dimanche 25 avril 2010

En trompe l'oeil (5)


Juste quelques mots avant de vous laisser à votre lecture. Histoire un peu particulière aujourd'hui, que je dédie avant tout à mon cousin Titof qui comprendra le clin d'oeil, je pense. Histoire qui vaut ce qu'elle vaut d'autant que ce n'est pas un exercice que je maîtrise forcément mais je me suis bien amusé. Pas sûr que Brigitte y trouve son compte... là-aussi, vaut mieux prévenir ! Dernière petite chose, évitez d'aller en bas de page avant d'avoir lu l'ensemble de la "nouvelle", ça risquerait, pour certains, de gâcher un peu l'effet de surprise ! Allez, bonne lecture !



Hitochi, Koshi et Yoshida étaient tous trois recroquevillés mais cela n’empêchait en rien leurs agresseurs de continuer à les marteler de coups de pied là où ça fait mal. Sauf qu’ils avaient mal partout à présent. Leurs visages étaient boursouflés, tuméfiés, les mains de Koshi avaient été écrasées, Yoshida vomissait à présent en se tenant l’estomac. Hitochi était le plus mal en point. Il avait été soulevé sans ménagement par trois geôliers qui l’avaient ensuite traîné par les cheveux avant de lui fracasser à plusieurs reprises le crâne contre les barreaux de la cellule.




-Je vous repose la question, hurla l’homme au fouet dont on aurait pu considérer qu’il était « le chef » à défaut de savoir le chef de quoi. « Que faisiez vous à rôder autour des deux tours ? »

-Rôder ? Mais nous ne rodions pas, nous étions juste en train de rouler à scooter…, commença Koshi. Il ne pût finir sa phrase et sentit le crépitement électrique du fouet s’abattre sur lui comme une terrible brûlure qui l’aurait consumé de l’intérieur. Il hurla.

-FOUTAISES ! Nous avons cette photo ainsi que plusieurs vidéos prises dans le périmètre. Vous avez fait le même trajet à cinq reprises. Ne venez pas me faire croire que vous passiez là par hasard, ni que vous repassiez là par hasard, tout ceci cinq fois d’affilée ! QUE CHERCHIEZ VOUS ?

L’homme fit tournoyer son fouet dans les airs et son air se fit plus menaçant encore, si tant est que c’eût été possible.

-Je ne suis pas pressé mais je vous promets que lorsque vous partirez d’ici les pieds devant, vous nous aurez tout révélé ! A vous de voir si d’ici là, vous voulez vous épargner certaines souffrances ! Ou pas…

L’homme au fouet avait dit les deux derniers mots avec un sadisme évident. Les trois chinois allaient en baver, c’était clair. Ils le savaient tous les trois. Mais tant que l’émetteur fonctionnerait, il leur resterait une chance. Mais ils ne tiendraient pas indéfiniment.

-Alors, où en êtes-vous messieurs ? demanda soudain une voix dans l’entrebâillement de la porte de la cellule. Nos amis ont-ils parlé ?




Hitochi, Koshi et Yoshida tressaillirent en voyant entrer l’homme dans la pièce. Il portait une tenue d’apparat pourpre comme on en portait dans les plus anciennes dynasties chinoises. Ses mains gantées de blanc étaient ornées de bagues. L’homme avait les traits fins, une moustache toute aussi fine rehaussant la sévérité de ses traits. Il se faisait appeler le Mandarin et était redouté de tout l’Extrême-Orient. Il avait le sang de milliers de victimes sur les mains. Hitochi, Koshi et Yoshida étaient à présent persuadés qu’ils n’en réchapperaient pas. A moins d’un miracle. Un miracle rapide s’entend.

-Rassurez-moi, murmura le Mandarin en s’adressant à ses hommes et plus particulièrement à l’homme au fouet, vous les avez fouillés au moins ?

-Euh… Fouillés, mon Excellence ? Hé bien, c’est que…

-Vous êtes des imbéciles, tous autant que vous êtes ! Mes pouvoirs m’ont immédiatement signalé qu’ils possédaient un émetteur sur eux. Fouillez les et détruisez-le ! Et ensuite, tuez les !

Les trois amis se regardèrent, terrorisés. C’était la fin. L’émetteur allait être découvert et Il perdrait ainsi toute chance de les retrouver et d’arriver à temps.




