de deux personnages pourtant clés, je savais en le refermant que le 77 serait attendu avec impatience (prévu en mars d'ailleurs).
Ric Hochet m'aura accompagné un sacré bout de temps même si je l'ai forcément pris "en cours de route" puisque la série a fêté ses 50 ans en 2005. Mais j'ai rattrappé mon retard depuis, me délectant de ces affaires policières où le nom du coupable n'apparaissait que dans les toutes dernières pages. Les premières aventures sont plutôt inspirés des films de gangsters de l'époque, âge d'or de la série pour certains. Pour ma part, je préfère la période englobant les tomes 20 à 50 où l'aspect mystère parfois mêlé d'un soupçon de paranormal fait des merveilles. Passé le tome 50, la magie opère toujours mais les ficelles se font plus grosses et le mécanisme se grippe un peu. Mais qu'importe ! Le plaisir de la découverte était tel que ça valait bien quelques déceptions. Et puis, il y en aura eu tellement de si bons crus tout au long de ces 76 tomes qu'il serait malvenu de faire la fine bouche. D'ailleurs, si les auteurs avaient décidé d'arrêter la série, je pense que la déception aurait été bien plus grande que celle née de quelques histoires moins inspirées.


Je n'ai rencontré Tibet qu'une fois, ce devait être en 2001 puisqu'il me semble bien que c'était le jour de ses 70 ans où il était l'invité d'honneur du festival BD de Bassillac, près de Périgueux. Comme d'habitude, je devais être tétanisé (du genre comment lui dire toute l'admiration que j'avais pour lui, combien Ric Hochet m'avait accompagné depuis l'enfance...) et je lui avais juste balbutié un timide Bon anniversaire alors que visiblement il n'était pas friand de tout ce qui pouvait lui rappeler son âge. Cela dit, il avait été très correct, me faisant même 2 dédicaces, l'une sur l'album BD Meurtres que je trouvais de circonstance et l'autre sur la superbe monographie qu'a consacré Patrick Gaumer à Tibet intitulée La fureur de rire et que je vous recommande chaudement tant l'ouvrage est magnifique et riche d'enseignements.
Déjà, voir Tibet sur un salon BD était plutôt rare, donc j'aurai au moins eu cette chance de rencontrer l'artiste, même si brièvement ou maladroitement. Ca restera une bien belle journée pour moi !


Hormis Ric Hochet et donc Chick Bill (dont je ne peux malheureusement pas vous dire grand chose, si ce n'est qu'on en est au tome 70 à paraître ce mois-ci et que Tibet y a la double casquette de scénariste dessinateur), je dois quand même dire quelques mots de sa dernière série Aldo Rémy, l'homme à tout faire. Deux tomes sont parus et, indépendamment du décès de Tibet, qui était là aussi scénariste et dessinateur, je ne suis pas persuadé qu'un troisième ait été en préparation (rien d'annoncé en tout cas chez Glénat). Je ne pense pas que cette volonté de Tibet de créer une nouvelle série ait été couronnée de succès. Au départ, l'idée de Tibet était de "s'émanciper" de son complice Duchâteau pour créer une série qui se voulait plus sombre et où l'auteur dessinateur pourrait se lâcher à loisir. Mais le résultat est laborieux et prête à sourire. Les clichés sont légions (le langage "djeun") et le dessin de Tibet manque cruellement de réalisme notamment lorsqu'il tente de pimenter son récit de quelques scènes dénudées. Mais la série est, à mon sens, à découvrir. Pour la volonté louable de son auteur de se faire plaisir. Pour les admirateurs de son trait qui ne seront nullement dépaysés (et qui paradoxalement constitue peut-être l'écueil principal de la série).
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Aujourd'hui, Tibet a tiré sa révérence et le passionné de BD que je suis est triste. J'ai choisi néanmoins de produire un billet nuancé, aussi fidèle que possible sur mon ressenti sur les séries (et leurs évolutions) de ce grand grand monsieur de la BD. Ric Hochet est probablement, malgré les défauts inhérents à sa longévité, la série qui m'aura le plus tenu en haleine ou qui m'aura, plus simplement, procuré le plus de plaisir. Ce n'est pas pour rien que je possède les 76 tomes et que je guette impatiemment ce qui devrait être l'ultime volume apparemment très justement titré "Ici 77". Après, il y aura un vide. Immense sans aucun doute. Et la prise de conscience qui va avec d'avoir perdu un des tous meilleurs. Car pour l'instant, je ne réalise pas encore. Ou pas trop.
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Et pourtant, c'est tout un pan de ma culture BD qui s'en va avec Tibet. Alors merci pour les innombrables bons moments et bon vent l'artiste !

