mercredi 29 septembre 2010

L'imposture Kev' Adams



Depuis quelques semaines, Laurent Ruquier anime une émission calquée sur le principe du désormais culte "Petit théâtre de Bouvard" et qui s'intitule "On ne demande qu'à en rire". Injustement boudée par le public, coincée entre le dégradant Secret Story et la valeur sûre "Questions pour un champion", cette nouvelle émission peine à trouver ses marques.

Pour ma part, je la regarde avec beaucoup d'intérêt et c'est un peu devenu mon rendez-vous incontournable du début de soirée. Le principe est donc de faire venir des humoristes en herbe qui ont quelques minutes pour présenter un sketch inspiré d'un fait de société (chacun ayant fait au préalable un choix dans une liste et ayant eu ensuite quelques heures voire quelques jours pour écrire quelque chose de leur cru). La plupart des candidats se produisant déjà dans de petites (voire plus grandes) salles de France, il leur est interdit de faire un "copier coller" de leur spectacle. Ils doivent proposer de l'inédit, quelque chose de spécialement écrit pour l'occasion.

Une fois que les humoristes ont présenté leur sketch, ils sont soumis aux votes du public, de deux personnalités (souvent des gens du spectacle, théâtre ou cinéma) et à l'un "de la bande à Ruquier". Ils sont donc soumis à 5 votes sur 20 (Ruquier votant aussi) et doivent donc atteindre un score de 60 / 100 pour avoir le droit de revenir.

Si le plat proposé est vraiment trop indigeste (et cela arrive bien plus souvent qu'on pourrait le croire...), il est possible d'arrêter le massacre en appuyant sur un bouton rouge. Seul le public n'a pas cette option, mais Ruquier et ses invités, si. Il suffit que deux invités appuient sur le fameux bouton rouge pour que le sketch s'arrête et que le candidat soit éliminé. Et franchement, quand ça se produit, c'est amplement mérité. Il faut vraiment que le sketch soit insipide ou que l'humoriste ne soit vraiment pas drôle ou alors en panique. Bref, une option qui pourrait faire craindre le pire mais qui apparait comme salutaire. Car parmi les candidates finalement recalés (donc en dessous des 60 points), il y a ceux qui ne font pas rire, ceux qui croient faire rire mais qui ont tout faux, ceux qui s'essaient à des imitations potaches, ceux qui viennent déguisés mais qui ont visiblement oublié d'écrire leur sketch et enfin, les plus excusables finalement, ceux qui ont la boule au ventre, ce trac finalement bien compréhensif.

Parmi les humoristes, il y en a tout de même de très bons. Ma palme revient à Alain Doucet, un voisin de Belgik, de Charleroi plus précisément. Il en est à 5 ou 6 représentations et il me ravit à chaque fois car il allie spectacle visuel et écriture redoutable. Il a surtout un sens de l'absurde que n'aurait pas renié Raymond Devos. D'ailleurs, sa voix et sa présence scénique, pourtant minimaliste, y sont aussi pour beaucoup dans la comparaison qu'il est pourtant impossible de ne pas faire. C'est déjà un grand et je pense, j'espère qu'il ira loin. C'est en tout cas un des rares comiques qui me donnerait envie de payer pour voir son spectacle. Alors certes, c'est forcément inégal mais moi, j'en redemande !



Autre pointure : Olivier de Benoist. Il en est à 6 visites sur le plateau de Ruquier et il est déjà amené à revenir une septième fois. Lui-aussi, c'est une grande qualité d'écriture, une belle aisance scénique, un charisme assez impressionnant et beaucoup d'originalité, surtout dans la manière de traiter le sujet imposé. Lui-aussi, je ne rechignerais pas à aller le voir sur scène.



Et puis, hélas, cent fois hélas... Il y a toujours les roublards tendance tricheurs. Hélas parce que malheureusement pour nous, ça marche. Le cas Kev'Adams. Ce type est d'ailleurs en train de se faire une petite réputation dans le monde de l'humour. Il a déjà fait au moins une prestation télé avant d'atterrir sur le plateau de Ruquier et il se produit je ne sais plus trop où dans Paris. Son spectacle est peut-être de qualité, grand bien lui fasse, je n'en sais rien et je m'en fous.

Sauf que, pour l'avoir précisément vu dans ses oeuvres lors de cette fameuse apparition télé (dont j'ai malencontreusement oublié le titre), j'ai donc pu aisément constater qu'il se contentait de resservir la même soupe chez Ruquier. Autrement dit, il n'écrit rien pour l'occasion. Il choisit juste un thème comme le font les autres candidats et adapte un des sketchs de son spectacle en conséquence. Et l'illusion marche puisque le jury et le public lui donnent à chaque fois de jolies notes qui lui garantissent de revenir une énième fois. Il en est déjà à trois passages, et si je ne peux pas me prononcer avec certitude sur sa dernière prestation, il a manipulé jury et public lors de ses deux premières interventions. Je trouve ça assez mauvais, surtout vis à vis de certains qui ont moins de facilité scénique que lui mais qui font l'effort de respecter les consignes, à savoir écrire un sketch spécialement pour l'émission. Surtout quand on sait la masse de travail que cela suppose.

Le public a beau lui manger dans la main, le jury a beau n'y voir que du feu, je ne suis pas près de me laisser abuser par Kev'Adams. Sauf qu'en attendant, il est toujours là et que je dois me le coltiner au moins une fois par semaine... Youpi...... Mais les masques finissent toujours par tomber de toute façon.

Pas de quoi m'écoeurer de "On ne demande qu'à en rire". Je souhaite à cette émission de trouver ses marques et de ne pas être enterrée trop rapidement. Car il y a quand même des humoristes qui ont un sacré talent. Et qui méritent vraiment qu'on s'y attarde.

Malgré Kev'Adams.

dimanche 26 septembre 2010

Liquidation


Pour une fois, je me sers de ce blog comme d'une vitrine. Peu probable que mes lecteurs habituels soient intéressés mais sait-on jamais. Restent éventuellement les gens de passage...

Tout est ici, dans un forum sur lequel je suis depuis peu, avant de passer éventuellement via Ebay (mais vu le stock, je préférerais éviter pour ne pas risquer de sombrer dans la folie) :


C'est assez urgent donc si vous connaissez des fanas de BD et de comics ! L'appel est lancé !

lundi 13 septembre 2010

L'Art de Guillermo Forchino


Aujourd'hui, je vous fais partager un gros coup de coeur pour Guillermo Forchino, un sculpteur argentin (mais vivant en France) de grand talent. Evidemment, au vu de sa production, les avis ne manqueront pas d'être partagés mais personnellement, je trouve ça vraiment très bon. Petite préférence pour ce serveur avec une mise en situation où rien ne manque : plateau où la mousse des bières et des cafés liégeois dégouline, plateau de homard, expressivité du serveur etc. Je crois que celui-là finira un jour ou l'autre dans mon escarcelle.



Pour le reste, pas besoin de longs discours, les photos parlent d'elles-même. Regardez bien ce souci du détail, ces instantanés semblant avoir été saisis sur le vif, ce côté gentiment rétro qui ajoute au charme de l'ensemble. Allez, bonne découverte ! Car c'est bien de cela dont il s'agit... J'aurais pu me livrer à une présentation laborieuse de l'artiste, à une description méthodique des oeuvres... Mais aujourd'hui, vraiment, ce n'est que pour le plaisir des yeux. A condition d'aimer le style, bien entendu... (Cliquez sur les images pour les voir en grand)

Une partie d'échecs à Central Park


Que ne ferait-on pas avec une simple baignoire...


Le guitariste

Le jardinier

Le téléphage


Le médecin

Le pompier

La sortie du dimanche

Le taxi

Le joueur de tennis

Le Tuk-tuk

dimanche 12 septembre 2010

Claude Chabrol 1930 - 2010



Juste un petit hommage pour un grand monsieur du cinéma. Comme d'habitude, je ne me livrerai pas à un résumé de son immense carrière, il suffit de regarder par ici.

Simplement l'envie de dire toute l'affection que j'avais pour le bonhomme, même si je ne le connaissais pas personnellement bien évidemment, ni même si j'avais finalement vu bien peu de ses films. J'ai raté de peu Le Boucher, rediffusé dernièrement mais j'avais pu voir Les fantômes du chapelier et tout récemment A double tour. Et puis des oeuvres plus contemporaines comme L'enfer. Ou ses incursions en tant que réalisateur TV comme dans la série Chez Maupassant.

Mais j'aimais surtout l'entendre parler lorsqu'il était l'invité d'émissions cinématographiques ou lors de JT. J'aimais sa bonhomie, une certaine truculence, son humour, son amour de la vie en général et de la bonne chère en particulier. Sa passion du cinéma et de la télévision bien évidemment. Je me souviens qu'il avait d'ailleurs commenté, il y a quelques années, une série de documentaires thématiques sur la télévision et je m'étais régalé de ses bons mots.

Bref, c'est une disparition qui m'attriste vraiment aujourd'hui. Bon vent monsieur Chabrol !

samedi 11 septembre 2010

Dilemme pour une amitié royale


Exercice un peu particulier aujourd’hui puisque je vais vous faire partager une histoire écrite par notre amie Isa alors qu’elle devait avoir une douzaine d’années. Vous constaterez que c’était déjà très prometteur et qu’il est finalement dommage qu’elle n’aie pas persévéré dans cette voie, mais c’est une autre histoire…

Je vous livre ici le texte brut, seulement corrigé des quelques (rares) fautes d’orthographe. Pour le reste, tout est à l’identique : tournures, style… Je n’ai touché à rien. Quelques soucis lors de la mise en page par Blogger mais bon...

Une fois que vous aurez pris connaissance de cette histoire, le challenge sera pour moi de me la réapproprier afin de vous proposer une nouvelle à partir du matériau d’origine mais où toutes les libertés (ou pas) seront permises. Me connaissant, vous devriez avoir cette nouvelle mouture dans un délai allant de quelques jours… à quelques années. Bien entendu, tout ceci s’est fait avec l’accord de l’auteur.

Allez, bonne lecture en attendant ! Voici l’histoire que racontait Isa à l’époque :

Dilemme pour une amitié royale

Réalisation : Isabelle S.

Sur une idée de Isabelle S.

Dessins : Isabelle S.

(Bon, les dessins, vous vous en passerez, hein… NDLR)

Chapitre 1 : La planète inconnue

Saviez-vous qu’à des millions de kilomètres de la Terre, une planète est habitée ? Estrella est son nom. Cette planète est trois fois plus petite que la Terre. Elle est constituée de deux continents : un à l’Est et un à l’Ouest, séparés par un petit océan, Magé.

A l’Est vit le peuple des Cumis. Pacifiques, ils vivent de leurs cultures car Estrella est une planète extrèmement fertile. Elle regorge de fruits, de céréales, d’animaux et de beaucoup d’autres merveilles. Sur la partie Est règne un roi, le roi Katoubon ; il règne depuis dix ans sur l’Est, il a une fille Izia, très jolie et très vive, elle fait le bonheur de son père. Malheureusement, Izia n’a plus de mère, elle ne l’a jamais connue car celle-ci est partie un jour dans la Montagne des Soupirs et n’est jamais revenue. Qu’est-ce que la Montagne des Soupirs ? C’est l’endroit le plus malfaisant de la planète car y vit la sorcière Imina. Elle est la gardienne du temple des fruits Jourt. Ceux-ci ont l’étrange propriété de guérir n’importe quelle maladie, et c’est en allant en chercher pour elle-même que la mère d’Izia a disparu. Quel ne fut pas le chagrin du roi, laissé seul avec une petite fille de quatre mois ! Ah ! Il faut vous dire que la Montagne des Soupirs est en plein milieu d’un lac qui, lui, se trouve à l’intérieur des terres de l’Est. Ce lac s’appelle tout simplement le lac des Cumis.

Parlons maintenant de l’Ouest. Cette partie est à peu près identique à l’Est, sauf que le peuple des Zouapé, c’est comme cela qu’il s’appelle, n’a pas de lac chez lui. Le roi Taraison règne aussi depuis dix ans et a une fille Rella, timide mais très jolie. Celle-ci, par contre, a une mère, Soualane, très gentille et très douce. Vous voyez que ces deux parties se ressemblent à quelque chose près… sauf en mettant les deux rois côte à côte : Katoubon est gros et petit, les cheveux noirs, les yeux marrons, toujours un grand sourire aux lèvres ; quant à Taraison, il est grand, maigre, les yeux verts, les cheveux grisonnants et un petit sourire en coin qui lui donne un air très sérieux. Mais ne vous y trompez pas ! Il adore rire ! En conclusion, on peut dire que ces deux rois réalisent tous les désirs de leur peuple… ou presque. Car les habitants de cette magnifique planète, s’ils font un vœu, souhaitent toujours la même chose : pouvoir rencontrer la sorcière Imina car on dit qu’elle est aussi belle que méchante, et leur curiosité en souffre énormément.

Chapitre 2 : Laurie, petite fille rêveuse

Maintenant, allons sur une planète connue : la Terre !

En Provence, dans un petit village, habitent Laurie et ses parents. Laurie a 12 ans comme Izia et Rella. C’est une petite fille rêveuse qui s’invente des amis. Elle inquiète ses parents parce qu’elle ne sort presque jamais et est toujours toute seule.

Un matin, alors que Laurie est dans le jardin, jouant avec une poupée, elle entend un drôle de bruit derrière un buisson. Elle s’avance pour savoir ce que c’est et un rayon lumineux l’éblouit. Elle se réveille dans une chambre très jolie, toute rose et blanche, avec un grand lit, des livres, des jouets. A côté d’elle se trouve une petite fille de son âge.

-Qui es-tu ? Où suis-je ?

-Je m’appelle Izia et tu es sur la planète Estrella.

-C’est une blague ! Je n’ai jamais entendu parler de cette planète !

-C’est parce qu’elle se trouve à des années-lumière de la Terre et vos savants, même s’ils inventaient un gigantesque télescope, ne pourraient découvrir l’existence d’Estrella.

-Mais alors, vous devez avoir une technologie très avancée pour savoir que nous existions ?

-Non, mais nous voyons les choses, nous sommes un peu télépathes, ce n’est pas un don, nous l’avons en naissant. C’est ainsi que nous avons découvert, il y a des milliers d’années, que la Terre existait. Il faut te dire qu’Estrella existait déjà bien avant la planète bleue.

-C’est fantastique ! Mais dis moi… comment se fait-il que je me trouve sur Estrella alors que tu viens de me dire qu’elle se trouve à des années-lumière de la Terre ?

-C’est de la télépathie, je t’ai fait apparaître ici grâce à ce pouvoir. En fait, il ne peut servir qu’à deux choses : faire apparaître des gens sur notre planète, des étrangers seulement, si besoin est, et deviner un danger. Voilà…

-Alors vous ne pouvez pas lire dans les pensées ?

-Non. Autrement, ce serait la discorde entre le peuple ! Tu sais, je t’ai télétransportée sur Estrella, en fait, je n’en ai pas le droit. D’après nos règles, on ne le pourra que lorsque la Terre aura découvert notre présence. Car nos peuples ont peur que les humains ne sèment la zizanie entre nous.

-Mais pourquoi suis-je ici ?

-Pour m’aider !

-Mais pourquoi moi ?

-Parce que la personne dont j’ai besoin devait être gentille, douce et… rêveuse ! Car de plus en plus, les humains ne croient plus aux rêves mais toi, si !

-Et que dois-je faire ?

-M’aider à pouvoir me faire une amie.

-Moi ? Mais comment… Sur Terre, je n’en ai presque pas et…

-Pour cela, il faudra simplement que tu ailles parler à Imina, la sorcière de la Montagne des Soupirs !

Chapitre 3 : L’étrange coutume

Izia expliqua à Laurie que la sorcière était très dangereuse. Elle lui raconta la triste histoire de sa mère disparue.

-Mais pourquoi n’y vas-tu pas toi-même ? demanda Laurie.

-Car je suis la princesse et plus tard la Reine. Je n’ai pas le droit de courir de danger, dans l’intérêt des Cumis.

-Mais c’est moi qui vais être exposée à l’humeur d’Imina, trouves-tu ça très juste ? Je sais que je ne suis pas courageuse mais…

-Attends ! Imina ne peut rien contre toi, tu es terrienne, pas estrallane ; ses pouvoirs n’ont aucun effet sur toi.

-Alors pourquoi ne pas avoir fait appel à un terrien lors de la disparition de la Reine ?

-Mon père s’y est refusé. La loi de nos ancêtres est formelle : aucun terrien sur Estrella tant qu’ils ne l’auront pas découverte.

-Mais tu désobéis à la loi !

-Ecoute, l’amie dont je t’ai parlé s’appelle Rella, c’est la princesse des Zouapé, je t’ai raconté comment était dirigée Estrella, tu t’en rappelles ? Bon, un matin, alors que j’étais sur le bord de l’océan Magé… tu vois, derrière ces arbres ? C’est l’océan, expliqua Izia, en montrant de la fenêtre de sa chambre une immense forêt épaisse et touffue. Cependant, par intervalles, on distinguait un bleu étincelant qui était trop bas pour être le ciel.

-Je me promenais comme chaque matin, reprit Izia, quand j’entendis des pleurs. Je m’approchai et découvrit une barque sur la plage. Je m’avançai vers elle et aperçus une fille que je ne connaissais pas, étendue dans ce petit bâteau. Elle se releva soudain, les yeux bouffis, la figure sale, son visage empreint d’un grand désespoir. Alors…

-Qui es-tu ? lui demandai-je très gentiment.

-Rella, princesse de la partie Ouest, fille du roi Taraison, me répondit-elle d’une voix fatiguée mais digne.

-Oh ! m’exclamai-je alors, mais moi… je… je suis la princesse Izia !

Nous nous regardâmes effrayées. J’étais pétrifiée et je crois qu’elle aussi !

-Mais pourquoi ? demanda Laura très surprise.

-La loi de nos anciens défend que les deux princesses se parlent, se voient ni même qu’elles sachent comment l’une comme l’autre sont faites. Et comme je ne la connaissais pas, je ne me suis pas rendue compte que j’enfreignais le règlement. Mais toutes deux avions terriblement peur que quelqu’un passe par là et nous voit ensemble car dans ce cas précis, nous aurions été condamnées à rester sur la Montagne des Soupirs à tout jamais !

-Mais c’est injuste ! s’écria Laurie, indignée, pourquoi cette stupide coutume ?

-Il y a des milliers d’années de cela, cette coutume n’existait pas. La princesse Morgan de l’Ouest et la princesse Abrina de l’Est s’entendaient à merveille, mais un jour, une dispute éclata entre elles, et cela se répercuta sur leur peuple respectif. Les Cumis soutenaient leur princesse, les Zouapé de même. Ce fut la première guerre d’Estrella. Les deux rois de l’époque décidèrent alors qu’à partir de ce jour, aucune des deux princesses ne devaient se connaître sous peine du supplice de la Montagne des Soupirs ! ! ! Il est vrai que depuis, nous n’avons plus eu de guerre ! Comprends-tu notre frayeur ?

-Si je comprends bien, répondit Laurie amèrement, parce que deux de vos ancètres ont fait une bêtise, il faut que vous aussi en souffriez ? Quelle étrange coutume ! Mais excuse moi, je ne vois pas bien mon rôle dans tout cela ?

-J’y viens, voilà…

Chapitre 4 : Amitié mortelle

Notre peur passée, Rella sortit de la barque et d’un commun accord, nous sommes allées nous cacher dans la forêt car personne n’y vient. Elle me raconta que la veille au soir, elle se promenait près de l’océan et qu’elle avait vu cette barque. Elle est montée à l’intérieur et, en regardant les étoiles, elle s’est endormie. Quand elle se réveilla, elle était sur cette plage et il faisait jour. Elle comprit que la marée montante avait du faire dériver l’embarcation et qu’elle s’était échouée chez les Cumis !

Ensuite, nous avons beaucoup discuté, de tout, de rien. Je lui ai confié mes joies, mes angoisses, elle aussi, etc, etc.

-Et alors demanda Laurie curieuse.

-Alors elle est repartie dans sa barque vers son palais. Cela t’étonne ? Mais tu sais, Magé ne fait que dix kilomètres de large, par contre sa longueur est impressionnante, le diamètre de la planète ! ! !

-Mais pourquoi dois-je t’aider à te faire une amie puisque apparemment Rella l’est déjà ?

-J’aimerais la revoir, mettre fin à cette coutume qui nous empêche de nous connaître et seule Imina peut m’aider ! Car si elle décide de mettre fin à cette règle, les Cumis et les Zouapé l’écouteront !

-Cette Imina n’est pas si méchante, elle aurait pu changer les lois comme elle voulait mais ne l’a pas fait ! En fait, elle a les pleins pouvoirs sur les deux peuples !

-Imina est détestable avec les Cumis et les Zouapé ; elle nous considère comme ses inférieurs. Par contre, elle est respectueuse des lois et ne fera jamais le moindre mal à la planète.

-Pfff ! C’est bien compliqué, soupira Laurie.

-Veux-tu m’aider ? demanda Izia fixant des yeux anxieux sur son amie.

-Bien sûr, répondit Laurie en faisant un sourire à Izia, quand vais-je aller voir cette charmante sorcière ?

-Ce soir, je t’y téléporterai, Rella sera avec moi.

-Elle est au courant ?

-Oui, nous avons tout combiné ensemble. Nous avons pris des risques en nous revoyant hier soir. C’était prévu, depuis qu’elle était repartie, lors de notre première rencontre, s’exclama Izia.

-Pourvu que ça marche ! Pour vous et… pour moi ! murmura Laurie.

Chapitre 5 : Imina

Le soir même, sur les bords du lac de Cumis, on pouvait distinguer trois ombres, groupées et emmitouflées dans des cagoules noires. Si l’on s’approchait un peu, quelques bribes de leur conversation venaient à nos oreilles.

