lundi 2 février 2009

Nadal taille patron... et les larmes de Federer







Une nouvelle fois, la finale d'un grand chelem a réuni les deux meilleurs joueurs du monde, Rafael Nadal et Roger Federer. Une nouvelle fois, Nadal a fait la différence dans un nouveau match en cinq sets, certes bien moins épique que celui de la finale de Winbledon 2008 mais quand même... Finalement, le résultat pourrait ne pas paraître surprenant. Après tout, Nadal est un incontestable n°1 depuis août dernier. Il est devenu depuis plusieurs années la bête noire de son dauphin Federer qui ne trouve pas les clés pour le battre.

Pourtant, Federer avait une bonne carte à jouer. Nadal sortait d'un match au couteau en demi-finale contre son compatriote Verdasco qui l'avait laissé sur les rotules après 5h14 de jeu d'un niveau hallucinant. Et avait, de surcroît, eu 24h de moins de récupération que Federer qui avait joué sa demi-finale un jour plus tôt.



Federer n'a d'ailleurs pas fait un mauvais match. Il a même réalisé un coup gagnant de plus que son adversaire sur l'ensemble de la partie. Et sur les quatre premiers sets, Federer a bien plus facilement remporté les siens que le joueur de Majorque.

Sauf qu'au cinquième set, la machine se grippe. Federer est en panne au service, fait quelques fautes monumentales à ce niveau et balance presque ce cinquième set concédé 6-2. Une baisse de régime difficilement explicable. Nadal n'a pas démérité mais n'en demandait pas tant.

Finalement, peu importe le score. Nadal a fait respecter la hiérarchie et s'est imposé. Une victoire de plus pour un grand champion de terre battue qui, après avoir dompté le gazon et déchu le roi Federer dans son fief londonien, est désormais conquérant sur dur.



Pour Federer, la défaite est amère. Car si le suisse est humble, il sait aussi ce qu'il veut et ce qu'il doit faire pour marquer durablement l'histoire de son sport. Or, il avait l'occasion ce dimanche d'égaler les 14 titres en grand chelem de Pete Sampras. Pourtant, il en a explosé des records, Federer, mais celui-ci est tout en haut, et comme tout challenge de ce nom, il ne s'offrira qu'aux plus persévérants.

Mais au dela de la défaite cruelle du suisse (et de la victoire vraiment méritée de Nadal qui a notamment très bien contré la plupart des 19 balles de break contre lui durant toute la rencontre), c'est surtout l'après-match qui sera resté dans les mémoires. Des images qui ont déjà fait le tour du monde, relayées partout sur Internet.

Emotion intense lorsque Federer fond en larmes au moment de prononcer son discours. Jamais le suisse n'aura semblé si désarmé, si désemparé... et si profondément humain. La cérémonie s'interrompt brièvement, Federer ne pouvant continuer. Nadal donne une accolade émouvante et respectueuse, presque fraternelle, à son malheureux adversaire du jour.



Puis Federer se fait violence, afin de parler avant Nadal et de lui laisser ainsi le mot de la fin. Federer félicite Nadal, remercie ses supporters, et avoue même combien cette défaite lui fait mal. Une sincérité toute à son honneur. Nadal, presque gêné, ne tarit pas d'éloges sur son aîné et insiste sur la carrière déjà si exemplaire du suisse.

Bref, au final, une excellente finale, parfois décousue quant à l'aspect du jeu, pas forcément très spectaculaire (malgré de très beaux points et de très belles courses) mais qui aura tenu toutes ces promesses. Et bien davantage. Elle nous en aura dévoilé un peu plus sur ces deux immenses champions. D'un côté Nadal, joueur multi-surface, incontestable numéro 1 de sa discipline. De l'autre, Federer, un immense champion à fleur de peau, qui s'accroche désespérément aux quelques rêves qu'il lui reste encore, à un âge où le temps joue désormais contre lui.

J'ai rarement autant pris du plaisir. Le vrai. Celui du sport où peut importe qui gagne. J'ai été désolé pour Federer qui voulait à tout prix marquer une nouvelle page de son sport, mais enthousiasmé par la capacité de Nadal de s'adapter à toutes les surfaces.

Deux immenses champions, vraiment... Et quelles émotions, j'y ai même laissé quelques larmes, tiens ! Immenses, je vous dis !

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