jeudi 24 mars 2011

Douyouspikinegliche ? (2)


Dans la continuité du précédent billet à ce sujet, je me retrouve donc, 27 heures d'anglais plus tard, à quelques jours d'une nouvelle formation en anglais, intensive celle-là.

Dès lundi prochain, j'entame donc une formation de deux mois (six semaines en centre, deux en entreprise). Les cours de remise à niveau que j'ai entrepris jusque là m'ont plutôt rassuré, voire même étonné puisque je n'avais visiblement pas le niveau catastrophique que je pensais avoir. Même si l'écrit est définitivement plus facile pour moi que l'oral (la compréhension surtout), ces séances m'ont réconforté. L'évaluation en cours de formation aussi.

Le Pôle emploi m'avait déjà proposé une formation intensive il y a quelques mois que j'avais poliment refusée puisqu'il n'était pas question pour moi de me lancer dans une telle aventure sans savoir où je me situais par rapport à l'anglais qui m'avait toujours porté peine, aussi loin que je me souvienne. Deux à trois mois plus tard, la donne était différente et je me sentais prêt. Autant que je puisse l'être en tout cas. Mais j'ai du passer par des sélections (CV, lettre et entretien de motivation). 14 places pour plus de 30 postulants. J'étais plutôt optimiste, ce qui ne m'a pas empêché de me retrouver en liste d'attente. Et là, à part d'espérer quelques désistements, il n'y a pas de miracle...

Heureusement, j'étais apparemment tout en haut de la liste puisque deux désistements ont suffi à me faire intégrer la formation. J'ai su ensuite que j'aurais pu être mieux classé si mon "projet professionnel" avait été un peu moins flottant. En gros, il va falloir que je sois particulièrement pertinent dans la recherche de l'entreprise qui va m'accueillir pendant deux semaines. Et que je renonce à prospecter les offices de tourisme du coin, ce qui me coupe quand même sacrément l'herbe sous le pied. Car c'est précisément ce que je comptais faire : proposer mes services à un office et idéalement alterner entre l'accueil (pour l'oral) et la traduction de documents (pour l'écrit). Mais le GRETA estimant que les offices de tourisme du secteur ne seront pas en mesure d'embaucher à l'issue de la formation, je dois chercher ailleurs (Alors que d'autres stagiaires auront apparemment ce droit qui m'a été refusé).

Enfin bref, c'est le prix à payer pour intégrer la formation. Je m'y suis donc engagé. Sauf que je ne sais pas trop où prospecter du coup. Je ne suis pas très chaud pour m'orienter vers les campings car je sens bien le type d'endroit où on fait tout et rien, et pas grand chose en rapport avec sa formation. Peut-être regarder vers les gîtes tenus par des anglais, histoire d'être vraiment en immersion pour le coup. Mais je ne pense pas que ce soit davantage porteur que les offices de tourisme côté emploi. Peut-être voir aussi du côté d'organismes proposant des échanges internationaux, mais je n'y connais pas grand chose.

Peut-être aussi, un peu lâchement certes, m'en remettre partiellement aux bons conseils que pourraient me prodiguer quelques amis (et lecteurs de ce forum, comme ça tombe bien !), histoire d'avoir le maximum de cartes en main avant de me décider.

Bref, si vous avez un avis ou des conseils, je suis preneur. J'ai trois semaines pour faire un choix aussi pertinent que possible, qu'il soit susceptible de déboucher sur un emploi à l'arrivée (idéalement) ou pas.

Le compte à rebours a commencé...


lundi 21 mars 2011

Mauvaise histoire belge



Il y a des livres qui vous marquent. Vous n'en attendiez pas forcément quelque chose et puis vous êtes embarqué. L'auteur vous prend dans son sillage et vous amène où il veut, avec une facilité parfois déconcertante. Son univers devient un peu le vôtre. Ses émotions vous sont familières. Et vous vous savez alors parti pour un beau voyage, quelles que soient les escales et la destination finale.

Il y a les livres qui vous marquent un peu moins, sans être désagréables. Sitôt lus, sitôt oubliés. Plutôt dispensables mais pas à jeter pour autant. Le genre roman de gare dans ce qu'il a d'un peu péjoratif. On s'ennuie un peu mais quand même, il ne reste pas tant de pages que ça, autant le terminer.

