
Difficile billet que celui-ci... Comment partager tout en gardant l'essentiel ? Comment poser les mots qu'il faut sans trop en dire ?
Peut-être pourrais-je commencer en disant que ce week-end aura tenu toutes ses promesses et tellement davantage. Que les mots auront coulé en cascade et que nous nous en serons abreuvés avec appétit. Que l'émotion transpirait à chaque instant.
J'ai pu enfin dire au revoir à ma grand-mère de coeur, l'accompagner à ma façon avec un peu de retard sur tous les autres. Je dois bien avouer que je ne crois pas aux signes, ces petites choses inexpliquées auxquelles on voudrait toujours trouver une quelconque signification. Mais lorsque la pluie battante ne montre aucun signe de faiblesse et que le seul rayon de soleil de toute la journée vient baigner d'une chaude et généreuse lumière la tombe sur laquelle vous vous recueillez, ça fait quelque chose quand même. Je ne suis pas croyant, je ne sais pas s'il y a un après, mais j'espère de tout coeur que, où qu'elle soit, Madame Rustan sait que mon absence n'était pas de mon fait et que j'aurais tellement aimé être là jusqu'au bout.
J'ai pu aussi parler de longues heures avec Christian en toute intimité. Je ne développerai pas ici des choses qui n'appartiennent qu'à nous. Mais nous aurons plus que réussi nos retrouvailles, avec la promesse de lendemains qui chantent. J'aurai aussi beaucoup appris, sur lui, sur elle. Et probablement, de par la force des choses, de par ma propre sensibilité, un peu sur moi aussi.
J'ai toujours mis Madame Rustan sur un piédestal et elle me l'a toujours rendu au centuple. Idem pour Christian qui, tout au long de mon apprentissage, a été là pour m'encourager, me tirer vers le haut et avec lequel nous avons tant de souvenirs interconnectés. Je les aime donc tous deux énormément, infiniment. Mais avec ce que j'ai appris ces derniers jours, avec cette nouvelle vision enrichie de la vie de ces deux êtres chers, je les aime encore bien davantage. Tous deux en ressortent, si tant est que cela puisse être encore possible, encore grandis.
Alors oui, mille fois oui, j'aurai passé une superbe fin de semaine. Les choses auront été mises à plat, les mots seront sortis naturellement, les promesses de prochains rendez-vous auront coulé de source...
Et puis restent aussi les petits plaisirs pêle-mêle. Comme celui de se rendormir dans la maison où l'on a vécu pratiquement 30 ans, de revoir la cuisine, le salon, les chambres d'un lieu de vie si familier. Comme celui, excessif peut-être mais si parlant, de faire quatre restaurants d'affilée sur un seul week-end pour refaire le monde sans discontinuer, sans perdre de temps aux fourneaux, comme si le temps était trop précieux pour ne pas, exceptionnellement, se faire chouchouter le temps de quatre repas. Comme celui de dépenser un peu trop frénétiquement livres, BD et autres produits de première nécessité comme si plus aucune réalité, financière ou autre, n'avait de prise.
Demain sera un autre jour. Certaines réalités auront repris leurs droits. Mais en attendant nous aurons mordu dans une sacrée tranche de vie l'espace de quelques heures. Ca valait bien quelques excès...
Et puis, cerise sur le gâteau, je sais qui est 77. Là aussi, une page se tourne, même si pas forcément la plus belle de toute l'histoire de Ric Hochet. N'est-ce pas Réverbères ?
Et...
Je peux enfin dire au revoir à Madame Rustan, grand-mère, mère et femme si aimante. Ca n'a pas de prix.
2 commentaires:
C'est un bonheur de lire ça. Quelles belles larmes...
Belle intensité tant au niveau du texte que du vécu !
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