mardi 22 avril 2008

Tout a une fin...


Je me rends compte tout de même que j'ai complètement oublié de vous parler d'une chose, c'est dire si Calvin et Hobbes accaparent mon esprit depuis que je suis plongé dedans.

Je dois quand même dire que je ne suis plus correspondant de presse. Outre le fait que je manquais de temps depuis que j'ai décroché mon poste d'agent administratif, c'est surtout la politique du journal (et de ses têtes pensantes dans l'ombre) qui a rendu ma décision inéluctable.

La tendance est, pour ledit journal en tout cas, à la pub à outrance : depuis plusieurs mois, ma page Gourdon a fondu comme neige au soleil. Reste une demi-page dispo, parfois moins. Le hic, c'est que mon chef voulait le même nombre d'infos dans un espace plus réduit. Ce qui signifiait la fin du travail "d'investigation", du papier fouillé, de l'effort d'écriture. On me demandait finalement des brèves et des photos légendes. Mes articles devenaient "trop longs", pas assez "locaux", pas assez "proches des gens".

Mes articles sont longs, c'est vrai, parce que j'aime les rencontres et consacrer du temps aux personnes que je côtoie. Trop longs ? Peut-être. Mais j'ai le respect du lecteur qui achète un journal en ayant le droit légitime de ne pas vouloir une page tronquée. Mettre une dizaine d'infos sur une page, c'est avoir la démarche d'un journal d'annonces : des entrefilets, des photos, et un journal financé par la pub qui vaut bien quelques sacrifices, notamment des lecteurs en moins.

D'ailleurs, si je suis le seul à être parti, la grogne des correspondants est générale et je ne donne pas cher de la peau du journal à moyen voire court terme. Bien sûr, je souhaite me tromper, parce que ça a aussi été une belle aventure et que c'est aussi tout une équipe qui pâtirait de la mort d'un journal.

J'ai longtemps été lié à mon directeur, une sorte de modèle pour un novice qui a soif d'apprendre. Puis peu à peu, malgré la complicité et le respect, j'ai vu ce que je voulais faire... et ce que je ne voulais pas.

J'espère redevenir correspondant un jour. Pour un journal qui aura envie de dire des choses aux gens et de creuser les sujets. Pour l'instant, je vis cette "pause journalistique" comme un soulagement. Cavaler toute la semaine, bosser par ailleurs et essayer d'avoir une vie à côté devenait compliqué. Mais je garde les yeux ouverts et les oreilles dressées. Je suis convaincu que je reste fait pour ça. Entre autres choses.

Belle aventure en tout cas !

3 commentaires:

Cath a dit…

Merci de partager les nouvelles. C'est une décision mûrement réfléchie semble-t-il, et il t'en reste une expérience positive, qui t'a certainement enrichi professionnellement mais aussi humainement.
Quant à la presse, j'ai l'impression qu'un peu partout elle se porte mal, on cherche le rendement et le zapping au détriment du temps et de la qualité... J'en ai des échos ici aussi, par un ami qui a travaillé dans un journal régional et y a encore des contacts.

franck a dit…

Comme les nouvelles, ou mon court passage à Animeland, ou même ce blog et le précédent, ces expériences m'ont surtout permis de croire en mon travail. Je ne veux pas perdre cette exigence là, même si le monde de la presse écrite est bien évidemment en crise.
J'espère effectivement que cela m'a enrichi. Je n'ai guère de doute d'ailleurs, mais ça fait plaisir de se l'entendre dire par une de ses plus fidèles lectrices, présente depuis que j'ai osé sortir mes premiers écrits d'un tiroir.

Réverbères a dit…

Je ne suis pas "une de tes plus fidèles lectrices"… mais je suis convaincu aussi que cette expérience t'a apporté beaucoup de choses. Elle t'aura aussi permettre de mieux découvrir une nouvelle région.

Mais comme tu dis, tout a une fin… et la presse écrite souffre certainement de la blogosphère… Bref, partage-nous ici tes émotions et découvertes… et les journaux n'ont qu'à bien se tenir !