Il y a enfin les livres qui vous marquent. Mais pas dans le bon sens. Ils vous marquent parce que leur existence même vous échappe. Qu'un éditeur ait pu donner son aval à de telles publications est déjà un mystère en soi. Qu'un auteur ait écrit ça, l'ait probablement relu et ait été persuadé que cela pouvait intéresser d'autres personnes que sa propre famille en est un autre. Heureusement, ces ouvrages sont rares. Ils sont d'autant plus rares chez quelqu'un qui, comme moi, lit très peu (BD mises à part) et qui sélectionne donc ses lectures.

Pourtant, j'aurais aimé en dire du bien de Chauffeur livreur, le 1er roman d'Alain Doucet. Parce que le bonhomme est touchant. Parce que l'artiste a des qualités, un univers et une sensibilité, malheureusement engoncés dans une écriture hélas pauvre et brouillonne. Je ne parle pas de l'écrivain là, mais plutôt de l'humoriste. Car Alain Doucet, en plus d'être à peu près passé par tous les petits boulots, est également comédien. En alternance. Un art qui ne nourrit malheureusement pas son homme. Mais qui lui aura permis d'avoir un petit succès d'estime lors de multiples passages dans l'émission de Ruquier "On ne demande qu'à en rire", sorte d'ersatz (du moins dans le postulat de départ) du Théâtre de Bouvard. Dans cette émission dont j'avais déjà parlé ici, Alain Doucet a totalisé une douzaine de passages au travers de divers sketchs plus ou moins inspirés. Son côté décalé et absurde, sa bonhomie, mais aussi son accent belge avaient su toucher le public. Il n'était pas d'ailleurs sans rappeler, toutes proportions gardées quand même, un certain Raymond Devos, avec ce regard parfois attendri sur ce monde qui nous entoure et l'aspect visuel de ses sketchs.

Malheureusement, la qualité d'écriture ne suivait pas toujours. Et ce qui n'était pas rédhibitoire au départ finit par le devenir. Alain Doucet ne fit bientôt plus rire. Ni même sourire. Ou si peu. Éliminé de l'émission en solo, il revint alors avec un compère, Bernard Suin. Avec pas davantage de réussite. Il quitta définitivement l'émission il y a quelques semaines. Je fus alors partagé entre une certaine tristesse (souvenirs de ses premières interventions réussies, personnalité attachante, univers absurde) et un vrai soulagement car la pauvreté de ses interventions devenait pathétique, malgré toute la sympathie que j'avais pour le bonhomme.

Alors quand Alain Doucet sortit son premier livre il y a quelques semaines, je ne me suis pas fait prier pour l'acheter. Me voilà donc avec Chauffeur -livreur, un roman autobiographique (d'ailleurs Alain Doucet le revendique comme tel) qui retrace donc les années passées par Doucet à écumer la Belgique et le Luxembourg en long, en large et en travers au volant de son camion de livraison. Entre deux missions pour son patron, on retrouve Alain chez lui, avec femme et enfants ou en train de passer quelques castings pour tenter de faire décoller sa carrière d'acteur comédien humoriste.

Ce qui est gênant finalement, c'est qu'on ne peut même pas accuser Doucet de se foutre de nous puisque tout est dans le titre. Chauffeur-livreur. Explicite, quoi. Sauf qu'on s'en fout. C'est inintéressant au possible. On suit Doucet jour après jour en train de livrer ses frigos ou ses palettes de gâteaux ou je ne sais quoi d'autre. On le voit errer dans Bruxelles à la recherche de l'adresse de son client, pester contre son GPS, se demander comment déménager un frigo dans une pièce trop exiguë, craindre de se faire verbaliser parce qu'il est garé en double file pour effectuer son déchargement. Etc, etc.

