dimanche 25 avril 2010

En trompe l'oeil (5)


Juste quelques mots avant de vous laisser à votre lecture. Histoire un peu particulière aujourd'hui, que je dédie avant tout à mon cousin Titof qui comprendra le clin d'oeil, je pense. Histoire qui vaut ce qu'elle vaut d'autant que ce n'est pas un exercice que je maîtrise forcément mais je me suis bien amusé. Pas sûr que Brigitte y trouve son compte... là-aussi, vaut mieux prévenir ! Dernière petite chose, évitez d'aller en bas de page avant d'avoir lu l'ensemble de la "nouvelle", ça risquerait, pour certains, de gâcher un peu l'effet de surprise ! Allez, bonne lecture !



Hitochi, Koshi et Yoshida étaient tous trois recroquevillés mais cela n’empêchait en rien leurs agresseurs de continuer à les marteler de coups de pied là où ça fait mal. Sauf qu’ils avaient mal partout à présent. Leurs visages étaient boursouflés, tuméfiés, les mains de Koshi avaient été écrasées, Yoshida vomissait à présent en se tenant l’estomac. Hitochi était le plus mal en point. Il avait été soulevé sans ménagement par trois geôliers qui l’avaient ensuite traîné par les cheveux avant de lui fracasser à plusieurs reprises le crâne contre les barreaux de la cellule.




-Je vous repose la question, hurla l’homme au fouet dont on aurait pu considérer qu’il était « le chef » à défaut de savoir le chef de quoi. « Que faisiez vous à rôder autour des deux tours ? »

-Rôder ? Mais nous ne rodions pas, nous étions juste en train de rouler à scooter…, commença Koshi. Il ne pût finir sa phrase et sentit le crépitement électrique du fouet s’abattre sur lui comme une terrible brûlure qui l’aurait consumé de l’intérieur. Il hurla.

-FOUTAISES ! Nous avons cette photo ainsi que plusieurs vidéos prises dans le périmètre. Vous avez fait le même trajet à cinq reprises. Ne venez pas me faire croire que vous passiez là par hasard, ni que vous repassiez là par hasard, tout ceci cinq fois d’affilée ! QUE CHERCHIEZ VOUS ?

L’homme fit tournoyer son fouet dans les airs et son air se fit plus menaçant encore, si tant est que c’eût été possible.

-Je ne suis pas pressé mais je vous promets que lorsque vous partirez d’ici les pieds devant, vous nous aurez tout révélé ! A vous de voir si d’ici là, vous voulez vous épargner certaines souffrances ! Ou pas…

L’homme au fouet avait dit les deux derniers mots avec un sadisme évident. Les trois chinois allaient en baver, c’était clair. Ils le savaient tous les trois. Mais tant que l’émetteur fonctionnerait, il leur resterait une chance. Mais ils ne tiendraient pas indéfiniment.

-Alors, où en êtes-vous messieurs ? demanda soudain une voix dans l’entrebâillement de la porte de la cellule. Nos amis ont-ils parlé ?




Hitochi, Koshi et Yoshida tressaillirent en voyant entrer l’homme dans la pièce. Il portait une tenue d’apparat pourpre comme on en portait dans les plus anciennes dynasties chinoises. Ses mains gantées de blanc étaient ornées de bagues. L’homme avait les traits fins, une moustache toute aussi fine rehaussant la sévérité de ses traits. Il se faisait appeler le Mandarin et était redouté de tout l’Extrême-Orient. Il avait le sang de milliers de victimes sur les mains. Hitochi, Koshi et Yoshida étaient à présent persuadés qu’ils n’en réchapperaient pas. A moins d’un miracle. Un miracle rapide s’entend.

-Rassurez-moi, murmura le Mandarin en s’adressant à ses hommes et plus particulièrement à l’homme au fouet, vous les avez fouillés au moins ?

-Euh… Fouillés, mon Excellence ? Hé bien, c’est que…

-Vous êtes des imbéciles, tous autant que vous êtes ! Mes pouvoirs m’ont immédiatement signalé qu’ils possédaient un émetteur sur eux. Fouillez les et détruisez-le ! Et ensuite, tuez les !

Les trois amis se regardèrent, terrorisés. C’était la fin. L’émetteur allait être découvert et Il perdrait ainsi toute chance de les retrouver et d’arriver à temps.




L’homme au fouet s’approcha d’eux, un rictus démoniaque illuminant son visage balafré.

-Allez, mes mignons, évitez de me faire perdre mon temps et celui de Son Excellence le Mandarin. Donnez-moi l’émetteur, ne me forcez pas à venir le chercher…

Le fouet tournoya de plus belle et s’abattit avec une violence peu commune sur le pauvre Yoshida qui eût l’impression d’être plié en deux. Il se tordit de douleur, nu comme un ver. Ses habits et tout ce qui pouvait se trouver à l’intérieur avaient été carbonisé. Lui-même était passablement roussi, pour ne pas dire davantage.

-Au suivant de ces traîtres ! Pas de panique, vous allez tous y passer de toute façon… Allons, allons, qui a un joli petit émetteur à remettre à Son Excellence, hum, hum ?

Koshi craqua. Il éclata en sanglots et sortit de derrière son pantalon le fameux émetteur miniaturisé. Il savait qu’ils étaient tous condamnés mais il ne voulait plus souffrir. Juste mourir.

Le Mandarin leva un bras et une aura aussi pourpre que son costume sembla électriser son gant droit. Il fit un bref claquement de doigts et l’instant d’après l’objet fut au creux de sa main. Il le fixa quelques instants et cette fois, ce fut carrément son visage qui s’empourpra lorsqu’il lut la petite mention au dos de l’émetteur.

-Stark International, siffla le Mandarin entre ses dents. Ces sales gosses ont été envoyés par Tony Stark, ce qui signifie que…




Le Mandarin ne put finir sa phrase. La façade ouest de la cellule, celle où il y avait quelques secondes auparavant un semblant d’ouverture sur l’extérieur, vola en éclat dans un vacarme assourdissant. Un épais nuage de poussière et de fumée s’évapora progressivement, laissant apparaître un trou béant dans le mur.

