vendredi 31 décembre 2010

En trompe l'oeil (12)


Titof n'en décolérait pas : pourquoi diable n'était-ce pas une de ses superbes photos qui introduisait le 12e épisode de la rubrique "En trompe l'oeil" ? Une rubrique qui enthousiasmait à chaque fois la foule qui s'amassait aux portes de ce blog.

A la place d'un instantané de la vie de tous les jours et de son interprétation toute personnelle qu'aurait pu en faire le génial mais trop modeste auteur de ce si bel espace, il y avait donc une photo de plusieurs figurines regroupées à l'intérieur d'un cube jaune. Un ensemble de Para-BD regroupant pas moins de 29 schtroumpfs (en comptant celui tenant dans la main de Pirlouit et le Grand Schtroumpf, dans la boule de cristal d'Homnibus), sous le regard bienveillant et émerveillé de Johan.

Titof, décidément très remonté en ce dernier jour de l'année 2010, ne pouvait pas savoir que l'auteur avait du se résoudre à faire quelques choix. En effet, ce dernier avait remarqué qu'il avait posté 106 messages en 2009... et qu'il lui suffisait d'un message supplémentaire pour faire de même en 2010 ! L'aubaine était donc trop belle de faire son intéressant. Mais le problème était de tout faire tenir sur un message. Faire sauter la rubrique "En trompe l'oeil" jusqu'aux prémices de 2011 ? Hum... Pas évident car Titof, toujours très pertinent dans ses interventions sur la messagerie de son cousin, avait fait remarquer qu'il y avait eu 11 épisodes sur l'année et qu'un sujet supplémentaire créerait une moyenne mensuelle fort appréciable de 1.

Bref, il fallait maintenir la rubrique jusqu'au dernier jour de l'année en cours (sachant bien évidemment, et c'est autant pour rassurer mes fidèles lecteurs que pour calmer mon cher cousin, que "En trompe l'oeil" sera de retour dès le mois de janvier). En même temps, l'auteur avait envie de partager d'autres petites choses, sans forcément attendre. Comme faire un petit aparté pour saluer le départ du (charismatique ?) leader de Boney M, Bobby Farrell. Je n'étais pas fan de la vague disco mais j'ai toujours beaucoup apprécié Boney M et particulièrement Ma Baker. Après, certains diront que c'était bien lui qui chantait et d'autres que c'était un imposteur... Peu importe finalement... Bon vent l'artiste.

L'auteur voulait aussi partager sa joie d'avoir enfin pu mettre la main sur le triptyque tant espéré de Johan et Pirlouit, avec le socle parsemé de petits bonhommes bleus. Un rêve devenu réalité depuis hier midi et rendu possible essentiellement grâce à la jolie Nathalie. Ca valait bien une photo, non ?

Mais Titof n'était pas convaincu. Le regard noir, il toisait de façon méprisante l'image qui avait remplacé la sienne. Non mais, où allons-nous si on permet ainsi de détourner certaines rubriques phares de ce blog ? Quel culot ! Il s'échinait à prendre des photos, à les offrir en partage, c'est vrai quoi, c'est du boulot, et tout ça pour être remplacé sans ménagement au premier imprévu... Ah ! Il en coulerait de l'eau sous les ponts avant qu'il lui en envoie de nouvelles, au petit Francky ! Ah, ça !

Titof pensa à son cousin. Il était amer. Non mais franchement, ça lui aurait écorché la gueule de finir 2010 en beauté sur un 107e message, avec une belle photo. Au lieu de ça, il était en train de parcourir le 106e sujet d'un blog complètement à la dérive, écrit par un mégalo complètement dépassé et à la masse.

Ouh lala ! Il allait devoir se reprendre rapidement le cousin du Périgord !

Ça promettait pour 2011 ! ! !

vendredi 17 décembre 2010

Petite histoire de Noël...


Elle n'avait plus que quelques heures à patienter. Elle bailla et fronça les sourcils. Il n'était pas question qu'elle s'endorme. Elle devait lutter contre le sommeil qui tentait de s'emparer d'elle. Mais ce n'est pas facile de lutter quand on a seulement cinq ans.

A minuit, le père Noël descendrait par la cheminée et déposerait au pied du sapin les cadeaux qu'elle avait notés sur la liste qu'elle avait écrite avec papa. Enfin, elle avait dicté et papa avait écrit.
Elle avait bien précisé qu'elle avait été très sage. Ca n'a l'air de rien mais quand on ne précise pas, il arrive que le père Noël ne passe pas. C'était arrivé à Julie l'an passé. Elle l'avait trouvée en larmes dans la cour de l'école, le jour de la rentrée, parce que le père Noël n'était pas venu et qu'elle n'avait pas eu de cadeau. Manon avait été triste pour elle parce que déjà que ses parents étaient pauvres. Alors si en plus, le père Noël l'oubliait...

Manon fronça les sourcils à nouveau. Il n'était pas question que le père Noël l'oublie. Elle avait été sage. Les enfants sages ne sont pas oubliés par le père Noël. Mais elle se demandait quand même s'il pouvait la voir de là où il se trouvait, ou même l'entendre. Il devait être en chemin, avec son traîneau, ses rennes et sa hotte pleine de cadeaux. Viendrait-il quand même s'il savait qu'elle ne dormirait pas lorsqu'il arriverait ? Pouvait-il savoir ce genre de choses ?

Tant pis. Elle devait prendre le risque. Elle se moquait bien des cadeaux. Mais lui, il fallait qu'elle le voit. Elle ne devait surtout pas dormir.
Elle soupira en fixant l'horloge du salon. Que c'était long d'attendre que les deux aiguilles, la petite et la grande, soient tout en haut. Tapie dans l'un des fauteuil, elle avait une vue imprenable sur la cheminée. Elle avait fait le plus dur en sortant de sa chambre et en descendant l'escalier sans réveiller son père. Maintenant, elle devait juste ne pas dormir. Pour se maintenir éveillée, elle serra un peu plus fort le petit objet qu'elle tenait fermement dans sa main. Le petit objet qu'elle destinait précisément au père Noël.

Manon se frotta les yeux lorsque son père ouvrit en grand rideaux et fenêtres du salon, laissant entrer un soleil radieux et un froid polaire.
-Je vois que ma puce n'a pas résisté à la tentation de guetter l'arrivée du grand barbu, lui dit-il tout sourire. Mais je crois qu'il n'a pas eu à coeur de te réveiller quand il est passé !
La fillette resta un moment enfoncée dans le fauteuil bien trop grand pour elle. Elle ne réalisa pas tout de suite, ni où elle était, ni même ce que la lumière du jour impliquait. Mais quand elle en prit conscience, elle fondit en larmes sous le regard médusé de son père.
-Eh bien, eh bien, en voilà de grosses larmes... Tu devrais faire un tour sous le sapin. Il ne t'a pas réveillée mais il ne t'a pas oubliée pour autant. Allez, lève-toi et viens ouvrir tes cadeaux.
-Non, cria Manon en le repoussant, en colère et les yeux rougis. Il faut qu'il revienne !
L'enfant renifla bruyamment. Elle était furieuse mais aussi un peu vexée de n'avoir pas réussi à lutter contre son envie de dormir. Elle l'avait laissé s'en aller et maintenant elle ne le reverrait pas avant un an. A condition qu'elle soit sage. Et qu'elle ne dorme pas cette fois-ci.
Elle serra le poing si fort qu'elle ressentit un petit pincement et laissa tomber le couteau qu'elle tenait dans sa main droite.
-Manon, commença son père qui ne savait pas trop quelle attitude adopter devant le comportement pour le moins irrationnel de sa fille, ne me dis pas que tu as encore descendu les couverts de ta dînette ?
Manon baissa les yeux, récupéra le couteau en plastique et le glissa sous le coussin.
-Si je m'étais réveillée, j'aurais tué le père Noël, dit-elle, la mine sombre, fixant le sol ou tout autre endroit qui n'était pas e regard de son père. Je l'aurais tué pour avoir pris maman l'année dernière ! Pour nous l'avoir enlevée !
Elle avait crié la dernière phrase comme si elle s'était libérée d'un poids bien trop lourd pour ses frêles épaules.

