
Allez, deuxième fournée de ma nouvelle rubrique cinéma inaugurée il y a quelques mois par Robin Williams.
Il y a longtemps que je souhaitais consacrer un sujet à ce monstrueux acteur mais en même temps comment parler du grand Jack ?
Acteur génial, cabotin hors pair, Jack Nicholson donne à chaque fois une dimension incroyable à chacun de ses rôles. Il est tout simplement hallucinant dans Shining de Kubrick où son interprétation de la folie douce se muant insidieusement en folie meurtrière permet à un film somme toute moyen (surtout au regard de l’œuvre originale de Stephen King dont il est issu) d’atteindre des sommets.

Alors certes, Nicholson a un talent. Immense. Mais il a aussi une gueule. Une putain de gueule de cinéma comme on n’en fait plus. Un regard dans lequel tout passe, ou presque. Des sourcils en accent circonflexe qui renforcent une expressivité déjà débordante.
Surtout il ne doute de rien et fait souvent preuve d’un culot monstre. Connu pour son appétit insatiable dans sa vie privée, il fait preuve de la même boulimie dans son travail où il se donne corps et âme dans chacun de ses rôles.
Surtout il ne doute de rien et fait souvent preuve d’un culot monstre. Connu pour son appétit insatiable dans sa vie privée, il fait preuve de la même boulimie dans son travail où il se donne corps et âme dans chacun de ses rôles.
Mais Jack Nicholson est aussi quelqu’un de très intelligent, n’hésitant pas à écorner son image. Même aujourd’hui, vieillissant, il donne à chacune de ses apparitions sur grand écran un relief rare, se moquant allègrement du temps qui passe en choisissant des rôles où il n’apparaît clairement pas à son avantage. Bref, il se joue avec délectation de son image. Le séducteur semble usé mais gare au trompe l’œil. Le cabotin et le roublard ne sont jamais loin.
La séduction justement. Elle est omniprésente dans sa filmographie. Même quand il joue un rôle de doux dingue ou de salopard assumé, il est celui que l’on aime détester. Car il apporte une part de séduction qui fait que l’on adhère quoi qu’il fasse.
Séducteur, il l’est assurément dans le très bon « Pour le pire et pour le meilleur », film-zoom du jour, où il donne la réplique à Helen Hunt et qui leur valut à tous les deux l’Oscar du meilleur acteur et de la meilleure actrice.

Il interprète Melvin Udall, une sorte de misanthrope vieillissant (névrosé et souffrant de TOC de surcroît) qui n’a pas grand chose pour lui. Pas altruiste pour un sou, tendance homophobe envers un de ses voisins de palier, aigri et donc évidemment seul, Melvin n’a finalement qu’un seul plaisir dans la vie : le repas qu’il prend invariablement chaque jour dans une petite brasserie et que lui sert Carol Connelly / Helen Hunt.
Le jour où son voisin gay (exceptionnel Greg Kinnear) se fait (très) violemment agresser, Melvin se retrouve obligé de s’occuper de son chien, un cabot qu’il n’a jamais pu supporter et qu’il avait d’ailleurs balancé dans un passé pas si lointain dans le vide-ordure. Dans le même temps, il entreprend d’aider Carol qui, entre sa vie de femme divorcée et son enfant malade, n’arrive pas à tenir la distance. Il ne l’aide pas pour de bonnes raisons puisqu’il est avant tout contrarié par ses absences répétées à la cafétéria (allant jusqu’à piquer un esclandre lorsqu’une autre serveuse tente de le servir) mais enfin il l’aide quand même.

Dit comme ça, on a l’impression de tomber dans le pathos. Et bien, non. L’écueil est savamment évité par les auteurs et le réalisateur. La force du film est bel et bien de se focaliser sur les doutes de Melvin et ses volte-face. Comment être bon quand on n’a pas appris ? Comment empêcher sa personnalité de toujours de reprendre le dessus ? (Melvin sait être cruel, son voisin gay en fera l’expérience) C’est cette difficulté omniprésente qui est réellement le ressort comique du film. A chaque fois que Melvin va vouloir être meilleur, il aura juste derrière le mot ou l’attitude qu’il ne faut pas. Chassez le naturel, il revient au galop !
Il en ressort une comédie sentimentale délicieuse mais jamais mièvre, avec un jeu d’acteurs prodigieux où les rires (sourires) se disputent à l’émotion. Un grand film qui fait du bien. Un film surtout qui donne la pleine mesure du talent de l’immense Jack. Mais je n’en dirai pas davantage. Si vous êtes passé à côté de ce film, visionnez-le d’urgence.
Allez, pour finir, petit tour d’horizon pèle-mêle des films du grand Jack qu’il m’ait été donné de voir (Hormis Shining dont j’ai parlé plus haut… ou quelques grands classiques comme Easy Reader, jamais vu). Les commentaires n’engagent que moi, bien sûr. Des ressentis, pas de vérité absolue.
Allez, pour finir, petit tour d’horizon pèle-mêle des films du grand Jack qu’il m’ait été donné de voir (Hormis Shining dont j’ai parlé plus haut… ou quelques grands classiques comme Easy Reader, jamais vu). Les commentaires n’engagent que moi, bien sûr. Des ressentis, pas de vérité absolue.
-Batman 1 : l’un des rares ratages de Burton et la preuve qu’un Nicholson au sommet de son art peut tirer un film très inconstant vers le haut. Le film est long, assez chiant il faut bien le dire, pas très spectaculaire MAIS il y a le Joker interprété magistralement par Nicholson. Et pour cause, le Joker, ennemi juré de Batman, est fou et cabotin. Du sur-mesure donc.