-Tu fais toujours des miracles avec tes rétropulseurs, mon si fidèle ennemi ! Allez, viens donc, ne me fais pas attendre… Iron-Man !

L’homme au fouet et les geôliers étaient à présent enfouis sous les gravats mais aucune trace de l’homme en armure.

-Bon sang ! Mais où est-il ? Rugit le Mandarin. Pas la peine de te cacher, Tête de fer !

-Je ne crois pas qu’il se cache, bien au contraire, murmura Yoshida toujours nu et recroquevillé, mais souriant. Il a dû finir le travail, c’est-à-dire détruire vos deux tours dissimulant vos ogives nucléaires. Puisque vous teniez tant à savoir ce qui nous amenait ici, VOTRE EXCELLENCE ! Bon timing, Iron-Man ! Et avec la raclée qu’on vient de se prendre, ne retient pas tes coups !

-NON ! hurla le Mandarin. Empêchez-le de…

Son cri s’étrangla. Une explosion assourdissante se produisit, puis une seconde. Le Mandarin regarda là où se trouvait quelques secondes avant la façade ouest. Il vit au loin les deux tours s’effondrer dans un nuage de gravats et de poussière dans un vacarme terrible.

-NOON ! ! ! Tu as anéanti des années de recherche et de travail, Iron-Man ! Mais tu ne t’en tireras pas à si bon compte ! Tu es à moi ! Je vais devoir me priver d’un valeureux adversaire, il est vrai, mais je ne peux laisser cet affront impuni ! Et pour ce qui est de tes amis…




Le Mandarin leva les bras, une aura verdâtre étincelant à chaque extrémité de ses gants. Yoshida, Koshi et Hitochi furent soulevés de terre comme pris dans un champ de force tandis que le Mandarin sauta par l’ouverture provoquée par Iron-Man. Il se maintint alors en l’air, les trois chinois gravitant autour de lui. Quelques kilomètres plus loin, les tours avaient complètement disparu, et la menace nucléaire avec.

Iron-Man volait à présent à toute allure vers son ennemi de toujours. Chacun des combats qu’il avait disputés contre le Mandarin avait toujours été très compliqué. Et il avait des otages cette fois. Il devait au préalable trouver la bonne fréquence du champ magnétique crée par le Mandarin pour essayer d’en prendre le contrôle. Mais le Mandarin ne lui en laissa pas le loisir.

-Tu me déçois Iron-Man, ce champ n’a rien de magnétique, ni d’énergétique d’ailleurs. Mes pouvoirs sont naturels, fruits des enseignements des plus grands maîtres des plus fameuses Dynasties de l’Orient. Mais puisque mes pouvoirs semblent t’intéresser, amuse toi donc.




Le Mandarin eut un bref sourire et ce fut tout. Les trois chinois tombèrent vers le sol tandis qu’Iron-Man fondait sur eux. Le Mandarin leva son bras gauche, murmura quelques mots dans un dialecte inconnu au commun des mortels et un faisceau s’abattit sur l’homme en armure qui hurla de douleur tout en s’écrasant au sol avec les trois personnes qu’il avait tenté de sauver.

Le Mandarin lança une nouvelle attaque, bien plus violente que la précédente. Il toucha à nouveau Iron-Man en plein dans le dos avec une violence inouïe. Un cratère s’était creusé dans le sol.

Le Mandarin se tenait toujours plusieurs mètres au dessus du sol. Il avait un rire hystérique qu’il contrôlait de plus en plus difficilement.

-Ha ! Ha ! Ha ! Presque trop facile, Tête de Fer ! Mais je te tiens enfin ! Peu importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse, n’est-ce pas ce que l’on dit toujours ? Huh ???

L’homme au costume pourpre s’interrompit soudain. Dans le cratère creusé par les rafales successives du Mandarin, l’armure d’Iron-Man se mit à bouger. Il se redressa péniblement. Yoshida, Koshi et Hitochi étaient également indemnes, bien que sonnés par leur périple dans l’espace « aérien » chinois.

-Mais… que… cet homme est un démon ? Ce n’est pas possible ? Hurla le Mandarin, fou de rage.

-Mes champs de force ne sont peut-être pas aussi naturels que les tiens, Mandarin, mais ils fonctionnent tout aussi bien. Et maintenant, on va solder nos comptes. Je vais te faire passer le goût de la barbarie, sois-en certain !




Iron-Man fondit sur le Mandarin encore trop surpris pour réagir. Un avantage que Iron-Man mit aussitôt à profit pour lui envoyer une triple dose de rayons lasers. Le Mandarin fut frappé de plein fouet, ce qui provoqua un effet de recul de près de cent mètres. Il se retrouva catapulté dans la cellule… qui perdit du coup sa façade est !

-Maudit sois-tu Iron-Man ! Tu essaies de me confiner dans un espace réduit mais je…

-Tu parles trop Mandarin, répondit Stark, l’alter ego d’Iron-Man, en lui balançant quelques rafales supplémentaires, toujours avec la même détermination et la même violence.

-Arrrghh !

Iron-Man prit le Mandarin, momentanément KO, à bras le corps et prit de l’altitude à une vitesse folle. 100 mètres, 200 mètres, 500 mètres, 1000 mètres…

-Nous allons voir qui de nous deux fait le plus beau cratère, Mandarin !




Avec rage, Iron-Man poussa son ennemi de toutes ses forces vers le sol comme un joueur de base-ball qui aurait cherché le tir d’une vie de compétition. Il y ajouta quelques rafales laser qu’il balança des paumes de ses gants à pleine puissance.