Son père était interloqué. Voir son petit bout de chou vouloir s'en prendre au père Noël avec un couteau en plastique avait quelque chose de comique, mais la détresse de sa fille, sa peine et ses larmes l’attristaient au plus haut point.
-Mais tu as tout faux, ma puce... Le père Noël n'est pas responsable de...
-Ce n'est pas vrai, tu mens ! explosa la fillette. Maman était encore là avant que le père Noël ne descende. Elle était à l'hôpital, elle n'était plus à la maison, mais elle était là. Et la nuit, il est venu et il l'a enlevée ! Il l'a emmenée avec lui ! C'est mal, il devait nous la rendre !
-Mais enfin ma puce, ce n'est pas...
-Si, c'est lui ! Mes copines me l'ont dit à l'école ! Que le père Noël m'avait laissé des cadeaux et qu'il avait pris ma maman à la place ! Une maman ne disparaît pas comme ça ! Il l'a enlevée, je te dis ! Pourquoi tu ne me crois pas ?

Le père avait pris un coup de massue. Il regardait sa fille, entendait sa colère, voyait ses larmes mais aucun mot n'arrivait plus à sortir pour la consoler. La pauvre enfant laissait enfin exploser une rage contenue depuis près d'un an. Il avait tenté de la protéger de la meilleure façon qui soit. C'est tellement difficile de parler de la mort d'un être cher à un enfant de cet âge. Comment aurait-il pu lui dire, lui expliquer avec des mots qu'elle puisse comprendre ? La mère de Manon avait toujours eu une santé fragile et les divers traitements n'avaient rien arrangé. Jusqu'à ce maudit 25 décembre où l'hôpital l'avait appelé alors que Manon déballait ses cadeaux avec gourmandise. Sa maman en avait fini avec toutes ses souffrances. Elle s'était éteinte, de façon plutôt paisible finalement, un léger sourire sur le visage.

Il avait pris sur lui du mieux possible, avait tenté de lui expliquer les choses, sans doute maladroitement. On ne parle pas de la mort à une si petite fille. C'est ce qu'il pensait. Peut-être aurait-il du. Trouver les mots. Mais il ne l'avait pas fait.

Et pendant ce temps, Manon s'était fait son film. Et ses camarades avaient fait le reste, sans doute sans arrière pensée. Mais c'était ainsi. Et loin d'avoir pu faire le deuil de sa maman, elle s'était persuadée qu'elle avait été enlevée, quelque part, et que viendrait nécessairement le jour où il faudrait bien la lui rendre. sauf que ce jour ne viendrait jamais, forcément.

Il souleva son enfant et la serra fort contre lui, ses larmes se mêlant bientôt aux siennes. Il était tellement désolé. Comment le lui dire ? Comment trouver les mots ?

Du coup, la journée fût un peu bizarre. La petite Manon finit par déballer ses cadeaux et son père dut faire preuve de beaucoup d'ingéniosité pour qu'elle prenne enfin du plaisir à jouer avec ses nouvelles poupées. L'enfant ne put se départir de sa tristesse de toute la journée mais elle était quand même contente d'être avec son père et de partager ces quelques moments rares d'intimité. Il travaillait tout le temps. Mais il avait pris quelques jours pour être avec elle. Il fallait en profiter et ne pas bouder son plaisir. Mais parfois, son regard s'assombrissait et elle n'y pouvait rien. Surtout quand elle se rappelait qu'elle jouait avec les cadeaux du père Noël, celui qui avait enlevé sa maman. Et qui ne la lui avait jamais rendue. Quant au père, il savait qu'il devrait avoir une grande discussion avec sa fille. Il s'y préparait d'ailleurs.

Au jour succéda donc fort logiquement la nuit. Manon avait retrouvé son lit et dormait paisiblement, une de ses nouvelles amies serrée tout contre elle. Une lumière chaude baigna soudain son visage et l'enfant ouvrit péniblement ses petits yeux encore fatigués d'avoir tant pleuré. Elle poussa un cri en voyant le père Noël qui se tenait assis tout près d'elle, sur le bord de son lit, son visage barbu illuminé par la clarté du photophore en forme de bonhomme de neige.
-Bonsoir, ma grande, il faut que nous parlions, ne crois-tu pas ? commença son père qui faisait de gros efforts pour prendre une voix aussi grave que possible. J'étais dans mon atelier, au Pôle Nord, quand on m'a dit que je devais redescendre parce que tu avais un gros chagrin.
Manon regarda le père Noël et ne savait pas quoi dire. Il faut dire qu'il était beau avec son grand manteau rouge et sa longue barbe blanche. Il avait de petites lunettes rondes et une grosse capuche qui lui tombait sur le front, si bien qu'on ne voyait pas vraiment son visage. Elle trouvait juste qu'il parlait un peu fort, et ça, ça ne l'arrangeait pas parce que papa dormait dans la pièce à côté et qu'il allait forcément fnir par se réveiller.
-Chuut ! Moins de bruit papa Noël ! Mon papa est juste à côté !
-Ne t'inquiète pas, mon enfant, il ne peut pas nous entendre car je n'existe que pour les enfants. Les grandes personnes ne peuvent ni m'entendre, ni me voir. Dis-moi, ma puce, est-ce que ça te dirait que je te parle un peu de ta maman ?

Manon écarquilla les yeux. Etrangement, elle ne ressentait plus cette colère qui l'avait étreinte tant de fois depuis un an, probablement parce qu'elle était très intimidée. Ce n'est pas tous les jours que l'on peut rencontrer et parler avec le père Noël. Surtout quand il vient de si loin pour ne voir que vous. Mais bien-sûr qu'elle voulait qu'il lui parle de sa mère. Evidemment.
-Je voudrais que tu me la ramènes, surtout, murmura la petite qui sentait à nouveau les larmes lui monter aux yeux.
Le père Noël prit le visage de l'enfant dans ses mains gantées de blanc et plongea son regard dans le sien.
-Ta maman n'a pas été enlevée. Elle est simplement partie rejoindre les étoiles dans le ciel parce qu'elle était très malade. Tu sais, elle n'était pas très heureuse dans cet hôpital et ça lui faisait de la peine que tu la vois comme ça, toujours couchée, toujours fatiguée. Est-ce que tu comprends ça ?
La voix du père Noël s'était faite plus douce. Il semblait à Manon qu'elle comprenait, oui, à peu près. On lui avait déjà parlé de ces personnes qui vont dans les étoiles. Il lui semblait même que papy y vivait depuis quelques années déjà.
-Quand les gens sont trop malades, on ne peut plus les soigner et ça les rend malheureux, tu comprends ? Alors ce sont eux qui s'en vont, pour ne pas nous faire de peine. Et à chaque fois qu'une personne s'en va, une nouvelle étoile apparaît. Et ta maman est quelque part, là-haut, dans le ciel. Mais je n'ai rien à voir là-dedans, ma petite Manon.

Manon renifla. Elle buvait les paroles du vieil homme et ne pouvait détacher son regard du sien. Elle essuya ses larmes, renifla encore puis lui sourit. Sa maman était juste partie ailleurs, dans un monde où elle aurait moins mal. Personne ne l'avait enlevée. Personne ne lui avait voulu du mal. Ça ne la ferait peut-être pas revenir de sitôt mais elle était bien contente de savoir sa maman en sécurité quelque part.

Papa "père Noël" dut sentir les interrogations de sa fille car au même moment, il se leva et dit :
-Debout, ma puce, et mets ta robe de chambre et tes chaussons, je vais te montrer quelque chose.
Alors, il tira les rideaux et ouvrit la fenêtre. Le froid s'engouffra aussitôt dans la pièce chaude. Le ciel était clair et parsemé d'étoiles. Le père Noël prit l'enfant dans ses bras et pointa la nuit de l'index.
-Tu vois toutes ces étoiles ? Quand le ciel est dégagé comme ce soir, on peut toutes les apercevoir. Et bien, ta maman est quelque part parmi elles. Bon, ne me demande pas où exactement, je serais bien incapable de te dire avec certitude, mais je peux te dire qu'elle est là et qu'elle te voit. Je pense qu'elle doit se trouver dans une de ces étoiles qui brillent un peu plus que les autres, tu vois ?
Manon était émerveillée. Le ciel était lumineux et magnifique. Et sa maman était là, autour d'elle. Quelque part.
-Maintenant que tu es assez grande pour comprendre, continua le père Noël, il ne te faudra pas t'affoler si tu ne la vois pas tous les soirs. Parfois, elle sera derrière un nuage et tu ne pourras pas la voir. Mais elle, si, et toujours elle veillera sur toi. Maman fera toujours en sorte que tu ailles bien, tu comprends ? Mais tu ne la verras plus jamais comme avant. Désormais, elle restera toujours une étoile.

