
Prison Break est une série que j'ai regardée très tardivement. Il faut dire qu'on en a énormément parlé, en des termes souvent dithyrambiques au départ puis catastrophiques au fur et à mesure de sa diffusion.
J'ai avalé les 81 épisodes en trois semaines, allant jusqu'à 8 par jour. Globalement, je n'ai pas été déçu, même s'il y a des saisons meilleures que d'autres, avec son lots d'invraisemblances et de quelques (rares heureusement) erreurs de castings. Pour le reste, je ne me suis pas ennuyé et le naufrage annoncé n'a, de mon point de vue, pas eu lieu. Surtout, le final est à la hauteur des attentes... ou presque, j'y reviendrai. Attention, si vous n'avez pas vu la série et que vous comptez y remédier, ce billet dévoile certains pans du scénario et notamment la fin du show.
Michael Scofield décide de faire évader son frère Lincoln Burrows, victime d'un complot jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir, de la prison sous très haute sécurité de Fox River. Pour se faire, il braque une banque afin de se faire lui même enfermer, non sans s'être auparavant fait tatouer les plans de la prison sur l'ensemble du corps. Dès lors, son temps est compté car l'heure H de l'exécution de son frère approche à grands pas.
A partir de ce point de départ, le créateur Paul Scheuring livre une première saison explosive où la tension est palpable. Il faut dire que la prison n'est guère fréquentable et que le danger est partout. Le plus barge des détenus s'appelle T-Bag, sorte d'électron libre halluciné, extraordinairement campé par Robert Knepper (photo 2). Rien que pour lui, la série vaudrait le coup, même si le casting est de toute façon globalement de très haute tenue. T-Bag est un fou sanguinaire, tueur, violeur et j'en passe et pourtant les scénaristes ont réussi à faire de ce personnage un méchant que l'on aime détester. Pourtant, je n'aurais jamais pensé qu'il serait présent pendant les 4 saisons du show. Il a tellement fait de coups bas, tellement retourné sa veste, s'est fait tellement d'ennemis qu'on s'attendait plutôt à le voir disparaître à tout moment. Est-ce que les scénaristes avaient prévu dès le départ d'en faire un personnage récurrent ou Robert Knepper s'est-il rendu "indispensable" par la folie de son jeu ? En tout cas, c'est pour moi un des incontournables de Prison Break. Et dans la famille des barges, on peut aussi évoquer le capitaine Bellick, joué par Wade Williams, chef des gardiens de la prison, à la fois terriblement corrompu mais également très soucieux de son autorité. Un bel enfoiré, quoi, du moins dans les deux premières saisons, puisqu'il se sacrifiera pour ses anciens ennemis dans l'ultime saison.
Le casting compte également deux rôles féminins récurrents : celui de Sara Tancredi (Sarah Wayne Callies, photo 3) et celui de Susan B Anthony (Jodi Lyn O'Keefe, photo 4). La première est médecin à la prison de Fox River. Très sensible au charme de Michael Scofield (Wentworth Miller), elle sera finalement la pièce maîtresse de son évasion. Un choix qui ne sera pas sans conséquence puisque son père sera tué par ceux qui sont à la base du complot visant Lincoln Burrows (Dominic Purcell, pas toujours très inspiré dans son jeu) et qu'elle sera elle-même séquestrée et torturée (Elle passera même pour morte, la tête coupée dans un carton, avant que les scénaristes n’opèrent une pirouette abracadabrante et donc forcément décevante).
Je dois quand même avouer, en aparté et en tout bien tout honneur, que je n'ai pas été insensible au charme de son interprète Sarah Wayne Callies, superbe actrice et qu'il m'a bien fallu un ou deux épisodes pour m'en remettre. C'est vraiment ça, j'étais sous le charme !
La seconde jouera la méchante de service dès la saison 3, sous les ordres direct du Général Jonathan Krantz qui est à la base du Cartel, sorte de consortium mystérieux et puissant à l'origine du complot visant Burrows et Scofield. Et là, dans le genre erreur de casting, ça passe difficilement. Heureusement, elle n'intervient que dans la saison 3 mais quand même... Si son jeu est moins outrancier dans la saison 4, c'est une catastrophe dans la 3. On n'y croit pas une seconde, on aurait presque envie d'en rire si la série ne se voulait pas dramatique. Tout la dessert, son jeu, les dialogues... Du coup, son mélange de beauté glacée et fatale ne fonctionne pas, je suis d'ailleurs resté de marbre même si je me suis finalement accommodé de sa présence lors de l'ultime saison.
Pour le reste, Prison Break ne fonctionne idéalement que dans sa première saison, celle qui se déroule en plein univers carcéral. Il y a certes des longueurs (22 épisodes pour une évasion, c'est long...) mais les scénaristes connaissent leur boulot. Suffisamment de tensions, de rebondissements et un milieu carcéral froid et hostile de bout en bout.
La saison 2 est donc celle des fugitifs, traqués inlassablement par un personnage incroyablement zélé, Alexander Mahone (génial William Fichtner) dont la chasse à l'homme qu'il a entreprise tourne à l'obsession. Il faut dire que sa dépendance à certaines substances n'arrange rien. Son personnage est évidemment obscur et ses motivations pas toujours très claires. Cette saison est prenante mais s'apparente surtout à une réduction en bonne et due forme de son casting qui fond comme peu de chagrin. Des huit évadés, trois passeront plutôt rapidement à la trappe. Et le fait que la plupart aille chacun de son côté crée certes des situations variées mais pas toujours pertinentes ni forcément intéressantes. Mais elles révèlent parfois des fêlures du passé, comme chez T-Bag (Robert Knepper) qui finira par laisser sains et saufs une mère et son fils, enrayant ainsi la machine à tuer qu'il était devenu (même s'il reprendra vite ses marques dans les saisons suivantes, à croire que tuer c'est comme le vélo, apparemment, ça ne s'oublie pas).
