
Très étrangement, je n'ai pas encore parlé de celui qui est peut-être pour moi l'un des plus grands, sinon le plus grand de la chanson française, tous genres confondus.
Je parle parfois des Souchon, Adamo, Peyrac, Mitchell, Charlebois et de quelques autres. Mais aucun ne m'aura autant fait vibrer qu'Alain Bashung. C'est d'ailleurs probablement le seul artiste dont je possède l'intégralité discographique, voire scénique. De cet auteur compositeur interprète de talent, j'aime l'extrême poésie, son sens des mots, ses musiques envoûtantes et parfois si sensuelles, son côté dandy aussi.
Je considère parfois que Alain Bashung est à la musique ce que David Lynch est au cinéma. Il a un univers bien à lui, identifiable entre tous, et dans lequel on n'entre souvent qu'imparfaitement. Et pourtant, on y revient toujours. Parfois même, on en viendrait à culpabiliser de ne pas aimer un album, comme si on n'avait pas su capter ce qui pouvait en faire un disque incontournable.
C'est précisement ce qui m'est arrivé sur son avant dernier album, L'Imprudence. Un album presque concept, expérimental, enveloppé de sonorités étranges qui m'a décontenancé, presque déçu, ce qui ne m'était encore jamais arrivé jusqu'alors (même si j'ai bien évidemment mes préférences comme tout un chacun). Mais jamais je n'ai pensé que L'Imprudence était un mauvais album. J'ai plutôt eu cette impression bizarre de passer à côté de quelque chose, avec la frustration qui va avec.
Et puis, l'an dernier est sorti Bleu Pétrole, un album exceptionnel, somptueux... les mots me manquent pour décrire ce que j'ai ressenti à l'écoute de ce bijou qui aura été mon plus beau coup de coeur de toute l'année 2008. Je ne suis pas sûr qu'il y ait d'ailleurs un quelconque album que je puisse placer au dessus de celui-là, qu'il soit de Bashung ou de tout autre artiste. Pour moi, Bleu Pétrole est ZE album, celui que l'on n'attendait pas et qui vous transporte à chaque écoute.
Alors, lorsque hier Alain Bashung et ce fameux Bleu Pétrole ont récolté 3 Victoires de la musique (Album, Interprète, Scène), j'ai trouvé cela amplement mérité. Et peu surprenant en fait, tant Bashung a été depuis si longtemps déjà reconnu par ses pairs comme un monument de la chnason française. Celui que les Inrocks ont affectueusement surnommé "le dernier des Géants".
Et si je ne suis vraiment pas fan de ce type de retransmission TV, il faut bien reconnaître que l'émotion était au rendez-vous ce samedi soir lorsque Alain Bashung (dont tout le monde sait désormais qu'il est atteint d'un cancer du poumon qui le fragilise énormément) est monté sur scéne. Il a dit ne jamais pouvoir oublier cette soirée ni tout cet amour. Moi, je peux simplement dire que jamais je ne pourrai me passer d'Alain Bashung.
Que dire de plus ? Ce post est un peu vain. Ceux qui sont hermétiques à Bashung le resteront sans doute, le cantonnant probablement à ses premiers tubes qu'étaient Vertige de l'Amour ou encore Gaby, Oh Gaby... Et c'est très bien ainsi car il en faut pour tous les goûts et pour toutes les oreilles. Moi-même, je ne suis pas forcément réceptif lorsque l'on essaie de me faire découvrir certains chanteurs. On adhère ou pas, c'est selon. Cela n'enlève rien à ce qu'ils sont, ni à leur talent. Ni au fait qu'ils touchent les gens, chacun à leur façon.
Mais je voudrais quand même dire que Bashung, c'est surtout une série d'albums incroyables depuis Osez Joséphine jusqu'à ce chef-d'oeuvre qu'est Bleu Pétrole, en passant par les exceptionnels Chatterton et Fantaisie Militaire. Des pépites unanimement reconnues, tant par la profession que par les très nombreux admirateurs de l'artiste dont je fais bien évidemment partie.
Installez-vous confortablement, fermez les yeux et écoutez par exemple La nuit, je mens ou Madame rêve... et laissez-vous emporter par ce tourbillon de poésie mélancolique...
Je crois que j'avais depuis bien longtemps envie de parler enfin d'Alain Bashung, de ce qu'il représentait pour moi depuis une vraie révélation lors de mes années fac. La sortie de Bleu Pétrole l'an passé aurait été une superbe occasion. Mais j'ai attendu. Ensuite, j'ai appris qu'il souffrait de cette saloperie de cancer contre lequel il lutte jour après jour et qu'il combat à sa façon en multipliant courageusement les concerts à travers toute la France. Là, je n'ai pas non plus osé, ne voulant pas me risquer à faire un sujet qui passerait plus pour un hommage, un peu comme si j'enterrais le bonhomme un peu vite. Et puis samedi soir, lorsque je l'ai vu à la cérémonie des Victoires de la Musique, si affaibli et pourtant si heureux et plein de vie, je me suis dit qu'il valait quand même mieux parler des gens que l'on aime quand ils sont toujours là.
Alain, je vous souhaite d'être là pour très très longtemps encore. Pour ce que vous êtes, ce que vous faites depuis une vingtaine d'années où je vous écoute assidûment album après album, je veux juste vous dire que je vous aime. Je préfère dire les choses plutôt que de m'en vouloir de les taire.
Tenez bon la barre, surtout !
3 commentaires:
Ce billet m'incite à écouter, au moins une fois, cet album Bleu pétrole ! Question de ne pas mourir idiot !
Et bien je ne connais pas trop le répertoire d'Alain Bashung, même si je pense de lui le plus grand bien : alors, "yapuka" ! Tu me donnes envie de l'écouter !
Tu as regardé les victoires de la musique??Je tiens alors à te signaler que les enfoirés passent vendredi soir prochain...
Quant à Bashung, je le connais mal,aime bien ses chansons ( du moins celles qui passent à la radio).J'aime surtout la façon dont tu parles de cet artiste et le message qui en ressort m'a touchée.
Isa.
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