Manon ne répondit pas. Elle ne pouvait détacher son regard du spectacle qui s'offrait à elle. Elle était si heureuse d'avoir retrouvé sa maman et de savoir qu'elle allait bien dans son nouveau chez-soi. L'enfant souriait. Un vrai sourire, franc et lumineux.

Ils restèrent un long moment comme ça, à observer la nuit et ses étoiles. Puis Manon se mit à grelotter et le père Noël la déposa à terre. Il referma volet, fenêtre et rideau tandis que Manon quittait ses pantoufles et sa robe de chambre pour retrouver la chaleur de sa couverture. Le père Noël se rassit quelques instants.
-Je vais devoir y aller ma puce. C'est que je ne suis pas d'ici, moi, et j'en ai de la route à faire pour rentrer chez moi ! Tu te sens mieux ?
-Oh oui alors, s'écria l'enfant, et elle enserra son ami de ses deux bras, déposant un "baiser qui claque" sur sa joue. Merci papa Noël d'être venu me voir, merci, merci !
-Et attention jeune fille, dit le père Noël en faisant mine de prendre un air plus sévère, c'est un secret entre toi et moi ! Personne ne doit savoir que je suis venu te voir sinon tous les enfants voudraient me rencontrer et je n'aurais plus le temps pour livrer mes paquets.
-Et mon papa ? Je ne peux rien lui dire non plus ? J'ai bien vu qu'il était triste aujourd'hui...
Grmmmff, grommela le père Noël. Et bien, soit ! Mais juste vous deux, hein ! Et tu lui dis bien de garder le secret !
-Promis papa Noël, s'écria Manon, tout sourire, avant de mettre la main devant sa bouche comme si elle avait fait une bêtise.
-Pas de panique, je te rappelle que les grandes personnes ne peuvent pas nous entendre. Bon, je vais devoir y aller maintenant si je veux être rentré avant le lever du jour. Et surtout reste cette petite fille bien sage ! Joyeux Noël, mon enfant !
Joyeux Noël, répéta l'enfant, un peu triste de voir s'en aller son nouvel ami mais tellement heureuse de tout ce qu'elle avait appris cette nuit. Ils s'embrassèrent une nouvelle fois puis le père Noël souffla sur la flamme du photophore. Il se glissa sans bruit hors de la pièce et Manon se retrouva dans le noir de sa chambre. Elle souriait dans l'obscurité. Elle avait vécu son plus beau Noël. C'est donc sans effort et avec un visage apaisé qu'elle sombra dans un sommeil profond et réparateur, sa poupée toujours serrée contre elle. Sa dernière pensée fut pour sa mère, pas telle qu'elle l'avait toujours connue, non, celle qui avait la forme d'une étoile et scintillait de mille feux.


(Joyeux Noël à tous, avec un peu d'avance ! )


jeudi 16 décembre 2010

Coup de coeur BD : Magasin Général


Un coup de coeur qui ne date pas d'hier puisque la série en est actuellement à son 6e tome (sur 8 a priori). Une série originale écrite et dessinée à quatre mains par Régis Loisel (Peter Pan) et Jean-Louis Tripp et rehaussée par les superbes couleurs de François Lapierre.


Le premier tome est sorti en mars 2006 et le sixième en novembre 2010. C'est peu dire que leurs auteurs n'ont pas chômé ! Et pourtant, loin de bâcler leur bébé, les auteurs en ont fait quelque chose de magnifique, chaque planche regorgeant de détails. Comme quoi, on peut travailler vite et bien même si Loisel a récemment admis qu'il avait quand même hâte de passer à un autre projet, celui-ci accaparant tout son temps.

L'action se passe dans le Québec rural des années 20, dans la petite paroisse de Notre Dame des Lacs. Une jeune veuve, Marie, y tient le Magasin général, sorte de gigantesque fourre-tout dont elle a hérité à la mort de son époux. Mais lorsqu'elle fait la connaissance de Serge, un français passionné de cuisine ayant servi en France pendant la Grande Guerre et qu'elle finit par l'héberger, les mauvaises langues vont peu à peu se délier...



Dès lors, on va suivre les pérégrinations de tout un petit monde ancré dans une paysannerie conservatrice mais amenée à évoluer. C'est véritablement une petite chronique campagnarde qui nous est proposée ici, sur un rythme d'ailleurs assez lent. On prend le temps, on admire les paysages, on se délecte des situations des plus cocasses aux plus dramatiques.

Pour que l'immersion soit encore plus authentique, les auteurs ont confié le soin à Jimmy Beaulieu de traduire les dialogues en français québécois. Alors évidemment, au départ, on s'y reprend à deux fois mais ensuite, on est en terrain connu. Et ça fonctionne admirablement. Le tout glisse parfaitement, on se laisse porter par cette chronique douce amère qui dévoile progressivement tous ses secrets. Les personnages sont touchants et extrêmement bien campés.


Difficile de ne pas insister une nouvelle fois sur la qualité du dessin. Que c'est beau ! La belle nature du Québec est vraiment sublimée par ces deux auteurs talentueux, trois si on compte le coloriste qui fait un travail magnifique. Un bien bel hommage au Québec et à un pan de l'histoire des belles provinces de ce pays. Autant dire, vous l'aurez compris, que je vous recommande plus que chaudement la lecture (et l'acquisition) de ce monument de la BD. Un si beau voyage, ça ne se refuse pas...



mercredi 15 décembre 2010

En trompe l'oeil (11)


Elle savait pertinemment que tout ce qu'elle faisait était vain et désespéré. Elle ne pourrait pas sortir. Et avec le boucan qui régnait dehors, personne ne l'entendrait jamais. Les machines étaient à pied d'oeuvre et bientôt il ne resterait que des ruines de l’entrepôt désaffecté dans lequel elle se trouvait.

Pourtant elle gratterait tant qu'il lui resterait un souffle de vie. A en avoir les doigts pleins de sang. Et elle hurlerait jusqu'à s'en briser les cordes vocales. Elle hurlerait sans relâche. Sans espoir.

L'homme qui l'avait enfermée ici ne s'était pas manifesté depuis plusieurs jours. Savait-il pour les engins de destruction ? Ou lui était-il arrivé quelque chose ? En tout cas, être libre de ses mouvements ne lui avait été d'aucun secours. L'homme n'avait jamais essayé de la ligoter d'ailleurs. Il l'avait simplement jetée dans cette grande pièce et avait refermé le lourd battant métallique et donné un tour de clé.

Une fois parti, elle avait d'abord hurlé, persuadée que quelqu'un finirait par l'entendre. Elle ne pouvait pas savoir que l'entrepôt se trouvait dans une zone complètement isolée, sans âme qui vive à plusieurs kilomètres à la ronde. Elle avait bien évidemment tenté de s'échapper mais il n'y avait pas de fenêtres. Seuls quelques trous grossiers laissaient filtrer la lumière mais elle aurait bien été incapable de s'y faufiler. Elle y aurait d'ailleurs laissé la vie à s'y risquer car elle avait estimé se trouver à plusieurs mètres au dessus du sol.

Les premiers jours, l'homme venait régulièrement. Il ne parlait jamais, se contentant de lui apporter un peu de nourriture, et plus rarement quelques vêtements. Elle avait beau lui parler, crier même, il restait de marbre. Une fois, elle avait tenté de l'agresser mais il l'avait repoussée avec une désarmante facilité, le visage fermé comme à son habitude et qui le rendait justement terrifiant à ses yeux.

Elle n'avait jamais pu en tirer quoi que ce soit. Pas le moindre mot. Il l'avait attendue, un soir où elle rentrait de la fac. Avant qu'elle ait pu réagir, elle se trouvait déjà bâillonnée à l'arrière d'un grand van noir. Ils avaient roulé, longtemps avait-elle estimé. Deux ou trois heures. Jusqu'à cet entrepôt. Sa dernière demeure, pensa t-elle alors que les engins de terrassement oeuvraient de plus belle.