Sauf qu'il ne se passe rien. Fini l'univers absurde, l'aspect décalé de l'artiste. L'écrivain Doucet ne cherche jamais à toucher les gens, à insuffler une quelconque dimension, une quelconque épaisseur à la vie qu'il nous décrit. On respecte son choix de nous offrir un roman autobiographique, mais la vérité, c'est que c'est mortel pour le lecteur. Le style est classique (comprenez que ça se lit bien mais sans envolées, sans âme), trop pour relever le niveau de l'ensemble. Et quand il se risque à quelques rares mots d'humour, on retrouve alors par fulgurances le Doucet artiste d'On ne demande qu'à en rire. Celui de ses pires prestations malheureusement. Celles où les vannes tombaient à plat.

Donc, sur 200 pages, on suit Doucet et son camion. On se balade dans Bruxelles mais on en fait vite le tour. Un peu comme Doucet lorsqu'il cherche sa route. Et on s'ennuie ferme. Ecrire une autobiographie, pourquoi pas, mais encore faut-il avoir quelque chose à raconter. Et savoir les raconter. Là, il n'y a ni l'un, ni l'autre. Mais plus que la déception du livre en soi, c'est surtout l'incompréhension qui domine. Comment Doucet a t-il pu se convaincre qu'il allait intéresser les gens avec ça ? Le thème n'était déjà pas palpitant en soi mais il aurait peut-être suffi d'y insuffler un peu de folie, un zeste d'absurde, un poil de second degré pour que la mayonnaise prenne. Là, elle tourne lamentablement.

Je n'aurais jamais penser dire du mal d'Alain Doucet. Au départ, ça a été un coup de coeur. Une vraie découverte sur la scène du Moulin Rouge dans cette nouvelle émission de Ruquier. Un type un peu maladroit, touchant, poète aussi. Un débit et une présence à la Devos. Un capital sympathie évident. Et puis l'inspiration s'est délitée, l'écriture aussi. Une chute inexorable de prestation en prestation. Un entêtement parfois pathétique à vouloir revenir semaine après semaine alors que la qualité des sketchs devenait désastreuse.

Et puis ce livre. Dont j'espérais qu'il allait me réconcilier avec Doucet l'artiste. Je n'en ai même pas douté à vrai dire. J'étais persuadé que je ne pourrais pas être déçu. Que l'auteur saurait pertinemment ne pas pouvoir captiver ses lecteurs avec la vie d'un chauffeur livreur mais qu'il y mettrait suffisamment d'audace, de fantaisie, de bons mots pour éviter la présentation terre à terre et monotone de ces années passées à livrer divers produits pour sa boite.

Du coup, que me reste t-il de Doucet ? Pas grand chose. Il a disparu de nos écrans, sa "carrière" en Belgique et ailleurs semble au point mort et je doute fort que ce livre reste dans les annales. J'ai un peu de la peine pour lui parce que paradoxalement, je crois que c'est quelqu'un qui ne ménage pas ses efforts. Et qui a du talent.

En attendant, je ne peux pas vous conseiller d'acquérir ce livre. Peut-être aurez-vous, du coup, envie de l'acheter, par curiosité, par esprit de contradiction, ou pour vous faire votre propre opinion. Personnellement, je ne l'ai même pas achevé, c'est dire ! Et encore, j'ai même sauté quelques pages, tellement je n'ai jamais réussi à me passionner.

Maintenant, vous faites ce que vous voulez !

dimanche 20 mars 2011

Western Attitude


Je pouvais enfin souffler. J'avais éradiqué Carsac de sa vermine. Les hors-la-loi avaient détalé sans demander leur reste. Et les quelques inconscients qui avaient naïvement pensé pouvoir me tenir tête n'étaient plus là pour en parler.

Pour la populace, j'étais désormais ce que l'on appelle un héros. Libre à tous ces braves gens de le penser. Moi, je n'ai fait que mon travail. Celui que je fais le mieux. Et qui se met en travers de mon chemin tâte invariablement de mon colt. J'ai la dégaine facile alors faut pas venir me chercher des poux. Ouais.

J'avais donc nettoyé le village de sa racaille. J'avais certes répandu du sang, mais au moins ce n'était pas du sang d'innocents. Honnêtement, cela n'a pas été aussi facile que certains voudraient le faire croire. Les bandits étaient nombreux. Et entraînés, ouais. Ils auraient même pu mettre une sacrée dérouillée s'ils n'avaient pas pêché par excès de confiance. Visiblement, ils n'étaient pas habitués à ce qu'on leur tienne tête.

