
Non, mon blog n'est pas amené à n'être dédié qu'au tennis mais c'est vrai qu'après Justine "Juju" Henin , un autre grand champion a fait ses adieux ce dimanche après-midi sur la terre battue de Roland-Garros.
Il y a tellement de façons d'être champion. Par son palmarès tout d'abord. Gustavo Kuerten n'a certes pas le tableau de chasse d'un Sampras ou d'un Federer, il n'a peut-être pas la spécificité "tout terrain" d'un Agassi mais il est néanmoins détenteur de trois trophées à Roland-Garros. Ce n'est pas rien.

Mais au delà des victoires, c'est surtout la manière qui a fait de Guga ce qu'il est. En communion constante avec un public qui l'a toujours porté, Gustavo Kuerten a définitivement conquis les spectateurs en 2001 lors d'un huitième de finale terrible où il est à un petit point de la sortie. Au terme d'une remontée épique, Guga remporte le match (et le tournoi une 3e et dernière fois une semaine plus tard) et dessine sur la terre de Roland un immense coeur avec sa raquette avant de se laisser tomber dedans. Un moment d'une émotion intense que personne n'a oublié encore aujourd'hui.

Et puis Guga, c'est une attitude. Un sourire permanent. Des tenues bariolées aux couleurs de son pays, le Brésil. Une ambiance de fête dans les tribunes, au sens noble du terme. C'est bien évidemment aussi un jeu de terrien qui lui aura permis de soulever le trophée en 1997, 2000 et 2001. Mais ce n'est pas ce qui restera de lui. Trahi par des problèmes physiques, notamment plusieurs opérations à la hanche, il est très souvent éloigné des courts. Et quand il tente de revenir, son corps meurtri le rattrape.
En 2008, après 3 saisons loin des courts, il entame une tournée d'adieu sur les courts qui ont compté pour lui. Comme Costa do Sauipe au Brésil, le petit tournoi de sa ville natale. Pour finir à Roland-Garros, le temple de tous ses exploits. Pour un adieu à son public. A court de matches et sans jambes malgré quelques points étincelants, il s'incline au premier tour face à Paul-Henri Mathieu sur le Court Central. Le même court que celui sur lequel il avait dessiné son coeur 7 ans plus tôt. Une sortie qui lui vaut une standing ovation de l'ensemble du public.
"Encore une fois, j'ai été le garçon le plus heureux du monde. Ici, c'est ma vie, ma passion, mon amour. Je suis content d'avoir gagné trois fois mais, le plus important, ça a été votre amour", a-t-il dit en français.

Guga s'en est allé. Je regretterai longtemps ce champion à la personnalité si attachante et qui avait tout compris au sport dans ce qu'il a de plus beau.
Justine est partie au sommet de son art. Guga est parti en n'étant plus que l'ombre de lui-même. Mais humainement, les deux seront finalement partis de la meilleure façon qui soit. En restant fidèles jusqu'au bout à ce qu'ils sont.
Merci Gustavo Kuerten ! Merci "Guga" !
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