-Ma servante est arrivée, Laurie s’est précipitée sous le lit et moi, j’ai pris un livre, racontait Izia.

-Et alors ? demanda Rella.

Eh bien, elle n’a rien vu, elle voulait me prévenir que le dîner était servi… Ouf ! Mais quelle peur ! s’exclama Izia.

Laurie, elle, riait de bon cœur avec les deux princesses mais elle était angoissée à l’idée de rencontrer la sorcière. De plus, les bords du lac Cumis étaient déserts, les habitations les plus proches étaient à dix kilomètres. Et le palais du roi Katoubon était à environ trente kilomètres ! Les trois filles étaient venues jusqu’au lac grâce à de petites voitures réservées aux jeunes de la planète. Ces voitures s’appelaient Oxborn et roulaient grâce à de l’essence de Catucla, une plante d’Estrella, elles ne polluaient pas et… volaient dans les airs ! Ce qui est étrange, c’est qu’il n’y avait jamais eu d’accidents. On disait à la voiture (ou avion en forme de voiture) : « Conduis moi au lac Cumis » et elle vous y emmenait sans que vous ayez rien à faire.

Pendant que les deux petites reines discutaient, Laurie, pour la première fois depuis son arrivée, les dévisagea. Izia était un peu plus petite qu’elle, les yeux marrons, les cheveux courts. Quand elle souriait, elle avait l’air de devenir plus sage, c’était sûrement le plissement de ses yeux qui donnait cette impression. Rella était aussi grande qu’elle, des cheveux longs, mi-taille, des yeux bleus, l’air toujours heureuse avec un petit rire coquin.

Laurie prit la parole :

-Izia, Rella, il faut que j’aille sur la montagne maintenant.

-Tu as raison, répondit Izia, mets-toi sur le bord du lac, là… oui. Maintenant, appelle Imina, elle t’y télétransportera. Bonne chance !

-Surtout, n’aie pas peur, dit Rella, Imina ne peut rien contre toi. A tout à l’heure… et merci !

-IMINA, cria Laurie. Un rayon lumineux l’éblouit comme la dernière fois. Izia et Rella virent disparaître cette fille aux longs cheveux dorés, aux yeux verts, qui avait ce sourire tellement franc et ce rire éclatant. Elles virent disparaître Laurie, la terrienne, avec un léger frisson d’angoisse.

Quand Laurie se réveilla, elle était à terre, parmi des fleurs magnifiques d’un rouge éclatant : les fruits Jourt ! Une longue prairie s’étendait, parsemée de ces plantes et, au bout, Laurie distingua de la lumière, une grotte et… Imina !

Celle-ci gesticulait dans tous les sens, très en colère. Laurie s’approcha prudemment. Au bout de dix minutes, elle faisait face à Imina.

-Qui es-tu pour venir ainsi jusqu’à moi, saine et sauve ? dit la sorcière d’une voix terrifiante.

-Je m’appelle Laurie, je suis terrienne et…

-Comment ! ! ! Une terrienne sur Estrella ! Qui t’y a téléportée ? s’eclama Imina hors d’elle.

-C’est Izia, mais c’est…

-Elle sera dénoncée et punie par moi, ma colère est très grande, elle a désobéi à la loi des anciens et je ne le…

-Imina, cria Laurie, écoute moi !

Interloquée, Imina posa de grands yeux étonnés sur Laurie. Jusqu’ici, personne n’avait encore osé lui couper la parole !

-Imina, je viens te demander une faveur, reprit Laurie. Depuis des siècles et des siècles, il existe une loi idiote concernant les deux princesses. Aujourd’hui, Izia et Rella désirent annuler cette règle. Or, toi seule, ô divine sorcière, peut exaucer leur demande. Elles m’ont envoyé comme messagère car tes pouvoirs n’ont aucun effet sur ma personne. Maintenant, quelle est ta réponse ?

-Tu es bien courageuse pour venir m’affronter, d’habitude ces imbéciles de Cumis et de Zouapé me craignent, mais toi non. Il est vrai que tu es terrienne mais Izia et Rzlla, elles, ne le sont pas !

Et sans que Laurie n’ait eu le temps de bouger, Imina leva la main, un éclair d’une intensité extraordinaire brilla l’espace d’une seconde et les deux princesses se retrouvèrent à ses côtés, encore toutes surprises de ce qui leur arrivait.

-Izia, Rella, votre vœu est très difficile à rendre réel, mais je vais essayer. Les deux rois m’écouteront et sûrement m’obéiront. Seulement, il y a une condition. J’élimine cette coutume mais en échange je veux aller vivre dans le palais du roi Katoubon l’été et dans celui du roi Taraison l’hiver.

-Pourquoi ? demanda Laurie.

-J’en ai assez d’être seule et puis, en étant plus près du peuple, je pourrai mieux gouverner… la planète !

-Mais… et nos pères ? essaya d’articuler Izia, horrifiée.

-Ah ! Ah ! Ah ! Et bien, ils gouverneront leur peuple, c’est suffisant.

-Mais tu as déjà le pouvoir que tu demandes, s’exclama Rella. Cela ne changera rien, à part que tu vivras à l’Est et à l’Ouest.

-Très juste mais je prendrai la place de la Reine, conseillant son mari, et il m’écoutera !

-Imina… et la mère de Rella ? murmura Laurie.

-Soualane, ce n’est pas la Reine, elle n’est qu’une mère, c’est tout, elle ne prend absolument pas part aux décisions importantes.

-J’ai compris, déclara Laurie, Imina, en fait, prend votre place. Plus tard, quand vos pères se retireront, c’est-à-dire dans sept ans, Imina restera et comme elle gouvernera seule pendant un an, en attendant votre 21e anniversaire, elle instituera une loi qui vous enlèvera le titre et les pouvoirs qui vous reviennent. Ainsi, elle pourra réaliser son rêve : devenir le maître de la planète. Cette histoire d’aller dans l’un et l’autre des palais, ce n’est que pour juger lequel sera le mieux en attendant son ascension finale : être Reine d’Estrella ! Et le palais qu’elle aura choisi deviendra la capitale de la planète !

-C’est affreux, s’écria Rella. Vous nous demandez en fait de choisir entre notre amitié ou notre peuple. C’est injuste, horrible, dégoûtant !

-Je sais ! Ce plan n’est-il pas diabolique ? Laissez vous tenter, vous n’aurez pas de responsabilités car moi seule dirigerai Estrella.

Un long silence se fit durant lequel Rella et Izia réfléchissaient, puis Izia éclata :

-Tu as fait disparaître ma mère, tu me demandes de trahir mon peuple… N’ai-je pas déjà assez payé le droit de pouvoir avoir une véritable amie ?

-Tu n’as rien payé du tout ! cria Imina puis dans un souffle murmura : Car ta mère… c’est moi !

Chapitre 6 : Le roi Katoubon et son secret

La stupeur s’empara des 3 filles. Imina, si méchante, sans cœur, mère d’Izia si gentille, si douce et si sensible. C’était impossible et impensable !

