

Coup de coeur aujourd'hui pour cette série composée de deux saisons de 13 épisodes chacune, confidentiellement diffusée chez nous l'an passé sur Orange CinéMax.
Cette série s'inspire du film multi-oscarisé Collision de Paul Haggis où la vie d'une poignée de personnages venait à se recouper au fil de leurs péripéties. La comparaison s'arrête là puisque le scénario de Crash est inédit et a été confié à Glen Mazzara, le scénariste de The Shield.
L'atout numéro un de Crash est de compter dans sa distribution la présence de l'immense Dennis Hopper dans la peau de Ben Cendars, un producteur de musique sur le déclin, usé par les excès et les désillusions d'une vie qui lui échappe. Toujours impeccable, Hopper signera ici son dernier rôle avant d'être rattrapé par son cancer qui marquera aussi la fin de la série au bout de deux saisons globalement prenantes.
Car ce type de parti pris (plusieurs vies qui finissent par se télescoper) a un inconvénient majeur : certaines histoires sont bien moins inspirées que d'autres. D'ailleurs, une bonne partie de la distribution ne sera pas renouvelée à la fin de la première saison et leur absence ne manquera franchement pas, d'autant que certains nouveaux protagonistes de la deuxième saison se révèleront bien plus savoureux.
La première saison est nerveuse à souhait, d'autant qu'une sombre affaire de flics ripoux et de guerre des gangs en constitue l'intérêt principal. Le scénariste de Crash est aussi celui de The Shield et ça se sent. Là encore, les personnages interagissent et l'ensemble est vraiment de haute tenue. Parmi les histoires moins convaincantes, celle de ce couple qui se déchire dès lors que le père de l'épouse s'installe chez eux. Les acteurs sont convaincants mais la sauce ne prend pas. On ne voit pas où l'auteur a voulu en venir, ni même s'il le savait lui-même. Idem pour ce fugitif du Guatemala qui veut trouver refuge aux Etats-Unis. Là-aussi, la conclusion est on ne peut plus frustrante... Cela dit, ce sont des détails. Cette première saison est prenante et Dennis Hopper, je le répète, est vraiment au top.
La seconde saison surprend au premier abord. Vraiment. Beaucoup de personnages ont disparu et la vie des autres s'est considérablement modifiée. Il faut un moment pour prendre ses marques. Ben Cendars (Dennis Hopper donc) veut retrouver l'assassin de sa fille mais cette longue quête sera surtout celle de la recherche d'une forme de rédemption. L'acteur est encore meilleur que dans la première saison, c'est dire s'il est excellent, mais il faut reconnaître qu'il a été particulièrement gâté par le scénario. Frissons garantis notamment lors d'un passage en particulier que je ne dévoilerai surtout pas ici. Pour le reste, les histoires s'avèrent finalement tout aussi accrocheuses, voire davantage et surtout il n'y a plus cette impression de déchet née d'histoires inintéressantes. Là, chaque histoire emporte l'adhésion, même si chacun aura bien évidemment ses préférences.
Hormis l'arc avec Ben Cendars, nous avons donc celui d'un homme riche et puissant qui voit toute son existence remise en cause lorsqu'il croit entendre la voix de Dieu (Dit comme ça, ça fait peur mais c'est l'un des meilleurs volets de la saison). Dans un autre genre, un jeune, fou de Baseball devient progressivement fou tout court (ça, c'est du résumé... mais la réalité est un peu plus nuancée ; en tout cas, l'acteur est prodigieux !). Ou les déboires d'Inès, transfuge de la première saison, qui aspire à une vie meilleure mais qui est décidément bien mal entourée.
Bref, une deuxième saison qui tient ses promesses, passée la surprise du premier épisode où on peine à retrouver ses marques. Il n'en reste pas moins qu'à mon sens, la série est incontournable. Quelques passages à la Californication ne la destine néanmoins pas aux enfants.
Alors si vous voulez passer un bon moment et découvrir Dennis Hopper dans son ultime rôle, il n'y a pas à hésiter !
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire