
C’était un soir comme les autres. En apparence du moins. Je fis tourner la clé dans la serrure, entrai chez moi, jetai le trousseau sur le canapé qui me faisait face puis me dirigeai vers le frigo.
J’ouvris la porte. Il y avait juste un bout de camembert et deux ou trois Coraya qui se battaient en duel. Je soupirai, espérant que Nath penserait à faire quelques courses en sortant du boulot.
Je défis mes bottes tout en baissant le store électrique. Il faisait nuit noire dehors et il n’avait rien que j’aimais moins que de montrer l’intérieur de mon chez moi à d’éventuels rôdeurs.
Je m’affalai sur le canapé et allumai le téléviseur d’un coup de zappette magique.
Comme de bien entendu, c’est précisément à ce moment là que résonna la sonnette de la porte d’entrée. Grommelant dans ma barbe, je me relevai et ouvrit la porte.
Au début, je ne vis rien. C’est en baissant le regard que j’aperçus… Winnie l’ourson !
Je vous laisse imaginer la scène… et la tête que je tirais. J’étais d’un côté de la porte et Winnie l’ourson de l’autre. Si, si Winnie. La peluche qui tient toujours un pot de miel et qui gambade partout dans la forêt avec ses amis Tigrou (houhouhou) et… ah, c’est quoi déjà son nom au petit cochon ? Ah oui, Porcinet. C’est ça, Porcinet.
Sauf que ce n’était pas vraiment une peluche. Enfin si. Oui mais non. Elle était vivante et me regardait en souriant, serrant son pot de miel contre elle et y plongeant un doigt de temps en temps avant de le porter, dégoulinant de sucre, à la bouche. Winnie semblait être tout seul.
-C’est quoi cette connerie ? fut ce que je trouvai de mieux à dire en la circonstance. Ensuite, sans me soucier du regard réprobateur de l’ourson, je le fis entrer précipitamment. C’est sûr, j’allais me réveiller (Si, si forcément), mais en attendant, personne ne devait pouvoir s’imaginer que je parlais à une peluche devant ma porte en pleine nuit.
Sauf que ce n’était pas vraiment une peluche. Enfin si. Oui mais non. Elle était vivante et me regardait en souriant, serrant son pot de miel contre elle et y plongeant un doigt de temps en temps avant de le porter, dégoulinant de sucre, à la bouche. Winnie semblait être tout seul.
-C’est quoi cette connerie ? fut ce que je trouvai de mieux à dire en la circonstance. Ensuite, sans me soucier du regard réprobateur de l’ourson, je le fis entrer précipitamment. C’est sûr, j’allais me réveiller (Si, si forcément), mais en attendant, personne ne devait pouvoir s’imaginer que je parlais à une peluche devant ma porte en pleine nuit.
Je réalisai justement que Winnie ne m’avait pas encore adressé la parole. Je voulus engager la conversation mais en même temps, qu’allais-je bien pouvoir demander à une peluche ? Une peluche ! Tout ceci semblait tellement grotesque. Et en même temps, la présence de Winnie, aussi irrationnelle soit-elle, me faisait du bien. Elle me renvoyait des années en arrière lorsque gamin, je regardais le Disney Channel sur la 3. Il y avait Winnie et ses amis, avec Jean Rochefort qui, me semble t-il, racontait les histoires. Puis quelques dessins-animés, du genre Mickey, Donald & Pluto, avant que Zorro ne prenne le relais. Ouais, ce devait être quelque chose comme ça…
-Et sinon, comment va ton ami Tigrou ? demandai-je alors, visiblement vraiment à court d’inspiration.
-Et sinon, comment va ton ami Tigrou ? demandai-je alors, visiblement vraiment à court d’inspiration.
Winnie perdit alors le sourire qu’il avait jusqu’à présent. Il ouvrit sa gueule mais aucun son n’en sortit. Il se mit alors à gesticuler comme s’il voulait me dire quelque chose de profondément urgent. Il posa son pot de miel et prit tant bien que mal le rouleau d’essuie-tout entre ses pattes engluées de miel. Je l’amenai alors vers la salle de bain afin qu’il puisse se nettoyer. Sitôt fait, il repartit dans le salon et se mit à fouiller dans les tiroirs d’un de mes bureaux. Je voulus protester mais je compris soudain ce qu’il cherchait à faire. Pour une raison que j’ignorais encore, Winnie semblait effectivement être dans l’incapacité de s’exprimer. Je lui tendis donc papier et crayon qu’il cherchait frénétiquement. L’ourson me sourit mais avec une telle tristesse dans le regard que je me sentis tout chose. Il griffonna quelques mots, tant bien que mal (pas facile avec de telles paluches) et me montra ce qu’il avait écrit.
