samedi 16 juillet 2011

L'invasion belge a commencé ! (2)




Il est 23h30 environ lorsque j'entame la deuxième partie de notre périple. Nous sommes donc, Nath et moi, encore vivants pour en parler mais restez bien vigilants surtout. Car serons nous toujours là demain ou aurons nous chèrement payé le prix de notre vaillance ?

La journée s'est bien déroulée cela dit. Mais nous n'avons pas baissé notre garde pour autant. D'ailleurs, pour tout dire, nous avons aperçu quelques fissures dans la cuirasse de nos deux envahisseurs qui sont autant de promesses pour des lendemains moins pessimistes.

La femme, celle que nous avons délibérément choisi d'appeler ici Brigitte pour qu'elle ne puisse en aucune façon se reconnaître, a montré d'étonnants signes de fébrilité alors qu'elle était connectée à son ordinateur portable. Butant inexplicablement sur des lettres, validant avec le plus grand mal certaines données après moult essais infructueux, elle nous a semblé un peu en dedans aujourd'hui. Une certaine panique difficilement contenue dont il nous faudra profiter en temps utile si la menace qui pèse sur nos têtes venait à se confirmer.

François-Marie a quant à lui montré une certaine allergie à l'avocat. Nath et moi avons entrepris des examens approfondis afin de déterminer dans quelle mesure cette allergie pourrait avoir son importance en cas d'invasion. Il n'est pas exclu que nous nous badigeonnions gaiement le corps de guacamole le temps venu, mais chut, rien ne doit filtrer !

Par contre, une nouvelle fois, François-Marie a demandé sa ration journalière de mayonnaise. Un rituel sans doute, sûrement un détail mais je préfère le noter quand même. Tout aura son importance à un moment donné. Je ne m'étendrai pas sur la coutume de l'homme belge de savourer son beurre salé à température ambiante, c'est-à-dire fondu. On n'est pas là pour se faire désintégrer suite à des propos déplacés. J'ai juste veillé à ce que le beurre en question ne dégouline pas sur ma statuette Garfield.

Brigitte est plus difficile à cerner. Elle n'a pas d'habitude alimentaire particulière, ou se garde bien d'en faire étalage. Ce couple a une technique d'invasion probablement subtile mais très étrange : la femme fait tout pour s'intégrer tandis que l'homme met un point d'honneur à bien marquer sa singularité. Bizarre, bizarre !

La journée a été calme. J'ai été réveillé de bon matin par l'incapacité de la femme belge à lever un store mécanique. Faut dire qu'il y avait quand même deux boutons, c'est sans doute ça ! Je lui en ai patiemment expliqué le fonctionnement, avec des mots simples et des gestes précis. Nous saurons demain si nous nous réveillerons à 9h30 dans le noir comme ce matin.

Le petit déjeuner s'est déroulé sans encombre mais comme ils appellent un mug une tasse, on a eu un peu de mal pour verser le café et le thé. Puis nous sommes allés au village acheter le pain et le beurre salé (quand je pense que j'étais pressé de rentrer de peur qu'il ne fonde...). L'après-midi, nous avons fait une petite randonnée pour juger de leur endurance physique. Le problème, c'est qu'avec mon pied blessé, c'est moi qui ai assez vite montré des signes de fatigue. Mais je suis quand même arrivé à faire la boucle prévue, non sans quelques haltes bienvenues. Brigitte et François-Marie se sont révélés globalement athlétiques (lui a surtout de sacrés mollets !) mais Nath et moi pensons qu'ils sont peut-être touchés par un petit virus local qui les indispose. Quintes, éternuements, nos visiteurs ont montré quelques signes évidents de faiblesse mais il n'est bien évidemment pas question de les sousestimer.

A l'issue de la marche, j'ai profité d'un moment d'inattention de leur part pour boire une de leur bière. Je savais que je prenais un risque alimentaire mais je devais subtilement tenter, à mon humble échelle, d'épuiser leur stock de boissons, ceci afin, tôt ou tard, de les mettre en difficulté. L'ont-ils su ? Je ne le pense pas mais toujours est-il que, près d'une heure plus tard, nous avons échappé de peu à une intoxication alimentaire à l’emmental belge.

Au final, cette journée aura été très productive. Les tensions se sont quelque peu apaisées car Nath et moi avons décidé de les caresser dans le sens du poil. Car pour l'instant, trop d'éléments demeurent sans réponse : leurs véritables intentions, pacifistes ou non, la date d'une éventuelle invasion, d'hypothétiques faiblesses à creuser etc. Nous avons quand même relevé que l'homme était fort mélomane, jouant lui-même de la guitare, entre autres instruments, et se délectant comme il se doit des prouesses de Nath au piano. Là aussi, une piste à creuser qui peut avoir son importance...

Lorsque Nath et moi sommes montés nous coucher, tous deux pianotaient gaiement sur leurs claviers respectifs. Cela a bien évidemment titillé notre curiosité mais nous avons décidé de ne pas y accorder trop d'importance et de voir venir. Prudents, oui. Paranos, non.

Peut-être allions nous enfin parvenir à fermer l'oeil cette nuit...

A suivre...


2 commentaires:

Anonyme a dit…

Ha ha, je rigole toute seule devant mon ordi, c'est excellent et magnifiquement écrit, Franck !
Bises aux Gaulois envahis et aussi aux envahisseurs !

Véro

Cath a dit…

A voir la tête de Franck, ça n'a pas l'air rigolo, en effet ! ;)
Mais pour nous qui suivons vos aventures, quelle bonne humeur !!! :)))
Bizatous !