Le bruit fut indescriptible. Le Mandarin s’écrasa avec fracas sur le sol, creusant un cratère d’une bonne vingtaine de mètres. Iron-Man savait que cela ne le tuerait pas mais il savait qu’il serait amené à le retrouver tôt ou tard. Mais il ne devait pas s’éterniser ici. Il n’était pas forcément très bon pour un américain de rester trop longtemps en terre chinoise. Et il devait protéger ses nouveaux amis qu’il avait mis, un peu malgré lui, en danger. Ils avaient morflé et il avait une dette envers eux. Ils seraient en danger tant qu’ils resteraient sur le sol chinois mais un avion affrété par la compagnie Stark International rapatrierait tout ce beau monde et gèrerait les aléas administratifs.

Le Mandarin était toujours inconscient au fond de son trou de pierre et de terre. Iron-Man récupéra ses trois amis et actionna son champ de force. Il prit alors son envol en direction de l’avion qui les attendait non loin de là et disparut à l’horizon.






vendredi 23 avril 2010

Carte blanche à Nath (1)

Au pays de Niiiiils !!

Ce jeudi après-midi fut une escapade en terre inconnue, voire un voyage un peu surréaliste.
Je décidais ma gentille voisine Claudine (la femme de Marc) à m'accompagner faire un petit tour à la découverte de nos contrées...et voilà que nous débarquâmes, au milieu de nulle part, parmi un élevage d'oies. Evidemment, j'eus une p'tite pensée pour mon compagnon d'enfance Nils Holgersson et je me surpris à scruter en détail le "troupeau" à la recherche du "P'tit bonhomme"en vain.... D'ailleurs, si vous le voyez, faites-moi cygne (trop forte celle-là) !


Nous descendîmes alors une route toute caillouteuse et cabossée, traversant une gigantesque noyeraie pour arriver ICI :


Et là...le souffle coupé, l'appareil photo de sortie, bien évidemment. Après Nils Holgersson, nous voici au pied du mystérieux château de Montfort survolé par des corbeaux et au bord de ma chère Dordogne... Je n'ose pas m'asseoir car ma copine Claudine souffre en position assise. Alors nous voilà toutes deux en train de papoter debout tout en profitant du calme et de la beauté environnante.



Enfin du calme... vite dit car un groupe de randonneurs vint troubler la quiétude des lieux... mais je leur pardonnai bien vite lorsque l'un d'eux nous offrit un "Werthers original" puis un autre un "Ricola au cassis". Evidemment, il a bien fallu que je fasse tomber ledit Werthers dans le sable en l'otant de son emballage ahhhhh la "Souffrance du jeune Werther" (pour les initiés) et surtout la mienne... Heureusement, une bonne âme a sorti sa gourde et a délicatement nettoyé le caramel... C'est alors que j'appris que ces joyeux lurons n'étaient autre que les randonneurs de Carsac du jeudi après-midi...je décidai alors de me joindre à eux la semaine prochaine.
Oui, vraiment, quelle chouette escapade !!

mardi 20 avril 2010

En trompe l'oeil (4)


Voici déjà le quatrième rendez-vous de cette récente rubrique. Avant de démarrer, je voulais apporter quelques précisions sur la photo de la semaine dernière sur laquelle j'ai lamentablement séché. Bon, c'est vrai que j'ai tenté une approche au second degré, qui n'a peut-être pas été comprise comme telle et dans laquelle je partais d'un gars en panne d'inspiration qui se frustre de n'avoir rien à dire. Cela dit, je vais être honnête, il est clair que je n'ai pas été inspiré. Il faut dire que les éclaircissements de Titof (dont je vous rappelle qu'il laisse un commentaire sur ce blog sur sa photo précédente lorsqu'il m'en envoie une nouvelle, afin d'en préciser l'origine et l'histoire puisque chaque photographie a son histoire, comme chacun sait...) ont été salutaires puisque je n'avais même pas réussi à trouver où avait pu être pris ce cliché. J'avais d'ailleurs été déstabilisé car l'ensemble me paraissait un peu "vieillot" et je me demandais bien où Titoff avait pu aller chercher ça. J'aurais dû y penser tout de suite... après coup.


Allez, je parle, je parle... Stop ! La nouvelle photo est là, voici mes bafouilles... et je vous en reparle brièvement après !


-Qu’est ce qu’il a à nous regarder comme ça, lui ?

-Ca y est, tu recommences ! Il suffit que je me mette à lire le journal pour que tu interrompes ma lecture, c’est systématique !

-Non mais regarde le enfin ! Il n’arrête pas de nous dévisager, je te dis !

-Nous sommes sur des toiles de maître et c’est un amateur d’art à Montmartre. Que veux-tu qu’il fasse d’autre à part nous regarder ? En plus, ils sont des milliers à nous observer chaque jour et ça fait des années que ça dure, je ne vois vraiment pas où est le problème !

-Oui mais lui ça me met mal à l’aise, je ne saurais pas dire pourquoi !

-Il a l’air bien gentil pourtant ce brave monsieur. Je ne suis pas sûr que tu aies grand-chose à craindre de lui.

-Oui peut-être, mais quand même je ne suis pas rassuré.

-C’est peut-être cet air de ressemblance. Même barbe, même béret, même tête, quoi !

-Tu es sûr ? Ca par exemple, je n’y avais pas prêté attention… Mais maintenant que tu me le dis…

-J’en profite pour te dire aussi, puisque tu sembles faire attention à ce que je raconte, que je voudrais bien finir de lire mon journal en paix !

-Il me semble quand même que ça fait un sacré bout de temps qu’il est là ! Oh là là ! Suppose qu’il m’achète, tiens ! Je ne serais pas dans la panade !

-Des toiles qui trouvent acquéreurs, il y en a des centaines chaque jour et ça a toujours été comme ça, je ne vois pas où est ton problème !

-Tu t’imagines, toi, partir avec un parfait inconnu ? Moi pas ! J’aime bien cette petite place, le vieux Paris, les gens qui passent, cette atmosphère si particulière… Pas envie de me retrouver confiné je ne sais trop où… ou exposé comme une vieille croûte dans une maison sinistre !

-En tout cas, il n’a pas l’air décidé à s’en aller, ton nouvel ami. Je crois bien qu’il hésite… Mais il va se laisser tenter, c’est sûr ! Il se dit peut-être que ça lui reviendra finalement moins cher que de se faire faire un autoportrait !