Elle allait mourir. Sans savoir pourquoi. Seule. Ensevelie sous des tonnes de gravats et de poussière. Avalée par les machines qui rugissaient au dehors. Mais elle gratterait encore et encore. Elle agrandirait ce trou qui ne la mènerait nulle part. Mais elle continuerait. Pour vivre. Pour ne pas se voir morte.

Enfin, elle se laissa glisser sur le sol, la tête enfouie entre ses mains. Autour d'elle, les fondations commençaient à trembler, les murs se fissuraient tandis qu'elle hurlait pour la énième fois. Le vacarme était assourdissant et semblait ne jamais cesser de s'amplifier. C'était la fin. Tout allait s'écrouler. Les murs comme sa vie. La vie qui s'écoulait de son corps.

Elle resta étendue là, résignée, vidée, les yeux gonflés d'avoir trop pleuré, la bouche asséchée d'avoir trop crié. Avant de mourir, elle aurait juste voulu comprendre. Elle n'en voulait pas davantage, trop lasse qu'elle était pour lutter. Juste comprendre pourquoi sa vie avait basculé en une fraction de secondes. Elle, la fille sans histoire qui rentre de la fac comme tous les soirs... et qui se retrouve enlevée puis séquestrée sans raison apparente. Un ravisseur silencieux, froid qui disparaît pour finalement ne plus revenir.

Personne n'entendit son dernier cri, presque étouffé, lorsque le sol se déroba sous elle, ni le bruit sec de son corps s'affaissant sur le sol du rez-de-chaussée quelques mètres plus bas. Personne ne vit les blocs de béton tomber sur son corps désarticulé et l'engloutir en quelques secondes dans un fracas de bruit et de poussière.

L'entrepôt n'était plus que ruines. Bien plus tard, la police retrouverait deux corps. Celui de la fille et celui de son ravisseur, abattu d'une balle dans la tête et enfermé dans une autre pièce à l'étage supérieur. Un homme de main pourtant rodé à ce type de mission mais qui aura eu la malchance de se tromper de cible. Un impair que ses employeurs n'étaient pas disposés à laisser passer. Tolérance zéro. Le tueur ne devait pas en réchapper, la fille non plus. Quant aux commanditaires, peu importe. Ils ne seraient pas inquiétés de toute façon. Impossible de remonter jusqu'à eux. Jusqu'aux arcanes du pouvoir. En toute impunité.

L'histoire d'une fille sans histoire. Jusqu'au moment où...


Visions d'horreurs


Si j'étais un tant soit peu intelligent, je n'écrirais pas ce sujet. Je laisserais couler, comme on dit. D'autant que tout ceci n'est pas très important finalement. Malheureusement, je ne dois pas être si intelligent que cela. Et en plus, j'ai la fâcheuse tendance à vouloir que tout soit bien clair, dire les choses et me faire comprendre. Oui, me faire comprendre pour ne pas laisser de fausses impressions ou de fausses idées. Bref, je n'aurais aucune raison de me justifier mais j'en ressens le besoin.

Ce qui me chiffonne aujourd'hui date d'il y a une quinzaine de jours, sur un blog pas franchement ami mais un blog sur lequel, et je ne m'en suis jamais caché, j'aime à me rendre assez régulièrement parce que l'on y trouve de belles choses et parfois de jolis mots et autres belles images.

Le problème est que, alors que tout pourrait être pour le mieux dans le meilleur des mondes, il faut toujours que l'auteur de ce blog dérape, avec plus ou moins d'élégance. Et comme il sait que je viens lire sur son espace, il ne s'en prive pas.

Comme à chaque fois, avant toute chose, il se pose en victime (tout le monde me hait mais je ne hais personne, amen !), oubliant que les rares fois où je l'ai rembarré sur mon blog, c'était en réponse à des agressions de sa part sur le sien. Parce qu'il ne faudrait pas inverser les rôles...

Je l'ai déjà dit, ces dérapages sont dommageables parce qu'à côté de ces quelques écarts, son blog est admirablement bien fait et varié. On y a évidemment ses préférences mais il y a quand même matière à contenter le plus grand monde. Et puis il y a cette qualité d'écriture. Je crois que l'on peut être agacé par certains traits de caractère d'une personne et lui reconnaître des qualités. Personne n'est tout blanc ou tout noir et je suis de toute façon pour l'apaisement, bien plus qu'il ne pourrait le croire d'ailleurs. Mais faut dire que, comme tout un chacun, je vieillis. En mal, en bien, qui pourrait le dire...

Il paraît donc que j'aurais écrit, je cite, "des horreurs sur ma mère" qui auraient profondément attristé ce monsieur, au même titre que les "horreurs" que j'aurais balancées sur lui (mais toujours en réponse à ses propres agressions, je me dois de le rappeler !).

Que ce monsieur vienne sur ce blog et lise à loisir, je n'y vois aucun inconvénient. C'est un endroit aussi libre que puisse être le sien. En plus, tellement d'eau a coulé sous les ponts depuis nos divergences et nos rancoeurs d'antan que je suis personnellement passé à autre chose. Que ce même individu ait un avis et l'offre en partage ne me gêne pas davantage. Cela prouve simplement que mes écrits renvoient à quelque chose et que, de quelque façon que ce soit, ils touchent les gens.

Mais quand mes propos sont dénaturés, volontairement ou pas d'ailleurs puisqu'il s'agit de ressentis, je me dois d'apporter des précisions. Soyons clair : rien ne m'a fondamentalement dérangé dans les propos de ce monsieur sur son blog, il y a même des choses qui se tiennent et que je peux parfaitement entendre. Il y a même une certaine finesse dans l'analyse. Notamment lorsqu'il dit que mes propos ne sont que souffrance. Evidemment qu'il y a de la souffrance. Je ne crache pas les mots par plaisir mais parce que j'ai besoin qu'ils sortent. Besoin que l'on m'entende. Que l'on me comprenne à défaut de m'approuver. Je souffre d'un déficit d'amour et surtout, surtout, de reconnaissance. Alors oui, il y a de la souffrance, un sentiment de non-appartenance, de rejet qui m'a poursuivi une bonne partie de mon enfance et qui ne s'est jamais départi ensuite.

Mais là où je suis triste, c'est par l'emploi du mot "horreurs". Ce seul mot m'aura plus attristé que le message du blog en soi. Un message pas dénué d'une certaine sagesse, notamment lorsqu'il y est dit qu'on ne doit pas laisser le passé tuer le présent et l'avenir. On y lit d'ailleurs deux ou trois autres choses dans cette veine qui tombent sous le sens et auxquelles j'adhère complètement.

Mais je ne cautionne pas l'emploi de ce mot "horreurs". Du coup, je me demande si j'ai été bien lu ou juste en surface. Je n'ai pas l'impression d'avoir dit des horreurs, juste de m'être finalement mis à nu, peut-être un peu trop d'ailleurs. Or, s'il m'est arrivé d'être en désaccord avec ce monsieur, j'aurais plutôt cru qu'il m'aurait compris sur ce point précis. Je ne dis pas approuvé. Mais compris, oui, je l'aurais pensé. Parce que nous avons tous nos fêlures d'enfance, nos blessures qui ne font pas de nous des gens qui détiennent la vérité mais des gens qui souffrent ou ont souffert. Il suffit juste de lire un peu entre les lignes.

Bref, parce que je ressens le besoin de me justifier, parce que j'ai besoin que les choses soient claires, que les mots soient bien choisis, je précise donc que tout ce que j'ai dit sur ma mère ne saurait être assimilé à des "horreurs". Mais je suis fatigué d'envoyer des signaux à une femme qui ne les voit pas, à remuer les bras dans le brouillard, à faire des choses qu'elle ne verra jamais tant il y a un tel effet de transparence entre nous.