-Non ! cria Izia, c’est faux ! Ce ne peut être toi. Imina existait avant que ma mère disparaisse…

-Simple légende, rendue réalité à ma « soi-disant » disparition… L’histoire de la pauvre mère si gentille, laissant derrière elle un roi veuf et une petite fille orpheline, c’était trop touchant ! Et le plus drôle, c’est que la rumeur s’est répandue toute seule, sans que je ne m’en mêle ! Ah, ah, ah ! ! Le Roi, ton père, connaissait mon désir de pouvoir et il a essayé de m’en dissuader, mais j’avais un don du ciel, j’étais sorcière dotée de pouvoirs étranges mais puissants. Ton père sait toute la vérité mais ne t’inquiète pas, si je deviens Reine d’Estrella, je transformerai mon visage, mais… à quoi bon ? Puisque celui-là n’est pas le mien. La magie sert à beaucoup de choses, n’est-ce pas ? s’esclaffa la sorcière.

-Mais… quel est ton vrai visage ? sanglota Izia.

-Tu ne le sauras jamais, ma fille ! Jamais ! ricana Imina.

-Pourquoi es-tu si cruelle avec ta propre fille ? demanda Rella.

-Ma fille ? Une vulgaire Estrellane, non dotée de pouvoirs magiques, et bonne et « mignonne ». Elle me fait honte, ce n’est pas ma fille, juste une loque comme vous tous d’ailleurs !

-Comment peux-tu renier ton propre enfant ? s’indigna Laurie.

-Je suis sorcière, diabolique et sans cœur, ma mère était comme moi, mon père aussi. Bêtement, je me suis mariée avec un homme bon, ma fille ne pouvait être autrement. Pfff… Quelle idiotie ! Quant au roi, il a préféré tout te cacher pour t’éviter un choc ! s’exclama Imina.

Izia baissa la tête, elle cachait ses larmes et sa haine envers cette mère qu’elle avait toujours crue bonne. Il lui semblait qu’Imina piétinait sa mémoire. Pour elle, sa mère ne serait jamais cette sorcière. Sa « vraie » mère avait disparu, il y a 13 ans. Pourtant Imina avec ses cheveux blonds bouclés, ses yeux bleus verts et son sourire charmeur aurait pu être gentille, elle en était sûre. De plus, Izia avait toujours cru que la sorcière méprisait les Cumis et les Zouapé mais qu’elle ne leur aurait fait aucun mal. Elle avait la preuve du contraire.

-Assez de pitié et de larmes, reprit méchamment Imina. Que décidez-vous ?

La question était nette, précise, violente. La sorcière souriait d’une façon diabolique.

-Ne pourrais-tu pas nous laisser un ou deux jours pour réfléchir ? supplia Rella.

-Si vous voulez, mais pas plus. De toute façon, dans les deux cas, je suis gagnante. Si je fais le malheur de deux princesses, le peuple le ressentira plus tard, à leur 21e anniversaire, telle est la destinée de Rella et Izia. Ah, ah, ah ! reprit Imina.

Laurie ne put s’empêcher de frissonner en entendant ces paroles. Tout à coup, elle se retrouva sur le bord du lac Cumis avec Izia et Rella. Le jour se levait. Rella s’en retourna avec sa voiture avion, non sans avoir fixé l’endroit où elles se rencontreraient pour leur décision finale, dans deux jours. Laurie s’endormit le cœur lourd pour ses deux amies. Quel dilemme ! Cachée sous le lit d’Izia, elle espérait que tout s’arrangerait. Quant à la princesse de l’Est, elle désirait faire le meilleur des choix pour vaincre à tout jamais cette horrible femme, la sorcière de la Montagne des Soupirs.

Chapitre 7 : Amitié ou pouvoir ?

Deux jours étaient passés et Laurie, Izia et Rella se retrouvèrent sur le bord du lac Cumis, comme convenu.

-Alors, qu’avez-vous décidé ? souffla Laurie.

-Nous ne pouvons nous permettre de sacrifier nos peuples. Ce serait indigne de futures reines comme nous. Alors nous avons pris la décision de ne plus nous revoir, murmura Rella.

-Vous n’avez pas peur d’en vouloir plus tard aux Estrellans et de regretter votre choix ? demanda Laurie.

-Non. Ce ne sera pas leur faute mais celle d’Imina, l’abominable, déclara Izia.

-Il serait temps d’appeler la sorcière maintenant, elle doit nous attendre, dit Rella.

-Imina, nous sommes là ! cria Laurie.

Une seconde plus tard les trois filles faisaient face à la gardienne des fruits Jourt.

-Ah ! ah ! ah ! Vous voilà enfin ! Alors, quelle est votre décision ? triompha la sorcière.

-Nous ne nous reverrons plus, c’est bien ce que tu voulais, tu es contente, tu as gagné infâme Imina, articula Izia avec colère.

-Alors adieu et ne revenez plus sur mon territoire à partir d’aujourd’hui, s’écria Imina en levant les bras au ciel.

C’est alors que Laurie eut une idée lumineuse ! Son visage s’éclaira d’un sourire.

-Attends sorcière ! Il faut que je parle à mes amies. Leur décision n’est pas la bonne, je vais les convaincre de choisir l’autre.

-Si c’est ton désir, va, mais pas plus de 2 minutes. De toute façon, je règnerai grâce à vous princesses car vous m’en voudrez et cette haine se reportera sur vos peuples. Vous n’y pouvez rien car moi, Imina, l’ai décidé et on ne peut rien contre la magie, ricana la magicienne.

Le piège de la sorcière se resserrait. Ainsi cette horrible femme leur avait jeté un sort qui se manifesterait le jour de leur 21e anniversaire, le jour de leur prise de pouvoir !

-Que veux-tu nous dire, murmura Izia après s’être éloignée d’Imina.

-Chaque personne est vulnérable, même les sorcières. Je sais « son » point faible : elle est ta mère. Tu ne l’as jamais appelée Maman, essaie et tu verras. C’est à nous de triompher maintenant, déclara Laurie.

Rella regarda étonnée cette petite terrienne et enfin elle comprit pourquoi Izia avait fait appel à elle plutôt qu’à une autre. Laurie était rêveuse et donc imaginative. Tous ces évènements semblaient irréels et pour qu’une personne croit à l’existence d’une planète habitée, il fallait qu’elle ait une bonne dose d’imagination.

C’est alors qu’Izia s’approcha d’Imina :

-Nous avons décidé que cela ne se passerait pas comme ça…

-Quoi ! Tu veux que je me mette en colère, petite péronnelle ! Tu ne peux rien faire contre mon pouvoir, ni contre moi. Quoi que tu fasses, j’ai gagné et…

-Maman ! cria Izia.

La sorcière poussa un long cri, d’abord de rage, et qui se transforma en cri d’angoisse. Imina semblait diminuer et soudain une lueur émana d’elle. Les trois filles se couvrirent les yeux, aveuglées. Quand elles les rouvrirent, elles aperçurent un corbeau montant dans le ciel.

-C’est ainsi que finit le règne d’Imina, soupira Rella.

-Oui, il le fallait.. Cette sorcière, en fait, a tout mis en œuvre pour que sa fille ne l’aime pas, car il ne fallait pas qu’elle l’appelle maman. Est-ce qu’elle t’aimait ? On ne le saura jamais, déclara Laurie.

Au loin, on distinguait encore un petit point noir qui se confondait avec le soleil levant.

-Maman… murmura Izia. Il sembla à Laurie qu’elle essuyait une larme.