-Hé ho ! C’est bon, hein ! Je ne lui ressemble pas tant que ça, quand même !

-Oh, moi, ce que j’en dis…

-Tu m’agaces, lis ton si précieux journal et fiche moi la paix ! Oh non, regarde ! Il sort son porte-monnaie ! C’est la fin ! Je vais être acheté ! Oh non, non, non !


… Alors, tu as fait une affaire ?

-Tu parles, j’ai eu les deux pour moins de 100 euros ! Enfin bon, moi, c’est surtout le vieillard au journal qui m’intéressait… L’autre franchement, il a une drôle de tête… Mais bon, à ce prix là, c’était donné, alors autant prendre les deux !

-C’est marrant parce que maintenant que tu parles de tête, je trouve qu’il y a un air de ressemblance entre toi et le personnage du second tableau ! Bizarre que tu préfères le vieil homme au journal, non ? Parce que du béret à la barbe, je trouve que l’autre te ressemble quand même de façon assez bluffante !

-Mouais, ça se discute… Je peux comprendre ton point de vue. Mais vois-tu, je trouve qu’il ne fait pas très intelligent. En plus, j’avais l’impression qu’il me fixait du regard ! C’était étrange comme sensation mais je ne te dis pas comment je me suis senti mal à l’aise ! Pourtant, j’en ai vu des tableaux ! Et il faut voir comme le vendeur insistait pour s’en débarrasser ! Allez, on va fêter ces quelques achats en buvant un canon ! Je t’invite au premier troquet du coin !



Juste quelques mots... pour une fois que j'ai une idée "directrice". Je ne savais pas trop où j'allais mais dès le départ, j'ai volontairement opté pour seulement du dialogue, de bout en bout. Je trouvais que ça tranchait bien avec la photo de mon cousin basée sur l'observation et les non dits, entre le passant amateur d'art d'un côté (Titof nous dira peut-être d'ailleurs si le "passant" et le peintre ne font qu'un en réalité...) et les toiles de l'autre.

lundi 19 avril 2010

Puzzle à deux...



Quand les choses ne vont pas comme elles devraient, quand on se sent à nouveau glisser vers des incertitudes hostiles, il est alors des petits plaisirs auxquels on s'accroche avec l'énergie du désespoir.


Cela peut être partager un week-end entre amis, même si l'on n'est pas aussi disponible ni aussi détendu qu'on le souhaiterait. Cela peut être revoir avec ces mêmes amis l'ultime épisode de Monk dont j'ai déjà parlé dernièrement comme un partage. Cela peut être également le simple plaisir de sortir le salon de jardin de la remise et de manger dehors tous ensemble sous un grand soleil sur un terrain fraîchement tondu.


Et puis, cela peut enfin être partager un moment à deux, avec sa chère et tendre, dans la résolution d'un puzzle. Rien de très romantique, me direz-vous, ni de franchement enthousiasmant au premier abord... Et pourtant. Ces cinq heures (eh oui, quand même !) passées à se creuser les méninges en duo pour que chaque pièce trouve sa bonne place auront fait du bien. 500 pièces plus loin, le sentiment du devoir accompli est bien là, aussi futile soit-il. Cinq heures à deux, à prendre du plaisir sans penser, ou si peu, à tout le reste, voilà un luxe enviable.


Bien sûr, le choix du puzzle n'étonnera pas vraiment ceux qui me connaissent. Cela dit, on en a quand même bavé, faut pas croire ! Le puzzle n'avait éventuellement d'enfantin que son thème. Parce que, pour le reste ! Plutôt coton, le puzzle Super Mario Galaxy !


On s'est bien amusés. On a pris du plaisir. On s'est vidé la tête. Et quoi que nous réservent les prochains jours, les prochaines semaines, c'est toujours ça de pris !


vendredi 16 avril 2010

Tony Shaloub est Adrien Monk



Tout comme il existe des livres dont vous ne savez pas à quoi vous attendre et qui vous comblent au delà de toutes vos espérances ("Qui fait peur à maman ?" de Tibet pour ceux qui habiteraient sur une autre planète, depuis le temps que j'en parle...), il existe des séries dont vous n'attendez rien a priori et qui vous transportent 8 années durant. Monk est de celles-là. Pourtant, je n'étais pas franchement emballé à l'idée de regarder cette série où un ancien inspecteur est mis à pied suite à des troubles compulsifs obsessionnels (TOC) aggravés par le meurtre de sa femme dans une explosion. Le héros, Adrien Monk, au physique passe partout, me semblait fadasse et je ne comprenais pas l'engouement pour cette série que TF1 rediffusait allègrement.

Sauf que l'essayer, c'est l'adopter. Vraiment. Tony Shaloub est exceptionnel dans ce rôle. Les superlatifs manqueraient presque. D'ailleurs, son travail d'acteur sur la série a été récompensé à de multiples reprises. Il est prodigieux dans ce rôle tout en nuances où comédie et drame s'entremêlent avec bonheur. Il faut le voir par exemple, alors qu'il souffre de cécité pour les besoins d'un épisode, sur une poutre métallique à quelques centimètres du sol alors qu'il est persuadé d'être sujet au vertige à plusieurs dizaines de mètres au dessus. Ou être confronté à ses multiples phobies au fil des épisodes. Surtout ne pas croire que l'exercice est facile. Tony Shaloub montre ainsi qu'il est un acteur immense, trop sous employé jusqu'à présent. Il y a le jeu de l'acteur mais aussi son intonation si particulière lorsqu'il est confronté à ses si nombreuses angoisses. Une prouesse pour le doubleur, Michel Papineschi, véritablement habité par le personnage de Monk, mais il faut dire que le comédien excelle dans le doublage puisqu'il a longtemps été la voix attitrée de Robin Williams.

