
Evidemment, s'il avait été dessinateur,
Il m'aurait tout appris, pris sous son aile,
J'aurais grandi en gribouillant des petits Mickey
Je l'aurais accompagné dans plein de salons
Et un beau jour, le plus tard possible,
J'aurais repris le flambeau,
Pas peu fier d'entretenir la flamme
Bien entendu, s'il avait été écrivain,
Il m'aurait enseigné les ficelles du polar,
Montré comment créer une histoire,
Tenir ses personnages, une intrigue.
Il m'aurait sans doute aussi
Fait poireauter de longues heures
Devant la pancarte "Ne pas déranger" de son bureau
Certes, il aurait pu être tout autre chose.
Il lui aurait suffi d'être là.
Pompier, enseignant, médecin ou que sais-je...
Mais simplement là
J'aurais alors moins envié les autres
Ceux qui ont cette présence en eux
Moins cherché à courir désespérément après le temps perdu.
Il se rappelle à moi comme une évidence
Comme autant d'absences, de liens du sang non assumés
Comme autant de preuves de lâcheté, d'oeillères insupportables
Qui font que l'enfant doit finalement se construire seul
Attendant entre deux sanglots
De savoir enfin pour qui, pour quoi il fait tout ça.
Sachant qu'il n'en retirera jamais ni fierté ni reconnaissance.
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