Chapitre 8 : La loi des deux princesses

Un peu plus tard, les trois filles étaient revenues en silence sur le bord de l’océan Magé. Personne n’osait prendre la parole pour poser la question qui leur brûlait les lèvres à toutes. Ce fut Rella qui rompit le doux murmure des vagues en prenant la parole :

-Et maintenant ? Qu’allons-nous faire ? Imina n’est plus là pour éliminer la loi des deux princesses, que va-t-on devenir ?

-Je ne sais pas Rella, peut-être va-t-il falloir nous résigner, comme les autres générations, soupira Izia.

-Mais non ! Ne vous laissez pas abattre ! J’ai une idée. C’est tout simple. Imina était la femme aux multiples visages d’accord ? Personne ne sait qui je suis… sauf vous, alors… dit Laurie mystérieusement.

-Alors, reprit Izia, tu nous sauves la vie encore une fois, en prenant la place de la sorcière. C’est une idée excellente !

-Je dirais même plus, chère amie, une excellente idée, s’écria Laurie.

Le jour même, Izia se rendit à la salle du trône pour parler à son père.

-Père, je suis désolée de vous déranger mais je dois vous demander quelque chose d’extrêmement important.

-Et bien, ma fille, je t’écoute ! En tant que future reine, tu as droit à la parole.

-Père, il faut réunir le Conseil Exceptionnel aujourd’hui même, c’est urgent. J’ai été appelée par la sorcière cette nuit et…

Le Roi avait pâli. Imina avait-elle trahi son secret ?

Izia remarqua l’inquiétude du monarque et en devina la raison.

-… et elle veut parler aux deux Rois, ainsi qu’aux conseillers. Les deux princesses devront être présentes, sans se voir bien sûr !

-Est-ce tout ce qu’elle t’a dit ?

-Oui père. Pourquoi ? Aurait-elle dû me faire savoir autre chose ? Sur ma mère disparue peut-être ?

-Non. Simple question… Et bien, que son désir soit exaucé !

La même scène, à quelque chose près, s’était passée chez le Roi Taraison et, dans l’après-midi, le Conseil Exceptionnel était réuni. Il avait lieu dans le palais Est car Imina vivait très près de cet endroit. Alors que tout le monde questionnait tout le monde sur la raison de cette réunion subite, Laurie fit son entrée, causant la stupéfaction parmi les membres du gouvernement Est et Ouest.

-Surpris messieurs ? demanda Laurie d’une voix digne et majestueuse. N’oubliez jamais que je suis sorcière et que mes pouvoirs me donnent l’avantage de me transformer en ce que je veux. Je ne veux pas que le peuple voit mon vrai visage, enfin celui que j’ai adopté dans la Montagne des Soupirs. Voilà ce que je souhaite, plutôt ce que j’ordonne : annuler la loi des deux princesses.

Après cette déclaration, un brouhaha s’éleva de tous les côtés de la salle.

-Silence !

La voix du Roi Taraison venait de retentir.

-Si toi, Imina, souhaite que cette règle soit supprimée, elle le sera, nous ne pouvons rien contre ta puissance. Mais dis-nous, pourquoi as-tu pris cette décision ?

-Je m’en vais, quelque part sur Estrella, personne ne saura où. Je désire la solitude la plus complète mais avant de partir, je voulais accomplir un acte dont on se souviendra encore dans deux siècles et j’ai choisi cette loi. N’ayez pas peur d’une autre guerre. Enseignez à votre peuple, à vos enfants que l’amitié et le pouvoir sont deux choses distinctes à ne pas mélanger. Sur ce, messieurs, je vous quitte à tout jamais !

A ce moment, à l’une des vitres du palais, on entendit un croassement aigu. Tout le monde se retourna. Un corbeau noir était à la fenêtre. Il s’enfuit presque aussitôt, juste après avoir lancé un coup d’œil reconnaissant à la « soi-disant » Imina.

Quand l’assemblée tourna la tête du côté de la « sorcière », celle-ci avait disparu. Dans le couloir devant la porte, Izia et Rella faisaient leurs adieux à Laurie.

-Merci, on ne t’oubliera jamais. Tiens… Izia détacha de son cou un collier rose. Prends le et pense à nous quelquefois. Ces pierres sont des amistes, elles sont rares sur Estrella, garde les, elles te porteront bonheur.

-Adieu Laurie, dit Rella. Tu es très gentille et généreuse. Je n’oublierai jamais la petite terrienne que tu es.

Laurie avait du mal à cacher son émoi.

-Izia, avant de partir, sache que ta mère n’est pas aussi méchnate qu’on le pensait. Tout à l’heure, elle m’a remercié à sa façon parce qu’en annulant cette règle, tout le monde se souviendra d’elle pendant longtemps encore, comme mystérieuse, bonne et diabolique à la fois. Adieu mes amies !

Izia fixa Laurie, une lumière jaillit et la petite provençale se retrouva sur Terre.

-Laurie, Laurie, te voilà, ça fait une heure que l’on te cherche !

-Maman ! s’exclama Laurie, toute étonnée de se retrouver chez elle. Je… je m’étais endormie derrière un buisson. Excuse moi.

-Décidément Laurie, tu seras toujours aussi rêveuse !

-Et bien, tant mieux, les rêves sont merveilleux, déclara Laurie, quand elle s’aperçut qu’elle tenait quelque chose dans la main : le collier d’amistes.

-La réalité aussi est fantastique, soupira Laurie.

-Tu sais, un grand téléscope a été mis au point. Les savants le font fonctionner en ce moment ; on l’a vu à la télé pendant que tu dormais… Peut-être va-t-on découvrir d’autres planètes ?

-J’espère pas, murmura Laurie, Estrella n’a pas besoin d’humains pour semer la panique…

-Qu’est-ce que tu disais ? demanda la mère.

Rien, rien, j’ai faim ! déclara Laurie.

Le soir, elle s’approcha de la fenêtre de sa chambre. Les étoiles étaient brillantes dans le ciel. Laurie pensait à Estrella, à cette planète qui se trouvait à des millions d’années-lumière de la Terre. Levant son collier vers le ciel, elle murmura : Izia, Rella, votre dilemme est terminé ! Et votre amitié commence.

mercredi 8 septembre 2010

Crash



Coup de coeur aujourd'hui pour cette série composée de deux saisons de 13 épisodes chacune, confidentiellement diffusée chez nous l'an passé sur Orange CinéMax.

Cette série s'inspire du film multi-oscarisé Collision de Paul Haggis où la vie d'une poignée de personnages venait à se recouper au fil de leurs péripéties. La comparaison s'arrête là puisque le scénario de Crash est inédit et a été confié à Glen Mazzara, le scénariste de The Shield.

L'atout numéro un de Crash est de compter dans sa distribution la présence de l'immense Dennis Hopper dans la peau de Ben Cendars, un producteur de musique sur le déclin, usé par les excès et les désillusions d'une vie qui lui échappe. Toujours impeccable, Hopper signera ici son dernier rôle avant d'être rattrapé par son cancer qui marquera aussi la fin de la série au bout de deux saisons globalement prenantes.

Car ce type de parti pris (plusieurs vies qui finissent par se télescoper) a un inconvénient majeur : certaines histoires sont bien moins inspirées que d'autres. D'ailleurs, une bonne partie de la distribution ne sera pas renouvelée à la fin de la première saison et leur absence ne manquera franchement pas, d'autant que certains nouveaux protagonistes de la deuxième saison se révèleront bien plus savoureux.