La saison 3 est la plus faible... et la plus courte ! 13 épisodes au lieu de 22. La faute à la grève des scénaristes en 2007 qui aura compromis bon nombre de séries cette année-là. Saisons tronquées, voire annulées comme pour 24 heures chrono qui, de par son format, avait besoin de ses 24 épisodes. Cette fois, Scofield et la bande se retrouvent à l'intérieur d'une prison hostile à Panama, une prison tellement ingérable que ce sont les détenus qui y font la loi et qu'il n'y a pas de gardiens dans son enceinte. Pas question de s'y évader pour autant. Les scénaristes ont une nouvelle fois suffisamment de métier pour que l'on ne s'ennuie pas mais cette saison ne se justifiait pas vraiment pour autant. Bref, l'intérêt s'essouffle et l'histoire du complot aussi.
La saison 4 permet à Prison Break de reprendre des couleurs. On y apprend surtout que le héros Michael Scofield souffre d'un mal incurable et qu'il est condamné. On entrevoit un espoir de guérison lorsqu'il passe entre les mains des équipes médicales du mystérieux Cartel (d'autant plus que sa maladie n'est plus évoquée par la suite) mais pour une fois, les scénaristes iront au bout de leur raisonnement en le faisant finalement disparaître, lors de l'épisode 22 de la saison 4 que je considère personnellement comme le dernier de la série. Le Cartel est démantelé, tout le monde a plus ou moins retrouvé sa liberté et on voit ensuite ce que sont devenus tous les personnages quatre ans plus tard... jusqu'à Michael Scofield dont on découvre la pierre tombale. Une très belle fin, d'autant que personnellement je ne m'y attendais pas puisque j'avais oublié jusqu'à sa maladie.

Du coup, j'ai fait grise mine en découvrant qu'il restait un téléfilm (épisodes doubles 23 et 24). Un téléfilm inutile pour moi et qui n'apporte rien, alourdissant vainement la conclusion presque poétique de l'épisode précédent. Dans cet épisode, qui s'intercale donc entre la chute du Cartel et la mort de Scofield, on apprend donc que ce dernier a du se livrer à une ultime évasion pour libérer celle qui était devenue sa femme, Sara Tancredi, emprisonnée alors qu'elle est enceinte de leur enfant. Finalement, Scofield mènera à bien sa mission mais il devra se sacrifier pour cela, se sachant de toute façon condamné à très court terme par la maladie. Bref, il meurt malade mais électrocuté et non pas malade tout court. Je cherche encore l'intérêt d'un tel épisode, d'autant que la fin originelle tenait vraiment bien la route et que c'est suffisamment rare dans les productions séries US pour être souligné.
Malgré cet épisode de trop, quelques absurdités scénaristiques et une ou deux erreurs de casting (il faut dire que le reste est vraiment au diapason), Prison Break aura vraiment été une série que j'aurai pris plaisir à regarder, avec ce pincement au coeur lorsque tout s'arrête. Pendant trois semaines, je n'ai pour ainsi dire vécu qu'au rythme de Fox River et de ses détenus. Pour l'immersion, c'est idéal en tout cas. Bref, globalement, je recommande. Et puis il y a cet halluciné de Robert Knepper, vraiment à découvrir.
Et Sarah Wayne Callies aussi...


3 commentaires:
j'avais bien apprécié la saison 1, et suivi la 2 et 3, mais moins passioné. et je ne savais meme pas qu'il y avait eu une s4...!!
sinon on vient de se mater une "nouvelle" serie (deja 3 saisons de 12episodes...) pas tres connus en France encore: True blood.
je te la conseille... sur fond de vampire et de sexe (mais pas du genre twilight...), c'est une tres bonne critique de la société, et surtout c'est visuellement superbe. Le générique a été elu le meilleur toute serie confondu...
voili voilou...
J'ai suivi la saison 1, avec beaucoup d'intérêt. Et puis… j'ai arrêté de regarder la télévision ! Mais je suis bien content d'apprendre que ça a continué et que c'était bien quand même !
Je n'étais évidemment pas insensible au charme de Sara Tancredi… mais je gardais en mémoire le fait qu'elle était médecin et non pas infirmière !
En tout cas, merci d'avoir en quelques lignes racontées toute l'histoire, comme ça j'ai l'impression d'avoir tout vu ! :)
Au temps pour moi Réverbères, Sara est effectivement médecin ! Je rectifie de ce pas !
Titof, j'ai effectivement entendu parlé de cette série mais les vampires et moi... Mais je vais en voir un ou deux, histoire de... D'autant que les critiques sont plutôt bonnes (même si ça ne fait pas tout).
Je te conseillerais vraiment de regarder la série Justified dont je reparlerai prochainement plus longuement dans ce blog. Une saison est déjà achevée et j'adore ça ! Un vrai coup de coeur ! 12 ou 13 épisodes par saison. Tu devrais te régaler !
Et en ce moment, je vois The Walking Dead, la nouvelle série avec les morts vivants de Frank Darabont (le réalisateur de la Ligne Verte) avec... Sarah Wayne Callies ! ! ! Et je vois aussi Dexter que j'avais commencé à regarder avant de lâcher un peu. Je m'y remets, on va voir si j'accroche davantage !
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