
Voici en substance les quelques mots qui ont clos mes deux années au sein de l'entreprise... et mon contrat.
Et pour ceux qui s'interrogeraient sur le choix de l'illustration de ce sujet, c'est en relation avec le cadeau de départ offert par certains collègues, l'intégrale regroupant les 8 tomes de la série La Caste des Méta Barons, de Jodorowsky et Gimenez. Une découverte pour moi qui ne suis pas familier de l'univers de Jodorowsky mais une découverte qui attendra car je serais bien incapable de lire cet imposant ouvrage en ce moment. Incapable surtout de m'attarder sur tout ce qui peut me faire gamberger. Et me faire rappeler l'endroit où je ne suis plus. En attendant que ça passe.
Car oui, je gamberge. Et pour bien faire les choses, j'ai même refusé d'accompagner Nath chez ses parents pour la Toussaint. Quitte à gamberger, autant le faire en solitaire.
J'avais décidé de ne pas faire de pot de départ. Je ne voyais pas ce qu'il y avait à fêter. Je voulais partir aussi discrètement que j'étais venu, juste en serrant quelques mains et claquant quelques bises. Après avoir simplement rangé mon bureau une dernière fois. Du coup, je n'ai rien organisé mais ma directrice et certains de mes collègues ont donc tenu à me témoigner leur sympathie. C'est étrange parce que ma directrice a eu quelques mots à mon intention, juste avant de m'offrir le volumineux pavé, mais j'avais l'impression de ne pas vraiment entendre, un peu comme si je flottais déjà. Faut dire que je n'étais pas très à l'aise.
Et puis les collègues sont partis et c'est à ce moment que j'ai senti une chape de plomb me tomber dessus. C'était la fin de quelque chose et cette impression s'est renforcée lorsque, après avoir quitté le bâtiment avec mon cadeau sous le bras, je me suis retourné une dernière fois. Quelle idée aussi, de se faire du mal.
Voilà, c'est fini, comme disait jadis Jean-Louis Aubert. On avait beau me dire de ne pas me laisser aller à de faux espoirs, j'ai voulu croire jusqu'au bout que je pourrais avoir un avenir au sein de cette entreprise. Mon contrat était certes de deux ans et on ne peut pas donc réellement dire qu'il y a eu tromperie sur la marchandise. Mais j'ai vu tellement de gens arriver et rester. J'ai si souvent entendu que j'étais bon dans mon travail que j'y ai sans doute crû. A tort.
J'ai même passé le concours, histoire de me donner toutes les chances. Même que je l'ai eu finalement. Mais rien n'y aura fait. Rien. Je m'étais méfié des félicitations anticipées. Je savais que rien n'était acquis tant que l'on ne soulève pas la coupe. La suite m'aura tellement donné raison...
Je repars donc de zéro. Une fois de plus. Toujours la même rengaine, le même résultat. On va me dire que la roue va tourner, me parler de bonne étoile... Mais ce sont des amis qui disent ça et je ne peux pas reprocher à mes amis de tenter de me réconforter, de trouver les mots.
Mais il n'y a qu'une vérité. Celle des faits. Je suis dehors pendant que d'autres sont dedans. D'autres ont gagné et j'ai perdu. Il n'y a que ça qui compte. Et il va falloir que je me remobilise, que je reparte au combat, que je me motive...
Mais ai-je le droit, sans faire mon Calimero, de dire tout simplement que je ne m'en sens plus la force ?
6 commentaires:
Aller faire ces jours-ci ton inscription par l'autre porte, c'est une sacrée ironie du sort, c'est vrai... Et j'imagine ce que tu ressens.
Des portes, il y en a toujours une qui s'ouvre, mais il faut la trouver, et en attendant, l'incertitude est pénible.
Je pense bien à toi et je croise les doigts. Courage, Franck !
Bisous à toi et Nath.
Si tu as le droit de dire que ce n'est pas juste, tu as le droit de dire que tu y as cru.Tu as le droit d'être découragé .Mais tu as le droit aussi de penser que tu vas vers autre chose, peut être ailleurs, peut être mieux.L'espoir fait avancer et lorsqu'on avance on ouvre des portes.Celles de tes amis sont en tout cas grandes ouvertes.
Bises.
Isa.
Simplement, avec toi.
Comme disent Cath et Isa, il y a toujours des portes… suffit de trouver la bonne !
Ne perds pas courage… même si c'est plus facile à écrire qu'à vivre !
Cher Franck, je suis très émue de te lire. En parler t'aide peut-être à déposer une toute partie de ton fardeau. Une fois de plus tu as trouvé les mots pour le dire. Me voilà cependant impuissante devant les faits. En toute amitié, Franck. Bisous
Un petit bonjour d'une ex-collègue. Je viens de parcourir ton blog - c'est vraiment parceque c'est le tien! Tu serais capable de me faire aimer les blogs! Continue.
Bises à toi et à Nathalie
Merci pour les indices, collègue ! Je crois donc savoir à qui j'ai affaire ! Bisous itou.
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