Mais je suis ainsi fait. Je me suis juré de vider les endroits de passage de leurs mauvaises herbes. Inlassablement, avec mon fidèle compagnon, je parcours les campagnes. D'hôtel en hôtel, de saloon en saloon, je n'ai qu'un seul but : faire régner la loi. Une promesse faite jadis à mon vieux père, un ancien shérif installé dans une ville trop grande pour lui et qui avait fini criblé de balles en pleine rue. Il s'était écroulé en plein milieu de la rue principale dans un nuage de poussière. Le vent qui soufflait sacrément ce jour là avait envoyé valdinguer son vieux chapeau. Ouais. Je m'en souvent comme si c'était hier. J'étais là, j'étais en train de manger quelques bonbons piqués à l'épicerie du village. J'avais sept ans. Je n'ai plus jamais rien volé depuis.

J'ai grandi en passant mes journées à aider ma mère à la ferme. Pas facile pour une veuve de s'en sortir. Elle ramenait bien quelques mauvais bougres de temps en temps à la maison mais ils ne me dérangeaient pas. Ils m'auraient dérangé, ça aurait été vite vu ! Parce que j'étais devenu en quelques mois un as de la gâchette. Je passais tout mon temps libre à m'exercer avec le revolver de mon père. Je n'étais pas naturellement doué mais j'aimais ça. Beaucoup.

Je suis directement passé des boites de conserves aux meurtriers de mon père. Un soir d'été où la chaleur était moite et étouffante. Maman était morte quelques semaines auparavant, deux jours après mon seizième anniversaire. Une mauvaise grippe. J'avais sellé l'unique cheval que nous avions et j'étais parti de la maison sans me retourner, sachant pertinemment que je ne reviendrais plus. Je savais déjà de quoi mon avenir serait fait. Les chiens ne font pas des chats. Sauf que moi, je ne dépendrais d'aucune autorité. L'autorité, ce serait moi. Avec personne au dessus.

J'ai donc retrouvé les lâches qui avaient vidé leurs barillets sur mon pauvre père. Je l'ai vengé. Sans plaisir. Sans violence gratuite. Une balle dans la tête de chacun de ces trois salopards. Pas même sûr qu'ils aient eu le temps de comprendre car je n'ai pas fait les présentations. J'ai rendu la justice. La mienne.

Depuis ce jour, j'arpente les campagnes accompagné de mon fidèle cheval. Il commence à se faire vieux. Il en a vu du pays ! Mais sa présence est inestimable. Je fais quelques menus boulots au gré de mes rencontres et de mes envies. Juste pour vivre jusqu'au lendemain. Et ainsi de suite. Et le reste du temps, ben, je poursuis la vermine qui cherche à polluer les endroits paisibles où je me rends. C'est ma vie.

Bon, c'est pas tout ça mais il est temps de repartir pour de nouvelles aventures. Mon travail à Carsac est terminé. Je vais reprendre la route avec ma fidèle monture. Ma vie est ainsi que je l'ai choisie et je n'en changerais pour rien au monde.

Ouais.


jeudi 17 mars 2011

Pensées pour le Japon...


On a beau dire que le monde ne doit pas s'arrêter de tourner pour autant, que la vie continue avec ses petits travers et ses moments de joie, pas facile de ne pas être interpellé (le mot est bien faible) par l'ampleur du drame qui se joue au Japon.

Du coup, je ne me voyais pas, en guise de mise à jour de ce blog, vous refaire un speech sur ma collectionnite aiguë (même si je viens juste de laisser filer entre mes doigts l'ouvrage sur Jean Frisano que j'évoquais dans mon précédent billet). Je ne me voyais pas davantage vous parler, mais ce sera sûrement pour plus tard, de la "claque" que j'ai prise en regardant "Les petits mouchoirs" de Guillaume Canet. Pas plus que je n'avais envie de faire un point sur ma santé ou de maugréer du fait de ne pas avoir été retenu pour un stage intensif de deux mois en anglais.