Pendant huit années, Monk aura baigné mes après-midi, à grand renfort d'énigmes plus ou moins tarabiscotées, mais qui auront toutes eu le mérite de mettre en avant un TOC ou une angoisse particulière. Avec toujours ce qu'il faut d'émotion, de subtilité, pour que l'on ne soit jamais déçu, malgré des épisodes forcément plus faiblards que d'autres. Il faut dire que tous les acteurs sont au diapason, Ted Levine en tête dans le rôle du Capitaine Leland Stottlemeyer. Mention spéciale également à Traylor Howard alias Natalie Teeger qui joue le rôle de l'assistante d'Adrien Monk et qui a dû remplacer dans le coeur des fans de la première heure, le personnage de Sharona Flemming, infirmière de Monk et interprété par Bitty Schram. Une passation de pouvoir pas si aisée mais heureusement le personnage de Natalie Teeger n'a pas cessé de s'étoffer, principalement dans les deux dernières saisons. Un dernier mot enfin sur Stanley Kamel qui jouait le psychiatre de Monk, le Docteur Kruger, et qui est tragiquement dédédé d'une crise cardiaque pendant la pause entre le tournage de la saison 6 et 7. Et sur Jason Gray-Stanford, alias le Lieutenant Randy Disher, impayable de bout en bout.

Huit années de pur bonheur télévisuel comme on en connait peu. Mais tout a une fin. Monk vient de tirer sa révérence et je viens de voir le dernier épisode ce midi. L'avantage, c'est que les producteurs, scénaristes et réalisateurs de Monk savaient à l'issue de la saison 7 que la huitième serait la dernière. Alors, ils ont soigné leur sortie. Avec une vraie fin, pleine d'émotion. Une fin où la boucle est bouclée, où Adrien Monk résoud enfin le meurtre de sa femme disparue en 1997. Je craignais vraiment qu'un épisode double ne soit pas suffisant pour clôturer une telle série. D'ailleurs, la fin de la première partie m'avait un peu laissé sur ma faim. Je ne voyais pas trop comment achever une si belle aventure en 42 minutes, sans bâcler quoi que ce soit. Mais décidément, les scénaristes sont très forts. Trois quarts d'heure plus tard, l'affaire était rondement menée. Et tellement plus encore. Du grand art et un infini respect du spectateur pas si fréquent chez nos amis américains qui ont le don de parfois saborder leurs séries autrefois fétiches comme FBI portés disparus par exemple qui s'était un peu achevée en eau de boudin au bout de 7 saisons certes inégales mais globalement de qualité, quoique d'un tout autre registre.

Quoi qu'il en soit, Monk m'aura tenu en haleine de bout en bout. M'aura fait vibrer. Des rires aux larmes avec un égal bonheur. Jusqu'à ce final qui aura tenu toutes ses promesses. Alors un immense merci à Monk, à Tony Shaloub, à tous ceux qui auront fièrement porté à bout de bras ce monument de la série TV américaine.

J'en aurais bien repris pour huit ans de plus. Encore que... Pas forcément aisé de toujours se renouveler au fil des années. Mais Monk et son univers vont me manquer. Me manquent déjà.

Ouais. Sacré putain de vide quand même ! Mais surtout merci ! Un immense merci ! Quel pied pendant ces huit ans ! Je pense que les DVD n'ont pas fini de repasser en boucle ! Merci Tony !

lundi 12 avril 2010

John Forsythe 1918 - 2010



Encore une grande pointure des séries TV qui nous a quittés dernièrement. John Forsythe s'en est allé le 1er avril. Ceux qui ont suivi le feuilleton Dynasty n'ont pas pu oublier le rôle de Blake Carrington qu'il a tenu pendant près de dix ans.
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Frère "ennemi" de Dallas dans les années 80, Dynasty s'en éloigne pourtant assez rapidement en laissant les histoires de pétrole au second plan pour un côté glamour assumé mais pas toujours très palpitant. Pourtant, ça fonctionne globalement grâce à des intrigues tarabiscotées dont les américains ont le secret. Il faut dire qu'avec Dallas, Knots Landing (Côte-Ouest), Dynasty donc, et autres Flamingo Road, les séries surfent sur la vague du succès.
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Pour le reste, c'est aussi le jeu des acteurs qui emporte l'adhésion. Je souris chaque fois que l'on veut faire des fictions "à l'américaine" alors que la façon de jouer n'est de toute façon pas la même. Au bout de 30 ans, chez nous, on en est encore à s'extasier devant le succès de "Plus belle la vie", de ses histoires improbables, et de son jeu d'acteurs catastrophique.
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Dans Dynasty, tout comme dans bon nombre de séries de l'époque, Dallas en tête, les acteurs savent ce qu'ils ont à faire. Et comme en plus ils sont bien dirigés, on y croit devant son petit écran. John Forsythe interprète donc avec brio le patriarche de la famille Carrington sur laquelle il règne d'une main de fer dans un gant rarement de velours. Le charisme de l'acteur, la puissance de son regard et sa stature imposante finissent d'emporter l'adhésion. Il faut dire que John Forsythe n'est pas vraiment le premier venu. Surtout connu pour ses apparitions dans des films d'Hitchcock (Mais qui a tué Harry, L'étau), il a également été la voix en VO de Charlie dans "Les drôles de dames". Avec Dynasty, il devient une star du petit écran, récompensé de deux Golden Globes.
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Encore une apparition qui ne nous rajeunit pas... Mais quelle époque que celle des Dallas, Dynasty et consorts ! J'en reprendrais bien, tiens ! Merci monsieur Forsythe !

dimanche 11 avril 2010

Les 60 ans et la retraite de Marc

Parce que j'ai la mémoire d'un poulpe en ce moment (et ne me dites pas qu'un poulpe a de la mémoire sinon ça fout mon effet en l'air), je ne me souvenais plus, honte à moi, avoir déjà parlé de Marc et Claudine, deux de nos voisins et surtout deux très grands amis. Nath m'a très justement rappelé que c'était ici.


