dimanche 22 février 2009

Case Départ, émotionnellement votre…



La dernière fois que j’ai évoqué le tout nouvel album de Nicolas (Case départ donc), c’était pour pester contre les enseignes qui ne l’avaient pas encore en rayon, m’obligeant à le commander sur le Net. C’était il y a trois semaines environ.

Depuis, j’ai bien évidemment reçu le CD mais j’ai infiniment pris mon temps avant de venir en parler ici. D’abord, parce qu’il m’a toujours fallu plusieurs écoutes pour véritablement m’imprégner de nouveaux morceaux, aussi talentueux l’artiste soit-il. Ensuite parce que l’album Vice Versa, le précédent pour ceux qui suivent, a une place toute particulière dans mon cœur.

Vice Versa est un superbe album, très justement salué par la critique à l’époque et qui, outre ses qualités au niveau des textes et des compositions, me renvoie à des périodes particulières et très fortes émotionnellement. Comme ma rencontre avec Nicolas à la foire expo de Bergerac, ou le concert à l’Européen qui m’aura permis de faire la connaissance de l’un de ses frères Alain. Comme aussi un ancien forum sans lequel je ne serais pas ici, aujourd’hui, à écouter Nicolas et encore moins à vous en parler.

Case Départ est un très bel album, que je trouve réussi sur bien des points. De toute façon, je suis là pour émettre un avis et certainement pas pour rédiger une critique. Parce que, fondamentalement, je ne crois pas aux bons ou mauvais albums. Un album ne peut être mauvais s’il nous touche, ou nous interpelle. Les seuls « mauvais » albums, toujours d’un point de vue personnel, sont ceux que l’on conçoit autour d’un seul titre (qui doit impérativement être un tube pour faire vendre) entouré d’une dizaine de merdes. Des albums pensés commercialement en somme. Au moins, avec Nicolas, on est tranquille : pas du tout le genre du bonhomme. Du coup, si certains petits bijoux méconnus pouvaient avoir la diffusion et le succès qu’ils mériteraient, ce ne serait que justice.

Revenons à nos moutons. Je le dis en toute sincérité : Case Départ est un excellent album. De toute façon, je ne pense pas que les habitués de Nicolas puissent être déçus, à partir du moment où l’homme se dévoile énormément dans chacun de ses albums. Sans fard ni fioriture, il se raconte, se livre bien plus qu’on ne pourrait le croire de prime abord. C’est un peu comme si on le retrouvait autour d’une table, après une plus ou moins longue absence. C’est en tout cas comme ça que je le ressens. Il y a une certaine continuité dans la discographie de Nicolas Peyrac, avec des albums dont certains sont passés à la postérité tandis que d’autres restaient dans l’ombre, mais avec toujours cette sincérité dans l’écriture et cette sensibilité dans la composition. Et un sens de la mélodie qui n’appartient qu’à lui.

Je ne dirais pas avoir été surpris par cet opus que je définirais plutôt comme étant dans la continuité du précédent, même si le côté acoustique, notamment au niveau des guitares, renvoie plus au son de ses débuts. Finalement, l’homme nous invite toujours à arpenter ses chemins de vie, à partager ses colères, ses coups d’amour et parfois ses coups de sang. Sans langue de bois et donc toujours avec infiniment d’émotion.

L’album s’ouvre sur Ma vie est ici. Le ton est donné. Retour aux sources mais surtout retour au pays pour Nicolas après une longue parenthèse québécoise. Le texte émeut dès les premiers mots, lorsque l’artiste parle de ceux dont il n’avait pas su qu’ils lui manqueraient. Un retour entre Paris et Bretagne empli de nostalgie mais surtout plein de promesses pour l’avenir.


Je ne vais pas égrener tous les titres de l’album mais impossible de ne pas évoquer ce que je considère comme la plus belle chanson de l’album : Une peau que t’as pas est un petit bijou d’orfèvre, tant au niveau des mots choisis, de leur justesse, que de la force de la mélodie qui les enrobe. Lili de Perret n’est pas très loin. Ne me parlez pas de couleur non plus. On retrouve le Nicolas Peyrac révolté du monde qui l’entoure, face aux désillusions de tous ces gens qui ne seront finalement jamais vraiment chez eux, chez nous. Un titre incontournable !

Quel bonheur aussi que ce duo avec Olivier Gann écrit avec une incroyable justesse des mots par Véronique Chanat. Une chanson superbe qui clôt magistralement l’album.

L’inconvénient de mettre en lumière certains titres d’un album, c’est que du coup ils pourraient faire de l’ombre à d’autres. Pourtant croyez-moi, il n’y a que de belles chansons sur cette album, des mots (maux ?) de la vie superbement mis en musique sur un style épuré et intimiste qui va à l’essentiel. Il faudrait citer les 12 chansons de ce nouvel album pour bien faire les choses. Car si certaines nous parlent plus que d’autres, ce ne sont forcément jamais les mêmes, selon qui les écoute. D’un point de vue très personnel, il est évident que Tout reste là est un texte qui me parle. Enormément. Et celles qui me parlent moins ont au moins le mérite d’exister et de me donner, éventuellement, à réfléchir. Rien que pour ça, un grand merci Nicolas.

Que dire pour conclure ? D’acheter l’album ? C’est une évidence. Nicolas Peyrac a trop le respect du public et des mots vrais pour que sa sincérité reste dans l’ombre. C’est un album qui mérite qu’on en parle et surtout qu’on l’écoute. Et les concerts à venir devraient permettre, souhaitons le du moins, à Case Départ de faire son bonhomme de chemin dans la lignée du précédent opus. Ce qui serait amplement mérité.

Vice Versa était un album qui, hormis ses nombreuses qualités artistiques, était lié à un passé dont j’ai d’excellents souvenirs avec de belles rencontres. En ce sens, il avait une place à part pour moi. C’est encore le cas aujourd’hui. C’est probablement pour ça que Case Départ a été un peu plus difficile à apprivoiser, à appréhender. C’est aussi pour ça que j’ai pris le temps de l’écoute avant de venir vous en parler avec le plus de sincérité possible. Si je n’avais pas aimé, je vous l’aurais dit mais j’aurais été bien embêté quand même.

Mais on ne peut pas ne pas aimer Case Départ. Alors merci Nicolas !

4 commentaires:

Réverbères a dit…

Le CD n'est toujours pas en Belgique (enfin, je devrais l'avoir aujourd'hui). Mais j'ai déjà pu l'écouter, et c'est excellent.

J'ai relevé d'autres chansons dans le partage que j'en ai fait sur mon site.

franck a dit…

Oui, j'avais vu ta mise à jour sur ta page de Nicolas. Et donc vu les titres qui t'avaient particulièrement touché... Après, c'est comme je dis toujours, notre propre sensibilité nous renvoie à certains titres plus qu'à d'autres. Mais tout l'album est de très bonne facture.

Anonyme a dit…

Ha! Franck comme tu l'écris bien...
C'est un bonheur de te lire… si bon ton retour...
Bisous vous deux,
Mona.

Cath a dit…

Merci du partage ! c'est un plaisir de lire ton approche de l'album.
Je l'ai aimé tout de suite, beaucoup : c'est du Nicolas, du très bon Nicolas, textes et musique, et une sérénité qui me plaît. Des saines colères aussi, si bien dites.
Je partage tes coups de coeur, "Ma vie est ici", "Une peau que t'as pas", le duo avec Olivier Gann "Dernière fois", et puis j'aime beaucoup aussi "Entre et elle et lui" et "Chanter".