Le Japon vit une catastrophe sans précédent. On parle beaucoup du risque nucléaire qui ne cesserait d'empirer et de la difficulté des équipes sur place à refroidir les réacteurs. Des équipes probablement sacrifiées pour tenter d'enrayer le spectre d'une catastrophe sans commune mesure avec ce qui existe déjà si l'une des centrales venait à exploser. Bien évidemment, comme on ne se refait pas dans une société capitaliste, on commence à s'inquiéter des incidences économiques sur des pays occidentaux comme la France. Les politiques prévisibles font de la récupération en s'insurgeant contre un mal dont la dangerosité était pourtant bien connue mais dont il n'est pas dit que nous pourrions faire sans. Allez, soyons honnête : oui, le nucléaire est une saloperie. S'en passer pour autant ? Je ne le crois pas. Pas face à l'explosion démographique qui voit la population s'accroître de milliard en milliard en un temps record. Pas face aux balbutiements des énergies dites écolo comme les éoliennes qui restent bien trop localisées pour fournir l'énergie nécessaire au bon fonctionnement de l'humanité. Et bien évidemment, pas face aux enjeux économiques qui dépassent la plupart d'entre nous mais qui intéressent au plus haut point ceux qui nous gouvernent.

Finalement, même si la comparaison est terrible et je m'en excuse d'ors et déjà auprès de vous, le nucléaire est aussi "fiable" au niveau énergie que l'avion au niveau des transports. Les incidents sont rarissimes, l'accent mis sur la sécurité est optimal, mais il suffit d'un raté et c'est la catastrophe. Dans le cadre du nucléaire, cela prend évidemment des proportions incommensurables. Alors oui, c'est une saloperie. Oui, toute la politique énergétique serait peut-être à revoir. Mais pour le reste, il faudrait deux poids, deux mesures.

Alors il est de bon ton de chercher des responsables, des têtes à faire tomber. Le nucléaire a bon dos mais dans ce cas précis, c'est simplement la nature qui a repris ses droits. Que faire face à la violence de tremblements de terre dévastateurs ? A la puissance des flots engendrés par un tsunami ? Le Japon jouit de protections maximales (bâtiments anti-sismiques, sécurités maximales dans les centrales et qui, du reste, ont parfaitement fonctionné) mais au bout d'un moment, il n'y a plus rien à faire contre les éléments déchaînés.

La psychose du nucléaire et la réalité de sa dangerosité ne doit pas faire oublier que le Japon a déjà tout perdu. Certes, un accident nucléaire de grande ampleur serait une catastrophe humaine sans précédent et il faut absolument se convaincre que les autorités japonaises vont réussir à enrayer le processus de risque de fusion nucléaire. Mais il ne faudra pas pour autant se dire que le Japon a évité le pire si le danger est finalement écarté. Car le puissant séisme et les tsunamis qui en ont découlé auront changé à jamais la face de ce pays.

Tant de morts sous les décombres, tant de familles endeuillées qui ont tout perdu, tant de vie anéanties en quelques minutes. Tant de peur, de souffrance, de peine, de colère. Et tant de dignité pourtant. Et des survivants qui s'accrochent à la vie alors qu'ils n'ont plus de famille, plus d'amis, plus de maison. Plus rien. Et qui doivent pourtant se convaincre de l'existence d'un possible avenir meilleur. Malgré la menace ultime au dessus de leur tête.

La nature humaine ne changera pourtant pas. Sous prétexte d'informer, les chaînes françaises (et internationales d'ailleurs) nous abreuvent d'images choc où la vie de ces pauvres gens est livrée en pâture. La situation est déjà alarmiste mais pas de problème, il y a toujours moyen de vous en montrer davantage, d'exhiber un peu plus de douleurs, de montrer un peu plus de personnes hagardes errant parmi les décombres de ce que fut leur vie. L'information a bon dos finalement. Mais concrètement que fait-on ? Que pourrait-on faire d'ailleurs ?

Alors, on regarde. Pas très fier. On regarde et on a peur. Pour eux. Pour nous. On a peur de ce monde qui fout le camp. De ces catastrophes qui ne sont plus isolées mais qui tentent malheureusement à devenir quelque chose de récurrent, sous diverses formes aux quatre coins du globe.

