
Depuis quelques semaines, ma mère a une nouvelle lubie : quitter l’Aveyron pour, dit-elle, se rapprocher de nous en Dordogne. Une lubie qui tourne à l’idée fixe et qui ne fait pas que des heureux, à commencer par votre serviteur.
Car j’ai toujours eu du mal à concevoir que, la vieillesse aidant, certaines personnes ressentent soudainement le besoin de devenir « famille ». Après tout, avant d’être à la retraite, ma mère se fichait pas mal d’être proche ou pas de nous. Elle revendiquait sa vie, son indépendance et ses choix. Pour ceux qui étaient autour, il fallait composer avec ça. A une époque où je l’aurais voulue plus présente, tant humainement que physiquement, plus concernée par ma vie et mes propres choix, je ne cessais de me heurter à un intérêt très relatif, presque poli. Rien à voir avec une relation « mère-fils », relation que nous n’avons probablement jamais eue, sauf lors de trop rares fulgurances.
Mais finalement, je ne lui en veux pas. Ou plutôt si, forcément, sans quoi je ne cracherais pas ici mon amertume. Mais j’ai fait avec, tant bien que mal, sans vraiment le lui reprocher. Après tout, j’ai peut-être la même imperfection à ses yeux, qui sait ? Et sa propre vie n'a pas été facile, avec son lot de sacrifices.
Car j’ai toujours eu du mal à concevoir que, la vieillesse aidant, certaines personnes ressentent soudainement le besoin de devenir « famille ». Après tout, avant d’être à la retraite, ma mère se fichait pas mal d’être proche ou pas de nous. Elle revendiquait sa vie, son indépendance et ses choix. Pour ceux qui étaient autour, il fallait composer avec ça. A une époque où je l’aurais voulue plus présente, tant humainement que physiquement, plus concernée par ma vie et mes propres choix, je ne cessais de me heurter à un intérêt très relatif, presque poli. Rien à voir avec une relation « mère-fils », relation que nous n’avons probablement jamais eue, sauf lors de trop rares fulgurances.
Mais finalement, je ne lui en veux pas. Ou plutôt si, forcément, sans quoi je ne cracherais pas ici mon amertume. Mais j’ai fait avec, tant bien que mal, sans vraiment le lui reprocher. Après tout, j’ai peut-être la même imperfection à ses yeux, qui sait ? Et sa propre vie n'a pas été facile, avec son lot de sacrifices.
Surtout, on ne réécrit pas le passé. J’ai manqué d’un père et j’ai souffert d’une mère présente en pointillés. Ce qui ne m’a pas empêché de me construire et d’avoir la vie que j’ai. Un équilibre fragile, à consolider chaque jour, mais un équilibre quand même. Une femme, quelques amis, deux-trois passions, un boulot qui me satisfait malgré le spectre de la fin de contrat. Bref, ça ne va pas mal. Ca pourrait être mieux mais je n’aime pas aller à la chasse de ce que je n’ai pas. Ce que j’ai me suffit et me comble globalement. Surtout, je ne suis pas malheureux.
J’ai ma vie. Ma mère y a sa place. Mais je ne suis pas prêt à ce que cette place prenne de l’importance.
Certains diront qu’un enfant a des devoirs envers ses parents. Je n’ai jamais été d’accord avec ça. Car généralement, nous sommes des enfants nés de grossesses désirées. Nous satisfaisons les envies de femmes pour lesquelles un enfant est en quelque sorte un aboutissement, le fruit d’un amour. Généralement car je sais bien que toutes les naissances ne sont pas le fruit d’un amour. Malheureusement.
Bref, j’aime ma mère, d’une certaine façon, mais je ne me suis jamais senti redevable de quelque façon que ce soit. L’éducation a joué aussi : celle d’un fils unique et solitaire.
Alors quand aujourd’hui lui ma mère dit vouloir se rapprocher de nous, je suis contrarié. Perturbé même. Je n’en ai aucune envie. Se rapprocher pour quoi ? Parce qu’elle vit mal sa retraite ? Parce qu’elle est seule ? Parce que les journées se suivent et se ressemblent ? Parce que les années passent et qu’elle prend conscience des choses qu’elle a pu « rater » avec moi ? Non vraiment, je ne comprends pas. Puis-je pour autant l’empêcher de se rapprocher ? Puis-je lui dire non ?
A me lire, on pourrait croire que mes rapports avec ma mère sont conflictuels. S’ils l’ont été par le passé, ce n’est plus le cas. J'apprécie même de plus en plus lorsque nous lui rendons visite, une fois par mois en moyenne. C'est même parfois un rendez-vous que j'attends avec une certaine impatience car souvent synonyme d'un bon we en perspective. Simplement, je ne pense pas que sa place soit auprès de moi ou de Nath. Loin des yeux, près du cœur ? En ce qui me concerne, c’est une évidence. Si elle décide de se rapprocher, je ne pourrai pas y faire grand chose. Je devrai faire avec. Suis-je seulement prêt pour ça ? J’en doute. J’essaie de me persuader que ça ne changera rien. Sans y croire.
Je me suis rarement autant livré, j’ai rarement autant déballé. Ce sujet a t-il sa place sur ce blog ? Pour moi oui puisqu’il est lu par des gens qui me connaissent et auxquels j’ai ressenti le besoin d’en parler. Et parce que cet espace m’appartient. En même temps, je comprends que je puisse en froisser certains. Ne serait-ce qu’à cause d’une différence de vécu entre ce que je suis et ceux qui me lisent. Certains trouveront peut-être mon raisonnement inconcevable. C’est tout à fait normal.
Pour autant, il fallait que ça sorte.
Dire que j’aurais tout aussi bien pu parler du nouveau Souchon…
J’ai ma vie. Ma mère y a sa place. Mais je ne suis pas prêt à ce que cette place prenne de l’importance.
Certains diront qu’un enfant a des devoirs envers ses parents. Je n’ai jamais été d’accord avec ça. Car généralement, nous sommes des enfants nés de grossesses désirées. Nous satisfaisons les envies de femmes pour lesquelles un enfant est en quelque sorte un aboutissement, le fruit d’un amour. Généralement car je sais bien que toutes les naissances ne sont pas le fruit d’un amour. Malheureusement.
Bref, j’aime ma mère, d’une certaine façon, mais je ne me suis jamais senti redevable de quelque façon que ce soit. L’éducation a joué aussi : celle d’un fils unique et solitaire.
Alors quand aujourd’hui lui ma mère dit vouloir se rapprocher de nous, je suis contrarié. Perturbé même. Je n’en ai aucune envie. Se rapprocher pour quoi ? Parce qu’elle vit mal sa retraite ? Parce qu’elle est seule ? Parce que les journées se suivent et se ressemblent ? Parce que les années passent et qu’elle prend conscience des choses qu’elle a pu « rater » avec moi ? Non vraiment, je ne comprends pas. Puis-je pour autant l’empêcher de se rapprocher ? Puis-je lui dire non ?
A me lire, on pourrait croire que mes rapports avec ma mère sont conflictuels. S’ils l’ont été par le passé, ce n’est plus le cas. J'apprécie même de plus en plus lorsque nous lui rendons visite, une fois par mois en moyenne. C'est même parfois un rendez-vous que j'attends avec une certaine impatience car souvent synonyme d'un bon we en perspective. Simplement, je ne pense pas que sa place soit auprès de moi ou de Nath. Loin des yeux, près du cœur ? En ce qui me concerne, c’est une évidence. Si elle décide de se rapprocher, je ne pourrai pas y faire grand chose. Je devrai faire avec. Suis-je seulement prêt pour ça ? J’en doute. J’essaie de me persuader que ça ne changera rien. Sans y croire.
Je me suis rarement autant livré, j’ai rarement autant déballé. Ce sujet a t-il sa place sur ce blog ? Pour moi oui puisqu’il est lu par des gens qui me connaissent et auxquels j’ai ressenti le besoin d’en parler. Et parce que cet espace m’appartient. En même temps, je comprends que je puisse en froisser certains. Ne serait-ce qu’à cause d’une différence de vécu entre ce que je suis et ceux qui me lisent. Certains trouveront peut-être mon raisonnement inconcevable. C’est tout à fait normal.