Après, je suis comme tout le monde. J'essaie d'avancer. Je ne suis pas enclin au pardon, je suis ainsi fait. Je ne dit pas que c'est un bien ou un mal. C'est un fait, point. J'ai la rancune tenace, et plus je lance des bouées qui se perdent, moins je suis enclin au pardon. Pardon de ne pas tendre l'autre joue. Mais j'essaie d'avancer. J'écoute ce qui se dit autour de moi. Les prières des gens qui comptent pour moi et qui souffrent au moins autant que ma petite personne. Ces gens qui comptent tellement et qui auront rendu possible une réconciliation que je n'aurais jamais envisagée, ni même voulue. Réconciliation toute relative, les sentiments s'étant dilués depuis bien trop longtemps...

Je ne suis pas parfait, je suis même bourré de défauts. Et paradoxalement, je m'aime bien davantage qu'à une époque. Alors oui, je dis les choses telles que je les ressens, sans fard ni artifice, et pas forcément telles qu'on voudrait les entendre.

Mais je ne dis pas d'horreurs, non monsieur. Ou alors c'est que vous avez mal lu.

lundi 13 décembre 2010

Salvatore Adamo, poète rêveur...


J'ai déjà évoqué plus ou moins brièvement Salvatore Adamo (notamment ici mais ça date...). Il nous revient avec un superbe album, De toi à moi, composé de 14 titres inédits dont 5 duos.

Si l'album Zanzibar était clairement axé sur une certaine révolte du monde qui nous entoure, tout en laissant leur place aux chansons dites d'amour, le précédent La part de l'ange avait amorcé un virage plus romantique. Sur celui-ci, le doute n'est même pas permis. Quatorze titres pleins d'émotions, d'amour et de rêves. Et si l'album est vraiment de très bonne facture dans sa globalité, difficile de ne pas recommander plus particulièrement la deuxième chanson de l'album, Pourquoi tu chantes, en duo avec la soprano belge Anne-Catherine Gillet, qui est de toute beauté. Un vrai coup de coeur, et même au delà, qui donne des frissons à chaque écoute.

Côté duos, après l'album Des gens biens qui comportait une petite vingtaine de reprises du répertoire d'Adamo pour un résultat très probant, Salvatore remet donc le couvert. Hormis Anne-Catherine Gillet, il s'est entouré de Christophe (qui aurait du au départ participer à l'album Des gens biens avant de devoir renoncer pour un problème d'emploi du temps), de Chantal Lauby (admiratrice de la première heure de Adamo auquel elle avait d'ailleurs dédié son film Mes mains sur tes hanches dans lequel le chanteur faisait d'ailleurs une apparition), de sa fille Amélie (sublime T'aimer quelque part) et enfin du rappeur Oxmo Puccino (duo qui ouvre l'album et qui est de très bonne tenue même si j'étais circonspect au début).

Pour le reste, c'est du tout bon si on aime le chanteur italo belge. Adamo a toujours un réel talent de mélodiste, je dirais même qu'il se bonifie comme le bon vin. D'ailleurs, pour voir qu'il signe toutes les paroles et musiques comme à son habitude, il arrive toujours à faire preuve d'une maîtrise assez bluffante quand il s'agit de faire passer des émotions. A l'instar d'un William Sheller (auquel je pourrais consacrer un billet, il faudra que j'y songe tant j'apprécie cet artiste), il a la capacité de m'apaiser et surtout de me mettre des images dans la tête. J'aime sa poésie, sa manière d'inviter au rêve, au voyage, de poser les mots qu'il faut sur des émotions, tout en sobriété, avec de belles musiques qui enveloppent le tout.

Avec du recul, Salvatore Adamo entretient une part de mystère. Nous n'étions pas vraiment faits pour nous "rencontrer". De lui, je ne connaissais que les "tubes", ceux qui repassent en boucle sur les fréquences des radios dites "de chansons françaises". Rien d'autre. Moi, musicalement, j'alternais le pire (les années Top 50, la variété "de consommation") et les belles découvertes (Alain Bashung dans son ensemble mais surtout les 20 dernières années, depuis l'album Osez Joséphine).

Mes goûts ont aussi évolué. Etudiant, j'écoutais pas mal de musique anglo-saxonne puis je m'en suis lassé, certainement parce que je souffrais de ne pas avoir le niveau en anglais pour en comprendre les paroles (Je me doute bien que ce devait être préférable pour certains titres). Alors je me suis concentré sur la chanson française : Bashung donc, Robert Charlebois dont j'aimais l'authenticité et le dépaysement lié aux grands espaces du Québec (et les bières !), William Sheller, Alain Souchon, Nicolas Peyrac (beau concert à l'Européen et belle rencontre à Bergerac autour d'un verre de Monbazillac)... et donc Salvatore Adamo que j'ai en fait véritablement découvert lors de la sortie de l'album Zanzibar. La chanson extraite s'appelait J'te lâche plus, ce n'était pas forcément sa meilleure d'ailleurs mais elle m'est restée en tête. Alors j'ai acheté l'album. Puis le suivant. Puis le live au Cirque Royal de Bruxelles. Puis l'album de duos qui était aussi un moyen de revisiter les standards de ce grand monsieur. Jusqu'à ce dernier album, sorti le 29 novembre dernier et que je vous recommande donc chaudement.

Salvatore Adamo, De toi à moi, 14 titres à savourer, disponible un peu partout et en écoute gratuite sur Deezer. Avec une vraie pépite : Pourquoi tu chantes ? Et une curiosité qui referme l'album : Alice. Un hommage à peine voilé au grand Georges (et pas Clooney cette fois !)

Pourquoi tu chantes ?

Pourquoi tu chantes
Pourquoi tu chantes
Tous mes navires sont à toi
Disait d'une voix suppliante
L'armateur à la diva

Pourquoi tu chantes
Pourquoi tu chantes
Ô ma divine Maria
Tous les matins je réinvente
Les couleurs du temps pour toi

Pourquoi je chante ?
Pourquoi je chante?
En vérité je ne sais pas
C'est comme un rêve qui me hante
Plus fort que toi, plus fort que moi

Tu peux m'offrir tout l'or du monde
Tous tes palais, ton armada
Que veux-tu que je te réponde?
Pourquoi je chante, oui pourquoi?

Si tu demandes à l’oiseau
Pourquoi il vole
Il poursuivra au plus haut
Sa course folle
Plus haut que les orages et la tourmente
Il vole, il vole libre et moi
Je chante, je chante, je chante

Pourquoi tu chantes, pourquoi tu chantes
Qui sont ces gens autour de toi
A qui tu donnes frémissante
Ton âme, et le meilleur de toi

Reste avec moi, sois plus aimante
Hier encore j'étais ton roi
Tu es cruelle indifférente
Tu chantes et je n'existe pas


C'est vrai je chante autour du monde
Tu m'aimes et tu ne comprends pas
Tu me questionnes et tu me sondes
Tu doutes. Suis-je encore à toi?

Tu voudrais que je me morfonde
Que je m'éteigne auprès de toi
Que je sois juste douce et féconde
Et dans ton ombre, et dans ta loi.

Je suis à toi, je suis ta femme
De tout mon cœur de tout mon corps
Mais laisse-moi au moins mon âme
Je t'aimerai plus fort encore.

Si tu demandes à l’oiseau
Pourquoi il vole
Il poursuivra au plus haut
Sa course folle
Plus haut que les orages et la tourmente
Il vole, il vole libre et moi
Je chante, je chante
Je chante


dimanche 12 décembre 2010

Noël dans la maison...


Certaines années, on n'est pas vraiment enthousiaste à l'idée de faire le sapin. D'ailleurs, l'an dernier, nous nous étions abstenus puisque nous avions encore Lucky et que j'étais déjà trop occupé à préserver mes figurines et autres trésors des moments de folie du chat.



Mais cette année, nous avons mis les petits plats dans les grands et on a décidé de se faire plaisir, bien que nous ne passerons pas Noël à la maison. On a hésité entre un sapin véritable et un synthétique. Finalement, on a pris un petit sapin planté dans son pot et qu'il sera donc possible de replanter dans le jardin, si le coeur nous en dit, et selon la tête qu'il aura à la fin des fêtes puisqu'il devrait tout de même perdre bon nombre d'épines du fait de la chaleur qui règne dans le salon.



On a aussi fait le plein de bidules indispensables : guirlandes électriques, décorations, figurines de Noël, photophores... Bref, on a renouvelé notre stock qui était un peu vieillot et surtout, une fois n'est pas coutume, nous avons décoré la pièce à deux. En général, je laissais Nath s'en charger et je râlais après.