On regarde le Japon pleurer ses morts passés et à venir. Notre planète dégueuler la politique mondiale environnementale et prendre sa revanche. La peur nous envahir tous sans exception.

Le pire serait-il à venir ?

jeudi 3 mars 2011

Il me le faut !


Je me connais. Quand ça commence à tourner à l'obsession, faut que je comble mes envies.
Grâce à Brigitte, l'obsession Tibet a été calmée. Même chose pour le triptyque Johan, Pirlouit et les Schtroumpfs, grâce au concours de Nath cette fois-ci. Idem enfin pour la dernière pièce de ma collectionnite aiguë, la statuette Blacksad et Weekly qui, bien que n'étant pas difficile à trouver (d'où une "obsession" moindre), n'aurait sans doute pas rejoint si tôt mes étagères sans le concours de mon ami Christian.

Je prends ces exemples-ci parce qu'ils sont parmi les plus parlants et parce qu'ils m'ont à chaque fois apporté des moments de joie difficilement descriptibles. Ce n'est pas tant la valeur (ou non) des objets précités ou leur éventuelle rareté que le bonheur d'avoir pu compter sur des amis qui avaient à coeur de m'aider dans mes quêtes du moment, à quelque niveau que ce soit. J'inclus bien évidemment dans ces amis ceux dont les recherches ont parfois été infructueuses mais toujours emplies de la même sincérité et de la même envie de me "venir en aide".

Aujourd'hui, je recherche un ouvrage intitulé Jean Frisano. Les habitués de ce blog se rappelleront sans doute que j'avais déjà évoqué ce livre lors d'un "avis de recherche", il y a quelques mois ou quelques années. Ce nom est indissociable de l'âge d'or des comics puisqu'il a réalisé un nombre pharaonique de couvertures de revues de l'époque : Strange, Titans, Nova... bref, toutes celles dans lesquelles j'ai baigné depuis ma plus tendre enfance, à l'époque bénie où, non content de m'évader au travers de ces lectures, je m'amusais aussi à tenter de reproduire les dites couvertures. Je pourrais en parler des heures mais finalement, la nostalgie, c'est quand même chiant pour ceux qui n'ont pas vécu les mêmes choses que vous.

Le livre que je recherche disais-je, s'appelle donc Jean Frisano et c'est un ouvrage extrêmement rare (Je pense qu'il est encore plus difficile à dénicher que celui de Tibet, ce qui n'est pas peu dire, et je ne dis pas ça parce que je crâne désormais avec mes trois exemplaires) qui a été (auto)produit à très peu d'exemplaires par leurs auteurs Eric Vignolles, Gérard Thomassian et Louis Cance. Ce sont les seules infos que je possède en dehors du fait que l'ouvrage date de 1997 et qu'il est richement illustré puisqu'il reprend aussi bon nombre de couvertures peintes du maître. Je ne l'ai croisé qu'une seule fois sur la toile en 10 ans et il s'était écoulé à plus de 150 euros. Je m'en souviens, j'avais fini second des enchères !

Ce n'est pas un ouvrage que l'on peut trouver dans un magasin de BD traditionnel. Il faut que la boutique ait un minimum de livres d'occasion et de vraies raretés. Il doit aussi pouvoir se trouver, avec beaucoup de chance, lors de regroupements de bouquinistes spécialisés en BD ou de passionnés. J'ai déjà écumé le net et envoyé des mails à un nombre impressionnant de professionnels mais je pense que c'est surtout lors de salons de BD d'occasion que je peux avoir une chance de dénicher la perle rare et uniquement auprès de connaisseurs, j'en suis persuadé. Je ne mise pas sur les particuliers "lambda". Encore que... Il y a des choses tellement bizarres, parfois.

