samedi 15 janvier 2011

Zoom série : V


En 1983, la mini-série V (pour Visiteurs) débarque aux USA et peu de temps après chez nous. Elle sera suivi d'une nouvelle salve de 19 épisodes dès l'année suivante. Vingt-six ans après, V fera son grand retour. Enfin, si on peut dire...

L'histoire est donc celle de l'invasion de la terre par les Visiteurs dont les vaisseaux se positionnent au dessus des diverses grandes capitales mondiales. Présentés au départ comme pacifistes désireux de partager avec les humains leurs avancées technologiques et médicales, ils montrent très vite leur vrai visage. D'une part concernant leur apparence puisque sous des dehors humains, ce sont en fait des reptiles. D'autre part concernant leurs ambitions : ils veulent assécher la Terre puisqu'ils ont besoin d'eau sur leur propre planète ; de plus, ils enlèvent des humains par milliers afin de se constituer un garde manger conséquent (Soleil vert n'est pas si loin...)

Très clairement, la série s'appuie sur le nazisme des années 30-40 et ne s'en cache pas. Les allusions y sont d'ailleurs très fréquentes, notamment aux camps de la mort. Dans V, la résistance s'organise (La cinquième colonne) et les envahisseurs recrutent également parmi les humains pour créer un climat de psychose et de défiance, personne ne sachant trop à qui se fier. Les collabos d'un côté, les résistants de l'autre. C'est un peu simpliste mais c'est clairement le parti pris du créateur du show, Kenneth Johnsson.

Pour le reste, si V version 1983 a pas mal vieilli, l'ensemble se laisse regarder. L'action est plutôt soutenue, les acteurs convaincants. Une série des années 80, quoi, avec son lot de cascades, d'effets spéciaux un peu cheap, de rebondissements plus ou moins téléphonés. Et un personnage emblématique chez les fans : celui de Diana, la "chef" des Visiteurs (en réalité, ce n'est pas elle qui détient le pouvoir suprème) incarné par Jane Badler.

Lorsque la mini-série prend fin en 1983, les Visiteurs sont vaincus, du moins en apparence. Seule Diana parvient à s'échapper du vaisseau-mère qui flotte au dessus de Los-Angeles. Tous les autres visiteurs sont morts ou ont du se replier d'urgence à cause de la toxine rouge, une substance créée par les humains et contre laquelle les reptiles ne sont pas immunisés. Mais devant le succès du show, une suite est décidée, sous la forme d'une série dite "classique". Et là, c'est un peu le début de la fin.

Diana parvient à s'échapper une deuxième fois (alors qu'elle avait été reprise entre temps) et à lancer un appel de détresse à son peuple à des années lumière de là. Elle y parvient en utilisant la technologie terrienne (!!!) et hop, ni d'une, ni de deux, voilà une nouvelle armada de vaisseaux ennemis qui s'abat sur la Terre. Tout est à refaire ! Et comme par hasard, l'efficacité de la toxine rouge s'amoindrit et s'avère également dangereuse pour les humains (stérilité, maladies...).

Si les premiers épisodes tiennent leurs promesses et constituent une vraie continuité avec la mini-série de départ, le reste est plus laborieux. Avec, à mon sens, une erreur de parti pris qui aura entraîné la chute du show : choisir de développer une intrigue par épisode. Du coup, on se retrouve dans un format beaucoup plus classique, avec des épisodes franchement anodins. La multiplication des scénaristes et des réalisateurs n'arrangera rien. Résultat : la série s'essouffle et s'arrête en catastrophe au 19e épisode sans avoir eu le temps de clôturer ses intrigues. D'où une fin en queue de poisson et une frustration légitime pour les quelques fans restants.

En 2009, la série renait de ses cendres. Nouveaux moyens, nouveaux acteurs, mais guère plus de réussite. Après une première saison poussive (diffusée sur TF1 en fin d'année dernière), la série a eu un sursis aux Etats-Unis après que son arrêt pur et simple ait été envisagé. Le pitch est le même mais le parti pris a évolué. Exit les allusions à la seconde guerre mondiale. Ici, la guerre est avant tout psychologique, basée sur la puissance des médias et des enjeux politiques. La société a évolué et les scénaristes ont tenu à "moderniser" leur propos. Pour le reste, rien ne change fondamentalement. Des groupes de résistants s'organisent pour détruire les Visiteurs tandis que ces mêmes Visiteurs tentent de faire de la récupération auprès des humains, notamment auprès des jeunes.

Le problème de cette version "années 2000", enfin d'un point de vue perso, c'est que tout est aseptisé : les décors, le jeu des acteurs, l'intrigue. On s'ennuie. Le show est bavard, entrant dans des considérations parfois un peu ésotériques ou pseudo philosophiques (c'est surtout vrai dans le début de la saison 2 où toute une discussion sur l'émotion humaine, l'âme, ferait s'assoupir n'importe qui). Pas assez d'action, un jeu souvent monolithique des acteurs (un parti pris visiblement puisqu'il ne concerne essentiellement que les Visiteurs), et des effets spéciaux qui prêtent à sourire... Bref, ça ne décolle jamais et le manque de moyens est évident. La saison 2 actuellement diffusée aux USA semble d'ailleurs connaître des difficultés. On en est seulement au 2e épisode mais la saison, devant initialement comporter 13 épisodes, a déjà vu son quota réduit à 10. Les scénaristes ont bien tenté de maintenir l'intérêt des anciens fans de la série originelle (en faisant notamment revenir Diana et son interprète Jane Badler près de 30 ans après) mais l'entreprise paraît bien mal embarquée.

Je crois que pour ceux qui seraient passés à côté et qui auraient envie de découvrir les Visiteurs, mieux vaut s'en tenir à la mini-série d'origine, même si l'ensemble a pris un petit coup de vieux.
Ou de se laisser tenter par la série de 2009, forcément plus moderne, mais moins convaincante. Elle a l'avantage de pouvoir être vue indépendamment de sa grande soeur et de présenter une qualité d'image sans comparaison possible. Mais l'extrême lenteur de son rythme alliée à un scénario franchement soporifique risque de dissuader même les plus aguerris.

A vous de voir... ou pas.


1 commentaire:

Réverbères a dit…

J'opte pour le "ou pas" !