Une nouvelle amitié a toujours quelque chose d'extraordinaire et de profondément flippant en même temps parce qu'on ne sait pas trop où l'on va, ni même si cela va durer ou pas. On se pose des questionnements bêtes sur la fragilité (ou la force, c'est selon) d'un tel équilibre. Personnellement, je ne compte pas mes amis sur les doigts des deux mains. Par choix aussi puisque j'ai beaucoup fait de ménage dans ma vie, à différentes époques, de façon plus ou moins inspirée d'ailleurs. Mais ceux qui restent, j'y tiens comme à la prunelle de mes yeux. Marc et Claudine font partie de ceux-là. Immanquablement. Indéfectiblement. Amitié naissante mais si forte. Je vous avais d'ailleurs parlé de ce qui nous avait lié au départ. Dommage qu'il ait fallu un drame de leur côté car c'est un peu ce drame qui nous a rapprochés. Bien évidemment, nous avons très largement dépassé ce cadre là depuis mais il est vrai qu'une rencontre, une amitié, des affinités tiennent parfois à rien. Et quand la magie opère, on sait quelque part qu'on ne se quittera plus.


Hier soir, nous étions à quelques kilomètres de Carsac-Aillac, à Groléjac, petit bourg voisin, pour fêter les 60 ans et la retraite de Marc. Bon, concernant les 60 ans, Marc n'en finit plus de les fêter (il est tout de même né un 15 janvier !) mais il n'y a jamais assez d'occasions de se retrouver et de faire la fête. Et puis la retraite donc. La vraie, celle tant attendue, et qui ouvre finalement bien plus de portes qu'elle n'en referme tellement ces deux-là sont actifs comme pas deux.


C'était une superbe soirée qui nous aura aussi permis de voir de nouvelles têtes, de faire de nouvelles rencontres. Les festivités avaient en fait démarré le vendredi soir où, après avoir décoré la salle des fêtes pour le lendemain, nous nous étions retrouvés à huit autour d'une fameuse raclette. Une tablée à la bonne franquette, sans chichis et joyeuse.
Et puis hier soir donc. Une soirée parfaite. De l'ambiance, de l'émotion, des rires. Une soirée réussie de bout en bout, avec un repas de choix concocté par un traiteur vraiment talentueux. Les papilles s'étaient déjà délectées lors de l'apéro et le meilleur était encore à venir ! Je ne vais pas vous faire le coup d'énumérer les plats du menu mais tout était très bon, servi chaud dans les assiettes, avec la possibilité de se resservir à loisir.



Une soirée également placée sous le signe de l'émotion lorsqu'un de leurs très bons amis, Jean-Claude, est revenu sur la vie de Marc et de sa chère Claudine. Un passage fort pour nos deux amis. Et une belle preuve d'amitié au passage, une de plus.
Et puis l'ambiance tout au long de la soirée. Festive de bout en bout. Fidèle à moi-même, je ne me suis pas hasardé sur la piste de danse, sauf à un moment où je n'ai pu me dérober pour l'incontournable slow. Pour le reste, j'aurai consenti quelques excès sans avoir à me laisser convaincre bien longtemps, il est vrai... Je me souviens encore vaguement de mon docteur qui en milieu de semaine me disait que je pouvais bien "prendre une petite coupe". Aie, aie, aie, s'il savait... Mais bon, on a qu'une vie...




D'ailleurs, va falloir que je vous laisse ! On remet ça dans un petit quart d'heure ! C'est pas une vie, c'est moi qui vous le dis ! Ca va faire bizarre, demain, le retour à la réalité ! Mais en attendant, une seule chose à faire : profiter.
Marc et Claudine, vous êtes des personnes rares ! Ne changez pas surtout ! Et merci !


samedi 10 avril 2010

François Morel est partout ! ! !



Et je ne vais pas m'en plaindre, tant cet auteur interprète comédien acteur écrivain sait tout faire, à un point que ça en deviendrait presque énervant si ce n'était pas aussi jubilatoire.


Après "Collection particulière", premier album suivi d'un spectacle en compagnie de son complice Reinhardt Wagner (et qui a fait l'objet d'une excellente captation en DVD), François Morel récidive ces jours-ci en sortant "Le soir, des lions" où on retrouve tout ce qui avait fait le charme du précédent opus : poésie, regard décalé et sens de l'absurde, gravité aussi pour un résultat globalement très satisfaisant. Nath et moi, on l'a adopté en tout cas ce deuxième album.

Il n'y a plus qu'à espérer que le spectacle d'ores et déjà prévu fera l'objet d'une future sortie DVD. Car François Morel est avant tout un homme de scène. A ce titre, la pièce "Collection particulière" tirée de son album du même nom était jubilatoire à plus d'un titre, d'une part parce que François Morel donnait libre cours à ses talents de chanteur, mais aussi parce que les intermèdes entre chaque titre donnaient lieu à des joutes complices entre lui et son pianiste, voire à des interventions décalées dont il a le secret.


Il faut dire que François Morel a été à bonne école. On ne peut pas revenir, même brièvement, sur son parcours sans évoquer la cultissime série "Les Deschiens" que l'on a adoré aimer ou détester, c'est selon. Pour ma part, j'ai toujours trouvé "Les Deschiens" jouissifs, peut-être parce que tous les travers, plus ou moins exagérément caricaturés, y étaient représentés. Il faut aussi reconnaitre que si François Morel était souvent très bien entouré par des acteurs au diapason (Philippe Duquesne, Olivier Saladin ou encore Bruno Lochet en tête), c'est véritablement lui qui était l'âme des Deschiens. Et on oublie trop souvent à mon sens la prouesse que cela représente d'un point de vue artistique que de faire rire, d'autant que le spectacle était aussi visuel (mimiques, gestes) que remarquablement écrit.


Quand il n'est pas sur scène ou quand il ne pousse pas la chansonnette avec le talent qui est le sien, il ne dédaigne pas tourner pour le cinéma, même si je le connais assez peu à ce niveau là, excepté dans "Le bonheur est dans le pré". Sa filmographie est même plutôt conséquente.