Bien évidemment, loin de moi l'idée de vous demander d'écumer toutes les manifestations estampillées "BD d'occasion et autres raretés". Mais s'il vous arrive au hasard de vos déambulations de parcourir des stands de professionnels de BD, rien ne vous interdit de jeter un coup d'oeil, juste comme ça, en passant... Mieux, si vous avez des amis passionnés qui écument ce genre de salons de ventes d'occasion, n'hésitez pas à leur en toucher deux mots. Sait-on jamais... ça tient à tellement rien parfois. Si je pouvais créer une sorte de mini-chaîne, un petit bouche à oreille, même infime, qui me permette d'atteindre le Grâal, pourquoi pas ?

De mon côté, je vais continuer mes investigations. Peut-être le trouverai-je un jour... Peut-être jamais. Mais je ne compte pas lâcher le morceau. Surtout que sur le forum de BD sur lequel je me rends régulièrement, on est quelques uns à souhaiter se le procurer. Et même si j'apprécie vraiment ces personnes, je ne serais quand même pas fâché de leur damer le pion. Non mais ! Une saine émulation, quoi !

Et je le répète : je ne vous demande pas de le chercher à ma place. Juste de jeter un oeil si vous pensez être au bon endroit au bon moment. Et éventuellement, d'en parler un peu autour de vous, idéalement à des passionnés qui comprendraient le sens de ma démarche.

Merci beaucoup !

mercredi 2 mars 2011

Le geste


Quoi de plus beau lorsque l'on s'investit pleinement dans un travail que de constater que celui-ci est jugé à sa juste valeur ? Quoi de plus gratifiant, de plus valorisant qu'un travail reconnu par sa hiérarchie ?

On pourrait toujours dire que je manque d'objectivité mais je ne le crois pas. Certes, je suis très fier de Nath pour tout un tas de raison. Pour ce qu'elle est, d'abord. Sa personnalité attachante, son humeur souvent égale, joyeuse et communicative. Pour la place qu'elle s'est faite ensuite, à force de persévérance. Parce qu'elle croyait en elle tout simplement. Petit à petit, elle s'est bâtie une solide expérience. Pas à pas. Pierre après pierre. Dans un environnement parfois hostile où sa bonne humeur et son sens du service détonnent quelquefois.

Et puis, un beau jour, les qualités d'une personne sont reconnues, son travail est estimé à sa juste valeur. Et quand on connait l'importance de la reconnaissance dans un milieu du travail de plus en plus exigeant, on apprécie comme il se doit. Nath a la chance, depuis quelques mois, d'avoir un patron qui soit de cette trempe. De celle qui n'hésite pas à encourager ses troupes et à valoriser le travail bien fait.

Entre la fin de l'année 2010 et le début de 2011, Nath s'est particulièrement investie. On a beau savoir que ces périodes de travail intensif existent, encore faut-il pouvoir les gérer au mieux. Pas facile au quotidien. Mais on avance quand même. Et les tâches s'accomplissent.

Le patron a eu un geste fort en octroyant une prime à Nath. Hormis les commerciaux de l'entreprise qui, par contrat, en obtiennent une en fonction de leurs objectifs écoulés, elles n'ont été que deux à avoir cette prime. Nath et une de ses collègues avec laquelle elle travaille en étroite collaboration. Une belle prime assortie de quelques mots chaleureux qui donnent du baume au coeur. Un geste gratuit finalement que peu de patrons, j'en reste convaincu, se seraient donnés la peine de faire et qui le rend donc si précieux.

Un geste également précieux pour moi. De par ma situation actuelle, mon inactivité du moment, mes doutes (et mon appréhension surtout) quant à ma possibilité de pouvoir encore apporter quelque chose à une entreprise, je trouve que ce geste a une valeur inestimable, bien au delà du simple aspect matériel. Car c'est Nath qui cravache pour faire sa place dans l'entreprise. Et même si elle n'a plus grand chose à prouver au niveau légitimité, c'est un combat permanent. Et hors boulot, il lui faut ensuite composer avec moi et mes incertitudes du moment. Bref, je trouve que Nath tient beaucoup de choses à bras le corps. Alors quand elle en récolte quelques précieux fruits, je ne peux qu'être admiratif.

Et puis, comme l'a simplement fait remarquer son patron, de façon un peu plus terre à terre, "ça met du beurre dans les épinards !" Et par les temps qui courent, c'est important aussi !

Bravo la miss !