
C'est mon questionnement de la journée, qui est plutôt un thème récurrent chez moi d'ailleurs. Ben oui, un taureau qui ne ruminerait pas ne serait pas un vrai taureau.
Par exemple, j'ai actuellement un ami dont je sais qu'il ne va pas bien. Cet ami est virtuel, nous ne nous sommes jamais rencontrés, mais ça ne m'empêche pas de m'inquiéter, toutes proportions gardées, lorsque je sens que quelque chose ne va pas. Une simple contrariété, un "simple" mal-être. Que rien ne nous permettrait d'affirmer mais que l'on sent. Ressent.
Il n'est d'ailleurs pas forcément important de savoir le pourquoi du comment. Etre là tout en respectant l'intimité ou le silence de l'autre. L'important pour moi serait plutôt de faire comprendre à un ami, quel qu'il soit d'ailleurs, qu'il a autour de lui, quelqu'un qui est simplement là. Au cas où.
S'inquiéter est d'ailleurs, aussi paradoxal que ce soit, une bonne chose. Le jour où je ne me soucierai pas du silence ou de la distance d'un ami, je crois que j'aurai une sacrée remise en question à faire. Et que je ne serai plus quelqu'un de vraiment recommandable (déjà que...).
Mais quelle est la place d'un ami ? Comment montrer qu'on est là, mais tout en trouvant la juste distance ? Comment se positionner vis à vis des autres amis d'un ami ? Comment garder une écoute attentive tout en évitant l'intrusion ?
Avec les sempiternelles questions plus ou moins pertinentes qui vont avec... Serai-je à la hauteur de cette amitié pour autant ? Que devrai-je faire de plus... ou de moins ? Plus, moins présent ? Plus, moins attentif ? Difficile d'apprécier à leur juste valeur les répercussions de nos propres choix sur nos amis.
Je sais de quoi je parle. Il y a un peu plus d'un an, des amis m'ont fait savoir qu'ils étaient là. Je ne les ai pas entendus. Ils n'attendaient qu'un signal mais que je n'envoyais pas. Ces amis ont fait ce qu'il fallait. J'ai tellement attendu pour le leur dire, pour leur lancer enfin ce signal, que j'ai bien failli saborder de pourtant belles pages d'amitié.
Je continuerai d'être l'ami que je suis. Qui s'interroge parfois lorsqu'il s'inquiète. Qui avance autant qu'il recule, tiraillé entre l'envie de se montrer et la peur de trop en faire.
L'équilibre est si fragile. Entre se soucier de ceux qui nous entourent... et du spectre de notre propre solitude.
3 commentaires:
Je comprends tes inquiétudes et tes questions. Mais l'amitié est au-delà… Elle repose sur la confiance. Aie confiance !
si tu n'étais pas un ami, tu ne te poserais pas ces questions.Il y a bientôt un an, tu étais là pour une amie...
Très beau message, plein de questions, de nuances, d'attention.
Parfois difficile, l'amitié ? peut-être, oui. Mais comment dire mieux que Réverbères ? Garde confiance, en ton ami et en toi. Ton inquiétude (qui prouve ton amitié), et cette confiance, "c'est du lourd" !
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