mercredi 21 janvier 2009

Karen


Chapitre 1

Le lieutenant Joe Hunter portait particulièrement bien son nom en ce matin frais de février. La mine sombre, les dents serrées, il semblait de très mauvaise humeur. Il faut dire que le spectacle qui s’offrait à lui n’invitait pas à une quelconque allégresse.
-Qu’est-ce que nous avons, John ?

John Peebody était entré dans la police six mois plus tôt. Il n’appréciait pas le lieutenant qui le prenait souvent de haut mais apprenait beaucoup à son contact. C’est probablement la seule chose qui le rendait un poil fréquentable à ses yeux.
-Tom Phelps, Harry Glaser et Andy Hamilton. Trois as de la programmation, de vrais touche à tout. Des pointures de l’informatique, quoi. Tous les trois ont été abattus d’une balle dans la nuque. Le légiste pense qu’on a dû les obliger à se mettre à genoux avant de les exécuter. Ils ont probablement été tués à l’aide d’un silencieux mais le légiste devra faire des examens complémentaires. Il attend juste votre autorisation pour enlever les corps.
-D’accord, qu’il les enlève. Et ensuite, passez moi tout le secteur au peigne fin, grommela Hunter. Quoi d’autre ?
-On pense qu’ils travaillaient peut-être sur un projet important car leurs ordinateurs ont disparu et une bonne partie du matériel informatique avec. Il y avait visiblement des choses sur lesquelles nous ne devions pas tomber.
-Oui, oui, merci Sherlock, répondit Hunter, limite dédaigneux vis à vis de sa jeune recrue. Bon, je vais au bureau. Je veux un rapport complet de tout ce que l’on a dans deux heures.
Et avant que John Peebody puisse rétorquer quoi que ce soit, ce qui aurait de toute façon été vain, Joe Hunter sortit de l’appartement en claquant la porte.


Chapitre 2

Barry Whitemore déposa délicatement les fleurs dans le vase en grès. Puis il recula et se recueillit de longues minutes devant la tombe de sa femme Karen. Elle était partie deux années plus tôt, emportée par un cancer foudroyant à seulement 31 ans. En trois mois, tout était fini et personne n’avait pu faire quoi que ce soit. Douze années de vie à deux balayées en un claquement de doigts.
-Si tout va bien, il se peut que je ne revienne pas de sitôt, murmura Barry dont les yeux étaient embués comme à chaque fois qu’il se recueillait dans ce petit cimetière. Aujourd’hui, le ciel parsemé de nuages noirs et le vent glacial donnait à l’endroit un aspect particulièrement lugubre.

-Alors ? Pas de problème ? demanda soudain Barry sentant une présence derrière lui.
-Non, j’ai fait ce que vous m’aviez demandé. Propre et sans bavure. Et j’ai nettoyé l’endroit, les flics ne trouveront rien. Que dois-je faire du matériel informatique que vous m’avez demandé de subtiliser ?
-Donnez-moi juste les différentes sauvegardes, comme convenu, et débarrassez vous de tout le reste. Personne ne doit jamais en retrouver trace, c’est bien clair ?
-C’est parfait, répondit l’homme en tendant à Barry un disque dur externe. Voici tout ce qui peut vous être utile dont les fameuses sauvegardes. Je gère les derniers petits détails.
-Je n’en doute pas. L’homme qui vous a recommandé m’a assuré que vous seriez parfait pour ce job. Voici la somme convenue : 500 000 dollars, plus un bonus de 100 000 pour le petit nettoyage. Laissez-moi maintenant, je n’en ai pas tout à fait fini ici. Je ne pense pas que nous ayons à nous revoir, mais sait-on jamais ?
L’homme acquiesça, prit la petite mallette et repartit aussi discrètement qu’il était venu.

Barry Whitemore resta ensuite un long moment auprès de sa femme dans la glaceur hivernale. Mais les larmes avaient disparu.

A suivre…

1 commentaire:

Anonyme a dit…

La suite, la suite...
Isa.