La première saison est nerveuse à souhait, d'autant qu'une sombre affaire de flics ripoux et de guerre des gangs en constitue l'intérêt principal. Le scénariste de Crash est aussi celui de The Shield et ça se sent. Là encore, les personnages interagissent et l'ensemble est vraiment de haute tenue. Parmi les histoires moins convaincantes, celle de ce couple qui se déchire dès lors que le père de l'épouse s'installe chez eux. Les acteurs sont convaincants mais la sauce ne prend pas. On ne voit pas où l'auteur a voulu en venir, ni même s'il le savait lui-même. Idem pour ce fugitif du Guatemala qui veut trouver refuge aux Etats-Unis. Là-aussi, la conclusion est on ne peut plus frustrante... Cela dit, ce sont des détails. Cette première saison est prenante et Dennis Hopper, je le répète, est vraiment au top.

La seconde saison surprend au premier abord. Vraiment. Beaucoup de personnages ont disparu et la vie des autres s'est considérablement modifiée. Il faut un moment pour prendre ses marques. Ben Cendars (Dennis Hopper donc) veut retrouver l'assassin de sa fille mais cette longue quête sera surtout celle de la recherche d'une forme de rédemption. L'acteur est encore meilleur que dans la première saison, c'est dire s'il est excellent, mais il faut reconnaître qu'il a été particulièrement gâté par le scénario. Frissons garantis notamment lors d'un passage en particulier que je ne dévoilerai surtout pas ici. Pour le reste, les histoires s'avèrent finalement tout aussi accrocheuses, voire davantage et surtout il n'y a plus cette impression de déchet née d'histoires inintéressantes. Là, chaque histoire emporte l'adhésion, même si chacun aura bien évidemment ses préférences.

Hormis l'arc avec Ben Cendars, nous avons donc celui d'un homme riche et puissant qui voit toute son existence remise en cause lorsqu'il croit entendre la voix de Dieu (Dit comme ça, ça fait peur mais c'est l'un des meilleurs volets de la saison). Dans un autre genre, un jeune, fou de Baseball devient progressivement fou tout court (ça, c'est du résumé... mais la réalité est un peu plus nuancée ; en tout cas, l'acteur est prodigieux !). Ou les déboires d'Inès, transfuge de la première saison, qui aspire à une vie meilleure mais qui est décidément bien mal entourée.

Bref, une deuxième saison qui tient ses promesses, passée la surprise du premier épisode où on peine à retrouver ses marques. Il n'en reste pas moins qu'à mon sens, la série est incontournable. Quelques passages à la Californication ne la destine néanmoins pas aux enfants.
Alors si vous voulez passer un bon moment et découvrir Dennis Hopper dans son ultime rôle, il n'y a pas à hésiter !

lundi 6 septembre 2010

Qui est donc... Jean Chalopin ?


A l'instar du Docteur Gang dans l'inspecteur Gadget dont on ne voit rien excepté ses bras, Jean Chalopin pourrait ne pas dire grand chose de par son seul nom. Pourtant, il est à l'origine des dessins animés les plus incontournables des années 80. Une époque doucement nostalgique où les dessins animés étaient synonymes de qualité, avec des génériques qui avaient de la gueule (enfin certains...) et où la qualité du doublage finissait d'emporter l'adhésion. Un respect du public et une envie de toucher un éventail aussi large que possible. D'ailleurs, si certaines séries ont parfois un peu vieilli (que ce soit au niveau du scénario que de l'animation), les trentenaires qui ont connu cette belle époque ne rechignent pas à revoir ces quelques pépites.



La première grande réussite de Jean Chalopin fût la création d'Ulysse 31. En prenant de très grandes largesses avec la mythologie grecque originelle et en la transposant au XXXIe siècle, la série nous propose 26 épisodes de haute tenue. L'autre idée, très novatrice pour l'époque, est d'avoir travaillé en binôme avec les japonais pour toute la partie animation. Les histoires et dialogues sont signés Jean Chalopin et la partie animée est effectuée par une équipe japonaise motivée. L'animation est d'ailleurs ce qui se fait de mieux à l'époque et le partenariat est une réussite.


Pour preuve, le souhait des japonais de donner les traits de Jean Chalopin au héros Ulysse, une liberté de plus par rapport au matériau original mais qui témoigne bien de l'enthousiasme né de cette nouvelle collaboration. On ne peut pas nier qu'il y ait en effet un air de ressemblance. Pour le reste, Ulysse 31 relate donc le périple d'Ulysse et de ses compagnons qui, pour avoir battu le Cyclope, doivent errer dans l'espace alors que le chemin de la terre est effacé de la mémoire de l'ordinateur de l'Odysséus, leur vaisseau spatial. Une longue quête commence jusqu'au royaume d'Hadès où Ulysse et ses amis vont croiser de nombreux amis et ennemis comme Circé, Calypso, Sisyphe, Pénélope et tant d'autres...


Bref, une réussite totale si on adhère au genre. Il y a quelques années, une sortie DVD remasterisée a redonné ses lettres de noblesse à cette superbe série. L'occasion de revoir Ulysse 31 dans des conditions optimales et de profiter au mieux des facéties de Nono, le petit robot mangeur de "p'tits clous".

C'est à peu près dans le même temps que Jean Chalopin va sortir Les Mystérieuses cités d'or, une fresque sublime au milieu de la culture précolombienne. Esteban et ses amis Zia et Tao se lancent donc à la recherche de ces fameuses cités d'or. Esteban est un peu "l'élu" puisqu'il possède le médaillon du soleil qui doit lui permettre de retrouver les dites cités.


Leurs péripéties vont se poursuivre pendant 39 épisodes. Tout concourt à faire de cette série animée un spectacle de qualité qui tient en haleine. Là encore, Jean Chalopin est aux commandes (avec son complice Bernard Deyriès à la réalisation) et une équipe de talentueux dessinateurs japonais se charge de la partie animation. Le résultat tient en haleine sans problème, à grands renforts de révélations, trahisons et autres aventures trépidantes. Il faut dire que le filon des mystères amérindiens est inépuisable.




Jean Chalopin l'a d'ailleurs bien compris en insérant, à chaque fin d'épisode, un court documentaire que personne n'a pu oublier, immédiatement identifiable grâce à la voix de son narrateur Jean Topart. Identifiable comme son générique d'ailleurs. La série a été un réel succès à l'étranger et une suite serait en préparation, avec un pitch on ne peut plus simple : Esteban n'aurait trouvé qu'une Cité d'or et il lui faudrait donc partir à la recherche des six autres puisqu'il y en aurait sept apparemment. Bon, moi je veux bien mais on parle déjà d'une refonte graphique des personnages alors je crains le pire... d'autant que Chalopin, en perte de vitesse depuis une vingtaine d'années, n'a pas forcément les mêmes motivations de qualité et de respect de son public qu'à la grande époque des années 80.


Venons en à présent à l'inspecteur Gadget. Voilà la série qui représente pour moi le pire et le meilleur ou comment saborder au final une série qui avait, dans sa catégorie, tout pour elle. L'inspecteur Augustin Tamare serait devenu un être bionique après avoir glissé sur une peau de banane, devenant du même coup le bien nommé Inspecteur Gadget affublé donc de gadgets aussi improbables les uns que les autres tel que le gadgetocoptère, le gadgetobras (et jambe), le gadgetolasso, le gadgetopistolet à eau et j'en passe... Au départ, il est affublé d'une moustache mais seulement le temps du premier épisode (qui deviendra le 14e lors de sa diffusion) car la ressemblance avec l'inspecteur Cluzeau dont il s'inspire vaguement devient alors trop évidente au goût de ses créateurs.