mardi 24 novembre 2009

Avis de recherche


Non mais franchement, quelle idée d'être au chômage à un mois des fêtes de fin d'année qui ne manquent jamais de réveiller ma collectionnite aigüe... Hormis donc les tentations inhérentes à cette période (comme l'intégrale d'Alain Bashung réservée de longue date et que je tiendrai avec émotion avec mes mains dès la semaine prochaine), voilà que je me suis également mis en tête de partir à la chasse de certaines raretés BD / fanzines. Je suis d'autant plus maso que je suis déjà en retard dans certaines de mes collections BD. A croire que je n'ai que cela à penser en ce moment... ou que ça me fait du bien de le penser. Et puis, comme je me suis octroyé un ou deux mois de break pour recharger les batteries, autant se faire du bien (ou du mal selon comment on se situe).

Alors du coup, voici de vraies raretés que j'aimerais assez me procurer. Sans urgence d'ailleurs, d'autant que certains tarifs sont gratinés, ce qui devrait me pousser préalablement à assainir ma situation financière en faisant le plein de ventes sur ebay. D'ailleurs, si vous connaissez des personnes intéressées par des jeux Wii ou XBox 360, voire par des DVD, je liquide...

Bref, je lance donc un avis de recherche au cas où, au hasard de vos pérégrinations (je dois aimer ce mot), vous tomberiez sur l'une des perles rares cités ci-dessous, auquel cas merci de prendre contact avec moi pour me donner les coordonnées des vendeurs. C'est parti !


On commence ce tour d'horizon par l'intégrale des Idées noires de Franquin, parue chez MarsuProductions en 2005 de mémoire. Un livre en format A3 qui reprend donc les planches d'origine rescannées en grans format afin de mettre particulièrement en valeur le souci du détail de l'ami Franquin. Je recherche celui avec le rouage sur la couverture (ne pas confondre avec l'autre édition que je mets aussi en photo, celle avec la caricature de Franquin, qui vient juste de sortir et qu'il me sera donc facile de me procurer le cas échéant et qui reprend également les planches d'origine mais sorties de l'atelier de son auteur avec donc toutes les annotations et autres émargements d'origine, bref la conception de l'album pas à pas en quelque sorte).
L'intégrale 2005 que je recherche n'est pas en soi introuvable, du moins sur les sites d'enchères sur Internet. Le problème, c'est sa côte. De 99 euros pièce (ce qui est déjà un investissement), il se négocie désormais entre 350 et 550 euros en moyenne et je ne compte pas mettre un tel prix dans une BD, aussi rare soit-elle. Alors, si vous trouvez un libraire, un vendeur de BD, un bouquiniste qui en aurait un en stock, prévenez-moi. Je doute fort que cela arrive mais sait-on jamais... Et comme je suis chiant en plus d'être exigeant, l'exemplaire doit être en parfait état.


On continue avec l'ouvrage consacré à Jean Frisano que j'avais déjà évoqué ici. Là encore, une vraie rareté introuvable sur le net (J'ai eu une seule occasion sur Ebay il y a quelques mois et j'en pleure encore... j'avais terminé 2e !). L'ouvrage est, de plus, auto-édité donc peu d'exemplaires ont circulé. Il s'agit, pour ceux qui connaissent, d'un ouvrage sur Frisano, un illustrateur peintre, qui a dessiné bon nombre de couvertures de comics (Strange, Nova etc.) dans les années 70-80. Une bible pour le fan (athée et non atique) que je suis.

C'est tout pour aujourd'hui même si, en y réfléchissant davantage, il y aurait certainement d'autres livres que je souhaiterais acquérir. En attendant, si vous tombez sur l'un de ces titres par le plus grand des hasards, merci de me contacter, sait-on jamais...
En attendant, je vais refaire mon CV. Ce ne sera pas du luxe et c'est tout de même autrement plus important vu la conjoncture actuelle. Enfin, je crois... non ?

dimanche 24 mai 2009

Coup de coeur découverte : Des bêtes...



François Roussel est un auteur dessinateur de BD que j'ai découvert par le plus grand des hasard lors de la dernière édition du Festival BD de Gruissan. J'étais venu sans réelle envie, agacé de voir que le vent, pour le sixième jour consécutif, s'évertuait à avorter mes envies de baignade et de plage. Une fois sur place, je me rendis dans la grande salle au milieu de laquelle trônaient des centaines d'exemplaires d'auteurs et de séries différents, tandis que les artistes dédicaçaient leurs ouvrages sur la partie gauche.

Je jetai un oeil rapide, d'autant plus rapide que j'ai beaucoup de mal à feuilleter des BD neuves qui ne m'appartiennent pas. Il me faudrait presque avoir un coup de coeur sur une couverture pour espérer ne pas rater la BD de l'année.

