


C'est à 11:11 que je me suis enfin décidé à actualiser mon blog ce jeudi, après m'être réveillé cette nuit en pensant à Tibet... à 3:33 du matin !
Je sais que je vais finir par vous bassiner avec ce dessinateur scénariste romancier dont la disparition m'aura finalement bien plus affecté que ce que j'aurais imaginé.
J'ai donc rêvé à Tibet, dessinateur entre autres de Ric Hochet (pour ceux qui auraient déserté mon blog pendant une année entière ou qui auraient migré dans l'espace). Les souvenirs sont un peu flous, j'aurais du prendre des notes pendant la nuit, mais en gros, je devais l'aider à la mise en page de divers éléments de la composition de la couverture du prochain Ric Hochet. Il y avait quelque chose d'assez émouvant à rêver de cela d'autant que dans ce rêve, je n'étais pas peu fier que ce grand monsieur me sollicite et m'apprenne quelques ficelles du métier.
Du coup, je me suis dit que j'allais en remettre une couche ce matin. Ça tombe bien, l'actualité de Tibet aura rarement été aussi riche, même si à titre posthume malheureusement.
Le mois dernier, le 29 octobre en fait, est sorti l'ultime Ric Hochet, "A la poursuite du Griffon d'Or" signé André-Paul Duchâteau et Tibet. Le 78e. Inachevé aux presque deux tiers. Autant dire que tenir dans ses mains un tel ouvrage est très particulier. Totalement en noir et blanc puisque la mise en couleurs n'avait évidemment pas été effectuée du vivant de son auteur et que la volonté de l'éditeur était bien de ne proposer que ce que Tibet avait pu terminer avant sa disparition. Il y a donc une partie des planches totalement achevée (dessins et décors), une autre partiellement achevée (Tibet avait terminé mais n'avait pas encore eu le temps de transmettre les planches au décoriste) et une dernière présentant des planches de plus en plus inachevées, jusqu'à la fameuse planche 28 où il n'y a qu'une ou deux bulles crayonnées et quelques phrases de dialogues à l'intérieur. L'ouvrage s'achève sur un résumé de la fin de l'histoire par le scénariste AP Duchâteau et par quelques photos prises dans l'atelier de Tibet qui travaillait encore sur ce tome 78 le soir même de sa disparition.
Néanmoins, un tome 79 est d'ores et déjà prévu, avec un nouveau dessinateur mystère puisque Tibet souhaitait que Ric Hochet lui survive. Ce sera une curiosité mais je ne suis pas persuadé que cette reprise tienne sur la durée puisque les ventes des derniers albums étaient déjà bien plus confidentielles qu'à l'époque de "l'âge d'or" de Ric Hochet, il y a une bonne vingtaine d'années déjà. Au moins ! Cela dit, le tome 78 était un bon cru, renouant justement avec une certaine dimension un peu plus aventurière qu'à l'accoutumée et qui faisait cruellement défaut à la série (Il faut dire que le tome 77 était d'une qualité très médiocre).
Par ailleurs, Tibet s'était émancipé de son scénariste pour créer un nouveau personnage, Aldo Rémy, que j'avais déjà évoqué ici, sorte d'homme à tout faire et enquêteur malgré lui. Des intrigues qui se voulaient plus sombres, plus réalistes voire plus glauques mais dont la limite était justement, à mon sens, la ligne claire de Tibet dont le dessin n'était pas vraiment en phase avec l'aspect crû souhaité du scénario. Mais c'était une curiosité, pas désagréable mais pas incontournable non plus. Le Lombard n'en voulant pas, c'est aux éditions Glénat que Tibet fit paraître les deux tomes de la série. Et puis, totalement par hasard, j'ai appris qu'il existait un 3e tome, que Tibet avait achevé avant sa disparition mais qui était sorti à titre posthume chez un tout petit éditeur Le Gang avec un tirage tout aussi confidentiel de 3000 exemplaires. Ce tome présente l'intérêt supplémentaire de montrer en fin de volume des dessins de divers artistes BD qui tenaient à rendre hommage à Tibet. Quant à l'histoire, elle tient à peu près la route, bien qu'un peu naïve et traînant en longueur. Mais c'est véritablement la dernière BD achevée de son auteur et rien que pour ça, elle a une valeur toute particulière.
Et puis, pour terminer, sort demain un recueil de caricatures de Tibet. Autant dire que je ne manquerai pas de me le procurer ce samedi puisque nous sommes de sortie sur Périgueux pour le week-end. C'était son grand plaisir, la caricature. Il aimait croquer les artistes dont certains, comme Adamo, étaient de ses amis. Une curiosité là-encore qui va me montrer une facette méconnue, en tout cas pour moi, de ce talentueux monsieur de la BD.
Tibet nous a quitté il y aura bientôt un an. Déjà. Je ne réalisais pas vraiment. Jusqu'à cette fameuse planche 28 inachevée. Quelques traces de crayon, quelques mots dans une bulle. Et puis l'artiste qui tire sa révérence. Cette fois, je réalise. Avec le vide qui va avec. Un peu de tristesse, certes, mais surtout une infinie reconnaissance.
Chapeau et merci pour tout !
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