
Le hic, quand on suspend la mise à jour de son blog, c'est que l'on n'est plus tout à fait en phase avec l'actualité, quelle qu'elle soit. Je vais donc vous parler aujourd'hui d'une série qui vient de tirer sa révérence il y a un mois environ aux Etats-Unis. Et pas des moindres puisqu'il s'agit de "24" qui s'arrête donc au bout de 8 saisons globalement palpitantes. L'ultime saison est encore inédite chez nous mais Canal devrait la proposer très bientôt avant que TF1 ne la saborde à des horaires stupides juste après. Attention, ce billet renferme des informations sur cette saison 8 que j'ai déjà pu visionner en intégralité en VO, donc les vrais fans ne devraient pas forcément lire tout ce qui va suivre. Ou du moins l'ultime paragraphe. Oui, je sais, c'est la nouvelle politique de ce blog, faire des sujets interdits de lecture à ceux qui s'y intéressent de près, c'est nouveau, ça vient de sortir. Les autres, ceux qui s'en fichent, sont invités à commenter ! Arf !
Je suis la série 24 depuis ses débuts. On ne présente plus Jack Bauer, de la CTU (Cellule Anti-Terroriste de Los Angeles) qui passe ses journées à sauver le monde des bombes et autres menaces bactériologiques et nucléaires. Autour de lui, une ribambelle de seconds rôles, des gentils, des méchants, des gentils pas si gentils et des méchants pas si méchants, des traitres en veux-tu en voilà, des fusillades, des comptes à rebours, des explosions, des meurtres, des tortures... Et surtout des évènements en temps réels qui font toute l'originalité (et l'essence même) de la série. Chaque saison correspond donc à une journée, soit 24 heures et autant d'épisodes. Cette contrainte du temps réel offre une immersion peu commune dans l'histoire où on est happé par le rythme frénétique imposé par les scénaristes visiblement bien rodés à l'exercice. Bien évidemment, tout n'est pas parfait et lors de certaines saisons, certaines libertés seront prises, laissant apparaître certaines incohérences. Mais rien de vraiment rédhibitoire, d'autant que l'ensemble est globalement bien ficelé.
Bien sûr, il faut aussi regarder le show au second degré. Ne pas se focaliser sur l'aspect un peu simpliste des gentils américains qui se battent contre les méchants terroristes, qu'ils viennent de Russie, du Moyen Orient ou d'ailleurs. Car l'intérêt n'est pas là. D'autant que les américains sont profondément malmenés par les scénaristes, jusqu'aux plus hautes sphères du pouvoir. C'est particulièrement vrai dans la saison 5, probablement la meilleure, où le président Charles Logan véhicule, sous des dehors un peu lâches, une détermination sans faille pour asseoir son pouvoir, quels qu'en soient les dommages collatéraux.
Jack Bauer, interprété par un Kiefer Sutherland habité par son rôle, passe donc ses journées à sauver le monde. Il a bien évidemment une famille, notamment une fille Kim (Elisha Cuthbert) qui sera un peu le boulet des premières saisons. Pas forcément une très bonne pioche et qui sera enfin mise en retrait mais pas assez tôt si l'on en juge les réactions parfois franchement hostiles des fans de la série. Il a également une femme mais qui ne survivra pas à la première saison dans un final d'anthologie dont la tension dramatique extrême ne sera jamais atteinte lors des saisons suivantes.
Pour le reste, 24 a un autre atout : celui de ne jamais hésiter à sacrifier ses personnages centraux. On l'a vu avec Terry, la femme de Jack mais beaucoup d'autres disparaîtront, le plus souvent lorsqu'on s'y attend le moins : le président David Palmer, Bill Buchanan, Ryan Chappelle (dans ce qui restera l'un des summum de la série) et tant d'autres. C'est un procédé parfois frustrant, surtout si l'on s'est attaché à l'un de ces personnages, mais au moins l'effet de surprise est garanti ! Bref, pas de héros récurrent si ce n'est Jack Bauer. Un héros qui s'en sort toujours bien, du moins physiquement, qu'il soit molesté, torturé. C'est là que le choix des 24 heures en temps réel trouve ses limites. Car c'est un surhomme notre Jack. Il est toujours guéri en quelques minutes, même quand il prend une balle. Mais bon, en même temps, il n'a que 24 heures pour sauver le monde alors...