Bref, ce fut un bon moment, reposant et paisible. Tout comme le reste du week-end où nous avons multiplié les marchés de Noël des alentours : Carsac-Aillac, Sarlat, Souillac et Calviac en Périgord sous un temps frais mais très ensoleillé. J'ai même fait une entorse à mon régime en dégustant un kebab (Je n'en mange pas souvent mais heureusement parce que j'adore ça). Si je rajoute à cet écart les lasagnes de ma mère hier, je crois que les choux de Bruxelles de ce soir vont être salutaires.



Bref, un bien joli week-end à partager avec ma douce, tranquille, à notre rythme, à arpenter les rues, à observer les stands. Avec de belles trouvailles parfois et des stands franchement anodins aussi. Du monde dans les rues. Noël est déjà là...


Du coup, ça valait bien quelques photos. Et si je n'ai pas eu à coeur d'immortaliser nos virées extérieures (je préférais mes gants à mon appareil), je ne peux m'empêcher de partager ces quelques clichés de notre petit intérieur redécoré.


Week-end pépère, quoi ! J'aime ! ! !


jeudi 9 décembre 2010

Zoom série : Prison Break


Prison Break est une série que j'ai regardée très tardivement. Il faut dire qu'on en a énormément parlé, en des termes souvent dithyrambiques au départ puis catastrophiques au fur et à mesure de sa diffusion.

J'ai avalé les 81 épisodes en trois semaines, allant jusqu'à 8 par jour. Globalement, je n'ai pas été déçu, même s'il y a des saisons meilleures que d'autres, avec son lots d'invraisemblances et de quelques (rares heureusement) erreurs de castings. Pour le reste, je ne me suis pas ennuyé et le naufrage annoncé n'a, de mon point de vue, pas eu lieu. Surtout, le final est à la hauteur des attentes... ou presque, j'y reviendrai. Attention, si vous n'avez pas vu la série et que vous comptez y remédier, ce billet dévoile certains pans du scénario et notamment la fin du show.

Michael Scofield décide de faire évader son frère Lincoln Burrows, victime d'un complot jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir, de la prison sous très haute sécurité de Fox River. Pour se faire, il braque une banque afin de se faire lui même enfermer, non sans s'être auparavant fait tatouer les plans de la prison sur l'ensemble du corps. Dès lors, son temps est compté car l'heure H de l'exécution de son frère approche à grands pas.






A partir de ce point de départ, le créateur Paul Scheuring livre une première saison explosive où la tension est palpable. Il faut dire que la prison n'est guère fréquentable et que le danger est partout. Le plus barge des détenus s'appelle T-Bag, sorte d'électron libre halluciné, extraordinairement campé par Robert Knepper (photo 2). Rien que pour lui, la série vaudrait le coup, même si le casting est de toute façon globalement de très haute tenue. T-Bag est un fou sanguinaire, tueur, violeur et j'en passe et pourtant les scénaristes ont réussi à faire de ce personnage un méchant que l'on aime détester. Pourtant, je n'aurais jamais pensé qu'il serait présent pendant les 4 saisons du show. Il a tellement fait de coups bas, tellement retourné sa veste, s'est fait tellement d'ennemis qu'on s'attendait plutôt à le voir disparaître à tout moment. Est-ce que les scénaristes avaient prévu dès le départ d'en faire un personnage récurrent ou Robert Knepper s'est-il rendu "indispensable" par la folie de son jeu ? En tout cas, c'est pour moi un des incontournables de Prison Break. Et dans la famille des barges, on peut aussi évoquer le capitaine Bellick, joué par Wade Williams, chef des gardiens de la prison, à la fois terriblement corrompu mais également très soucieux de son autorité. Un bel enfoiré, quoi, du moins dans les deux premières saisons, puisqu'il se sacrifiera pour ses anciens ennemis dans l'ultime saison.

Le casting compte également deux rôles féminins récurrents : celui de Sara Tancredi (Sarah Wayne Callies, photo 3) et celui de Susan B Anthony (Jodi Lyn O'Keefe, photo 4). La première est médecin à la prison de Fox River. Très sensible au charme de Michael Scofield (Wentworth Miller), elle sera finalement la pièce maîtresse de son évasion. Un choix qui ne sera pas sans conséquence puisque son père sera tué par ceux qui sont à la base du complot visant Lincoln Burrows (Dominic Purcell, pas toujours très inspiré dans son jeu) et qu'elle sera elle-même séquestrée et torturée (Elle passera même pour morte, la tête coupée dans un carton, avant que les scénaristes n’opèrent une pirouette abracadabrante et donc forcément décevante).
Je dois quand même avouer, en aparté et en tout bien tout honneur, que je n'ai pas été insensible au charme de son interprète Sarah Wayne Callies, superbe actrice et qu'il m'a bien fallu un ou deux épisodes pour m'en remettre. C'est vraiment ça, j'étais sous le charme !

La seconde jouera la méchante de service dès la saison 3, sous les ordres direct du Général Jonathan Krantz qui est à la base du Cartel, sorte de consortium mystérieux et puissant à l'origine du complot visant Burrows et Scofield. Et là, dans le genre erreur de casting, ça passe difficilement. Heureusement, elle n'intervient que dans la saison 3 mais quand même... Si son jeu est moins outrancier dans la saison 4, c'est une catastrophe dans la 3. On n'y croit pas une seconde, on aurait presque envie d'en rire si la série ne se voulait pas dramatique. Tout la dessert, son jeu, les dialogues... Du coup, son mélange de beauté glacée et fatale ne fonctionne pas, je suis d'ailleurs resté de marbre même si je me suis finalement accommodé de sa présence lors de l'ultime saison.





Pour le reste, Prison Break ne fonctionne idéalement que dans sa première saison, celle qui se déroule en plein univers carcéral. Il y a certes des longueurs (22 épisodes pour une évasion, c'est long...) mais les scénaristes connaissent leur boulot. Suffisamment de tensions, de rebondissements et un milieu carcéral froid et hostile de bout en bout.

La saison 2 est donc celle des fugitifs, traqués inlassablement par un personnage incroyablement zélé, Alexander Mahone (génial William Fichtner) dont la chasse à l'homme qu'il a entreprise tourne à l'obsession. Il faut dire que sa dépendance à certaines substances n'arrange rien. Son personnage est évidemment obscur et ses motivations pas toujours très claires. Cette saison est prenante mais s'apparente surtout à une réduction en bonne et due forme de son casting qui fond comme peu de chagrin. Des huit évadés, trois passeront plutôt rapidement à la trappe. Et le fait que la plupart aille chacun de son côté crée certes des situations variées mais pas toujours pertinentes ni forcément intéressantes. Mais elles révèlent parfois des fêlures du passé, comme chez T-Bag (Robert Knepper) qui finira par laisser sains et saufs une mère et son fils, enrayant ainsi la machine à tuer qu'il était devenu (même s'il reprendra vite ses marques dans les saisons suivantes, à croire que tuer c'est comme le vélo, apparemment, ça ne s'oublie pas).

La saison 3 est la plus faible... et la plus courte ! 13 épisodes au lieu de 22. La faute à la grève des scénaristes en 2007 qui aura compromis bon nombre de séries cette année-là. Saisons tronquées, voire annulées comme pour 24 heures chrono qui, de par son format, avait besoin de ses 24 épisodes. Cette fois, Scofield et la bande se retrouvent à l'intérieur d'une prison hostile à Panama, une prison tellement ingérable que ce sont les détenus qui y font la loi et qu'il n'y a pas de gardiens dans son enceinte. Pas question de s'y évader pour autant. Les scénaristes ont une nouvelle fois suffisamment de métier pour que l'on ne s'ennuie pas mais cette saison ne se justifiait pas vraiment pour autant. Bref, l'intérêt s'essouffle et l'histoire du complot aussi.