Le pitch est toujours le même : l'inspecteur Gadget doit déjouer les plans du redoutable Docteur Gang qui règne en maître sur l'organisation MAD (fou en anglais mais Méchants Affreux et Diaboliques pour la petite histoire). Il reçoit à chaque début d'épisode un ordre de mission de la part de son supérieur, le chef Gontier, sous la forme d'un message "qui s'autodétruira dans..."
Pas dégourdi pour deux sous et soupçonnant toujours les innocents en lieu et place des méchants agents MAD, l'inspecteur Gadget est heureusement aidé à son insu par sa nièce Sophie, qui ne se sépare jamais de son livre ordinateur, et par son chien Finot, qui ne ménage pas ses efforts pour venir continuellement en aide à son maître.

Les intrigues sont inégales, les gags mettant en scène les gadgets de l'inspecteur aussi, mais la sauce prend bien, du moins lors des 65 épisodes qui composent la première saison. Le chara design est inspiré et les influences à la James Bond sont assez savoureuses. Il suffit de regarder la gadgetomobile et la madmobile pour s'en convaincre. Outre leurs gadgets respectifs, les deux véhicules se transforment. Celle de Gadget en une camionnette et celle du Docteur Gang en un avion et un sous-marin.
Mais une des plus grandes réussite, selon moi, réside dans le personnage même du Dr Gang. Faut dire que j'ai toujours aimé les méchants. D'ailleurs le doubleur, immense Victor Désy, prend visiblement un pied pas croyable à faire vivre ce personnage tout en démesure.


Malheureusement, la deuxième saison comprenant une vingtaine d'épisodes sera loin d'égaler la première, tant sur la forme que sur le fond. Pour une raison qui m'échappe, tous les doubleurs sont remerciés (à l'exception du regretté Luc Durand alias Gadget) et les nouveaux choix sont catastrophiques. Seule la remarquable Barbara Tissier s'en sort avec les honneurs en reprenant la voix de Sophie (Barbara Tissier a notamment doublé la facétieuse Punky Brewster) mais la palme de la médiocrité revient, et de loin, à Georges Atlas qui double Dr Gang. Une vraie catastrophe, la voix sardonique de Gang devenant un peu celle d'un papi à bout de souffle. Un changement incompréhensible et qui nuit vraiment à la qualité de la série. Ajoutez à cela des intrigues anesthésiantes, des personnages secondaires horripilants (Capeman) et une surenchère de gadgets et vous obtenez un gloubiboulga franchement indigeste. Et pour enfoncer le clou et ruiner complètement le "mythe", Jean Chalopin créera quelques années plus tard Gadget et les gadgetinis qui n'aura plus grand chose à voir avec la série originelle (relooking affreux, personnages méconnaissables, intrigues inexistantes). Une honte dans le sens où je ne comprends toujours pas comment un créateur aussi prolifique, Jean Chalopin, toujours lui, a pu saborder à ce point une telle série. Il aurait été si simple d'en garder l'esprit bon enfant. Las, il n'en reste définitivement plus rien. Dommage.



On continue ce tour d'horizon "Jean Chalopin" avec un autre gros succès : les Minipouss. Tout est dans le générique : "Petits êtres à moitié hommes". Et moitié souris. Ils vivent donc dans les endroits inaccessibles des maisons et seul un enfant, Eric Legrand, connait leur existence. A partir de là vont découler 29 épisodes répartis en 3 saisons de facture inégale où les auteurs vont évidemment s'amuser des situations nées de la différence de taille entre les Minipouss et les humains. Curieusement, la série n'a pas vraiment, à mon sens, bien vieilli au niveau de l'animation mais ça reste correct. (Quiconque a vu Les Mondes engloutis trouvera que n'importe quel autre dessin animé de cette époque est correct de toute façon...). La série doit beaucoup au personnage farceur de Charlie, l'un des Minipouss, qui n'en finit plus d'accumuler les gaffes et de mettre en danger tous ceux de sa tribu.



Autre réussite de ces années 80 : les Entrechats, qui ont longtemps fait les belles soirées de la 3, au même titre qu'Ulysse 31. Chaque épisode était divisé en deux parties d'environ 10 minutes, l'une mettant en scène Isidore, chat domestique dont la nonchalance n'est pas sans rappeler celle de Garfield, et l'autre relatant les aventures de Riff-Raff, chef de la bande des Entrechats, jouant les bad boys au coeur tendre dans une décharge. A noter que le personnage d'Isidore existait sous forme de vignettes humoristiques depuis 1973 et que Jean Chalopin et son équipe en ont donc fait une (très libre) adaptation.



On continue avec Jayce et les conquérants de la lumière qui ont eu un succès considérable chez nous. Jayce doit lutter contre des plantes maléfiques, les Monstroplantes dirigées par le diabolique Diskor. Pour vaincre, Jayce doit retrouver son père afin d'unir son médaillon au sien, l'union de ces deux médaillons devant permettre d'éradiquer la menace des Monstroplantes.

Au départ, c'est une commande du fabricant américain Mattel qui souhaitait développer une gamme de jouets. Malheureusement, si la série a bien fonctionné aux USA, la gamme des produits dérivés a été un échec pour Mattel qui a donc renoncé à financer une deuxième saison. Résultat : la série se finit en queue de poisson. Là aussi, en terme d'animation, la série apparait assez vieillotte et le fait qu'il n'y ait pas de fin n'encourage pas forcément à la redécouverte.

On finit enfin par deux séries que je considère comme mineures et assez rebutantes par leur réalisation : Mask et Pôle position dont on retiendra surtout, pour l'une comme pour l'autre, les génériques qui sont restés dans les mémoires des trentenaires comme moi. Pour le reste, pas grand chose à en dire.



Tout comme pour Jayce, MASK répond à la volonté du fabricant Henner de mettre une nouvelle gamme de véhicules transformables sur le marché. La série, elle, raconte l'affrontement entre deux commandos d'agents secrets (MASK) et leur penchant maléfique (VENOM). Voilà, tout est dit, merci d'être venus...
Quant à Pôle Position, rien à en dire si ce n'est que des cascadeurs professionnels remplissent des missions pour l'organisation Pôle Position. Oui, je sais, c'est passionnant et c'est bien pour ça que j'ai gardé ces deux séries très dispensables pour la fin.


Au final, Jean Chalopin aura écrasé de tout son poids la production animée des années 80 au travers de dessins animés globalement incontournables (Ulysse 31, les Mystérieuses cités d'Or, Inspecteur Gadget dans sa première saison). Dommage qu'il n'ait pas su parfois en rester là, n'hésitant pas à saborder certains de ses bébés, jusqu'à en enlever l'âme même de la série. Gadget en est le meilleur exemple avec une saison 2 indigne et une série plus récente, Gadget et les gadgetinis, franchement indigeste. Du coup, on a tout à craindre d'une éventuelle suite aux Mystérieuses Cités d'or qui ne devrait pas se faire sans le relooking de circonstance et qui laisse craindre une réalisation au rabais.
Bref, ne gardons que le meilleur de ces années-là. Jean Chalopin reste un pilier incontournable de l'animation en France des années 80. On lui doit quelques uns de nos plus beaux souvenirs de gosses émerveillés devant notre téléviseur. C'est déjà beaucoup. Alors un grand merci monsieur Chalopin !