


Je n'avais pas prévu de réactualiser si vite mon blog, surtout en utilisant ce satané portable qui ne manque jamais une occasion de me faire avaler lettres ou syllabes mais je ne pouvais pas ne pas réagir à la disparition de l'immense Peter Falk qui aura vraiment bien attristé ma fin de semaine (par ailleurs excellente malgré tout, avec Isa, Laurent, Enéa et Léon).
Que dire à part une extrême banalité... Tous les grands qui nous ont marqué s'en vont un à un. Quand les derniers dinosaures, les Eastwood, Nicholson ou les Rochefort de par chez nous auront tiré leur révérence, ça fera un sacré vide. Et ce n'est pas globalement la qualité de la "relève" qui amoindrira ce sentiment.
Peter Falk s'en est allé. A l'instar d'un Larry Hagman (bien vivant lui) dont le rôle de JR dans Dallas m'aura accompagné et régalé un sacré paquet d'années, Peter Falk m'a immensément marqué. J'ai adoré les Columbo, je les ai vus et revus et, à de très rares exceptions près, je n'ai jamais été déçu. Le concept était déjà génial en soi : un meurtre dont on découvre dès les premières minutes l'identité et les motivations du tueur. Puis le déroulement de l'enquête par le lieutenant Columbo. Quand on y repense, c'était très culotté de parvenir à tenir le téléspectateur accroché à son siège alors qu'il connaissait déjà tout ce que le lieutenant découvrait au fur et à mesure. La seule chose que nous ne savions pas, et c'est un détail qui avait toute son importance, c'était la manière dont Columbo allait confondre l'assassin, le petit indice qui allait plier l'affaire.
Columbo, pendant 35 ans et 69 épisodes, nous captive aussi par le charisme de ses "assassins". Les plus grands acteurs télé de l'époque s'y succèderont comme Martin Landau, Robert Vaughn, Robert Conrad, Faye Dunaway, Patrick Mc Goohan et tant d'autres... comme autant d'affrontements épiques avec notre cher lieutenant.
Mais que serait Columbo sans Peter Falk ? Pas grand chose probablement. Sa dégaine incroyable, son imper élimé, sa vieille 403, son chien appelé "le chien", sa femme que l'on ne voyait jamais, ses indispensables cigares, son regard roublard, son sempiternel "Oh, encore une chose...", tout a concouru à faire de Columbo la meilleure série policière au monde, rien que ça. Peter Falk y était vraiment exceptionnel. Quelque part, probablement, il "était" Columbo". Chez nous, l'aspect culte de la série a été renforcé par la qualité du doublage français. Serge Sauvion, décédé en février 2010, a contribué au succès de Columbo en donnant à Peter Falk ce timbre inimitable et éraillé.
Du coup, on aurait tendance à oublier que Peter Falk a également eu une bien belle carrière cinématographique. Tournant pour les plus grands comme Frank Capra, Wim Wenders, Blake Edwards, Sidney Pollack, il a surtout été l'acteur fétiche du très grand John Cassavetes, notamment dans Une femme sous influence avec Gena Rowlands, femme du réalisateur.
Peter Falk était également un artiste qui exposait ses oeuvres et qui revendiquait de plus en plus cette partie de lui au fil des années.
A 83 ans, il nous quitte donc, endeuillant de nombreux spectateurs. La tristesse de sa disparition est atténuée par le fait que c'était un homme malade depuis plusieurs années, souffrant de la maladie d'Alzheimer et incapable de se rappeler, par exemple, qu'il avait été un jour ce très grand lieutenant de police au vieil imper et à la dégaine invraisemblable.
Un immense merci pour tout Monsieur Peter Falk ! Vous allez bien me manquer... Oui, vraiment... merci !
1 commentaire:
J'aimais bien Peter Falk, oui. J'ai vu quelques Colombo, je ne suis pas fan des enquêtes, mais, avec lui, c'était quelque chose !
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