L’homme au fouet s’approcha d’eux, un rictus démoniaque illuminant son visage balafré.

-Allez, mes mignons, évitez de me faire perdre mon temps et celui de Son Excellence le Mandarin. Donnez-moi l’émetteur, ne me forcez pas à venir le chercher…

Le fouet tournoya de plus belle et s’abattit avec une violence peu commune sur le pauvre Yoshida qui eût l’impression d’être plié en deux. Il se tordit de douleur, nu comme un ver. Ses habits et tout ce qui pouvait se trouver à l’intérieur avaient été carbonisé. Lui-même était passablement roussi, pour ne pas dire davantage.

-Au suivant de ces traîtres ! Pas de panique, vous allez tous y passer de toute façon… Allons, allons, qui a un joli petit émetteur à remettre à Son Excellence, hum, hum ?

Koshi craqua. Il éclata en sanglots et sortit de derrière son pantalon le fameux émetteur miniaturisé. Il savait qu’ils étaient tous condamnés mais il ne voulait plus souffrir. Juste mourir.

Le Mandarin leva un bras et une aura aussi pourpre que son costume sembla électriser son gant droit. Il fit un bref claquement de doigts et l’instant d’après l’objet fut au creux de sa main. Il le fixa quelques instants et cette fois, ce fut carrément son visage qui s’empourpra lorsqu’il lut la petite mention au dos de l’émetteur.

-Stark International, siffla le Mandarin entre ses dents. Ces sales gosses ont été envoyés par Tony Stark, ce qui signifie que…




Le Mandarin ne put finir sa phrase. La façade ouest de la cellule, celle où il y avait quelques secondes auparavant un semblant d’ouverture sur l’extérieur, vola en éclat dans un vacarme assourdissant. Un épais nuage de poussière et de fumée s’évapora progressivement, laissant apparaître un trou béant dans le mur.

-Tu fais toujours des miracles avec tes rétropulseurs, mon si fidèle ennemi ! Allez, viens donc, ne me fais pas attendre… Iron-Man !

L’homme au fouet et les geôliers étaient à présent enfouis sous les gravats mais aucune trace de l’homme en armure.

-Bon sang ! Mais où est-il ? Rugit le Mandarin. Pas la peine de te cacher, Tête de fer !

-Je ne crois pas qu’il se cache, bien au contraire, murmura Yoshida toujours nu et recroquevillé, mais souriant. Il a dû finir le travail, c’est-à-dire détruire vos deux tours dissimulant vos ogives nucléaires. Puisque vous teniez tant à savoir ce qui nous amenait ici, VOTRE EXCELLENCE ! Bon timing, Iron-Man ! Et avec la raclée qu’on vient de se prendre, ne retient pas tes coups !

-NON ! hurla le Mandarin. Empêchez-le de…

Son cri s’étrangla. Une explosion assourdissante se produisit, puis une seconde. Le Mandarin regarda là où se trouvait quelques secondes avant la façade ouest. Il vit au loin les deux tours s’effondrer dans un nuage de gravats et de poussière dans un vacarme terrible.

-NOON ! ! ! Tu as anéanti des années de recherche et de travail, Iron-Man ! Mais tu ne t’en tireras pas à si bon compte ! Tu es à moi ! Je vais devoir me priver d’un valeureux adversaire, il est vrai, mais je ne peux laisser cet affront impuni ! Et pour ce qui est de tes amis…




Le Mandarin leva les bras, une aura verdâtre étincelant à chaque extrémité de ses gants. Yoshida, Koshi et Hitochi furent soulevés de terre comme pris dans un champ de force tandis que le Mandarin sauta par l’ouverture provoquée par Iron-Man. Il se maintint alors en l’air, les trois chinois gravitant autour de lui. Quelques kilomètres plus loin, les tours avaient complètement disparu, et la menace nucléaire avec.

Iron-Man volait à présent à toute allure vers son ennemi de toujours. Chacun des combats qu’il avait disputés contre le Mandarin avait toujours été très compliqué. Et il avait des otages cette fois. Il devait au préalable trouver la bonne fréquence du champ magnétique crée par le Mandarin pour essayer d’en prendre le contrôle. Mais le Mandarin ne lui en laissa pas le loisir.

