Beynakohlanta !!
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Comme prévu, je me suis joint au groupe de rando de Carsac jeudi après-midi à 13h45.
Au début, il y a juste une dizaine de Parisiens qui viennent aussi pour la première fois. Peu à peu, les voitures arrivent remplies de gens souriants : tout s'annonce sous les meilleurs auspices, le soleil et la chaleur sont également au rendez-vous.
Nous voici donc au grand complet à 14H00 : une petite quarantaine de personnes tout de même ! L'organisatrice nous annonce alors que nous partirons de Beynac et que nous ferons environ 14 km...Chouette, chouette !! J'adore Beynac et je ne me suis jamais baladée dans sa campagne environnante. Quant aux 14 km... nous verrons bien !
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Je me fais véhiculer par une dame (Régine) et une de ses amies (Jocelyne) : sympas aussi ! Régine est une ancienne infirmière et me dit que je devrais pouvoir suivre le groupe étant donné mon jeune âge et mon poids plume, etc. OK, OK...
Nous arrivons à bon port, rejoignons les autres et c'est parti, dans la joie et la bonne humeur !!

Nous suivons les sentiers, marchons sur les routes, traversons les champs et admirons les points de vue. En fait, nous faisons une grande boucle tout autour du château.
Je papote avec les messieurs-dames, moyenne d'âge 50 ans je dirais...mais alors, quel rythme !! J'attends mon Werther ou mon Ricola, en vain... alors je me contente de boire un p'tit coup de volvic : ça fait du bien car ça cogne dur malgré la casquette et la crème solaire !
Nous attaquons une côte à travers champs sur un sentier d'environ 25 cm de large, à la queuleuleu , obligée de suivre ! J'arrive en haut, fière de moi et une dame me dit "si vous arrivez à faire cette rando, vous pourrez faire toutes les autres, pour une première, vous avez choisi votre jour..."
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Ahhhh bon ? Je suis trop forte me dis-je intérieurement. Cela faisait bien deux heures que nous marchions. Et là, petite pause où j'apprends que nous venons de faire 6 km et que par conséquent il en restait encore 8 (ouais, je suis forte en maths aussi) QUOI ?? ENCORE HUIT ?? eh oui, avec toujours des côtes et des descentes...L'organisatrice nous demande alors de bien réfléchir, qu'il y avait une possibilité pour rentrer directement sur Beynac en faisant encore 4 km (la moitié de huit donc...) et que ceux qui continuaient devraient tenir jusqu'au bout...
Imaginez un peu ma tête et la fumée qui en sortait... comment savoir si je pourrais tenir ?? Pour l'instant ça allait, mais pour combien de temps ??
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Finalement, je me décide à aller jusqu'au bout. (Si ma mère savait, elle qui me dit toujours "en sport, il ne faut pas forcer le 1er jour...")
Bon, la suite s'annonce pas trop mal ... une descente pas trop pentue et ombragée. C'est alors que survient une crampe d'orteil au pied gauche... Nooooonnn, ne pas se faire déjà remarquer !! Alleeeezzzz souuuffre en silence ....(Je vous rassure, c'était très supportable). Petit à petit la crampe cesse et les gens se relaient pour faire connaissance avec moi et m'encourager. Nous avançons toujours en cadence et arrivons au pied d'une trèèèès longue côte en lacets... où on me dit : allez, il ne reste plus que 4 km et c'est la dernière côte.
J'attaque alors avec entrain (du moins ce qu'il m'en reste) cette côte, je parle déjà beaucoup moins et je me tiens la cuisse droite en sentant comme un début de sciatique... Ahhhrgggggg ! Pas ça, non pas çaaaaa !! Je continue de grimper tant bien que mal, le souffle court et nous arrivons enfin sur du plat. Plus que 3 km !! Facile...L'organisatrice décide alors de couper à travers la forêt pour nous faire gagner quelques mètres...Mais voilà, elle trouve le moyen de nous paumer...au milieu d'une sorte de jungle tropicale... au début on rigole et moi, je commence à paniquer (il était quand-même 17H30...) Je pense alors à la nuit qui allait tomber...Et tout le monde de me dire "Alors, contente d'être venue ?? Vous savez, ça ne se passe pas toujours comme ça, c'est même la première fois, ça pimente un peu..." C'est cela oui, c'est cela même. Je me dis alors que ça pourrait être pire, l'orage pourrait éclater plus tôt que prévu...
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Bon, il faut trouver une solution. Quelqu'un a repéré une clairière : il faut absolument s'y rendre pour trouver la route. Nous descendons alors comme nous pouvons cette jungle pentue , nous nous accrochons même à un moment à une liane pour franchir un petit talus...heureusement il y avait un Anglais gentleman dans le groupe qui me réceptionnait à chaque fois. Yeah, yeah, it's OK, thank you, thank you, it's very nice....
Mais je n'avais pas encore vu le pire... un talus d'environ 3 mètres de haut qu'il fallait escalader en s'aidant des pierres ou autres racines qui permettaient de prendre appui. Je regarde autour de moi désespérée et il me semble qu'un peu plus haut le talus est justement un poil moins haut...mon gentleman me suit et approuve, surtout on peut le franchir en deux fois. Il se lance le 1er, me tend la main : j'ai franchi le 1er cap, puis le voilà en haut, m'aidant à me hisser hors de ce cauchemar.
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OUUUUFFF ! Thank you, thank you, thank you... Franchement, sans lui, je ne sais pas comment j'aurais fait...10 mn plus tard, nous voilà sur la route de Beynac, longeant ma chère Dordogne. Le calvaire n'est pas encore tout à fait fini : il reste encore la côte de Beynac à gravir, je ne sens plus mes pieds, ni mes jambes, je me concentre... et nous voici enffffiiinnn à la voiture.
Bon, eh bien malgré tout, maso que je suis et non rancunière, je dis "A Jeudi prochain" !!

3 commentaires:
Ah ! Nous aussi, on attend la suite de ces aventures palpitantes !
En plus, toi qui es amoureuse de l'allemand, le début de ton récit (le titre ?) est un beau jeu de mot germanique, du moins en néerlandais : "bijna" (prononcez beyna) signifie "presque". Oui, c'était presque que ça… et tu n'as pas été éliminée !!!
On espère que Franck te laissera souvent écrire ta carte blanche ! Bisous.
Bravo Nath ! Quelle aventure ! On la vit avec toi au fil du récit.
C'est vrai que la randonnée, ça a l'air pépère comme ça mais c'est un vrai sport d'endurance. Et quel plaisir, les points de vue qu'on a depuis les sentiers, qu'on découvre au rythme de ses pas ! Aller jusqu'au bout est à chaque fois une petite victoire. De te lire, ça donne envie de s'y remettre, tiens !
Vive les filles courageuses, les randonnées pimentées, et les gentlemens galants !
Vivement la suite ! Tu continues ? Nous aussi, avec plaisir !
AhAhAhAhAh!!Vivement Jeudi prochain!!
Bisous.
Isa.
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