-Wolf : Encore un film mineur malgré la présence de la trop rare Michelle Pfeiffer. Nicholson est très bon comme d’habitude et son côté animal très prononcé convient tout à fait pour le rôle. Malheureusement, Mike Nichols qui tenait là une opportunité en or réalise un film trop édulcoré, trop « hollywoodien » où rien ne fait peur. Un soufflé qui tombe très vite à plat. Rageant quand on pense ce que ça aurait pu donner avec un tel acteur et une mise en scène digne de ce nom.

-Wolf : Encore un film mineur malgré la présence de la trop rare Michelle Pfeiffer. Nicholson est très bon comme d’habitude et son côté animal très prononcé convient tout à fait pour le rôle. Malheureusement, Mike Nichols qui tenait là une opportunité en or réalise un film trop édulcoré, trop « hollywoodien » où rien ne fait peur. Un soufflé qui tombe très vite à plat. Rageant quand on pense ce que ça aurait pu donner avec un tel acteur et une mise en scène digne de ce nom.

-Vol au dessus d’un nid de coucou. Voilà exactement le film qui tire à la fois profit d’un acteur hors-norme, d’une réalisation sans faille, et d’un matériau de départ captivant (le roman de Ken Kesey) pour un résultat bluffant. J’aurais presque pu en faire le film-zoom du jour mais je l’ai vu il y a très longtemps, trop longtemps pour bien en parler. Mais j’avais adoré de bout en bout. Un film qui prend aux tripes, très violent psychologiquement mais à voir assurément. Ou à revoir, ce que je vais m’empresser de faire d’ailleurs.

-Les Sorcières d’Eastwick. Là-aussi, c’est un peu flou au niveau de mes souvenirs. Je me rappelle avoir adoré la première fois et avoir trouvé quelques longueurs lors du deuxième visionnage. Mais la présence de Cher, Susan Sarandon et de Michelle Pfeiffer vaut vraiment le coup d’œil, sans oublier Nicholson dans le rôle très séducteur de Daryl Van Horne, un homme sorti de nulle part qui ne tardera pas à montrer ses véritables intentions.

-Des hommes d’honneur. Film sur un crime dans une unité de la marine US et sur le pouvoir et ses dérives, il offre à Nicholson un rôle plutôt bref (peu de scènes sur l’ensemble du film) mais essentiel. Nicholson s’y montre démentiel dans son interprétation du Colonel Nathan Jessep où il donne véritablement toute la démesure de son talent dans la peau d’un homme rongé par le pouvoir et un patriotisme alambique. Tom Cruise est omniprésent dans la peau de celui qui veut faire éclater la vérité (il est très bon d’ailleurs) mais Jack Nicholson lui vole sans problème la vedette, notamment lors d’une scène de procès anthologique.
Voilà pour le tour d’horizon. J’en ai vu quelques autres (Les infiltrés, Sans plus attendre, Chinatown, Tout peut arriver…) mais qui ne m’ont pas laissé un souvenir impérissable et dont surtout je ne me souviens que très partiellement. Du coup, c’est tout pour aujourd’hui !
Voilà pour le tour d’horizon. J’en ai vu quelques autres (Les infiltrés, Sans plus attendre, Chinatown, Tout peut arriver…) mais qui ne m’ont pas laissé un souvenir impérissable et dont surtout je ne me souviens que très partiellement. Du coup, c’est tout pour aujourd’hui !

3 commentaires:
Très bel article sur un acteur difficile à commenter...
Je découvre votre blog avec plaisir, merci !
Je suis très sincèrement ravi quand un nouveau lecteur ou une nouvelle lectrice pose un regard sur mon petit blog. (Bien que j'aie déjà vu quelques uns de vos commentaires sur les blogs de mes amis François-Marie/Réverbères et Cath/Grains de Sel)
J'espère que vous prendrez le temps de le parcourir et que vous prolongerez le plaisir que vous avez eu avec le grand Jack.
N'hésitez pas à venir aussi souvent que vous le souhaiterez et merci encore pour ces gentils mots.
Très bien ton article, décidément tu t'attaques aux monstres du cinéma ! Et celui-là en est un, vrai de vrai.
Rien à ajouter, j'ai retrouvé beaucoup de mes impressions sur lui en te lisant. (Mais toi tu les retrouves, les regroupes et les écris ! Bravo !)
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