Et puis François Morel écrit. Beaucoup. Souvent. Après tout, il est diplômé en Lettres et ce n'est pas anodin. Ses talents littéraires font merveille lors de ses interventions quotidiennes en radio (Oui, oui, il fait ça aussi...). Régulièrement, il publie des livres, toujours empreints de la même poésie, d'un sens de l'absurde et des situations décalées qui le rendent finalement immédiatement identifiable. Dernier coup de coeur en date en ce qui me concerne : "Bien des choses" aux éditions Futuropolis, qui est en fait une adaptation d'une pièce qu'il avait précédemment écrite (et jouée) pour le théâtre.


François Morel se replonge alors avec délectation dans le monde des cartes postales, telles que l'on se les envoyait à l'époque pas si lointaine où Internet n'existait pas ou si peu. C'est un ouvrage que je ne saurais que trop vous conseiller d'autant qu'il est illustré par Pascal Rabaté. Je ne résiste pas à l'envie de vous proposer quelques morceaux choisis :


Chère Madame Brochon,
Nous sommes à l'aéroport de Roissy (...) J'ai oublié dans la précipitation du départ de renvoyer le dernier bulletin du concours de mots fléchés. Tout est sur la table de la cuisine. Voulez-vous bien le poster en allant arroser les plantes ? D'avance merci et aussi pour votre aide précieuse : "Transpire en trois lettres", c'était bien "sue".
Madame Rouchon


Suivi de :


Aéroport de Sofia
Chers monsieur et madame Brochon,
Roger vient de me mettre le doute dans mon esprit. Il me dit que "sue", en général, c'est "l'homme aux mystères". Je lui ai dit que ce n'était pas incompatible, puisque quand on vit une situation mystérieuse, il me semble qu'il est normal de transpirer... Je ne sais plus quoi penser...
Madame Rouchon


Allez, deux, trois derniers pour la route :


Toute la journée, j'étais contente. Robert était tout gai.En nettoyant la voiture, il n'arrêtait pas de siffler "J'ai fait l'amour avec la mer, j'ai fait l'amour avec la mer..."
Ce soir, si je fais le bilan de la journée, je constate que j'ai fait les courses avec la belle-soeur, les pâtes avec le pistou, la chambre avec l'aspirateur, le dîner avec les restes. Quant à l'amour, je ne l'ai fait ni avec la mer, ni avec le père, ni avec personne.
Janine


Chère Janine,
Hier Roger m'a dit "Et si on faisait Pondi, chérie...". J'ai tout de suite dit oui. C'est si rare qu'il me parle un peu tendrement...
Madeleine


Chers monsieur et madame Rouchon,
Aujourd'hui, nous profitons d'une belle journée de farniente pour écrire nos cartes postales. Une excursion a été organisée pour aller voir le pain de sucre, mais avec le diabète de Robert, nous avons jugé plus raisonnable de rester à l'hôtel.
Monsieur et madame Brochon


Oui, François Morel est sur tous les fronts. Mais quel plaisir... A partager bien évidemment...

En trompe l'oeil (3)



Je regardais la photo depuis bientôt deux heures. Et plus je la regardais, plus je maudissais mon cousin Titof de me l'avoir envoyée. C'est vrai quoi, que pourrais-je bien raconter cette fois-ci ? Avait-il trouvé la parade à mon imagination débordante ? M'avait-il mis face à mes propres limites ? Avait-il trouvé la fameuse photo qui me laisserait devant une page blanche ?

Bon... surtout, pas de panique. Qu'avions-nous ? Des cabines à l'ancienne au dessus d'un relief plutôt escarpé. Sinueux tout au moins. Pfff... même pas de neige pour créer une atmosphère...


Alors ensuite... A ce que je pouvais en voir, ou en deviner, les personnes présentes dans les cabines n'avaient pas l'air paniqué ou ce genre de trucs... Bref, je ne pouvais même pas prétexter une panne électrique, un scénario catastrophe, des cables qui lâchent, des cabines qui se détâchent, des gens qui tombent et qui font "splatchh" ou "craaaaaakkkk" en s'écrasant au sol... Oups, pardon, je ne me rappelais pas que vous étiez encore là, mes chers et fidèles lecteurs... Et puis je sais que mon amie Brigitte n'aime pas trop quand mon esprit vagabonde dans ces directions là...


Bref, j'étais confronté à une photo où il ne se passait rien. Où les personnes présentes semblaient passer un bon moment à deux, confinées dans leurs cabines à plusieurs dizaines de mètres d'altitude, en attendant d'arriver à bon port.


Mais je devais bien transiger, prendre une décision. Je me rappelai alors que mon cousin Titof était un ancien champion de judo. Je le visualisai alors dans mon esprit et il apparut face à moi dans son kimono blanc immaculé. Il s'inclina devant moi respectueusement et j'en fis de même.

Et là, piteusement, devant mon cousin estomaqué, je fis la seule chose qui me semblait possible dans ce type de situation extrême.


Je lui rendis sa photo et déclarai forfait.


Comment je l'ai mouché, là ! ! !

Je suis patron ! ! !



Qui l'eût cru ? Au chômage il y a moins d'un mois et patron aujourd'hui.


Non, non, je ne suis pas devenu calife à la place du calife au CIAS (J'ai suffisamment à gérer à la place qui est la mienne) mais...


J'ai osé, je suis un petit, je me suis défilé, j'ai craqué... malgré les reproches de Nath et ses gros yeux.


J'ai débauché mon voisin 3 heures par mois pour qu'il vienne tondre la pelouse et entretenir les bordures.


Je ne suis pas fier, vous savez... enfin si... je jubile même, si vous voulez vraiment tout savoir !


Que voulez-vous ?... Je n'ai pas la main verte, c'est une évidence. Dès que je vois une tondeuse, j'ai l'impression qu'elle va me courser, comme la voiture folle dans "Christine" ou le poids lourd de l'horreur dans "Duel". Vous voyez bien que j'ai des circonstances atténuantes...


Du coup, me voilà patron ! Et mon premier salarié commence lundi ! Quelle excitation mes amis !

