Je pouvais enfin souffler. J'avais éradiqué Carsac de sa vermine. Les hors-la-loi avaient détalé sans demander leur reste. Et les quelques inconscients qui avaient naïvement pensé pouvoir me tenir tête n'étaient plus là pour en parler.
Pour la populace, j'étais désormais ce que l'on appelle un héros. Libre à tous ces braves gens de le penser. Moi, je n'ai fait que mon travail. Celui que je fais le mieux. Et qui se met en travers de mon chemin tâte invariablement de mon colt. J'ai la dégaine facile alors faut pas venir me chercher des poux. Ouais.
J'avais donc nettoyé le village de sa racaille. J'avais certes répandu du sang, mais au moins ce n'était pas du sang d'innocents. Honnêtement, cela n'a pas été aussi facile que certains voudraient le faire croire. Les bandits étaient nombreux. Et entraînés, ouais. Ils auraient même pu mettre une sacrée dérouillée s'ils n'avaient pas pêché par excès de confiance. Visiblement, ils n'étaient pas habitués à ce qu'on leur tienne tête.
Mais je suis ainsi fait. Je me suis juré de vider les endroits de passage de leurs mauvaises herbes. Inlassablement, avec mon fidèle compagnon, je parcours les campagnes. D'hôtel en hôtel, de saloon en saloon, je n'ai qu'un seul but : faire régner la loi. Une promesse faite jadis à mon vieux père, un ancien shérif installé dans une ville trop grande pour lui et qui avait fini criblé de balles en pleine rue. Il s'était écroulé en plein milieu de la rue principale dans un nuage de poussière. Le vent qui soufflait sacrément ce jour là avait envoyé valdinguer son vieux chapeau. Ouais. Je m'en souvent comme si c'était hier. J'étais là, j'étais en train de manger quelques bonbons piqués à l'épicerie du village. J'avais sept ans. Je n'ai plus jamais rien volé depuis.
J'ai grandi en passant mes journées à aider ma mère à la ferme. Pas facile pour une veuve de s'en sortir. Elle ramenait bien quelques mauvais bougres de temps en temps à la maison mais ils ne me dérangeaient pas. Ils m'auraient dérangé, ça aurait été vite vu ! Parce que j'étais devenu en quelques mois un as de la gâchette. Je passais tout mon temps libre à m'exercer avec le revolver de mon père. Je n'étais pas naturellement doué mais j'aimais ça. Beaucoup.
Je suis directement passé des boites de conserves aux meurtriers de mon père. Un soir d'été où la chaleur était moite et étouffante. Maman était morte quelques semaines auparavant, deux jours après mon seizième anniversaire. Une mauvaise grippe. J'avais sellé l'unique cheval que nous avions et j'étais parti de la maison sans me retourner, sachant pertinemment que je ne reviendrais plus. Je savais déjà de quoi mon avenir serait fait. Les chiens ne font pas des chats. Sauf que moi, je ne dépendrais d'aucune autorité. L'autorité, ce serait moi. Avec personne au dessus.
J'ai donc retrouvé les lâches qui avaient vidé leurs barillets sur mon pauvre père. Je l'ai vengé. Sans plaisir. Sans violence gratuite. Une balle dans la tête de chacun de ces trois salopards. Pas même sûr qu'ils aient eu le temps de comprendre car je n'ai pas fait les présentations. J'ai rendu la justice. La mienne.
Depuis ce jour, j'arpente les campagnes accompagné de mon fidèle cheval. Il commence à se faire vieux. Il en a vu du pays ! Mais sa présence est inestimable. Je fais quelques menus boulots au gré de mes rencontres et de mes envies. Juste pour vivre jusqu'au lendemain. Et ainsi de suite. Et le reste du temps, ben, je poursuis la vermine qui cherche à polluer les endroits paisibles où je me rends. C'est ma vie.
Bon, c'est pas tout ça mais il est temps de repartir pour de nouvelles aventures. Mon travail à Carsac est terminé. Je vais reprendre la route avec ma fidèle monture. Ma vie est ainsi que je l'ai choisie et je n'en changerais pour rien au monde.
Ouais.
4 commentaires:
Excellent ! L'a pas l'air commode, le gars ! Il vaut mieux faire partie de ses amis que de ses ennemis ! :)
(Chouette look en tout cas ! et je dis pas ça pour me faire bien voir... )
Euh, j'hésiterais à me rendre à Carsac ou dans les environs ! Ce gars m'a l'air un peu allumé ! Méfions-nous ! (Faudrait peut-être, tant qu'on y est, l'envoyer en Lybie, au Yemen ou au Bahrein…)
C'est qui ce pistolero avec un nom à dormir dehors et un accent au couteau ? M'dame, si cet énergumène vous importune, n'hésitez pas à me faire signe ! Je suis toujours là pour les jolies dames en détresse !
Ouais.
Euh, et c'est qui sa fidèle monture...????
Quand je pense qu'il doit venir dans le coin bientôt!!
Bises,
Isa.
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