24 a donc tiré sa révérence après 8 saisons riches en péripéties. L'ultime saison ne déroge pas à la règle malgré un départ extrêmement poussif. (Attention ! Les spoilers sont ici, à ne pas lire si vous n'avez pas vu la saison 8, sauf si vous vous en fichez)
Le début d'une saison est toujours primordial car il conditionne pour beaucoup la suite du show. Cette fois-ci, je me suis ennuyé ferme pendant les deux premières heures. Un comble qui ne s'était jamais produit sur cette série qui aurait plutôt tendance à en faire des tonnes. Mais là, le néant. Un départ diésel, pépère, frustrant. Et puis la machine se met en marche, progressivement, pas de quoi crier au génie, d'autant que les ficelles sont connues, mais ça s'emballe un peu, enfin. Cela dit, la saison s'annonce faible. Les évènements traînent en longueur comme c'est pas permis, on met des histoires parallèles sans grand intérêt entre divers personnages. Et puis le miracle se produit vers la mi-saison par le biais de deux épisodes où la série retrouve tout son punch et ses lettres de noblesse. On est à nouveau scotché, voire ébranlé. Et ce sera encore le cas un peu plus tard lorsque Jack Bauer sera l'ennemi public n°1, animé par un désir de vengeance qu'on ne lui connaissait pas. Véritablement traqué et isolé, on se dirige alors vers un final d'anthologie. On se demande même si le personnage ne va pas mourir, ce qui serait logique d'une certaine façon. Sacrifier le héros au profit d'un final qui tienne toutes ses promesses. Ou le préserver mais en soignant sa sortie, faire quelque chose de grand, d'un peu culotté et qui récompenserait les nombreux fans du show.
Malheureusement, nous n'aurons ni l'un, ni l'autre. La fin n'est pas mauvaise en soi, mais extrêmement frustrante. La fin de l'épisode 23 laissait présager une sortie en fanfare, quelle qu'en soit l'issue pour Jack Bauer d'ailleurs. Le soufflé retombera aussi vite qu'il était monté. Une fin frileuse qui s'explique peut-être par la volonté des auteurs de faire un film 24 pour le cinéma, sans que l'on sache encore d'ailleurs si ce film s'inscrira dans la continuité ou s'il s'intercalera entre deux anciennes saisons.
Toujours est-il que Jack survit, ce qui est en soi une demi déception tant l'affaire paraissait mal embarquée. D'ailleurs, il est voué à l'exil, traqué de toutes parts. C'est d'ailleurs sur une image de Jack coupant toute liaison audio et vidéo avec ses anciens collègues que s'arrête la série. Bauer est donc un fugitif, une sorte de paria dont la tête est en quelque sorte mise à prix.
Mais ce qui déçoit bien davantage, c'est la façon dont est traité cet ultime épisode. Peu ou pas d'émotion (seule la présidente des Etats-Unis tire son épingle du jeu, et ce n'est pas peu dire !), peu ou pas d'action, un Jack Bauer quasi absent, une intrigue qui retombe mollement sur ses bases alors que tout était fait pour un final d'anthologie.
Bref, une semi déception, née peut-être d'une trop grande attente. Après tout, le show se termine en répondant à l'ensemble des interrogations et l'ensemble n'est pas mauvais. Mais clôturer 8 saisons ainsi laisse une drôle d'amertume. Qu'importe ! La série aura admirablement rempli son cahier des charges pendant 8 saisons, malgré quelques errements qui sont le lot de toute série à succès. Peut-être qu'un film prolongera le plaisir un peu plus. Mais en retirant de fait ce qui fait l'essence même de la série, à savoir son traitement en temps réel sur une journée, il n'est pas dit que tout le monde s'y retrouve. A voir. Ou pas.
En tout cas, après Monk et Cold Case, c'est au tour de 24 de passer à la trappe. Il ne fait pas bon être série à succès en 2010 !
3 commentaires:
Pour une fois, une série que j'ai suivie ! Mais seulement la 1re saison, et encore je crois que je n'ai pas tout vu !
J'aimais bien le rythme, le concept "24 heures en temps réel". Mais ça ne me semblait pas trop réel déjà en ces temps-là.
Enfin, l'essentiel, comme tu l'écris, c'est que Jack a sauvé le monde (enfin, les USA) pendant 8 ans !!!
un peu decu aussi par le debut de la saison, l'action reellment vers le 12eme episode, si ma memoire est bonne, avec une fin surréaliste, et un dernier episode qui nous laisse en effet sur notre faim...
possibilté d'une suite au cas où, contre toute attente, ou du film sur grand ecran, mais bon, une suite grand public pour un public par forcement connaisseur!!??
enfin en tout cas, jack bauer fait desormais partit des icones cultes des series americaines.
damned !!
Ca y est, on a vu le dernier épisode et je suis assez d'accord sur tout ce que tu écris concernant ce soi disant final. Porte ouverte à un film, à une autre saison dans quelque temps ??Bref, pour moi une fin de saison comme une autre alors que j'en attendais plus !!
Par contre aucune déception sur toute la durée de ce 8 ème opus. J'ai aimé du début à la fin même si effectivement on peut toujours trouver à redire au scénario.Les scénaristes sont allés à fond dans la noirceur des personnages. Plus les saisons avancent, plus il en va ainsi dans cette série !!Jack super héros mais quelle vie...
Bref, décue par la fin qui n'en est pas vraiment une mais pas par cette 8ème saison.
Isa.
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