dimanche 14 février 2010

Sarah attendra...



Bon, au niveau nouvelles, petit point après la fin de semaine... Et tant pis si je plombe l'ambiance. Je sens que le style ne sera pas très léger aujourd'hui. Mais que peut-on contre ses angoisses, aussi infondées puissent-elles être ?


Nath et moi sommes partis à Bordeaux jeudi et avons donc dormi dans un Etap Hôtel (rien à redire d'ailleurs) afin d'être sur place le lendemain pour rencontrer le chirurgien puis l'anesthésiste. Heureusement que nous y étions, sur place, parce que j'ai mis un temps fou le lendemain à faire la portion hôtel / chirurgien qui n'aurait pourtant dû me prendre que 13 minutes. Leçon 1 : ne jamais conduire dans Bordeaux quand on ne connait pas, même avec un plan et les meilleures intentions. Sans parler des bordelais qui sont de vrais malades (et de sacrés impolis) au volant.


Nous sommes arrivés chez le chirurgien plutôt confiants, nous en sommes ressortis un peu sonnés. Alors oui, il faut bien une intervention chirurgicale. Et idéalement sans traîner, ce qui explique que je reparte à Bordeaux (mais en VSL) dès demain matin, toujours avec Nath (qui logera du côté de sa famille sur place) pour un scanner dès mon arrivée et une intervention mardi matin. Sauf que l'opération n'est pas sans risque surtout du fait de mon surpoids. Certes, il y a sûrement à "boire et à manger" dans le sens où les chirurgiens préfèrent donner tous les scénarios possibles pour se dédouaner de toute responsabilité ensuite. Mais quand même, ça nous a un peu assommés. Ils vont pratiquer une ouverture vers la base du cou et descendre pour récupérer un ganglion pour analyse. Le problème est que le "chemin" est semé d'embûches sous la forme d'artères ou autres vaisseaux reliés au coeur et que le succès n'est pas garanti. Et mon surpoids apparaît vraiment, à l'entendre, comme une complication des données. Il m'a bien certifié qu'il ne prendrait aucun risque et qu'il annulerait tout en cas de problème mais encore faut-il qu'il ne rencontre aucun obstacle d'ici-là. Bref, le risque zéro n'existant pas, il reste une probabilité, aussi infime soit-elle, que je ne supporte pas l'opération, ce qui pourrait alors engager mon pronostic vital.


Bien sûr, on n'est pas là pour paniquer. Tout va bien se passer. Mais quand même. Quand on a ces pensées dans la tête, ben, on ne les a pas ailleurs et je ne peux m'empêcher de gamberger. Et puis, j'ai le souvenir de cette fibro "ratée" pendant laquelle mon coeur s'était mis à ralentir. Mardi, les données seront différentes, l'anesthésie sera générale et mon corps ne risque pas de se rebeller comme il l'avait fait à Sarlat. Mais je ne peux pas dire que la sérénité soit vraiment de mise.


Le hic, c'est que tout tend vers une sarcoïdose. Et donc vers un traitement médicamenteux à base de corticoïdes. Mais ce n'est pas sûr à 100 %. Et si c'est un lymphôme, aussi minime soit cette possibilité, je prends le risque, en ne me faisant pas opérer, d'aggraver les choses. Bref, je fais une opération à risque alors que je n'en ai a priori pas besoin. Mais si je ne la fais pas et que la sarcoïdose d'avère être un lymphôme, ce sera tout aussi dramatique.


Bref, j'ai la trouille. J'ai beau savoir que c'est une opération relativement "courante" et que les "probabilités d'échec sont bien minces, je n'en mène pas large. Je maudis mon surpoids, cette graisse qui va leur compliquer la tâche. Je maudis cette opération que je dois faire pour m'assurer que je n'ai pas de lymphômes alors que tout semble aller dans ce sens. Je maudis cette prise de risque qui n'en vaut sûrement pas la peine.


Aujourd'hui, je me fous des perspectives de boulot, du prochain traitement, de ce que je ferai les prochains jours.


Je veux juste rouvrir les yeux mardi.

4 commentaires:

Réverbères a dit…

On veut les rouvrir avec toi. Il faut garder confiance.

Il y a quelques années, j'ai eu une hernie discale. À l'époque, une technique nouvelle était apparue. Mais elle n'était pas maîtrisée. Le médecin me l'a proposée : 50% de chances de réussite… et donc autant d'échec, avec conséquences… J'ai dit "OK". Ça a réussi. Dans ces cas-là, de toute façon, on n'a pas trop le choix.

Mardi, j'ouvrirai grands les yeux. Avec toi.

bri27383 a dit…

Bonsoir Franck
Ton message n'est pas des plus positifs mais tu as raison de mettre des mots sur tous les événements. Une manière peut-être de décharger un peu ton fardeau. J'imagine cependant tout ce qui doit tourner dans ta tête... Mardi, tes amis belges seront de tout cœur avec toi ! Il faut y croire et aller de l'avant le plus positivement possible. Bisous amicaux.

Cath a dit…

De tout coeur avec toi, Franck : ça va bien se passer.
Merci de partager tes nouvelles.
Je comprends complètement ton angoisse. Mais la peur est en partie irrationnelle : il faut essayer de la chasser, et y aller confiant, c'est la meilleure chose à faire pour te préparer à l'intervention. Les médecins maîtrisent bien !
L'an dernier, le compagnon de ma belle-mère a eu une grosse intervention au coeur : il a 80 ans et du surpoids. Et bien il n'a pas douté, et c'est une réussite : il n'arrête pas de voyager, il est en pleine forme.
Garde confiance, ça va aller. Je pense fort à toi. Bisous à vous deux.

franck a dit…

Merci à tous ! Je n'ai plus qu'à y aller confiant !
Bonne semaine à tous ! ! !