La saison 4 permet à Prison Break de reprendre des couleurs. On y apprend surtout que le héros Michael Scofield souffre d'un mal incurable et qu'il est condamné. On entrevoit un espoir de guérison lorsqu'il passe entre les mains des équipes médicales du mystérieux Cartel (d'autant plus que sa maladie n'est plus évoquée par la suite) mais pour une fois, les scénaristes iront au bout de leur raisonnement en le faisant finalement disparaître, lors de l'épisode 22 de la saison 4 que je considère personnellement comme le dernier de la série. Le Cartel est démantelé, tout le monde a plus ou moins retrouvé sa liberté et on voit ensuite ce que sont devenus tous les personnages quatre ans plus tard... jusqu'à Michael Scofield dont on découvre la pierre tombale. Une très belle fin, d'autant que personnellement je ne m'y attendais pas puisque j'avais oublié jusqu'à sa maladie.


Du coup, j'ai fait grise mine en découvrant qu'il restait un téléfilm (épisodes doubles 23 et 24). Un téléfilm inutile pour moi et qui n'apporte rien, alourdissant vainement la conclusion presque poétique de l'épisode précédent. Dans cet épisode, qui s'intercale donc entre la chute du Cartel et la mort de Scofield, on apprend donc que ce dernier a du se livrer à une ultime évasion pour libérer celle qui était devenue sa femme, Sara Tancredi, emprisonnée alors qu'elle est enceinte de leur enfant. Finalement, Scofield mènera à bien sa mission mais il devra se sacrifier pour cela, se sachant de toute façon condamné à très court terme par la maladie. Bref, il meurt malade mais électrocuté et non pas malade tout court. Je cherche encore l'intérêt d'un tel épisode, d'autant que la fin originelle tenait vraiment bien la route et que c'est suffisamment rare dans les productions séries US pour être souligné.

Malgré cet épisode de trop, quelques absurdités scénaristiques et une ou deux erreurs de casting (il faut dire que le reste est vraiment au diapason), Prison Break aura vraiment été une série que j'aurai pris plaisir à regarder, avec ce pincement au coeur lorsque tout s'arrête. Pendant trois semaines, je n'ai pour ainsi dire vécu qu'au rythme de Fox River et de ses détenus. Pour l'immersion, c'est idéal en tout cas. Bref, globalement, je recommande. Et puis il y a cet halluciné de Robert Knepper, vraiment à découvrir.

Et Sarah Wayne Callies aussi...








lundi 6 décembre 2010

C'est fonctionnel, au moins ?


Nous voilà repartis vers un nouveau Noël... Les années se suivent et se ressemblent puisque, invariablement, c'est chez belle-maman que nous devrions poser brièvement nos valises.

Chez belle-maman, nous y étions justement ce week-end. Elle nous a demandé, à moi et à Nath, ce que nous voudrions comme cadeaux, histoire qu'elle puisse s'y prendre assez tôt.

Je ne suis jamais très à l'aise lorsqu'on me pose ce type de question parce que si vraiment on me laisse le choix, je réponds "une petite enveloppe", vu que je ne sais jamais trop ce que je vais m'acheter, ni quand. Tout en sachant que ça viendra de toute façon bien assez tôt.

Le problème, c'est que belle-maman ne jure que par ce qui est fonctionnel. Or, mes passions ne sont guère fonctionnelles. Est-ce une raison pour ne pas les prendre au sérieux ? Ben oui, je le conçois, ma collectionnite n'a rien de fonctionnel. Mes BD pas davantage. Mes jeux, même constat... La seule fois où belle-maman était à mes côtés lorsque je reçus par la poste une figurine précautionneusement emballée, sa première réaction fut de me demander quand est-ce que j'allais la revendre. Snif...

Donc, ce week-end, elle nous a demandé ce que nous voudrions. Pour Nath, ce sera sûrement un nouveau sac à bazar. Et moi ? Je suis resté un poil silencieux, disant que je ne savais pas encore, que j'allais y réfléchir... et j'ai du embrayer sur autre chose, je pense.

Je sais qu'elle voudrait m'offrir, par exemple, un nouveau blouson, du fait notamment que mon traitement avait entraîné une prise de poids. J'ai démonté le raisonnement pièce par pièce : d'abord, mes blousons actuels sont déjà les plus grands qui existent, ensuite, j'ai perdu 8 kilos et mes blousons me vont bien, merci. Et enfin -et surtout-, je n'utilise presque jamais mes blousons, sauf en cas de pluie ou de froid très intense car j'ai tout le temps chaud. Pourtant, ce sont des blousons de mi-saison, pas des doudounes ou ce genre de truc polaire. Et bien, croyez-le ou pas, j'ai trouvé le moyen ce samedi, alors qu'il faisait -1° à Périgueux et que j'étais simplement vêtu d'une chemise à manches longues et de mon blouson qui tient pas chaud, de transpirer. Je suis arrivé presque en nage chez ma belle-soeur. Alors franchement, un nouveau blouson...

Cela dit, j'ai déjà eu des cadeaux fonctionnels : un rasoir électrique (Je ne pouvais pas faire autrement, je me coupais à chaque rasage tant l'autre était pourri), un dictaphone, une montre...
Mais en général, je n'ai pas de besoins de ce côté là...

Belle-maman fait donc un blocage sur tout ce qui n'est pas fonctionnel. Alors, je crois que je vais la laisser se débrouiller. Après tout, c'est l'intention qui compte. On verra bien ce qu'il y aura sous le sapin.

Une enveloppe, peut-être ?

vendredi 3 décembre 2010

Sympathique gymnote...





Vous connaissez le gymnote ? Moi pas, jusque là. Vous le constaterez en lisant les lignes qui suivent, c'est une bébête qui a tout pour plaire. Le gymnote a surtout un gros avantage. En attendant, je vous laisse vous cultiver un peu, c'est vrai quoi, c'est un blog sérieux et instructif ici ! Je ne sais pas si mes lecteurs repartiront plus intelligents d'ici, je n'ai pas cette prétention, mais plus cultivés peut-être. Allez, c'est parti, la leçon commence ! Soyez attentifs, messieurs-dames !

Couramment appelé anguille électrique, le gymnote (Electrophorus electricus) n'est pas une anguille mais un poisson électrique.

Cependant, il est vrai que l'apparence du gymnote est très proche de celle d'une anguille. Selon les auteurs, l'anguille électrique est classée dans la famille des Electrophoridae ou dans celle des Gymnoptidae.

Ce poisson, au profil reptilien, peut mesurer jusqu’à 2,50 m et peser jusqu’à 20 kg Son apparence est assez peu engageante avec son long corps longiligne et sa grande bouche légèrement aplatie.

C’est dans la partie postérieure du corps que se situent les organes électriques.

La couleur varie du gris au brunâtre et même noirâtre. La partie ventrale antérieure est jaunâtre.
Les Espagnols surnomment le gymnote « tremblador » en référence aux générateurs qui sont formés d’une masse gélatineuse tremblotante.
La peau épaisse est gluante. Elle sert de couche protectrice et protège également ce poisson de ses propres décharges électriques.

L’anguille électrique apprécie les fonds boueux des fleuves et parfois des marais. Ils peuvent survivre sans problème dans une eau peu oxygénée. L’espèce vit en Amérique du Sud, dans le bassin de l’Amazone ainsi que dans l’Orénoque.

Le gymnote remonte régulièrement à la surface pour respirer ; c’est ce qui lui permet de supporter des eaux très peu oxygénées.

L’anguille électrique a peu de prédateurs car une bonne décharge suffit en général à décourager les intrus.

Ce poisson dispose d’organes spécialement conçus pour produire un courant qui peut atteindre 800 volts.
Le développement de ces organes s’effectue rapidement après la naissance. La masse gélatineuse est séparée en plusieurs compartiments formés par de nombreuses parois fibreuses. Ces générateurs sont répartis sur les cinq sixièmes du corps par paire de part et d’autre de la colonne vertébrale. Ils représentent environ le tiers du poids total du poisson.
L’organe électrique contient environ 500 000 électroplaques, reliées à la moelle épinière et commandées par un centre situé dans le bulbe rachidien.
Quand le gymnote se repose, il est inoffensif. Par contre, dès qu’il bouge, les électroplaques entrent en action en émettant un courant électrique sous forme de décharges se répétant 150 fois par heure environ.

Une décharge peut tuer instantanément un poisson et il peut étourdir un grand mammifère. Un homme résiste à une forte décharge mais cela devient dangereux s’il en reçoit plusieurs.

