jeudi 18 mars 2010

Doutes


Comment commencer ce billet... comment dire... Je suis si... las, déjà. Après seulement quelques jours de reprise.

Un nouveau boulot a ceci de stressant : on voudrait être opérationnel tout de suite tout en sachant pertinemment que le miracle ne se produira pas. "J'traîne des pieds", me souffle Olivia un brin ironique sur ce coup-là.

D'ailleurs, être opérationnel immédiatement, ce n'est pas tant ce qu'on nous demande d'ailleurs. Mais quand même. Il faut être à l'affût de tout, avoir des oreilles partout, les yeux surtout pas dans les poches, repérer où se trouvent armoires, dossiers, procédures, qui est qui, qui fait quoi. Et dans quelle étagère (facile celle-là, bof, même pas drôle mais je suis au maximum...)

Depuis lundi, j'ai donc intégré mon nouveau boulot. Je pourrais ne pas m'en plaindre. Après tout, l'équipe m'a bien accueilli, j'ai déjà mon propre bureau (je parle du mobilier, pas d'une grande pièce spacieuse), un ordi et tout un tas d'objets indispensables, du post-it à la gomme, en passant par le crayon à papier dont je ne désespère pas d'en faire un de ces jours un anti-stress de fortune en le rongeant avec appétit.

Mais il y a tellement de choses à assimiler, c'est si... astronomique pour ma petite tête. Tout le monde essaie bien de m'expliquer, et heureusement, parfois, je comprends sans difficulté particulière. Mais c'est si noyé dans un joyeux bordel que mon crâne implose.

Paradoxalement, c'est quand les choses semblent aller dans le bon sens que je cogite le soir. Comme ce soir. Pourtant, la journée a plutôt été productive. J'ai assimilé bien plus de choses que lors de mes trois précédentes journées réunies. Mais je n'ai pas le moral. L'impression de manquer de souffle, d'être dépassé. L'impression à certains moments qu'il suffirait d'un rien pour que les choses basculent dans le bon sens. Et l'impression inverse, l'instant d'après, d'être devant un gouffre impossible à franchir.

Je crois que le pire, c'est de me sentir sous pression en permanence. D'être attendu au tournant. De manquer de temps. Pourtant, dans les faits, j'ai grosso modo deux semaines pour m'acclimater et un mois supplémentaire pour être "au diapason", sachant que l'on ne me demande tout de même pas de savoir faire en un mois et demi ce que font les collègues depuis plusieurs années. Mais il est néanmoins acquis que d'ici fin avril, l'avancée devra être significative si je veux envisager l'avenir sous des auspices plutôt radieux.

Vu ce que j'ai appris depuis le début de la semaine, notamment ce jeudi, je devrais me laisser aller à l'optimisme. Je suis en plein apprentissage finalement. Apprentissage de nouvelles méthodes de travail, de nouveaux collègues, de nouvelles équipes... D'une nouvelle logique aussi. Et l'aventure ne fait que commencer si on y réfléchit.

Mais décidément, la lassitude ne fera que m'envelopper davantage ce soir. Même si tout n'est pas noir. Même si tout tient à un rien. Même si, je veux le croire, je finirai bien par tirer mon épingle du jeu et prouver ma valeur.

Qu'est-ce que ce serait si en plus on m'avait fait des reproches...

J'en viens à me demander si, à force de m'entendre dire que je finirais toujours par rebondir, je ne me serais pas un peu beaucoup pété les jambes... Parce que, pour ce qui est du ressort...

Raplapla, je vous dis...

1 commentaire:

Cath a dit…

Je comprends tout à fait ça, la fatigue intellectuelle de l'apprentissage d'un nouveau travail est une réalité. Et ça dure un bon moment. Du coup cette fatigue entraîne une fatigue physique et des doutes, des coups de blues... Si je te disais qu'après 23 ans de boulot je ne suis pas toujours sûre de savoir faire le mien ! Mais le doute fait avancer, aussi : manquerait plus que ça que l'on n'ait plus rien à apprendre ! Cette certitude nous rendrait insupportable, et nous rendrait le travail insupportable, non ?
Bon, toi c'est vraiment le début, donc c'est normal que ça te paraisse beaucoup à intégrer : mais tu verras, dans quelque temps cela te semblera de plus en plus évident. J'ai confiance, tu y arriveras !
Bonne fin de semaine,
bises