-Tu me déçois Iron-Man, ce champ n’a rien de magnétique, ni d’énergétique d’ailleurs. Mes pouvoirs sont naturels, fruits des enseignements des plus grands maîtres des plus fameuses Dynasties de l’Orient. Mais puisque mes pouvoirs semblent t’intéresser, amuse toi donc.




Le Mandarin eut un bref sourire et ce fut tout. Les trois chinois tombèrent vers le sol tandis qu’Iron-Man fondait sur eux. Le Mandarin leva son bras gauche, murmura quelques mots dans un dialecte inconnu au commun des mortels et un faisceau s’abattit sur l’homme en armure qui hurla de douleur tout en s’écrasant au sol avec les trois personnes qu’il avait tenté de sauver.

Le Mandarin lança une nouvelle attaque, bien plus violente que la précédente. Il toucha à nouveau Iron-Man en plein dans le dos avec une violence inouïe. Un cratère s’était creusé dans le sol.

Le Mandarin se tenait toujours plusieurs mètres au dessus du sol. Il avait un rire hystérique qu’il contrôlait de plus en plus difficilement.

-Ha ! Ha ! Ha ! Presque trop facile, Tête de Fer ! Mais je te tiens enfin ! Peu importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse, n’est-ce pas ce que l’on dit toujours ? Huh ???

L’homme au costume pourpre s’interrompit soudain. Dans le cratère creusé par les rafales successives du Mandarin, l’armure d’Iron-Man se mit à bouger. Il se redressa péniblement. Yoshida, Koshi et Hitochi étaient également indemnes, bien que sonnés par leur périple dans l’espace « aérien » chinois.

-Mais… que… cet homme est un démon ? Ce n’est pas possible ? Hurla le Mandarin, fou de rage.

-Mes champs de force ne sont peut-être pas aussi naturels que les tiens, Mandarin, mais ils fonctionnent tout aussi bien. Et maintenant, on va solder nos comptes. Je vais te faire passer le goût de la barbarie, sois-en certain !




Iron-Man fondit sur le Mandarin encore trop surpris pour réagir. Un avantage que Iron-Man mit aussitôt à profit pour lui envoyer une triple dose de rayons lasers. Le Mandarin fut frappé de plein fouet, ce qui provoqua un effet de recul de près de cent mètres. Il se retrouva catapulté dans la cellule… qui perdit du coup sa façade est !

-Maudit sois-tu Iron-Man ! Tu essaies de me confiner dans un espace réduit mais je…

-Tu parles trop Mandarin, répondit Stark, l’alter ego d’Iron-Man, en lui balançant quelques rafales supplémentaires, toujours avec la même détermination et la même violence.

-Arrrghh !

Iron-Man prit le Mandarin, momentanément KO, à bras le corps et prit de l’altitude à une vitesse folle. 100 mètres, 200 mètres, 500 mètres, 1000 mètres…

-Nous allons voir qui de nous deux fait le plus beau cratère, Mandarin !




Avec rage, Iron-Man poussa son ennemi de toutes ses forces vers le sol comme un joueur de base-ball qui aurait cherché le tir d’une vie de compétition. Il y ajouta quelques rafales laser qu’il balança des paumes de ses gants à pleine puissance.

Le bruit fut indescriptible. Le Mandarin s’écrasa avec fracas sur le sol, creusant un cratère d’une bonne vingtaine de mètres. Iron-Man savait que cela ne le tuerait pas mais il savait qu’il serait amené à le retrouver tôt ou tard. Mais il ne devait pas s’éterniser ici. Il n’était pas forcément très bon pour un américain de rester trop longtemps en terre chinoise. Et il devait protéger ses nouveaux amis qu’il avait mis, un peu malgré lui, en danger. Ils avaient morflé et il avait une dette envers eux. Ils seraient en danger tant qu’ils resteraient sur le sol chinois mais un avion affrété par la compagnie Stark International rapatrierait tout ce beau monde et gèrerait les aléas administratifs.

Le Mandarin était toujours inconscient au fond de son trou de pierre et de terre. Iron-Man récupéra ses trois amis et actionna son champ de force. Il prit alors son envol en direction de l’avion qui les attendait non loin de là et disparut à l’horizon.






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