Et puis alors que j'avais fini mon tour d'horizon en 60 secondes chrono, je vis Nath qui regardait je ne sais plus quoi à l'autre bout de la pièce. Du coup, attendant qu'elle revienne, je me refis un second petit tour d'horizon, histoire de patienter. Sauf que j'avais cette fois-ci pris davantage mon temps. Mon regard fut alors attiré par une couverture représentant un gorille et autres animaux sympathiques. Je fus surtout conquis d'entrée par l'expressivité des personnages, par la (relative) simplicité des traits, comme un dessin maîtrisé mais voulant aller à l'essentiel.

Voici quel fut mon premier contact avec la BD de François Roussel "Des bêtes" dont j'achetai aussitôt les 3 tomes existants (série en cours). Ensuite, je me risquai du côté des dédicaces sans trop de conviction. Mais j'avais bien choisi mon heure. Il n'y avait pas encore beaucoup de visiteurs (bien plus nombreux l'après-midi) et la plupart faisait la queue devant le bureau de Boucq, invité d'honneur de ce millésime 2009. Ca tombait bien : autant je reconnais à Boucq un talent indéniable, autant je n'ai jamais accroché à quoi que ce soit dans son oeuvre.

Bref, nous voilà Nath et moi devant François Roussel qui nous accueille tout sourire en toute décontraction. Comme à mon habitude, je suis un peu stressé, je bafouillerai presque mais ça ne dure pas. Alors que je lui tends le tome 1, il me prend les trois en nous disant : "Pour l'instant, il n'y a que vous, alors si j'ai le temps, je vous dédicacerai les 3". Il nous demande quels animaux nous feraient plaisir. J'aurai donc un chat, Nath une coccinnelle et pour le tome 3, il nous mettra en scène sous la forme... d'un gorille et de sa frêle guenon. François a de l'humour et comme en plus, ses trois dédicaces auront de la gueule, que demander de plus ?

Bref, l'artiste, décidément très ouvert et accueillant, commence les dédicaces. Et comme en plus d'être très sympa, François prend son temps, nous resterons une petite heure en sa compagnie.

Nous repartons finalement, un peu avant midi, avec nos trois BD sous le bras, sans oublier de remercier une nouvelle fois François pour sa gentillesse et sa disponibilité. Je lui demande en rigolant où je pourrai le trouver lorsque le tome 4 sortira, parce qu'un tome sans dédicace au beau milieu de ma nouvelle collection dépareillerait, non ?

En sortant, j'aperçois les affiches du festival... notamment celle de 2008 où je me rends compte qu'Achdé en était l'invité d'honneur. Raaah ! Je peste ! A un an près, j'aurais enfin pu rencontrer Achdé (excellent dessinateur humainement très proche de ses lecteurs à qui j'ai déjà consacré une page de mon blog il n'y a pas si longtemps). J'achète l'affiche 2008, ça n'enlèvera pas ma frustration de ce rendez-vous manqué mais enfin...

Bon. Et si je vous disais deux mots sur cette fameuse série de François Roussel, Des Bêtes...

La lecture m'a conforté, largement, dans ma première impression. Les dessins collent parfaitement au ton de la série qui s'aventure souvent dans les méandres d'un humour noir délicieux. Et parfois cruel. Et pour cause. Il ne s'agit pas d'autre chose, finalement, que de la représentation du règne animal. Et si l'humour est omniprésent, certains gags sont plus noirs que d'autres. Un univers où la loi du plus fort s'applique. La vie, tout simplement. Celle des animaux certes. Mais qui renvoit aussi à la nôtre. François Roussel a d'ailleurs expliqué dans une interview que toutes ses histoires renvoyaient à des personnes qu'il avait connues ou à des situations vécues, par lui ou autres personnes de son entourage.

Au final, il en ressort une BD très cohérente, aussi touchante que cruelle, parfois injuste mais qui montre les choses telles qu'elles sont et qui, pour une collection jeunesse, prend bien soin de ne surtout pas prendre les enfants pour des imbéciles. Mais ne vous y trompez pas. Collection jeunesse certes, mais série vraiment tout public (humour mais ton très mature). Entre l'ornithorynque dépressif qui ne s'accepte pas avec son bec de canard, la fourmi gaffeuse qui veut toujours bien faire et qui va de catastrophe en catastrophe, les singes qui veulent prendre la place de leur chef pour lui piquer ses guenons... et tant d'autres portraits d'animaux si joliment troussés, il y a matière à faire. François Roussel devrait donc nous régaler pendant encore de nombreuses planches.

