Comme dit précédemment, c'est donc à trois (moi, Christian et... Nath !) que nous partons de très bon matin direction Saint Michel de Montaigne. Sur la carte, nous avons évalué à 1h30 voire 2h le temps qu'il nous faudrait mais nous mettrons juste une petite heure, et encore nous aurions pu écourter légèrement si nous n'étions pas tombé sur une déviation en fin de parcours pour cause de brocante. Nous arrivons donc avant l'ouverture du site. Christian est très ému et c'est tout naturellement qu'une première photo s'impose. Pour le souvenir et la magie de l'endroit.
Le domaine ouvre à 10 heures mais la première visite guidée n'a lieu qu'à 11 heures. Une heure à perdre donc, ce qui sera pour nous l'occasion de déambuler autour de la Tour de Montaigne, classée monument historique. Nous arpentons donc la bambouseraie, le parc, les quelques massifs de fleur, en prenant bien garde de ne pas nous aventurer près du château qui, lui, est privé.
L'heure de la visite arrive enfin. C'est une bien jolie guide, Pascaline, qui nous rejoint dans la cour du château et qui nous présente brièvement le site ainsi que l'auteur des Essais, avant de se diriger vers la porte de la fameuse Tour. Il n'y a que nous et ce n'est pas pour me déplaire. Nous laissons passer Christian en premier. L'émotion est palpable. De mon côté aussi d'ailleurs quand je m'aperçois qu'il n'y a pas de rampe ou de cordage pour monter les marches qui doivent successivement nous conduire aux deux étages de la Tour. Il n'y a certes qu'une cinquantaine de marches, en colimaçon, mais quand on a le vertige, on ne se refait pas et les marches sont en plus assez "casse gueule", surtout les premières. Je laisse passer tout le monde, essayant de rester zen quand Christian me demande pour la énième fois si j'ai besoin d'aide alors que non, je veux surtout être SEUL quand je suis dans cet état là. Bref, j'y arrive finalement, même si, une fois à l'étage, ma prinipale préoccupation sera de savoir comment je pourrai bien redescendre. Mais on n'en est pas encore là.
Bon, je ne vais pas vous faire une visite du lieu, d'une part parce que je n'ai probablement pas tout retenu, et d'autre part parce que Christian sera peut-être plus à même d'apporter des précisions s'il passe par ici.
Disons simplement que nous sommes ici dans la chambre de Montaigne. Pascaline nous explique que les lits étaient bien moins longs à l'époque que maintenant car les gens dormaient assis, la posture allongée rappelant celle du mourant. Pascaline peut bien me dire tout ce qu'elle veut, je bois ses paroles... Christian ne dira rien mais il sera, après coup, un peu plus critique, n'ayant pas fondamentalement appris quoi que ce soit de nouveau, notamment sur l'auteur. Ce sont plus des anecdotes mises bout à bout qui sont finalement plus plaisantes pour ceux qui découvrent le personnage que pour ceux qui le connaissent déjà.
Nous montons quelques marches supplémentaires (Ça va Christian, tout va bien, je te remercie !) et nous arrivons dans LA pièce de la Tour. Celle que Christian voulait voir plus que tout. C'est vraiment là que la notion de rêve prend tout son sens. C'est dans un silence presque religieux que mon ami entre dans la pièce. On y voit le bureau de Montaigne, là où il passait de très longues heures à écrire. Au plafond, sur les poutres, des citations célèbres d'auteurs grecs et latins dont Montaigne s'est inspiré pour ses Essais. Il pouvait ainsi les parcourir de long en large et s'en imprégner.
Montaigne disposait également d'une bibliothèque impressionnante pour l'époque avec près d'un millier d'ouvrages me semble t-il. Toujours est-il qu'il n'en reste plus rien aujourd'hui, tout au moins dans la Tour et qu'une bonne partie a été dispersée au fil des ans. Cette collection lui venait aussi pour beaucoup de legs de ses amis, comme La Boétie par exemple et tant d'autres.
Montaigne prenait une foule de notes et d'annotations. Les Essais ayant été rédigés sur une période très large, il n'était pas rare que l'auteur se contredise parfois, du fait qu'il ait mûri entre deux périodes et que certaines convictions aient ainsi pu faire place à d'autres.
Voilà le bureau sur lequel écrivait Montaigne. Ça a dû avoir un sens particulier pour Christian. Dommage que je n'aie jamais étudié cet auteur. J'ai apprécié l'endroit et la visite mais je n'avais pas cette petite étincelle qui aurait créé ce petit plus.
Voilà, la visite se termine au bout de 45 minutes. Nous redescendons, moi loin derrière les autres. Dernière photo pour immortaliser l'entrée de la Tour de Montaigne. Nous sommes tous bien contents, moi surtout d'être en bas. J'ai offert la visite à Christian et il m'a fait un très joli cadeau à la boutique du domaine : l'intégrale des Essais. Faut juste que je m'y mette parce que "y'a du volume" comme on dit ! J'espère que j'aurai le même coup de coeur. Christian a longtemps attendu avant de découvrir l'endroit où écrivait son auteur favori. J'ai fait le chemin inverse en découvrant d'abord la Tour en ignorant tout de Montaigne. Le voyage à travers ses écrits n'en sera peut-être que plus intéressant encore... A voir donc.
Nous avons ensuite déjeuné dans une petite ville voisine (Castillon-la-Bataille me souffle Nath) dans un cadre très agréable en bordure de la Dordogne, avec des températures très supportables malgré un vent puissant. Puis nous sommes rentrés à Périgueux après être passés voir Alexandre, le papa de Nath, au centre médicalisé.
Demain, retour au bercail... Carsac, nous voilà !
1 commentaire:
Voilà une visite intéressante et émouvante, en effet !
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