mercredi 15 décembre 2010

Visions d'horreurs


Si j'étais un tant soit peu intelligent, je n'écrirais pas ce sujet. Je laisserais couler, comme on dit. D'autant que tout ceci n'est pas très important finalement. Malheureusement, je ne dois pas être si intelligent que cela. Et en plus, j'ai la fâcheuse tendance à vouloir que tout soit bien clair, dire les choses et me faire comprendre. Oui, me faire comprendre pour ne pas laisser de fausses impressions ou de fausses idées. Bref, je n'aurais aucune raison de me justifier mais j'en ressens le besoin.

Ce qui me chiffonne aujourd'hui date d'il y a une quinzaine de jours, sur un blog pas franchement ami mais un blog sur lequel, et je ne m'en suis jamais caché, j'aime à me rendre assez régulièrement parce que l'on y trouve de belles choses et parfois de jolis mots et autres belles images.

Le problème est que, alors que tout pourrait être pour le mieux dans le meilleur des mondes, il faut toujours que l'auteur de ce blog dérape, avec plus ou moins d'élégance. Et comme il sait que je viens lire sur son espace, il ne s'en prive pas.

Comme à chaque fois, avant toute chose, il se pose en victime (tout le monde me hait mais je ne hais personne, amen !), oubliant que les rares fois où je l'ai rembarré sur mon blog, c'était en réponse à des agressions de sa part sur le sien. Parce qu'il ne faudrait pas inverser les rôles...

Je l'ai déjà dit, ces dérapages sont dommageables parce qu'à côté de ces quelques écarts, son blog est admirablement bien fait et varié. On y a évidemment ses préférences mais il y a quand même matière à contenter le plus grand monde. Et puis il y a cette qualité d'écriture. Je crois que l'on peut être agacé par certains traits de caractère d'une personne et lui reconnaître des qualités. Personne n'est tout blanc ou tout noir et je suis de toute façon pour l'apaisement, bien plus qu'il ne pourrait le croire d'ailleurs. Mais faut dire que, comme tout un chacun, je vieillis. En mal, en bien, qui pourrait le dire...

Il paraît donc que j'aurais écrit, je cite, "des horreurs sur ma mère" qui auraient profondément attristé ce monsieur, au même titre que les "horreurs" que j'aurais balancées sur lui (mais toujours en réponse à ses propres agressions, je me dois de le rappeler !).

Que ce monsieur vienne sur ce blog et lise à loisir, je n'y vois aucun inconvénient. C'est un endroit aussi libre que puisse être le sien. En plus, tellement d'eau a coulé sous les ponts depuis nos divergences et nos rancoeurs d'antan que je suis personnellement passé à autre chose. Que ce même individu ait un avis et l'offre en partage ne me gêne pas davantage. Cela prouve simplement que mes écrits renvoient à quelque chose et que, de quelque façon que ce soit, ils touchent les gens.

Mais quand mes propos sont dénaturés, volontairement ou pas d'ailleurs puisqu'il s'agit de ressentis, je me dois d'apporter des précisions. Soyons clair : rien ne m'a fondamentalement dérangé dans les propos de ce monsieur sur son blog, il y a même des choses qui se tiennent et que je peux parfaitement entendre. Il y a même une certaine finesse dans l'analyse. Notamment lorsqu'il dit que mes propos ne sont que souffrance. Evidemment qu'il y a de la souffrance. Je ne crache pas les mots par plaisir mais parce que j'ai besoin qu'ils sortent. Besoin que l'on m'entende. Que l'on me comprenne à défaut de m'approuver. Je souffre d'un déficit d'amour et surtout, surtout, de reconnaissance. Alors oui, il y a de la souffrance, un sentiment de non-appartenance, de rejet qui m'a poursuivi une bonne partie de mon enfance et qui ne s'est jamais départi ensuite.

Mais là où je suis triste, c'est par l'emploi du mot "horreurs". Ce seul mot m'aura plus attristé que le message du blog en soi. Un message pas dénué d'une certaine sagesse, notamment lorsqu'il y est dit qu'on ne doit pas laisser le passé tuer le présent et l'avenir. On y lit d'ailleurs deux ou trois autres choses dans cette veine qui tombent sous le sens et auxquelles j'adhère complètement.

Mais je ne cautionne pas l'emploi de ce mot "horreurs". Du coup, je me demande si j'ai été bien lu ou juste en surface. Je n'ai pas l'impression d'avoir dit des horreurs, juste de m'être finalement mis à nu, peut-être un peu trop d'ailleurs. Or, s'il m'est arrivé d'être en désaccord avec ce monsieur, j'aurais plutôt cru qu'il m'aurait compris sur ce point précis. Je ne dis pas approuvé. Mais compris, oui, je l'aurais pensé. Parce que nous avons tous nos fêlures d'enfance, nos blessures qui ne font pas de nous des gens qui détiennent la vérité mais des gens qui souffrent ou ont souffert. Il suffit juste de lire un peu entre les lignes.

Bref, parce que je ressens le besoin de me justifier, parce que j'ai besoin que les choses soient claires, que les mots soient bien choisis, je précise donc que tout ce que j'ai dit sur ma mère ne saurait être assimilé à des "horreurs". Mais je suis fatigué d'envoyer des signaux à une femme qui ne les voit pas, à remuer les bras dans le brouillard, à faire des choses qu'elle ne verra jamais tant il y a un tel effet de transparence entre nous.

Après, je suis comme tout le monde. J'essaie d'avancer. Je ne suis pas enclin au pardon, je suis ainsi fait. Je ne dit pas que c'est un bien ou un mal. C'est un fait, point. J'ai la rancune tenace, et plus je lance des bouées qui se perdent, moins je suis enclin au pardon. Pardon de ne pas tendre l'autre joue. Mais j'essaie d'avancer. J'écoute ce qui se dit autour de moi. Les prières des gens qui comptent pour moi et qui souffrent au moins autant que ma petite personne. Ces gens qui comptent tellement et qui auront rendu possible une réconciliation que je n'aurais jamais envisagée, ni même voulue. Réconciliation toute relative, les sentiments s'étant dilués depuis bien trop longtemps...

Je ne suis pas parfait, je suis même bourré de défauts. Et paradoxalement, je m'aime bien davantage qu'à une époque. Alors oui, je dis les choses telles que je les ressens, sans fard ni artifice, et pas forcément telles qu'on voudrait les entendre.

Mais je ne dis pas d'horreurs, non monsieur. Ou alors c'est que vous avez mal lu.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Il est facile de juger ce qu'on ne connait pas. Il est facile de juger tout court.Il est difficile de faire de simples constats, de se dire la vérité en face.Tu es une des rares personnes que je connaisse qui le fasse.
Bises,

Isa.

Cath a dit…

Il a dû mal lire, et étant dans l'ERREUR... il a mal entendu.
Pas grave, Franck : tu fais bien de rectifier, mais on l'avait fait tu sais !
Et d'ailleurs je ne vais plus lire chez lui, pas envie de faire le tri tout le temps.
Bisous

franck a dit…

Merci les filles ! (Hop, je récupère les bisous en passant)