"Qui fait peur à maman ?", coup de coeur XXXL



Il est des livres que l'on découvre sans forcément en attendre grand chose et qui laissent une empreinte indélébile. Certes, je recherchais désespérément l'ouvrage de Tibet "Qui fait peur à maman ?" mais peut-être pas pour de bonnes raisons. Etait-ce par curiosité puisque Tibet (alias Gilbert Gascard) n'était jusqu'alors essentiellement connu que pour ses talents de dessinateur ? (encore qu'il ait eu la double casquette scénariste dessinateur sur Chick Bill) Etait-ce parce que ce grand monsieur de la BD nous avait quittés quelques mois plus tôt alors que Ric Hochet avait baigné mon enfance et adolescence et bien au delà ? Etait-ce, plus simplement, pour posséder un ouvrage de Tibet que je n'avais pas encore ? Ou pour me risquer à une déception de lecture ?


Probablement un peu de tout ça. Il est vrai aussi que je ne m'attendais pas à avoir la moindre difficulté pour me le procurer. Mais entretemps la maison d'édition a mis la clé sous la porte et le livre est devenu très rare. Heureusement, il est des amis qui ont rendu cette acquisition possible.


Je ne l'ai pas lu tout de suite d'ailleurs. Je voulais en profiter pleinement. Et ayant eu quelques semaines cahotiques, je ne voulais surtout pas altérer le plaisir de lecture. Et puis, par une fin de semaine somme toute classique, j'ai enfin ouvert le fameux ouvrage. Il était tard. J'ai dû m'arrêter à regret à la 60e page. Pour mieux engloutir le reste dès le lendemain. Les 130 pages restantes. Engloutir fait un peu rabelaisien mais le mot est à peine trop fort tant j'ai pris du plaisir.


"Qui fait peur à maman ?" est préfacé par Salvatore Adamo, grand ami de Tibet et passionné de BD. La préface est chaleureuse, complice, juste ce qu'il faut. Un premier plaisir. Suivi d'un choc. Car le livre s'ouvre sur ces quelques lignes. Je ne résiste pas à l'envie de les partager avec vous. Ceux qui me connaissent, ou qui m'ont déjà lus (En principe, ce sont les mêmes...), comprendront l'importance de ces mots vis à vis de l'enfant que j'ai été. Et le fait que Tibet ait justement choisi de commencer son récit par là a ajouté à l'émotion de la lecture.


Je hurle de terreur depuis des heures.
Je hurle à m'en déchirer la gorge.
Personne ne m'entend... Ou on refuse de m'entendre.
Je suis enfermé dans une cave humide et froide
qui sent le pipi de chat.
Je suis enfermé dans le noir.
Le noir de mes pires cauchemars.
La nuit me terrorise depuis toujours.
Je hurle tassé sur l'escalier de pierre suintante,
blotti contre la porte d'où surgira mon sauveur...
Je grelotte dans mes vêtements trop légers, des
vêtements de régions plus douces.
Qu'est-ce que je fais à mille kilomètres de ma maison ?
A mille kilomètres de Marseille, de sa lumière,
de sa chaleur ?
"AU SECOURS !... Je n'ai que quatre ans..."


A partir de ce moment, on plonge avec Tibet dans ses souvenirs d'enfance. On passe par toutes les émotions possibles, des rires aux larmes. Vraiment. On découvre cet enfant déraciné qui a dû quitter Marseille, sa ville, pour s'installer avec sa famille en Belgique. On en apprend bien évidemment les raisons dont l'essentielle donne le titre à l'ouvrage. Mais je ne veux pas trop en dire. Parce que je compte bien partager ce plaisir de lecture avec le plus grand nombre.


Disons simplement que le contexte géopolitique de l'époque est celui de la seconde guerre mondiale, des tickets de rationnement, de la pension. Avec, en toile de fond, les problèmes familiaux, la maladie d'une mère, l'éloignement d'un père. Les questionnements d'un enfant de quatre ans qui grandit tant bien que mal, à travers une passion naissante du cinéma et les 400 coups qui pimentent une existence pas facile. Un enfant qui se cherche.


A ce titre, certains chapitres prennent aux tripes, dès que le spectre de la guerre ou de la famille décomposée apparaît. Mais la force de Tibet est d'avoir toujours su contrebalancer cette gravité par des anecdotes franchement hilarantes. D'avoir su finalement rester un enfant autant que cela puisse être possible. Il désamorce ainsi ce qui aurait pu passer pour du pessimisme ambiant et en fait quelque chose de beau, de gai parfois. De drôle souvent.


Du coup, on suit avec infiniment de plaisir l'apprentissage parfois difficile de ce marmot de Marseille débarqué à Bruxelles. Avec infiniment de tendresse et d'émotion aussi. Jusqu'à l'âge adulte où le livre se referme d'ailleurs d'une manière un peu abrupte, comme pour nous rappeler que la vie l'est aussi parfois. Entre les deux, ce n'est que du bonheur de lecture. Un plaisir incommensurable. Une leçon de vie aussi. Et un respect décuplé pour ce grand monsieur qui a livré là, à mon sens et bien au delà des émotions véhiculées, un ouvrage de littérature avec un grand L (ou un grand O, c'est comme vous voulez...). Parce que l'ensemble est remarquablement bien écrit, vivant, rythmé, drôle, prenant, tragique... On passe d'une émotion à une autre comme si ça coulait de source. Comme une évidence.


Après, on peut toujours avoir un regret. Toujours le même. D'avoir attendu que les gens s'en aillent alors qu'on aurait tant souhaité leur dire merci pour ce plaisir donné. Tibet ne saura jamais le plaisir que j'ai pris à le lire. Mais moi, je le sais. C'est probablement l'essentiel. Un immense merci à ce grand monsieur. Merci Tibet !


PS : Il va sans dire, même si c'est anecdotique, que je recherche (mais de façon bien moins obsédante évidemment) un 2e exemplaire de "Qui fait peur à maman ?" afin que je puisse en partager un avec le plus grand nombre tout en en gardant un jalousement préservé dans ma biliothèque. Alors le message est lancé, sait-on jamais...