Ce courant électrique sert au gymnote pour chasser ses proies. Il peut ainsi tuer les amphibiens et poissons qui constituent son menu.
En principe, le gymnote se contente d’étourdir sa proie avant de l’avaler en ouvrant grand la bouche.
Les juvéniles consomment surtout des crevettes et de petits invertébrés.

La décharge électrique sert également d’arme défensive. Enfin, on a constaté que ces poissons émettaient des décharges de faible voltage pour s’orienter.
Ces poissons n’ont pas une bonne vue. Ce sont des animaux nocturnes qui évoluent dans des eaux très boueuses.
La charge positive se situe près de la tête alors que la charge négative se situe à l’extrémité de la queue. En ondulant son long corps, l’animal a ainsi, grâce à cette polarité, une parfaite identification de son environnement et créé une sorte de champ électrique.

L’utilisation des organes électriques a été longuement étudiée par les chercheurs. Ces derniers ont établi qu’ils servaient au moment de la reproduction pour trouver un partenaire.

Ces poissons se reproduisent pendant la saison sèche. Le mâle construit un nid avec principalement des plantes aquatiques. Il défend farouchement ses œufs ainsi que les alevins.

On a comptabilisé jusqu’à 17 000 œufs dans un nid.

En liberté, la longévité du gymnote est inconnue. En captivité, le mâle vit entre 10 et 15 ans et la femelle entre 12 et 22 ans.

Economiquement parlant, l’anguille électrique n’a que peu de valeur. Elle est mangée par les populations locales mais avec précaution car une décharge électrique peut se produire jusqu’à 8 h après la mort de l’animal.
Si ce poisson n’a aucune valeur marchande, par contre il intéresse beaucoup les scientifiques et a été pendant longtemps un sujet d’étude.

Voilà pour la leçon. Et là, je devine la question qui pend à vos lèvres : quel est donc ce mystérieux avantage dont je vous parlais tout à l'heure, mmmh ? Et en quoi le gymnote est-il sympathique, comme précisé dans ce titre hautement mystérieux ? Eh bien, mes chers amis, je ne vous fais pas languir (l'anguille, arf ! arf !) plus longtemps. Accrochez vous, c'est puissant !

Le gymnote a l'extrême avantage, s'il est judicieusement placé, de pouvoir vous rapporter 212 points d'un coup au Scrabble ! Dans mon cas, ils étaient même plusieurs, sans quoi le total aurait été moins faramineux. Le N traînait sur la grille, entre deux cases mot compte triple et il m'a suffit de placer GYM d'un côté et OTES de l'autre, soit 18 points à multiplier par 9 + les 50 points du Scrabble à rajouter. Bref 212 points grâce aux gymnotes dont je n'avais jamais entendu parler avant ! Vous m'étonnez que j'ai retenu leur nom !

Nath, qui n'aime visiblement pas les animaux autant que moi, n'a pas succombé au charme des gymnotes. Faut dire qu'un écart entre nous de plus de 200 points en fin de partie, ça n'arrive quand même pas très souvent !

J'aime bien moi, ces petites parties où l'on s'amuse tout en s'instruisant ! Merci les gymnotes !

jeudi 2 décembre 2010

Un dernier adieu...





C'est à 11:11 que je me suis enfin décidé à actualiser mon blog ce jeudi, après m'être réveillé cette nuit en pensant à Tibet... à 3:33 du matin !

Je sais que je vais finir par vous bassiner avec ce dessinateur scénariste romancier dont la disparition m'aura finalement bien plus affecté que ce que j'aurais imaginé.

J'ai donc rêvé à Tibet, dessinateur entre autres de Ric Hochet (pour ceux qui auraient déserté mon blog pendant une année entière ou qui auraient migré dans l'espace). Les souvenirs sont un peu flous, j'aurais du prendre des notes pendant la nuit, mais en gros, je devais l'aider à la mise en page de divers éléments de la composition de la couverture du prochain Ric Hochet. Il y avait quelque chose d'assez émouvant à rêver de cela d'autant que dans ce rêve, je n'étais pas peu fier que ce grand monsieur me sollicite et m'apprenne quelques ficelles du métier.

Du coup, je me suis dit que j'allais en remettre une couche ce matin. Ça tombe bien, l'actualité de Tibet aura rarement été aussi riche, même si à titre posthume malheureusement.

Le mois dernier, le 29 octobre en fait, est sorti l'ultime Ric Hochet, "A la poursuite du Griffon d'Or" signé André-Paul Duchâteau et Tibet. Le 78e. Inachevé aux presque deux tiers. Autant dire que tenir dans ses mains un tel ouvrage est très particulier. Totalement en noir et blanc puisque la mise en couleurs n'avait évidemment pas été effectuée du vivant de son auteur et que la volonté de l'éditeur était bien de ne proposer que ce que Tibet avait pu terminer avant sa disparition. Il y a donc une partie des planches totalement achevée (dessins et décors), une autre partiellement achevée (Tibet avait terminé mais n'avait pas encore eu le temps de transmettre les planches au décoriste) et une dernière présentant des planches de plus en plus inachevées, jusqu'à la fameuse planche 28 où il n'y a qu'une ou deux bulles crayonnées et quelques phrases de dialogues à l'intérieur. L'ouvrage s'achève sur un résumé de la fin de l'histoire par le scénariste AP Duchâteau et par quelques photos prises dans l'atelier de Tibet qui travaillait encore sur ce tome 78 le soir même de sa disparition.

Néanmoins, un tome 79 est d'ores et déjà prévu, avec un nouveau dessinateur mystère puisque Tibet souhaitait que Ric Hochet lui survive. Ce sera une curiosité mais je ne suis pas persuadé que cette reprise tienne sur la durée puisque les ventes des derniers albums étaient déjà bien plus confidentielles qu'à l'époque de "l'âge d'or" de Ric Hochet, il y a une bonne vingtaine d'années déjà. Au moins ! Cela dit, le tome 78 était un bon cru, renouant justement avec une certaine dimension un peu plus aventurière qu'à l'accoutumée et qui faisait cruellement défaut à la série (Il faut dire que le tome 77 était d'une qualité très médiocre).

Par ailleurs, Tibet s'était émancipé de son scénariste pour créer un nouveau personnage, Aldo Rémy, que j'avais déjà évoqué ici, sorte d'homme à tout faire et enquêteur malgré lui. Des intrigues qui se voulaient plus sombres, plus réalistes voire plus glauques mais dont la limite était justement, à mon sens, la ligne claire de Tibet dont le dessin n'était pas vraiment en phase avec l'aspect crû souhaité du scénario. Mais c'était une curiosité, pas désagréable mais pas incontournable non plus. Le Lombard n'en voulant pas, c'est aux éditions Glénat que Tibet fit paraître les deux tomes de la série. Et puis, totalement par hasard, j'ai appris qu'il existait un 3e tome, que Tibet avait achevé avant sa disparition mais qui était sorti à titre posthume chez un tout petit éditeur Le Gang avec un tirage tout aussi confidentiel de 3000 exemplaires. Ce tome présente l'intérêt supplémentaire de montrer en fin de volume des dessins de divers artistes BD qui tenaient à rendre hommage à Tibet. Quant à l'histoire, elle tient à peu près la route, bien qu'un peu naïve et traînant en longueur. Mais c'est véritablement la dernière BD achevée de son auteur et rien que pour ça, elle a une valeur toute particulière.

Et puis, pour terminer, sort demain un recueil de caricatures de Tibet. Autant dire que je ne manquerai pas de me le procurer ce samedi puisque nous sommes de sortie sur Périgueux pour le week-end. C'était son grand plaisir, la caricature. Il aimait croquer les artistes dont certains, comme Adamo, étaient de ses amis. Une curiosité là-encore qui va me montrer une facette méconnue, en tout cas pour moi, de ce talentueux monsieur de la BD.

Tibet nous a quitté il y aura bientôt un an. Déjà. Je ne réalisais pas vraiment. Jusqu'à cette fameuse planche 28 inachevée. Quelques traces de crayon, quelques mots dans une bulle. Et puis l'artiste qui tire sa révérence. Cette fois, je réalise. Avec le vide qui va avec. Un peu de tristesse, certes, mais surtout une infinie reconnaissance.

Chapeau et merci pour tout !