Pour autant, il fallait que ça sorte.
Dire que j’aurais tout aussi bien pu parler du nouveau Souchon…
5 commentaires:
Si je te comprends... je te comprends bien oui ! Avec ses parents il faut trouver la bonne distance, il n'y a rien d'idéal, souvent on fait avec, on s'accommode, si ce n'est pas un accord où chacun a donné son avis. Il me semble qu'avec les miens je me trouve mieux aussi avec plus de kilomètres qu'à une époque : ça paraît ingrat de dire ça mais je ne culpabilise pas, ce sont eux qui ont déménagé ! Et d'autant plus qu'ils sont encore assez jeunes et en forme. Par contre, j'appréhende le moment où ils vieilliront, ils pourraient avoir besoin de moi plus près.
C'est sûrement ce que ta mère envisage... mais ce n'est pas toi qui la réclames ! Alors évidemment, tu sens qu'on te force la main. Tu n'as pas eu le temps d'en avoir envie, qu'elle s'impose à toi, qu'elle t'impose un rapprochement. Je comprends que ça te soit pénible. Reste zen, tu n'es pas obligé de la voir beaucoup plus souvent pour autant !
Merci de nous confier tes états d'âme : si ça te fait du bien, c'est aussi bien à lire, je trouve !
Avant d'arriver à Albi, on a hésité parce que cela nous rapprochait beaucoup de nos parents ( mais aussi de nos amis!!).Nous sommes nous sentis ingrats ou coupables...Non!Simplement, on a appris à dire non.Pas toujours simple...A se préserver le mieux possible.L'équilibre est trouvé,il est sans cesse à rappeler pour éviter certaines intrusions dans notre vie familiale.Sommes nous compris?Je ne crois pas.Tant pis!!Alors, tout ce que tu écris là,me parle ...tu le sais bien!Vivre à côté ne veut pas forcément dire, se voir sans arrêt, les limites sont à poser dés le départ par vous 2.
Isa.
Voilà un billet bien complexe. Face à cette question, il n'y a pas de réponse unique et certainement pas de vérité. On n'a que sa propre relation avec ses parents, avec éventuellement ses enfants, et surtout avec soi-même.
J'écoute d'où ta peine vient… et je crois qu'elle vient plus d'au fond de toi que du côté de l'Aveyron…
Je ne suis pas d'accord avec tout ce que tu dis, même si je comprends beaucoup de choses. Tu dis qu'un enfant n'a pas de devoirs envers ses parents… Je dis qu'on a tous des devoirs envers tous ceux qui nous entourent. On ne peut pas avoir de droits sans avoir de devoirs. Et on a sans doute surtout des devoirs vis-à-vis de ceux qui sont faibles et ne peuvent pas, pas encore ou plus être autonomes…
Ta mère n'en est pas encore là, heureusement… Et elle n'est pas non plus en train de s'installer chez toi. Sans doute faut-il trouver la bonne distance. Quelle est-elle ? Bien malin celui qui pourrait le dire.
Mais à nouveau, la bonne distance est, je crois, avant tout mentale. Et c'est donc à toi de la trouver…
Je vais paraître "vieux", mais c'est pourtant juste un partage. Il est possible qu'à ton âge, j'eusse pu écrire le même message que toi. Enfin, l'idée quoi. Mais aujourd'hui, alors que mes parents sont de toute évidence à l'automne de leur vie, je vais raccourcir mon temps de travail, notamment pour pouvoir aller les voir plus souvent… Ce n'est pas une question de devoirs. Juste d'envie…
gros conard va. Je suis bien content de ne pas faire partie de tes copains.
Et bien, ne viens pas écrire ici alors Monsieur A ou devrias je dire Monsieur C...!!
Isa( bien contente d'être son amie).
Enregistrer un commentaire