« Roger Carel a disparu, ma voix a disparu ! »
Je me laissai tomber sur le canapé, hébété. J’étais là, en pleine nuit, à discuter avec une peluche, un ourson que je n’avais pas revu depuis l’enfance. Un Winnie muet d’avoir perdu sa voix. Ou plutôt celle de son doubleur attitré, l’immense Roger Carel.
Winnie prit mes mains dans ses pattes de belle peluche jaune orangée, ce qui me laissa une impression de grande douceur, et me regarda de ses grands yeux suppliants. Je compris alors ce qu’il allait me demander et je priai alors très fort pour me réveiller enfin. Mais sans succès bien évidemment.
-Bon, tu veux que je t’aide à retrouver ta voix, c’est bien ça ? Tu es bien en train de me demander de partir à la recherche de ton ami Roger Carel ? C’est bien ça ? (Pitié, dis moi que non, dis moi que non, pensai-je intérieurement)
Winnie l’ourson fondit alors en larmes et se blottit contre moi, ses deux pattes avant autour de mon cou. Eh bien, je n’étais pas sorti de l’auberge !
D’autant que, complètement absorbé par mon ourson revenu d’entre mes vieux rêves d’enfant, je n’avais pas vu que Nath était rentrée.
Essayez juste d’imaginer quelqu’un qui rentre tard le soir, fatigué après une dure journée de labeur… et qui vous trouve en train d’enlacer une peluche géante sur le canapé du salon !
La nuit promettait décidément d’être longue !
A suivre…
« Roger Carel a disparu, ma voix a disparu ! »
Je me laissai tomber sur le canapé, hébété. J’étais là, en pleine nuit, à discuter avec une peluche, un ourson que je n’avais pas revu depuis l’enfance. Un Winnie muet d’avoir perdu sa voix. Ou plutôt celle de son doubleur attitré, l’immense Roger Carel.
Winnie prit mes mains dans ses pattes de belle peluche jaune orangée, ce qui me laissa une impression de grande douceur, et me regarda de ses grands yeux suppliants. Je compris alors ce qu’il allait me demander et je priai alors très fort pour me réveiller enfin. Mais sans succès bien évidemment.
-Bon, tu veux que je t’aide à retrouver ta voix, c’est bien ça ? Tu es bien en train de me demander de partir à la recherche de ton ami Roger Carel ? C’est bien ça ? (Pitié, dis moi que non, dis moi que non, pensai-je intérieurement)
Winnie l’ourson fondit alors en larmes et se blottit contre moi, ses deux pattes avant autour de mon cou. Eh bien, je n’étais pas sorti de l’auberge !
D’autant que, complètement absorbé par mon ourson revenu d’entre mes vieux rêves d’enfant, je n’avais pas vu que Nath était rentrée.
Essayez juste d’imaginer quelqu’un qui rentre tard le soir, fatigué après une dure journée de labeur… et qui vous trouve en train d’enlacer une peluche géante sur le canapé du salon !
La nuit promettait décidément d’être longue !
A suivre…
6 commentaires:
qu'est ce que tu fumes cousin? je veux la meme....!!
en tout cas c'est tres joli, tres poetique, et toujours tres bien ecrit, et beaucoup d'imagination.
tres tres bon.
merci.
Et tu as trouvé ta vocation… devenir une des grandes voix du film d'animation ! Bonne carrière !
Superbe, c'est carrément craquant cette histoire : je l'ai lue en souriant, en riant presque au début, et puis me v'là au bord des larmes !
La suite, la suite !
Je me suis bien demandée où tu voulais nous emmener et puis...je me suis laissée embobiner...comme toujours!
Isa.
Bien sympa comme histoire. La rencontre entre deux ours tendres, quelle belle image !
Ahhhh une histoire comme je les aime !! Je retrouve là toute ta tendresse et ton imagination débordante ! Tu as mis le temps avant de te lancer, mais ça vallait le coup d'attendre ! En plus je fais partie des personnages, merci pour le clin d'oeil !
Nath
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