En attendant, découvrez les 3 premiers tomes de cette série à ne pas rater ! Et si les gags sont indépendants, il est préférable de lire les 3 volumes dans l'ordre chronologique, les mêmes personnages animaliers revenant de tome en tome, évoluant ainsi en même temps que leur auteur.

Des Bêtes... Série en cours à se procurer d'urgence ! (François Roussel, Editions MaxMilo)

jeudi 14 mai 2009

Les N'os d'or de Boule et Bill... 50 ans déjà !


Je l'aime bien ce titre... Malheureusement, le jeu de mots n'est pas de moi (snif ! )

Enfin bref, un très joyeux anniversaire à nos deux joyeux drilles qui n'ont pas pris une ride en 50 ans, malgré le décès de leur créateur Roba en 2003.

Je ne vais pas vous raconter ici les 50 années écoulées de Boule et Bill. Il y a de très bonnes pages Internet sur le sujet, à commencer par Wikipédia. On y apprend notamment que Roba n'a pas été chercher très loin ses sources d'inspiration pour la création de ses personnages puisque son fils était surnommé Bouboule par ses camarades de classe. Quant à Bill, c'était un cocker qui faisait réellement partie de la famille après que celle-ci l'ait recueilli.



Boule et Bill font partie de ces albums que, un peu curieusement, je n'ai pas. J'ai pourtant pour cette série une tendresse toute particulière et j'ai dû lire et relire toutes leurs aventures. Par certains égards, et quitte à froisser les puristes, je lui trouve de nombreuses ressemblances avec le petit Nicolas de Goscinny et Sempé. L'univers enfantin est, dans les deux cas, très bien représenté. On s'y croirait et on craque littéralement pour les (gentilles) péripéties de nos deux héros. Tout comme pour le petit Nicolas, l'environnement de l'enfant est également très bien exploité : famille, école, copains de classe... Avec les sentiments qui vont avec : amitié, camaraderie, jalousie parfois etc.




A partir de là, Roba a vraiment tissé une galerie de personnages plus pittoresques les uns que les autres. Outre Boule, un gamin plutôt sage, plutôt suiveur que réellement facétieux, et Bill (qui serait un tantinet plus filou que son maître d'ailleurs), on trouve toute la panoplie de personnages, certes stéréotypés, mais avec une telle cohésion, une telle alchimie entre eux, que la sauce prend inévitablement. De la mère au foyer (multi clichés : aux fourneaux, au plumeau et au shopping le reste du temps ou presque) au père dépassé tant par les bourdes de son fils et de son chien que par son boulot, en passant par le pote, fidèle parmi les fidèles (Pouf, un garçonnet gentiment bonhomme, pas courageux pour deux sous et se méfiant comme de la peste de Bill qui ne rechigne jamais à lui arracher le fond du pantalon), sans oublier la voisine, vieille bique aigrie, toujours accompagnée de son fouineur de chat... Et que dire de l'attendrissante tortue Caroline ?



Bref, cette série est pour moi, dans son genre, une totale réussite. Et sous ses aspects de légèreté et de fraîcheur, elle aborde des thèmes universels qui touchent tous les âges. Je trouve que c'est une vraie force de cette BD belge. Il y a plusieurs degrés de lecture, une vraie recherche bien au dela de la simple envie de donner du plaisir. C'est notamment flagrant avec une série comme les Schtroumpfs par exemple. Là aussi, on se régale des péripéties gentillettes de nos petits bonhommes bleus, incessamment poursuivis par le sournois mais si bête Gargamel. Chaque histoire, pour peu que l'on gratte un peu, renvoit à certains traites de caractère pas forcément flatteurs comme la jalousie ou la cupidité, l'égoïsme etc.




La BD belge trouve la formule magique, ce difficile équilibre entre l'amusement, la pertinence et une certaine réflexion. Avec des univers d'une incroyable richesse, ou tout s'entremêle dans une harmonie absolue. On sent vraiment qu'il y a eu un vrai travail derrière et qu'il ne s'agit pas seulement de raconter des histoires. Il y a un vrai talent de la part de ces géants de la BD, que sont Roba, Peyo, et tant d'autres à commencer par Franquin bien sûr. (Encore que, pour moi, le public d'un Gaston Lagaffe n'est pas forcément le même)


Boule et Bill fêtent donc leurs 50 ans. (Et en langage chien, je vous dis pas !) Alors, un très bel anniversaire à eux. Qu'ils continuent à nous faire rêver encore longtemps ! (d'autant qu'il n'était pas aisé de reprendre le flambeau après Roba et que Laurent Verra s'en sort avec les honneurs, en préservant tout ce qui faisait l'innocence du matériau d'origine)

Les mésanges bleues ont encore de beaux jours devant elles...